• LES VIOLENCES MACHISTES SONT LA PREMIÈRE CAUSE DE MORTALITÉ DES FEMMES ENTRE 15 ET 44 ANS.

    EN FRANCE, CHAQUE HEURE, 10 FEMMES APPELLENT LE 3919 pour signaler un cas de violence,

    Ces violences mobilisent ici un budget de 25 millions d’euros par an…..

    Les violences envers les femmes sont internationales, constantes, et touchent aussi bien des enfants de sexe féminin que des femmes âgées.

    Elles recouvrent la sélection des fœtus féminins, l’infanticide, l’excision, le mariage forcé, le viol, les crimes d’honneur, les violences de couple, le manquement au droit à l’éducation et à la santé ; la prostitution, la discrimination salariale, le harcèlement au travail, la misère des veuves contraintes à mendier dans certains pays…..

    Elles ont pris depuis les années 90 un visage nouveau et particulièrement barbare : LE VIOL MASSIF COMME ARME DE GUERRE.

    Pratique reconnue avec beaucoup de difficultés (car personne ne voulait y croire) durant la guerre de Bosnie en ex-Yougoslavie, elle s’est étendue en Afrique, et s’y ajoute à présent l’enlèvement de fillettes et de jeunes filles.

    Les gouvernements semblent dépassés par la recherche des coupables.

    Réclamons que ces viols de masse soient qualifiés en CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ, et passibles du TPI : des témoignages précis montrent que ces viols touchent des enfants de moins de 8 ans, des femmes enceintes sur le point d’accoucher, des femmes âgées : il s’agit d’atteindre une ethnie ou un groupe tout entier au travers des femmes, qui transmettent la vie.

    Récemment, 80 femmes maliennes survivantes de ces viols au cours du conflit du Mali en 2012, se sont dressées pour réclamer justice.

    Nous sommes la moitié du Monde, résistons !

     

    Michelle. C. Drouault et Michèle Jeunet

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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    En Septembre dernier, les internautes norvégiens ont pu découvrir un blog bien insolite :

    Tout en rose et blanc, c’est celui de THÉA, 12 ans, qui annonce « Je m’appelle Théa, j’ai douze ans, et je vais me marier dans un mois ! »

    Suivent des photos des préparatifs, qui semblent amuser et émerveiller l’héroïne : bague de fiançailles, alliance, bijoux, maquillage, essayages de la robe de mariée, faire parts….c’est là que le malaise s’installe : le futur marié, GEIR, est âgé de 37 ans, et Théa ne le connaît pas, elle ne l’a encore jamais rencontré ; elle a juste vu des photos.

    Entre les pages euphoriques, se glissent des questions inquiétantes : Théa n’aura plus besoin d’aller à l’école, ni de travailler plus tard : son mari gagne assez d’argent pour deux….bien sûr, elle devra dormir avec lui : devra-t-elle avoir des relations sexuelles avec lui ?.. pour le moment, elle dort avec une peluche !.Suit le catalogue de lingerie « sexy » pour la nuit de noces, que la jeune fille dit consulter, et nous voilà de plus en plus mal à l’aise.

    Enfin, voici la vidéo du mariage à l’église. La petite mariée de douze ans entre, tremblante, seule dans l’église où son mari l’attend à côté du prêtre.

    Mais au dernier moment, lorsque celui-ci lui demande si elle veut bien prendre pour époux Geir, Théa secoue la tête et répond : « Non ! »

     La caméra se dirige alors vers l’assistance : des manifestants brandissent des pancartes »NON AUX MARIAGES FORCÉS ! » : Il s’agit d’un vrai-faux mariage.

     Les fiancés sont en fait une apprentie comédienne et un membre d’une ONG, qui ont accepté de jouer le jeu pour mobiliser le public. Car tant que la supercherie n’était pas découverte, les norvégiens se sont réellement mobilisés pour arrêter ce mariage ; un hash tag « stop the wedding » s’était même créé.

    Cette campagne intervient après le court film réalisé par Lisa Azuelos  à l’occasion du 8 Mars 2014 :« 14 millions de cris ».

     Julie Gayet y joue un rôle peu gratifiant : celui de la mère d’une petite française de douze ans Emma, qui rentre de l’école pour être mariée contre son gré à un sexagénaire, avec la complicité de tous les invités. Le film s’achève dans l’horreur d’un viol qu’on devine.

    Selon le Fonds des Nations Unies pour la population, ce sont en effet 14, 2 millions de jeunes filles par an qui sont mariées de force avant leurs 18 ans dans le monde.

     

    Fallait il montrer des fillettes occidentales pour être sûrs de sensibiliser le public européen à la réalité que recouvrent les mariages forcés en Afrique du Nord, de l’Ouest, au Moyen Orient … ? Oui, disent les militants ; tant que cela se passe ailleurs, on se réfugie derrière la « culture », la « différence », pour ne pas voir que des fillettes ne sont pas des femmes.

    Elles peuvent être biologiquement pubères, mais n’ont ni la capacité physique, ni la capacité psychique de supporter des relations sexuelles, dont elles ignorent tout et qu’elles ne désirent pas, et des grossesses, qui meurtrissent leurs corps ou peuvent les conduire à la mort.

    Au Yémen, une fillette de douze ans enceinte est morte après trois jours de travail et de douleurs, faute de prise en charge par des personnes compétentes.

    Non, un tel subterfuge n’était pas nécessaire, répondent d’autres personnes : notre capacité d’identification est elle si faible ?

    Les mariages forcés existent aussi en Europe. Ils concernent des filles majeures ou mineures, et ont lieu sur le territoire des pays européens, ou dans le pays d’origine.

    La fondation suisse « SURGIR » a recensé en 2006 1700 mariages forcés sur le territoire helvétique. (Source : journal »Le Temps » du 17/ 12/ 06) Certaines jeunes filles avaient la nationalité suisse, et appartenaient à la deuxième génération de migrants.*

     1/3 avaient entre 13 et 18 ans, 2/3 entre 18 et 30 ans. Seules 6 d’entre elles ont accepté de témoigner. Les services judiciaires et sociaux semblent s’être trouvés démunis devant ce phénomène, dont ils n’avaient mesuré ni l’ampleur, ni les rouages. Ils ont tenté d’établir la frontière difficile entre mariage arrangé et forcé.

     La conclusion qui s’est imposée est qu’un mariage forcé est un mariage auquel il est impossible d’échapper.

    Certains hommes subissent aussi des mariages arrangés sous pression, mais les conséquences sur leur santé, leur corps et leur psychisme sont moins dramatiques. Même lorsqu’un mariage forcé n’a finalement pas lieu, le stress émotionnel encouru par la victime est immense, car elle a eu peur pour son intégrité physique.

    Nous avons visionné et lu beaucoup d’enquêtes sur les mariages forcés, après avoir reçu dans un cadre professionnel nombre de femmes et de jeunes filles concernées.

    Ces mariages ne peuvent se produire que dans un contexte de total manque d’autonomie des filles ainsi fiancées. Quel que soit leur milieu de vie, elles sont conditionnées à ne pas prendre de décisions pour elles mêmes, à ne pas élaborer de projet de vie personnel, à obéir.

    Celles qui ont la force de se rebeller sont menacées de mort par leur père, leur frère, leur oncle. Ce sont les hommes de la famille qui semblent avoir intérêt à ces mariages. Ils sont souvent conclus pour honorer une dette, financière ou morale.

    En Europe, les hommes n’ont aucune hésitation à essayer de venir retrouver et harceler les filles dans les structures d’accueil où les dirigent les services sociaux.

    Les fiancées contraintes peuvent être originaires d’ex-Yougoslavie, de Roumanie, de Lituanie, de Turquie.

    Les parents peuvent « jouer le jeu » de la scolarité obligatoire, ou de l’âge légal du mariage à la majorité comme en France, mais c’est uniquement un minimum, honoré par peur de représailles des pouvoirs publics.

    Alors, est ce vraiment si éloigné ?

     

    Contrairement à ce que croit l’opinion publique, la religion n’a pas grand chose à voir avec les mariages forcés.* Il s’agit de TRADITIONS, extrêmement anciennes, parfois ante-islamiques ou chrétiennes, mais qui perdurent car elles maintiennent la domination masculine.

    Même quand ils sont interdits par la loi, ces mariages persistent.

    En Ethiopie, des chrétiens marient leurs filles dés quatorze ans.

    Au Kyrgyztan, ancienne république soviétique, la pratique des enlèvements et kidnappings pour épouser une fille, vient de la tribu des Manas.

     Elle a fait un retour en fanfare après la chute du communisme. Le Kyrgyztan est musulman, et les imams disent eux mêmes que ces mœurs violent l’Islam, et violent la loi. (ce serait pour enrayer ce genre de pratique que le Prophète aurait réglementé le mariage) Beaucoup de jeunes femmes ainsi mariées se suicident. Mais on ne parvient pas à éradiquer cette coutume.

    La situation est plus complexe qu’il n’y paraît : il s’agit souvent d’une mise en scène, où chacun tremble de ne pas assumer son rôle : la jeune fille sait très bien qui va venir l’enlever, et quel jour ; la fête est déjà préparée chez les parents du garçon. Mais il y va de son honneur, de sa réputation de « pureté » de se débattre et de crier, de refuser plusieurs fois de mettre le foulard de mariée que lui passe sa belle-mère, pour finir par céder. De même , le garçon a peur que les camarades qui procèdent à l’enlèvement pour lui ne soient trop violents.

    Personne n’est heureux, mais on se cramponne à cette tradition.

    Enfin, en Inde, les mariages d’enfants sont illégaux, mais ils continuent. La police peut intervenir, mais si elle le fait, les familles ont stigmatisées pour plusieurs générations.

     C’est également ce qu’expliquent des policiers afghans ; est ce la solution, demandent ils ? (reportage du « National Geographic » par Stéphanie Sinclair et Cynthia Gowney)

     

    Changer les mentalités est très long, cependant des millions de fillettes et de jeunes filles sont exclues par un mariage précoce de l’éducation et du savoir, de l’autonomie et de la possibilité d’un métier.

    Il s’agit d’un cercle vicieux : en raison de ces mariages précoces, il n’existe pas de professeures femmes qui puissent assurer l’enseignement dans certaines régions, aussi les filles ne vont pas à l’école. Et leur seul avenir est le mariage.

    Des campagnes audio visuelles comme celles que nous avons citées sont nécessaires pour que le monde entier comprenne que les femmes ne sont pas des sous-êtres humains, et qu’elles ont droit à l’enfance.

     

     

    Michelle .C. DROUAULT

     

    2 liens :

    http://theasbryllup.blogg.no

    http://www.lepoint.fr/culture/video-julie-gayet-dans-un-film-bouleversant-pour-la-journee-de-la-femme-07-03-2014-1798566_3.php

     

     

    Notes

     *1 les mariages de mineures étaient coutumiers, et avaient été conclus hors territoire suisse, à l’occasion de vacances. Néanmoins, la victime était obligée de cohabiter avec son « époux », le mariage civil étant prévu à sa majorité.

     

    *2

     

    certains théoriciens d’un Islam fondamentaliste mettent en avant le mariage du Prophète avec Aïcha, qui n’aurait eu que 9 ans…..mais aussi celui du même Prophète avec Khadidja, qui avait 15 ans de plus que lui ; pour dire que le mariage ne doit pas connaitre de limites d’âge.


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    AASIYA NOREEN BIBI (connue en Europe sous le nom d’Asia BIBI), jeune femme Pakistanaise de 37 ans, mariée et mère de quatre enfants, a été condamnée le 8 Novembre 2010 à la peine de mort par pendaison par un tribunal du Pendjab en vertu de la loi sur le blasphème.

    Chrétienne, elle aurait répondu à des voisines qui lui reprochait d’avoir souillé l’eau d’un puits en y puisant de l’eau, qu’elle n’était pas sûre que le Prophète aurait approuvé ce comportement…Accusée de blasphème, il lui a été demandé de se convertir à L’Islam pour « racheter » ses paroles ; ce qu’elle a refusé.

    Depuis, elle croupit dans une prison du Pendjab, dans des conditions sanitaires déplorables et dangereuses pour sa santé et sa vie.

    La loi de 1986 sur le blasphème au Pakistan touche aussi des Musulmans : depuis cette date, 452 d’entre eux ont été touchés, sur plus de mille condamnations, pour 456 Ahmadis, 132 Chrétiens et 21 Hindous.

    Mais pour le moment, Aasiya est la seule femme condamnée à mort à ce titre. S’étant vu dénier le droit à un défenseur, elle s’en est vu fournir un par la Fondation Mashihi, qui a fait appel.

    Le « Jinnah Institute » , ( en référence au fondateur du Pakistan , Muhamad Ali Jinnah, qui souhaitait un Pakistan laïc) qui s’occupe de son cas a relevé des irrégularités dans son arrestation et les dépôts de plaintes.

    Cependant, il est devenu héroïque de défendre publiquement la jeune femme : SALMAN TASEER, gouverneur du Penjab, a été assassiné le 4 Janvier 2011 pour l’avoir soutenue, puis SHABBAZ BHATTI, Ministre Chargé des Minorités Religieuses, lui même catholique, a été abattu le 2 Mars 2011.

    L’appel déposé par l’avocat d’Aasiya Bibi VIENT D’ÊTRE REJETÉ PAR LE TRIBUNAL CE JEUDI 16 Octobre 2014.

    Certains religieux fondamentalistes parlent déjà d’une victoire pour l’Islam !

    Une pétition de l’ACAT ( Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture) circule, et a déjà recueilli plus de 5000 signatures en deux jours.

    La peine de mort est inacceptable ; la liberté religieuse des citoyens et citoyennes doit être garantie partout dans le monde ; la haine des femmes doit cesser !

    SAUVONS AASIYA BIBI, signez la pétition !

    http://www.acatfrance.fr/action/condamnation-a_mort_confirmee_pour_asia_bibi

     

     


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  • Dans une interview publiée dans le magazine « Télérama » de fin Juillet, Delphine Horvilleur, rabbin, ancienne journaliste, constate  « qu’il n’est plus possible que, dans un monde où hommes et femmes partagent leur érudition dans toutes les sphères de la société, synagogue, mosquée et église, soient les seuls lieux où la femme est réduite à sa fonction de mère et d’épouse »

    Nous recommandons à nos lectrices la totalité de l’article, dans lequel une des rares femmes rabbins qui existent en France reprend pour les contester les interprétations de la Genèse qui justifient soi-disant la « complémentarité » de la femme par rapport à l’homme : être relatif réduit à son sexe biologique. C’est à partir de l’hébreu qu’elle re-situe le véritable sens des termes, comme l’ont déjà fait plusieurs auteur-es catholiques

    ( voir le livre de André.WENIN, D’Adam à Abraham ou les errances de l’humain, Paris, cerf, 2007 p 57et suivantes ;

    voir aussi l’article de Michèle JEUNET sur le site du Comité de la Jupe : http://www.comitedelajupe.fr/du-grain-a-moudre/reflexions-bibliques-et-theologiques/adam-etait-il-un-homme-par-s-m-jeunet/ 

    ou sur son blog : http://aubonheurdedieu-soeurmichele.over-blog.com/article-une-interpretation-non-sexiste-du-2eme-chapitre-de-la-genese-87465317.html

     

    De même, avec beaucoup de finesse, elle pose la question du voile dans l’Islam, sans y répondre, bien sûr : s’agit-il d’une revendication de sujets autonomes, ou d’une lecture masculine des textes coraniques ?

    En fait, sommes-nous, femmes croyantes des trois monothéismes, l’objet d’immenses escroqueries intellectuelles et théologiques, visant à conserver aux hommes le pouvoir et la domination, ainsi que les décisions politiques ?

    Cet état de fait est-il en soi une violence supplémentaire envers les femmes ou encourage-t-il  simplement les violences faites aux femmes en général ?

     

    Irene Zeilinger,  auteure autrichienne, a publié en 2008 un « manuel d’auto défense à l’usage des femmes, « NON, c’est NON », dans lequel elle énumère toutes les formes de violence auxquelles elles sont sujettes, et elle les détaille :

    -la violence physique

    -la violence psychologique ou morale (qui a mis longtemps à être reconnue, et inclut la négation des perceptions de la victime) 

    -la violence sexuelle : agressions, viol (y compris conjugal), mutilations génitales

    -la violence économique (contrôle abusif sur les biens ou le salaire d’une femme, faire peser sur elle de manière inégale les charges du ménage, exploiter une femme âgée et vulnérable)  la violence émotionnelle (manipulation) ;

    -la violence sociale (isolement) ;

    -la violence intellectuelle ;

     et la VIOLENCE SPIRITUELLE.

    Elle définit celle-ci comme « tout comportement qui stigmatise les croyances religieuses ou culturelles d’une femme », mais aussi toute coercition : tentatives de conversion forcée à une religion différente, et « PRATIQUES COERCITIVES EXERCÉES OU JUSTIFIÉES DANS LE CADRE RELIGIEUX ». Elle y ajoute le fait, par ces pratiques ou discours, de nuire à l’estime de soi des femmes, et de véhiculer des stéréotypes d’infériorité genrée.

    C’est la première fois que nous voyons ce type de violence listée et reconnue, et nous ne pouvons qu’en féliciter l’auteure.

    Mais il nous appartient d’aller plus loin : quand nous sentons nous violentées dans le cadre de notre religion, quelle qu’elle soit ?

    Il m’est arrivé de me sentir brûlante de colère à la lecture de certains textes écrits par des responsables religieux masculins, pour dire une fois de plus aux femmes ce qu’elles doivent être, faire et croire.
    Peut-on une minute imaginer l’inverse ? Qu’une femme rabbin, ou évêque, tienne de grands discours publics sur le comportement, l’habillement ou les devoirs de ses coreligionnaires masculins ? Les femmes n’ont pas cette suffisance !

    Nous sommes également nombreuses à être sorties furieuses et humiliées d’une église ou d’une salle de prière, après avoir entendu des homélies ou des prêches qui nous traitaient en moitiés d’êtres humains, ou niaient tout simplement le respect du à nos vies, (comme les homélies catholiques qui soutiennent qu’un avortement ne doit être autorisé en aucun cas, même celui de danger pour la mère)

    La violence intellectuelle comprend l’empêchement de l’accès aux textes sacrés et à leur étude (femmes juives empêchées d’étudier la Torah dans le judaïsme orthodoxe par exemple), et le détournement des textes qui est une violence autant intellectuelle que spirituelle.

     

    Dernièrement, la nomination de femmes au titre d’évêques dans la religion anglicane a défrayé la chronique. Des évêques anglicans africains se sont opposé à cette réforme avec un argument théologique absurde : la Cène (le dernier repas du Christ) n’aurait compris comme « invités » (il ne s’agit pas d’un salon !) que des hommes… Sous leur apparente absurdité, ces propos sont extrêmement violents, et c’est ce genre d’arguments qui sont utilisés dans l’Eglise catholique romaine pour exclure les femmes de la prêtrise et de l’épiscopat avec l’autre argument similaire que Jésus n’auraient appelé que des hommes à être apôtres. Nous renvoyons, pour contredire ces arguments à l’excellent article du Père Joseph Moingt :

    http://femmes-ministeres.org/?p=202

     

    La violence spirituelle s’exerce envers nous chaque fois qu’au lieu de trouver la paix de Dieu et le moyen de nous améliorer et d’apporter cette paix aux autres en lisant un texte, en assistant à un office ou une prière, nous sommes confrontées à des propos qui nous trahissent ; nous renvoient une mauvaise image de nous mêmes ; rejettent la responsabilité des erreurs et fautes des  personnes de sexe masculin sur nous ; nous assignent une place obligatoire de servante(qui n’a rien à voir avec le service volontaire des autres),malmènent nos corps ; ou nous culpabilisent d’avoir voulu préserver nos vies en quittant un mariage toxique, ou en ayant recours à une interruption de grossesse indispensable.

    Que ces beaux parleurs sacrifient leur propre vie ! Ceux-là ressemblent aux pharisiens et aux légistes dont Jésus parle dans l’évangile de Luc 11/46 : «  Vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter, et vous-mêmes ne touchez pas à ces fardeaux d’un seul de vos doigts »

    La violence spirituelle s’exerce à notre encontre chaque fois qu’on tente de nous persuader que des contraintes humiliantes ou absurdes nous conduisent au salut : une proche musulmane m’expliquait comment dans certaines régions on endoctrinait de très jeunes femmes afin qu’elles portent un niqab et des gants, des bas et des chaussures fermées, même par des chaleurs accablantes : chaque goutte de sueur les rapprocherait du Paradis !!

    De même, toutes les théories qui nous proclament « impures » à certaines périodes du mois parce que nous saignons, ne sont que des héritages de superstitions païennes, et d’ignorance du fonctionnement du corps humain. Rien de ce qu’a pu créer Dieu n’est impur.

    Le sang des menstrues est simplement celui qui n’a pas servi à implanter un embryon dans notre utérus. Celui de l’accouchement est le résultat d’un processus normal. Il n’existe aucune raison de se « purifier » après un accouchement. Le retour de couches est lui aussi un évident retour du corps de la femme à son fonctionnement ordinaire.

    Nous décréter impures ou dire que nous allons faire tourner la mayonnaise en cuisinant ces jours là relève de la même absurdité. Cela n’a rien à voir avec l’Amour de Dieu.

    Bien malheureusement, certaines femmes se font les courroies de transmission de telles pratiques, soit pour être bien intégrées dans leur communauté ; soit pour se venger sur leurs filles de ce qu’elles ont elles-mêmes subi, en espérant illusoirement se décharger du poids de leurs souffrances. Une jeune amie juive s’est trouvée très humiliée de se voir infliger par sa mère un bain rituel après une IVG.

    La violence spirituelle est un écran : elle empêche, au contraire les femmes de se rapprocher de Dieu, car elle les fait fuir les églises , les mosquées et les synagogues ; elles peuvent se laisser attirer par les philosophes athées qui énoncent que les religions ne sont que des empêcheuses de tourner en rond et de vivre, et qu’elles doivent être éradiquées.

    Ce qui doit être éradiqué, c’est la domination d’un genre sur l’autre, car la source de la violence spirituelle est là. Dans des sphères où les religions ne sont pas en cause, les

    présupposés sur la faiblesse, l’incapacité, ou la duplicité des femmes sont semblables.

    Il n’est qu’à relire les débats parlementaires sur le vote des femmes, chaque fois que ce sujet a été proposé au suffrage. C’est la religion, au contraire, qui a été accusée d’influencer les femmes et les rendre inapte à des droits civils, par des députés laïques et souvent athées qui leur niaient toute capacité de discernement.

    Quand ce n’était pas la religion, c’était leur Nature, leur conformation, leur devoir*….un véritable florilège d’incantations terrorisées par le simple concept d’égalité tant prêché par la Révolution.

    La violence spirituelle, c’est cette image d’un Dieu-Père Fouettard, de genre masculin évidemment, dont une des volontés premières serait de maintenir éternellement les femmes sous le boisseau par le biais de rites et de soumissions encastrés les uns dans les autres comme des poupées russes. Une volonté qui se serait manifestée uniquement à des hommes, dotés d’une sorte de téléphone rouge spirituel…

     

     

     

    Michelle.C.DROUAULT et Michèle JEUNET

     

     

     

     

     

     

    * Le philosophe René Rémond relève, dans son ouvrage sur l’antichristianisme contemporain, que dans les débats parlementaires sous la III éme République, l’Eglise a été accusée de soustraire les femmes, dans le secret de la confession, au « plus sacré des devoirs »….le devoir conjugal ! Les confesseurs semblaient conseiller en effet l’abstinence aux femmes qui ne voulaient pas enfanter chaque année ; abstinence qui obligeait leurs époux à porter un autre regard sur elles, peut être ? Dans le même temps, au Québec, le clergé enseignait aux épouses que se refuser à son mari était un pêché mortel…pour raison politique : il s’agissait de faire davantage d’enfants que les anglophones.


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  •  La presse européenne dans son ensemble  a diffusé l'information d'un charnier de 796 cadavres. C'est une erreur.

     

    Seuls 20 squelettes ont été trouvés(ce qui est déjà trop!)  CEPENDANT les actes de décès de 796 bébés et enfants , portant effectivement mention de malnutrition ou de maladie, ont été retrouvés sans être accompagnés de permis d'inhumer , ou d'indication de sépulture. Où sont ils ? cela crée un distinguo que nous nous devons de rétablir, bien que le restant de l'article comporte des questions essentielles qui demeurent.


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