•  ENFANTS DE TOUS PAYS ET DE TOUTES COULEURS….

    C’est avec satisfaction et un certain soulagement que nous avons vu rejeter voici quelques jours l’amendement à la loi de bioéthique permettant l’inscription à l’état-civil français d’enfants nés d’une GPA pratiquée à l’étranger.

     

    Cette modification aurait permis de les inscrire comme issus de leur père(c’est en général avec ses gamètes qu’est pratiquée la GPA) ET de l’épouse du père, « mère d’intention », avec un effacement complet de la mère biologique.
     

    Certains parlementaires avaient évoqué assez rudement un « blanchiment » de la GPA.

    Outre qu’il s’agissait de reconnaître administrativement une pratique strictement interdite en France, l’introduction de la « mère d’intention » comme seule mère entrait en contradiction avec le droit français : celui-ci estime que la mère est celle qui accouche, point.

    Sauf en cas d’adoption pleinière, où il y a rectification de l’acte de naissance, ce qui est un processus différent.

    Ces enfants continueront donc à être déclarés comme ceux de leur père et de celle qui les a portés, puis ensuite adoptés par leur belle-mère, l’épouse de leur père. Pour les couples d’hommes, l’époux du père sera l’adoptant.

    Cette législation lisible et cohérente n’avait pas de raison d’être modifiée. Les enfants nés de GPA n’ont jamais été « sans papiers » comme on a pu le prétendre.

     

    On objectera que dans la PMA, est aussi reconnue comme mère l’épouse de la mère au titre de « mère d’intention ». C’est exact.  Et cela pose problème , car tôt ou tard , l’amendement repoussé reviendra sur la table au motif de  « l’égalité » ; notre société ayant beaucoup de peine à comprendre que l’égalité n’est pas la similarité.

    L’intention n’est pas l’adoption. Elle ne peut à elle seule rendre parent. C’est ce que nous disons pour la GPA.

    S’agit il alors d’un décalque du principe juridique français  selon lequel est le père d’un enfant le mari de sa mère ? Le but étant à l’origine (code de 1804) dans certaines situations, de substituer à un père biologique défaillant, mineur, adultérin, ou « immontrable » car de classe sociale ou de rang inférieur, le père « social » qui léguera son patrimoine.

    Ce principe certes discutable, a permis de camoufler en connaissance de cause ou dans l’ignorance des intéressés, des liaisons réprouvées par les circonstances géopolitiques (guerres, occupations) ou sociales. Peut on le considérer encore d’actualité ? 

    En Europe, on ne jette plus guère l’opprobre sur les mères célibataires (encore que, l’hostilité à la PMA « pour toutes » ne tient elle pas à ce préjugé tenace ?) nous ne sommes plus en guerre et les classes sociales sont assez homogènes

    Mais surtout a-t-il une cohérence pour un couple de même sexe ?

    Quid de l’enfant si les parents se séparent ? Les mouvements féministes luttent à juste titre contre l’indifférenciation des parents lors des séparations, qui nie la relation spécifique d’un enfant à sa mère, et le pôle de sécurité qu’elle incarne. Parce que les parents sont deux femmes, la mère perdrait sa spécificité ? C’est parce qu’elle est celle qui a porté, échangé, donné naissance, allaité, que la mère représente pour l’enfant l’attachement le plus nécessaire ; pas juste parce qu’elle est une femme ! Les gardes partagées avec les « mères d’intention » risquent de s’avérer aussi problématiques…

     

    On peut interroger également cette notion contemporaine récurrente d’ « intention », qui devient prépondérante.

     Je l’ai déjà évoqué brièvement, dans certains pays anglo-saxons, il suffit de se déclarer « femme » de se sentir « femme » et d’avoir l’intention de se comporter comme telle, pour en être une.. Des personnes transgenre ont donc commencé à infiltrer tous les lieux dédiés aux femmes, (refuges, accueil) même lorsqu’ils avaient conservé leur anatomie masculine. D’où des dérapages inévitables, et la terreur des femmes, les « vraies ». Ces personnes ont également « raflé » toutes les premières places de compétition sportive féminine… Elles avaient « l’intention »  d’être femmes, mais gardaient leurs hormones mâles avec la force subséquente.

    Sommes nous dans la société du faux semblant ? du « faire comme si » ?

    Freud disait qu’on ne renonce jamais à un désir…

    Ainsi a été rejeté lors du vote de la même loi sur la bioéthique un amendement visant à permettre aux femmes transgenre s’étant « déclarées »  hommes, mais ayant conservé leur utérus, d’avoir accès elles aussi à la PMA.  La seule idée qu’un enfant puisse avoir une mère qui est socialement un homme pose un énorme problème de repères !!!

     

    Il est à noter que la notion d’ « intention » dépasse la sphère privée.

    On peut à présent être condamné(e) pour avoir eu l’ « intention » de commettre un acte terroriste. Cela peut sembler légitime.

    Mais qu’en est il de celui ou celle qui, ayant tout préparé , réalise l’horreur de ce qu’il va commettre et renonce ?

     

    Le monde moderne souvent nous déconcerte. Mais je continue à déplorer l’absence de débats contradictoires animés, riches , dans les respect les uns des autres, qui nous permettrait de poser tranquillement toutes ces questions sur la table. Sans postures partisanes. Et d’y voir plus clair, dans l’intérêt de ceux et celles qui bâtissent notre avenir : nos enfants et petits enfants.

     

     

     

    Michelle .C. DROUAULT

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :