• La « gestation pour autrui » opère à mon sens une remise en question négationniste de la maternité en général : ce ne sont plus les femmes qui participent de l’ensemble de leur être , physique et psychique, à la création d’un être humain vivant ; il s’agit d’un processus mécanique de portage, qui pourrait être effectué par n’importe quel être biologiquement féminin, et même , disent certains, par un utérus artificiel…

    Tronçonnée, clivée, la « mère porteuse » est sommée de se détacher de son fœtus.

    A-t-elle d’autre choix si elle ne veut pas devenir folle ?

    Cependant il faut une terrible ignorance de ce qu’est la maternité pour imaginer que le fait biologique d’un fœtus composé de gamètes étrangers va empêcher les échanges constants entre la mère et l’enfant. Il faut une pensée magique, une foi en la suprématie des gamètes sur le psychisme humain, qui relève de l’idéologie, et non du réel.

    Ce fœtus, puis ce bébé, comment vit il d’être ainsi porté par une mère clivée qui se force à l’indifférence ? Qui ne tressaille pas à ses mouvements, ne lui parle pas, ne l’imagine pas, ne le projette pas, ne partage pas sa croissance avec son conjoint ?

    Nul ne s’en soucie.

    Nul ne s’en soucie parce que la GPA ne veut pas un être humain créé, mais un produit.

    Or créer n’est pas produire, remarquait Michel Foucault.

    Un produit parfait est exigé, par un contrôle accru sur le corps/réceptacle de la « gestatrice » : on a vu des « commanditaires » aux USA vouloir contrôler le régime alimentaire et les relations conjugales de leur mère porteuse. Et lorsqu’il y a un « défaut » à la naissance, le produit peut être refusé (la mère –gestatrice d’une enfant  trisomique s’est vu refuser la « commande » et a décidé d’élever seule l’enfant, aidée  heureusement par beaucoup de personnes de bonne volonté)

    Donc cette mère doit à la fois se détacher de celui /celle qu’elle porte, mais pour lui, réglementer ce qu’elle mange et sa sexualité et sa vie de couple ; toutes choses qui s’opèrent dans la maternité ordinaire dans un projet commun et une projection familiale.

    A quelle schizophrénie l’oblige-t-on ?

    Le clivage et la dissociation peuvent produire, dans la vie courante, un déni de grossesse.

    La grossesse impensable a pu conduire en cours d’Assises des « gestatrices » de bébés congelés, alors souvent présentées comme des monstres. En fait si au lieu de tuer et dissimuler ces bébés, ces femmes les avaient remis à un commanditaire, auraient elles trouvé grâce aux yeux de certains ? Dans leurs aveux, elles ont expliqué «  ne pas se sentir enceinte ». C’est en partie ce qu’on demande aux mères porteuses. : ne pas se sentir, mais prendre soin de ce qu’on ne sent pas ? Je laisse aux psychiatres le privilège de se pencher sur les conséquences psychiques d’une telle situation.
    Si nous poursuivons la trajectoire d’une maternité ordinaire, la création par les échanges in utéro se poursuit par la création d’un lien continu par l’allaitement. Allaiter est bien autre chose que donner du lait, c’est pourquoi on a peu à peu abandonné l’usage des nourrices, sous l’influence entre autres de Rousseau, précurseur des bienfaits de cette pratique. Elle a été vue comme un progrès considérable pour la santé des mères et des enfants. *

    Dans le cadre de la GPA, l’allaitement est impossible, puisque les « parents d’intention » prennent « livraison » du bébé à la naissance. La mère porteuse doit ainsi, après l’accouchement, faire passer son lait. A moins qu’elle ne le tire pour être donné au biberon par les parents commanditaires. Comment ressent elle cela ? Tirer son lait pour un bébé absent ? (Certes nous sommes nombreuses à l’avoir fait pour les prématurés, mais il s’agissait d’un surplus de ce qui était donné à nos bébés à nous).

    Par un terrible rétropédalage , le lait n’est plus lui aussi qu’un produit. Ainsi les tenants de la GPA ne voient pas qu’ils privent volontairement des enfants d’un lien important : l’enfant-produit n’a pas de lien, on ne fait que lui ajouter éventuellement un autre produit, le lait de la mère désincarné.

    C’est toute cette dévalorisation, cette réduction de la maternité en général, cette dépossession régressive des femmes qui me révolte, autant que la transformation d’enfants en produits commercialisables. 

    Encore une fois, on nous dit « vous n’êtes QUE cela » : objets sexuels, vaches à véler et à traire, nous tombons toujours plus bas.

    Et cela , je ne le veux pas.

     

    Michelle. C. DROUAULT

     

     

    Notes :

     

    *Dans les anciennes générations, certains restaient aussi attachés à leur nourrice qu’à leur mère, celle-ci n’ayant pu s’empêcher de donner son amour avec son lait ; beaucoup avaient des « frères ou sœurs de lait » envers lesquels il existait un empêchement de mariage.


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    Dans notre dernier article, nous avons émis l’idée que les magasines dits « féminins » étaient de manuels de soumission dévoués au patriarcat, dont la mission est de montrer aux femmes comment s’adapter aux besoins et désirs des hommes d’une époque donnée.

     

     Utilisant un langage et des codes « modernes », ils tentent d’attirer des lectrices dés le plus jeune âge. Dans quel but ?

    Ces hebdomadaires contribuent d’abord largement aux profits d’entreprises et de groupes internationaux puissants : industrie du cosmétique, de la para- pharmacie ; du prêt à porter ; de la parfumerie et du luxe-maroquinerie bijouterie accessoires-.

    Ces groupes étant dans leur écrasante majorité dirigés par des hommes, un double objectif parallèle est poursuivi : faire d’énormes bénéfices tout en gardant les femmes soumises.

    Des articles « légers » mais au ton très directif (le mode impératif est typique de ces magasines) appuyés par des publicités pour tous ces produits industriels, montrent aux femmes et aux jeunes filles quelle est l’image qu’elles doivent atteindre, le comportement qu’elles doivent adopter, pour être un objet désirable. JAMAIS un sujet désirant.

    L ‘apparition éphémère , dans les années 80 d’une presse résolument axée sur les luttes de femmes, et dirigée par des femmes( Des Femmes en Mouvement, Cahiers du Féminisme) a eu un simple effet de saupoudrage : afin de ne pas paraitre « ringarde », la presse féminine a du faire mine de soutenir quelques combats : IVG,  salaires et emploi des femmes. Car contrairement aux années 50/60 la majorité des lectrices travaille et s’informe.

    Cette presse est un exemple frappant des liens étroits entre l’économie, la consommation et l’idéologie véhiculée par la société.

    Voici 50 ans, on publiait une littérature destinée à formater les ménagères consommatrices d’appareils électro ménagers dont la société des Trente Glorieuses avait besoin pour relancer l’économie. (Moulinex libère la femme !)

     L’hostilité moderne au voile ou au foulard, bien largement relayée par cette presse, est elle due en partie à une moindre appétence de certaines femmes et filles musulmanes pour beaucoup de produits vantés, vêtements, fards ou produits capillaires ? A présent qu’il s’est crée une industrie de la mode et des cosmétiques pour femmes musulmanes, la question semble devenue mineure…

     

    Une des industries qui génère actuellement le plus de profit est l’industrie de la pornographie.

    Grâce aux nouvelles  technologies elle est massivement diffusée, et générerait entre 3 et 5 milliards de chiffre d’affaires par an ! Son influence est exponentielle puisque, d’après un chercheur canadien en sociologie, il existerait 1800 fois plus de pages « pornos » sur le Web que voici 5 ans. Et 25% des recherches en ligne auraient pour objet des images ou sites pornographiques. La fortune des dirigeants de Google ou Apple n’est pas un secret.

    Il n’est donc pas étonnant que les magasines « féminins » contemporains qui ne peuvent exister sans le soutien des industries, diffusent sans états d’âme des recommandations et des pseudo « tests », visant à déterminer des normes sexuelles liées à l’imagerie pornographique.

    Les tests sont une manière subtile-ou grossière- d’imposer des modèles.

    Des tests inclus dans des revues pour très jeunes filles visent, depuis de longues années déjà , à évaluer la capacité d’une jeune fille de donner du plaisir à un homme, sous le prétexte d’avoir elle même une sexualité épanouie. La supercherie est que cet épanouissement est censé passer par des » performances » reliées à des images et fantasmes pornographiques totalement androcentrés-je devrais dire phallocentrés-

    Un chercheur québécois a trouvé dans un magasine pour jeunes filles « Adorable »( !) un test intitulé « quelle salope êtes vous ? ». On peut être une « super salope », une « salope normale », ou une « coincée »…

    Cette propagande normative touche le manque de confiance en elles de nombreuses jeunes filles, qui croient de bonne foi qu’apprendre des « techniques » va les faire apprécier et aimer.

    Quand on sait que 51% des garçons en France ont consulté au moins une fois un site pornographique dans l’année et qu’il n’existe dans notre pays pratiquement aucune éducation à la sexualité et aux relations affectives dans les collèges et lycées, on aura compris que la pornographie facilement accessible(aisé sur un smartphone) s’est engouffrée dans cette faille pour remplacer l’éducation .*

    Quant aux parents ils semblent malgré tous les discours tonitruants de « libéralisation » des mœurs », mal à l’aise avec leur propre sexualité au point de refuser d’aborder le sujet de manière générale avec leurs enfants, pour les préparer sereinement à leur vie d’adulte.

    Le problème est que , comme le définit très bien l’auteure américaine Catherine Mc Kinnon, le sujet de la pornographie n’est pas la sexualité , mais la domination. La domination de mâles sur des femmes et des filles proies consentantes qui aiment l’humiliation. C’est cette humiliation qui leur procure à EUX une jouissance sexuelle. Mais elles n’en retirent qu’au mieux une excitation trouble, au pire la souffrance d’être traitées en objet, et une douleur physique.

    « Les corps des femmes ne sont pas des biens publics », a dit une ministre pour contrer le harcèlement de rue. Elle a raison. Mais nombre de jeunes hommes le croient.

    Ils harcèlent les filles et les femmes beaucoup plus fréquemment et violemment qu’autrefois.

    On lit souvent des récits d’agression où l’homme (souvent jeune) « n’a pas supporté » qu’on refuse ses avances. Evidemment. La pornographie montre des femmes toujours prêtes.

    Il semble que dans un quartier où j’ai travaillé 15 ans dans ma jeunesse sans avoir aucun problème, il soit dorénavant difficile de se promener en jupe, alors que la population n’a pas changé. Comment en est on arrivé là ?

    Cette situation profite aussi aux professionnels de la pornographie, aux proxénètes toujours disposés à fournir aux clients de nouvelles femmes pour de nouveaux besoins ; aux pédophiles, aux cercles mafieux. Est ce bien cela que nous voulons ?

    Et plus la riposte des femmes et des féministes est énergique, plus la résistance violente s’organise, car trop d’intérêts sont en jeu.

     

    Reste à comprendre pourquoi les responsables religieux des trois monothéismes ne saisissent pas ces enjeux, et s’opposent unanimement à l’enseignement de la base du respect mutuel entre les sexes, et de leur égalité. Dés qu’on parle d’une éducation à la vie affective et sexuelle, c’est le tollé, orchestré par des associations souvent extrémistes.

    Or demander l’ignorance programmée des enfants , c’est les livrer à une « éducation » par ces images violentes, car les adolescents chercheront toujours bien légitiment  des réponses à leurs questions.

    Ce mélange détonnant d’indifférence gênée de l’école, de mutisme des parents et de pornographie facile sur fonds d’interdits religieux absurdes, est en train de faire de la vie de nos filles et nos petites-filles un enfer dans des sociétés qui régressent.

    Pour ceux qui défendent avec ferveur le « droit à la vie » , ne commence t-il pas avec le droit à une vie sûre de celles qui la donnent ?

    Alors je le redemande, quand les religieux vont ils renoncer aux quelques privilèges accordés par le patriarcat, pour tendre la main aux féministes afin de combattre ces fléaux, et aider à faire advenir la société solidaire et généreuse qu’ils disent appeler de leurs vœux ?

    Quand les responsables religieux, au lieu de s’adresser aux femmes pour réglementer leurs choix, vont ils s’adresser aux hommes pour leur demander de respecter la dignité des femmes et des enfants ? C’est à ce seul prix que l’humanité progressera.

     

     

    Michelle. C .DROUAULT

     

     

     

    *Au milieu de cette déferlante d’images pornographiques, le clitoris des femmes n’a été dessiné et explicité clairement dans les manuels scolaires français que cette année ! C’est à dire que l’organe féminin de la jouissance était nié aux adolescents. Tout un programme….

    « l’excision mentale » des femmes occidentales dénoncée par l’Egyptienne

    El Sadaoui serait donc véridique.

     

     

     

     

     


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  • Les femmes font sans cesse l’objet d’injonctions contradictoires. Ces injonctions peuvent varier d’une époque à l’autre ; d’une culture à l’autre.

     Or, le harcèlement est justement caractérisé par une série d’injonctions contradictoires impossibles à satisfaire, qui mettent en situation de stress.

    Les femmes seraient elles harcelées en permanence ?

    Récemment aux Etats-Unis, a été ré-affirmée l’interdiction pour les femmes d’assister bras nus aux séances de la Chambre des Représentants.

    Pendant ce temps, en France, certains édiles persistent à braver le Conseil d’Etat pour empêcher les femmes qui le souhaitent de venir à la plage habillées.

    Et dans le même temps, des Algériennes ont  revendiqué de pouvoir se baigner en bikini sans subir l’opprobre et les persécutions des hommes.

    Avant d’être relaxées par le tribunal sous la pression de groupes féministes, les FEMEN ont été inculpées d’exhibition sexuelle juste parce qu’elles avaient manifesté (comme de coutume) seins nus.

    Parallèlement, la pornographie et la publicité montrent sans cesse des morceaux de corps de femmes dénudés et chosifiés. Mais lorsque ces mêmes groupes protestent contre ces images, ils sont traités de « puritains ».

    On encourage l’allaitement maternel, mais beaucoup sont encore choqués si une femme allaite en public. C’est bien dans les fantasmes des hommes que les seins sont érotisés, et perdent leur fonction d’organe de nourrissage des nouveaux nés

    La liste des injonctions contradictoires reçues serait longue et fastidieuse..

     

    L’auteure Geneviève Fraisse, historienne de la pensée féministe, nous donne une piste d’ explication.

     Partant des théories de l’anthropologue Lévi-Strauss selon lesquelles les femmes auraient été dans de nombreuses ethnies une monnaie d’échange, elle pense que les femmes sont plus que cela :un MOYEN d’échange, un signifiant ; le discours sur elles étant pour les hommes une façon de se dire quelque chose ENTRE EUX.

    Mais les femmes ne sont pas censées exister par elles mêmes. Jamais.

    Cela semble exact si on considère la récente obsession du couvrir/découvrir les femmes à la fois en Orient et en Occident. Serait ce une balle que se renvoient les sociétés à domination masculine (à des degrés divers, visible ou camouflée) exprimant par des oukases sur les codes vestimentaires féminins des formes de pouvoir : colonialiste(France, Belgique) ; anti-impérialiste et nationaliste(Iran, Algérie) ; tribal(Arabie Saoudite) ?

    Il circule quelque chose du discours politique au travers de prétextes idéologiques/et/ou religieux divers et variés, assignant à « LA » femme une apparence précise, icône de la République ou symbole d’une pureté identitaire fantasmée.

    Où est donc notre propre , notre véritable image ? Multiple et insaisissable, elle fait si peur qu’il faut vite la faire disparaître….

    Pour les dictateurs Argentins les femmes de gauche, les femmes « révolutionnaires » qui luttaient pour une vie plus juste pour tous, n’étaient que des putains et il était justifié de les tuer et de leur enlever leurs enfants. L’Iran a exalté les femmes révolutionnaires en tchador, « gardiennes » d’un ordre social nouveau, qui leur a peu à peu ôté beaucoup de droits

     fondamentaux.

    Toutes les représentations qu’on nous somme d’intégrer sont masculines. Nous en écarter pour être enfin nous mêmes sera un long combat. Depuis « On ne nait pas femme, on le devient » de S. de Beauvoir, le questionnement n’a pas cessé. Et le harcèlement pour que nous abdiquions notre intelligence et notre esprit critique persiste, voilant d’un écran de fumée les raisons qui feraient qu’une même attitude serait licite ici, illicite ailleurs…

     

    Les magasines féminins européens et occidentaux sont particulièrement emblématiques  des injonctions faites aux femmes : amantes la nuit ; épouses, mères et ménagères le soir et le week-end, travailleuses dans la journée. 70 heures de travail par semaine au bas mot, avec obligation de jeunesse éternelle, de jouissance obligatoire pour satisfaire l’égo  masculin ; sans oublier la rentabilité économique pour payer les crédits du foyer…

    Ces hebdomadaires sont de véritables manuels de soumission. Une soumission qui se transforme avec les époques, mais elle paraît n’avoir jamais été si complète.

    Dans les années 50-75, selon les classes sociales ciblées, ils étaient remplis d’images de mode, de recettes de cuisine ou de beauté.  L’objectif étant toujours de « garder » à tout prix un homme intrinsèquement volage. ( qu’on se souvienne de l’ironique chanson de J. Gréco : celles là auront appris/la cuisine/qui retient les petits maris/ qui s’débinent).

    L’objectif est toujours identique, mais une partie des recettes sont à présent des recettes de sexe. Les besoins affirmés des hommes ont varié ; c’est ce que ces manuels de dressage sont chargés de bien faire comprendre aux lectrices. Le rôle des femmes n’est que l’adaptabilité aux besoins masculins, pas à leurs besoins propres.

    Ces dernières années, en feuilletant quelques uns des magasines plus populaires, j’ai pu lire des phrases comme : »Négociez du fast-sex une fois par semaine ( !) » ou «  La fellation est maintenant le passage obligé de toute relation », extraits que je vous livre sans commentaires.

    Les femmes qui lisent cela se croient elles « libérées » ? Il n’est pas question de sexualité épanouie mais de service sexuel.

    Cependant la mystification fonctionne. Il est risible de voir les lectrices des mêmes magasines  s’insurger contre certains codes vestimentaires-dans les pays démocratiques- et les déclarer marque intolérable de soumission aux hommes, comme si les femmes de culture occidentale n’étaient soumises à rien !! Elles le sont AUTREMENT. C’est tout.

    Donner des recettes de sexe pour satisfaire le mâle est pire que donner des recettes de cuisine, car l’intégrité du corps est atteinte. Les deux phrases citées plus haut signifient : « laissez vous violer, vous aurez la paix ». Ni plus ni moins. Mais les pages sont saupoudrées d’articles sur l’excision  en Afrique ou le système de dot en Inde, pour bien montrer que les aliénées, ce sont les autres…L’auteure égyptienne Nawal  El Sadaoui évoquait d’ailleurs « l’excision mentale des femmes occidentales », c’est à dire leur incapacité à définir leurs besoins et désirs  propres et de les satisfaire

    Nous sommes toutes égales devant l’adaptabilité forcée aux besoins d’une catégorie d’hommes qu’on nous impose : avoir une femme « sexy »/ ou invisible aux autres ; pour soi tout seul /ou vendable à d’autres.

    Nous sommes toutes encore des marionnettes. Nous aurons à nous transformer en guerrières pour imposer à notre tour d’être des sujets pensants parlants, autonomes ; et non des instruments.

    Certains hommes sont à nos côtés, mais si peu nombreux…

     

    Michelle C. DROUAULT


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  •  

     

    Un récent reportage intitulé « Femmes invisibles, femmes de la rue », évoquait la vie éprouvante des femmes sans domicile dans les grandes villes, de plus en plus nombreuses.

     

    Ce qui frappe, c’est ce paradoxe : la violence familiale est souvent ce qui a conduit ces femmes à la rue ; et c’est un lieu où elles doivent encore redouter la violence.

     

    C’est à dire que pour les femmes il n’existe pas d’« endroit où reposer sa tête », la violence est partout , à l’intérieur/à l’extérieur et semble douloureusement inhérente à la condition de femme.(alors que pour un homme elle est affaire de situation)

     

    Pour éviter les agressions ou les mauvaises rencontres, certaines femmes marchent plusieurs heures par nuit, et ne se laissent aller à dormir que dans la sécurité de centres d’accueil de jour.

     

    Plusieurs d’entre elles disent avoir perdu la garde de leurs enfants, et être empêchées de les voir par leur père. Certains diront que les problèmes d’alcoolisme ou de drogue ne facilitent pas les relations parentales, mais est il possible de « tenir » dans la rue sans stimulants pour vaincre le froid et l’angoisse ?

     

    On les voit mendier-et il faut énormément de courage pour mendier- s’offrir le répit d’une douche ou d’une halte dans un dispensaire.

     

    L’état des pieds des personnes à la rue est toujours dramatique. Une collègue avait un jour accompagné un homme à la rue dans un dispensaire où on a découvert que le tissus de ses chaussettes incrusté dans la chair  avait causé une infection. « Ce sont les pieds qui voyagent » dit pudiquement une dame en errance.

     

    Cela fait plus de 10 ans que le « 115 », numéro permettant d’avoir une place d’hébergement pour la nuit, est perpétuellement saturé, et dysfonctionne.

     

    Alors dans les villes, les sans domicile se font toutes petites, se glissant dans les garages, les halls, d’où il faut décamper dés les premières lueurs de l’aube.

     

    Certaines femmes vivant dans des locaux de fortune, voiture ou baraquement, ont un emploi. Leurs collègues ignorent leur situation dont elles ont honte. D’autres encore ont été enceintes et à la rue.

     

    Pourtant AUCUN candidat à l’élection présidentielle ne prévoit de programme visant à éradiquer les violences familiales et les violences sociales dont sont victimes les femmes, et qui sont étroitement liées. Aucune ambition n’est affichée dans ce sens.

     

    Quelle est l’espérance de vie des femmes en errance et en souffrance ?

     

    Combien sont elles à accepter de guerre lasse un hébergement contre des relations non consenties, et à disparaitre ainsi des regards ? A finir sous la coupe d’un proxénète ?

     

    Ces interrogations sont laissées aux bons soins des associations caritatives, que la société tolère du moment qu’elles n’affirment pas l’égalité de tout être humain devant le besoin, et qui évitent de facto des troubles et revendications sociales trop importants.

     

    Pendant que media et réseaux sociaux s’alarment de l’invisibilité des femmes sur un catalogue d’IKEA, nul n’entend les voix des femmes de la rue. Elles ne votent en général pas, et qui dit sans domicile veut souvent dire sans domiciliation, donc sans aides ni minima sociaux.

     

    Lorsque des films de fiction parlent du drame de la rue, ils mettent en scène des hommes, double invisibilité.

     

    « Ne lâchons rien »disait l’Abbé Pierre. N’abdiquons pas notre capacité d’indignation et d’interpellation.

     

    Michelle C. DROUAULT

     

     


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     L’Eglise catholique nous fait honte. Elle défend en ce moment le mensonge et la manipulation.

    J’ai nommé les sites anti-IVG qui se font passer pour des sites officiels d’information, et trompent des femmes et des jeunes filles déjà aux prises avec une décision difficile.

    Dans une société démocratique, chacun est libre d’être pour ou contre l’interruption de grossesse pour soi même, et d’exprimer son opinion.

    Mais la lâcheté qui consiste à avancer masqué et à ne pas afficher ses opinions pour tromper les femmes et les empêcher d’avoir recours à une IVG tant elles deviennent inquiètes et terrorisées par les fausses informations qui leur sont données, doit être sévèrement condamnée.

    Les femmes journalistes ou élues (Aurore Bergé, députée LR, entre autres) qui ont « testé » ivg.net sont formelles : aucun véritable soutien n’est proposé ; aucune information médicale fondée n’est fournie. Seules sont énoncés des constats fantaisistes et lapidaires (ex : « les couples ne s’en remettent pas »).

    Par ailleurs, il semble qu’un « hameçonnage »  soit pratiqué pour obtenir les coordonnées des appelantes. La plupart des femmes croient de bonne foi avoir à faire à une organisation officielle. (il y a un numéro vert)

    C’est uniquement CE DÉLIT DE TROMPERIE qui est en cause. Pas autre chose.

    Il est justement nommé « délit d’entrave à l’IVG ».

    Aucune censure n’est exercée sur des sites qui annonceraient clairement que l’IVG ne leur paraît pas toujours une bonne solution et qu’il existe des alternatives.

    La Conférence des Evêques de France prend les femmes pour des idiotes qu’il convient d’influencer par de semblables supercheries.

    Si débat il doit y avoir sur l’IVG, ce n’est certainement pas à des hommes célibataires et sans responsabilités de l’initier, mais aux femmes elles mêmes.

    Nous attendons la CEF sur la véritable défense des faibles : les enfants d’Alep ; les enfants victimes « collatérales » des violences conjugales (73 enfants orphelins de mère ; 35 tués avec leur mère …).

    Nous souhaitons qu’elle remplisse les églises par un message de confiance ; et pas qu’elle les vide par de tels agissements indignes de chrétiens.

     

    Michelle. C. DROUAULT


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