• « le Silence des Autres » est un film documentaire sur la loi d’amnistie promulguée en 1977 en Espagne, deux ans après la mort de Franco, et ses conséquences.

     

    En effet , si la fin de la dictature et le retour progressif à la démocratie ont impliqué que sortent de prison les détenus politiques, arrêtés pour simple délit d’opinion, les Cortès(Parlement) ont ajouté un deuxième volet à la loi : l’amnistie AUSSI pour les anciens dirigeants, policiers et militaires  de l’ancien régime. Une « Amnistie générale » destinée à « faire taire les rancoeurs » et provoquer « l’oubli » de cette période sombre, qui a tout de même duré plus de 40 ans…
     

     Or ce vocabulaire, qui n’est pas anodin, est en complet décalage avec la réalité : en 1936/39 suite à la Guerre Civile espagnole, où les Républicains ont combattu avec courage les troupes de Franco qui préparaient un putsch militaire, des milliers de personnes ont été arrêtées, détenues, torturées, éliminées, parfois lors de meurtres collectifs ; et la répression du régime franquiste installé s’est poursuivie régulièrement jusqu’en 1975, forçant des millions d’espagnols à l’exil.

     

     Si la « rancœur » peut concerner des conflits de voisinage, et « l’oubli » des fautes mineures, il ne peut en être question pour des crimes contre l’humanité !

    Nous savons que demander à des victimes l’oubli est une violence supplémentaire insupportable.

    Ce documentaire est le récit du combat contre l’oubli de tous ceux qui n’ont jamais obtenu justice pour eux mêmes ou leur proches décédés.

     

    Trois figures sont marquantes :

     Marià, dont la mère fut arrêtée et tuée par les franquistes dans son village quand elle n’avait que 6 ans, n’a jamais pu récupérer sa dépouille pour l’enterrer décemment. Tous les ans elle fleurit les bords de l’autoroute bétonnée qui recouvre maintenant le charnier. Ses multiples démarches auprès des autorités n’ont eu aucun succès.

     

    Un homme d’une soixantaine d’années à Madrid s’est aperçu qu’il vivait dans la même rue que son ancien tortionnaire « Billy el Nino », tristement célèbre personnage, pourtant jamais inquiété en vertu de cette loi d’amnistie.

     

    Enfin, voici 28 ans, bien après la fin du franquisme, une femme a été victime d’une pratique qui a perduré avec la complicité de l’Eglise catholique espagnole : célibataire, on lui a fait croire que son bébé était mort, pour le faire adopter clandestinement par un couple. Elle recherche son enfant.

    Pour contourner la loi d’amnistie dans leur pays, et faire traduire en justice ceux qu’ils considèrent coupables de crimes contre l’humanité ;pour récupérer et ensevelir dignement leurs morts, toutes ces personnes se battent avec l’aide d’une juge argentine, prête à requérir contre eux. Mais elle se heurte au silence et aux refus de l’Espagne, son action est entravée.

     

    Ce documentaire éprouvant montre l’onde de choc que constitue la violence à la fois pour els intéressés et les générations suivantes. Il nous dit que les propos lénifiants sur « l’oubli » se heurtent à notre soif légitime de justice et de vérité. Une soif insatiable.

     

    Le système a bien fonctionné : interrogés par un journaliste , des jeunes espagnols d’une vingtaine d’années disent tout ignorer des années noires du franquisme et de l’amnistie mortifère.

    Ici en France, malgré tous les efforts faits, 21% des 18/24 ans disent n’avoir pas entendu parler du génocide des Juifs…

     

    Alors, écrivons, sans relâche, contre l’oubli ; informons les jeunes, dans l’espoir que tous ces crimes soient les derniers et ne se reproduisent jamais.

     

    Michelle. C. DROUAULT
     

     Nota : pour les parisiens, le film passe au cinéma l’Arlequin…

     

     

     


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  •  

     J’aurais aimé ne pas écrire ceci à l’occasion du 8 mars.

     

    J’aurais aimé écrire sur du festif, de l’optimiste( la marée humaine des femmes espagnoles  vendredi dernier) vous montrer des ballons multicolores, vous faire entendre des chants enthousiastes…comme à l’origine de la reconnaissance visible de ce jour en France, le 8 mars 1982. Un jour inoubliable.

    Mais voilà, ces belles images ont été submergées par la colère et la tristesse devant l’actualité :

     

    Au scandale de l’impunité des prêtres pédophiles-ou plutôt pédocriminels- médiatisé en France par le remarquable film de François Ozon »Grâce à Dieu », vient à présent s’ajouter  la révélation d’autres crimes aussi révoltants : les agressions sexuelles et viols de religieuses par des prêtres, perpétrés en Europe, en Amérique du Nord et en Afrique, depuis plusieurs décennies.

     

    Les témoignages produits sont glaçants.

     

    Comme pour les enfants, ces  agressions n’ont pas provoqué de résistance. On a conduit les victimes à les accepter par une confusion volontaire et une manipulation mentale perverse :

    Leur faire croire que le prêtre est un représentant de Dieu, et non un serviteur de Dieu et des fidèles. Qu’il est « un peu Dieu », et que se soumettre à lui est se soumettre au Seigneur, quoi qu’il vous commande.* Le tout dans une hiérarchie genrée bien comprise : le représentant de Dieu ne peut être qu’un homme (représentation masculinisée : Dieu n’a pas de sexe) et cet homme a tout pouvoir sur les femmes et les enfants. Il « sait » mieux qu’eux ce qui est bon pour eux/elles.

    L’abus spirituel est ici monstrueux. L’une des victimes dit avoir été contrainte à des fellations à un prêtre »pour lui montrer l’amour de Jésus ».

     

    Ces femmes sont peut être naïves, mais se voir imposer des actes qui leur répugnent, être contraintes à briser leur vœu de chasteté, sous le prétexte d’atteindre l’amour de Dieu, elles ont senti que ce n’était pas normal Que leur esprit était méprisé autant que leur corps. Elles ont alors sombré dans un chaos mental terrible dont elles n’ont osé parler à personne.

     

    Mais le pire est le cynisme avec lequel nombre de ces prêtres ont obligé des religieuses enceintes de leurs œuvres à avorter, même à des termes avancés ; ce qui constitue un crime dans la plus part des pays. Le récit d’une religieuse dont la condisciple a été forcée de laisser tuer son fœtus de 8 mois(donc viable) par injection létale in utéro, pour accoucher d’un enfant mort, arrache des larmes  d’horreur.

    Le prêtre père de ce bébé, la supérieure du couvent complice et le médecin, sont des criminels. Les voilà les « tueurs à gage » évoqués par le pape François à propos de l’interruption volontaire de grossesse quelques mois plus tôt. …

     

    Au delà de la révolte au sujet du double crime commis sur cette religieuse, et des effroyables répercussions qu’il a pu avoir tant sur sa santé physique que psychique, une évidence se dessine : un certain clergé catholique ne croit pas vraiment que l’avortement soit un crime.

    Pour lui, il n’en est un que lorsqu’il est décidé et voulu par la femme.  Sinon, il peut être allègrement pratiqué sans états d’âme , jusqu’à l’assassinat d’un enfant viable, dés qu’il s’agit de dissimuler les méfaits d’un prêtre prédateur.

     

    Pour la façade, on proclame que supprimer volontairement un embryon de quelque semaines est un forfait abominable, quelles que soient les circonstances. Dans les pays où le catholicisme est religion d’Etat, on laisse mourir des futures mères aux grossesses pathologiques menaçant leur santé plutôt que de les faire avorter, car ce discours culpabilisant ont fanatisé de nombreux médecins. Récemment en Argentine, une fillette de 11 ans victime d’un viol incestueux a été contrainte d’accoucher à 32 semaines d’un grand prématuré de 500 grammes, alors qu’elle suppliait « qu’on lui enlève ce que le vieux avait mis dans son ventre ». Il s’agit d’une torture physique et morale d’une enfant déjà victime, traitements « inhumains et dégradants » tels que définis par les Conventions internationales.

     

    Au nom de la foi ? Nous n’avons pas entendu le Saint Siège sur le sujet.

     

    Une évidence saute donc aux yeux : l’Eglise en tant qu’institution ne respecte pas la vie des femmes et des enfants.

     

    Son seul but comme institution est de contrôler les femmes. Elles enfantent ou n’enfantent pas selon les diktats de prélats qui s’estiment au dessus des lois, et Dieu n’a rien à voir dans tout cela.

    S’il y avait une définition à donner du blasphème, je choisirais sans doute celle là.

    Cette démystification était nécessaire. Nous savons maintenant clairement à quoi nous en tenir.

     

    Mais l’Eglise catholique se relèvera-t-elle ?

    Ceux qui ont commis ces crimes seront ils poursuivis par la justice civile ?

     

    Il le faudrait. Et il faudrait que comme les victimes des prêtres pédocriminels, ces religieuses se groupent et portent plainte.

     

    En attendant , les ballons multicolores , ce sera pour aune autre fois…

     

     

    Michelle.C. DROUAULT

     

     

    * je cite ici Christine Pedotti, qui dans une des ses interventions récentes , s’exclame

    « les victimes de pédophiles disent presque toujours que pour elles, le prêtre c’était Dieu.

    C’est de la théologie de comptoir ! »

     

    * 2 communiqués complémentaires :

     

    https://www.viereligieuse.fr/Communique-de-presse-5-mars-2019

     

     https://www.dropbox.com/s/e1xk1uxax34mno8/Communiqué Parvis 9 mars 2019.pdf?dl=0&fbclid=IwAR2hC0QkXtD6a_fmPfc00SrBYmE-fmJRaX-fXLDsbJNc0KdIvUN_zz4pe2A


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  • « PUPILLE »  est un très beau film, émouvant et sincère. Il  essaie de suivre avec objectivité et honnêteté le parcours d’une accouchée sous X ; d’une jeune femme candidate à l’adoption ; et surtout d’un bébé, le petit Théo, entouré de travailleurs sociaux motivés à faire de leur mieux pour lui assurer un projet de vie harmonieux malgré des débuts difficiles.

     

    Tous les bébés figurant Théo de la naissance à 8 mois sont extraordinaires.
     
    Merci à leurs parents de leur avoir permis de sensibiliser le public à cette problématique souvent mal connue, ou entachée de fausses informations(un hebdomadaire, pour résumé du film, dit que la future adoptante « attend le bon vouloir » des services de l’Etat !)

    A une époque où Françoise Dolto est souvent décriée ou mal interprétée, on peut apprécier la démonstration que le bébé est une personne, qui comprend tout ( pas les mots, mais leur sens) et souffre quand la parole n’est pas là. La séquence où l’électrocardiogramme de Théo se modifie au fur et à mesure qu’on s’adresse à lui, est magnifique.

    Cependant, on peut déplorer que les différents protagonistes (assistantes sociales, éducatrice, assistant familial) sous couvert d’explication et de pédagogie, nous fassent parfois un véritable cours magistral sur la législation et les procédures concernant l’adoption.

    Au détriment de la spontanéité et la vraisemblance.

    La mère de naissance est un peu trop lisse ; on ne sait pas grand chose de sa vie.

    Ayant moi même travaillé à l’Aide Sociale à L’Enfance, je l’estime peu représentative de la majorité des mères souhaitant accoucher anonymement, ou contraintes de le faire.

    D’autres questions sont ouvertes : la proposition faite à cette jeune femme pour qui la maternité est impossible de « dire au revoir à son bébé si elle s’en sent la force » parait une épreuve insupportable, contraire à toute déontologie. Cette femme-comme beaucoup- refuse de voir ou toucher son bébé, afin de se préserver. 

    Jadis les personnels soignants, peu ou pas formés, portaient facilement un jugement moral sur les « abandons »(j’en ai été témoin) et insistaient pour présenter l’enfant à sa mère, dans l’espoir qu’elle revienne sur sa décision. Culpabilisée, la mère se rétractait, mais vite dans l’incapacité d’assumer cet enfant, revenait le placer en recueil temporaire. Ce qui le rendait non-adoptable… Les mentalités, les pratiques, évoluent dans le bon sens : les personnels ont à présent une attitude de neutralité bienveillante, et surtout le respect des volontés de la mère, quelles qu’elles soient. Et depuis une vingtaine d’années, les mères « sous X » peuvent être accompagnées après la naissance, et ne sont pas lâchées dans la nature.

    Épreuve trop dure pour la mère, mais manque de mots pour l’enfant ; le film raconte comment ce dilemme a été contourné intelligemment.

     

    Privé de sa mère, le petit Théo est confié temporairement à UN assistant familial.(formidable Gilles Lellouche) La réalisatrice aurait elle cédé aux sirènes de l’indifférenciation des sexes ? Si un homme peut certes très bien s’occuper d’un enfant de 2 mois et demi, avec compétence et tendresse, il le fait en homme, comme un père qu’il est déjà (l’assistant familial a une fille).  Peut-il être un substitut maternel ?

    La mère adoptante est lumineuse, obstinée dans sa quête d’équilibre et de bonheur, généreuse et ouverte au monde ; on souhaite une maman comme elle à tous les petits Théo.

    Elle est divorcée, et jugée meilleure candidate que des femmes en couple moins mûres.

     On peut savoir gré au film de faire préciser par une assistante sociale que son travail 

    « ce n’est pas de donner un enfant à des parents qui souffrent » mais de trouver une famille stable à un enfant qui n’en a pas ...

    Le sujet du changement de prénom est abordé : légal, est il vraiment une bonne idée ?

     A 8 mois, un bébé a déjà intégré la sonorité de son nom, et peut tourner la tête quand on le prononce. Le changer tout à la fois de milieu, de famille et de prénom, après un parcours aussi semé d’embûches , n’est ce pas beaucoup lui demander ?

    Dés sa majorité, la fille adoptive d’une amie a choisi son second prénom(celui d’origine ) comme usuel, car « c’est plus moi » disait elle…

    Toutes ces interrogations (peut être voulues ?) n’enlèvent rien à la grande qualité du film.

    Il nous redonne foi en l’humanité !

    Les spectateurs et spectatrices se passionneront pour les destin du petit Théo ; riront et pleureront avec lui et avec celle qui l’attend tout au fonds de son cœur ; comme avec celui qui lui a servi de passage vers sa deuxième chance.

    Allez y.

     

    Michelle. C. DROUAULT

     


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  • Samedi 24 Novembre 2018 a eu lieu dans toute la France une grande manifestation contre les violences faites aux femmes, intitulée « NOUS TOUTES ».

     

    Les violences faites aux femmes et aux filles sont hélas universelles, nous le voyons tous les jours.

    Cependant , la plus grande et la plus odieuse consiste en une élimination précoce des fœtus féminins, ou des petites filles à la naissance, dans un véritable processus d’ »épuration sexiste ».

    Ces pratiques sont majoritaires en Asie. En Chine, la politique de « l’enfant unique » à présent abandonnée, a conduit pendant des années les couples, tenaillés par le désir d’avoir un garçon, à demander des avortements de fœtus féminins. En Inde, dans les zones urbaines où les échographies sont usuelles dans la surveillance des grossesses, les avortements de fœtus féminins sont monnaie courante.

    A tel point que certaines régions ont interdit aux médecins de divulguer cette information aux futurs parents. Sans grand succès : les cabinets privés, non soumis à cette réglementation, sont légion…

    Mais c’est au Radhjastan qu’une pratique atroce perdure, sous le prétexte d’une « tradition » ancestrale ré-affirmée sans états d’âme par les « sages » des villages : l’étouffement des bébés filles à la naissance. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une négation de l’humanité des filles.

    Lorsque la mère refuse de s’en charger elle-même, c’est la belle-mère qui prend l’enfant et l’enterre vivante dans le sable… Plusieurs reportages, dont un récent sur ARTE, ont montré des mères dévastées, et rongées par le chagrin et le remords de ce qu’on les avait contraintes à faire ou à accepter.

    Quelques femmes courageuses résistent. L’une d’elles, épaulée par son mari, a réussi non seulement à garder sa propre fille en vie et prés d’elle, mais aussi à « rescaper » une ou deux filles de son village, qui de surcroît vont à l’école. Une jeune fille portant ainsi le « complexe de la survivante » est filmée entourée de garçons : les enfants sont tous des garçons dans ces villages. Où rencontrent ils plus tard des épouses pour fonder une famille ? le reportage ne le dit pas.

    Ne même pas reconnaître à des personnes le droit de vivre pour ce qu’elles sont, est le summum de la barbarie.

    Redisons tout de suite que cette élimination n’a aucun lien avec la religion. Le bouddhisme, l’hindouisme et l’Islam les condamnent également. Et pour les pouvoirs civils, ce sont légalement des crimes. Mais ils ne sont jamais dénoncés. Une omerta tacite scelle les lèvres. Et les femmes qui se risqueraient à appeler la police seraient elles mêmes en danger de mort : une des mères interviewées a du se réfugier chez une amie par peur de représailles de son époux pour « avoir parlé ». Ceux qui s’obstinent à perpétuer cette « tradition » savent donc très bien qu’ils agissent mal. Pourtant, ils continuent…

     

    Au Yémen, en sus du conflit qui provoque misère et famine, ce sont les mariages de fillettes qui sont préoccupants, et connaissent un pic inquiétant.

    Selon l’UNICEF, 52% des filles yéménites sont mariées avant 18 ans, dont 14% avant 15 ans.

    Certaines n’ont que 10 ou 12 ans.

    En 2017, 250 filles ont été mariées de force. 120 ont été hospitalisées dans les premières semaines de leur mariage, et 12 n’ont pas survécu à leur nuit de noces. 6 se sont suicidées.

     Par la suite  de nombreuses jeunes femmes sont mortes de complications dues à des grossesses précoces et à l’accouchement.

    Mais en ce moment , des ONG expliquent que la famine et le désespoir poussent de nombreuses familles à « vendre » leurs filles, mêmes pré-pubères, aux pays voisins pour pouvoir nourrir leurs frères et sœurs.

    Les pays  qui vendent des armes à ceux qui bombardent les civils yéménites, les hôpitaux et les points de ravitaillement , peuvent être considérés co-responsables  de ces crimes.

    Mourir de faim ou être vendue, voici l’alternative pour les filles yéménites.

     

    Et en France ?

    En France, on a déploré 130 féminicides (femmes tuées par leur compagnon ou ex-conjoint ou partenaire) en 2017.

    Une femme meurt tous les 3 jours sous les coups d’un homme qu’elle connaît.

    A cela se sont ajoutés 25 enfants tués dans un contexte de séparation, dont 16 avec leur mère.

    La période de séparation est la plus à haut risque pour une femme ET ses enfants.

    225 000 femmes ont été victimes de viol ou de tentative de viol, mais le nombre de condamnations pour ce crime est paradoxalement en baisse.

    Les viols sur mineures ont été particulièrement pointés du doigt par les manifestantes : la France est un des seuls pays européens à ne pas avoir de véritable seuil d’âge en dessous duquel le consentement est juridiquement impossible. Il varie entre 12 ans à 16 ans dans les autres pays d’Europe.

    Les procès dans lesquels la justice recherchait le consentement/non consentement de fillettes de 11 ans agressées par des hommes de deux à trois fois leur âge ont défrayé la chronique.

    Car ici le non-consentement d’une enfant n’est avéré qu’en dessous de 5 ans !!

    Un de ces jugements a heureusement été révisé. Mais la récente loi sur les agressions sexistes et sexuelles n’a toujours pas déterminé ce seuil irréfragable.

    Les réticences des députés et des magistrats demeurent inexplicables.

     

    Par ailleurs, l’écart de salaires entre les hommes et les femmes stagne à 20% et jamais le harcèlement sexuel ou moral au travail n’a été si fréquent.

    Posons nous la question : les femmes de notre pays se sentent elles en sécurité dans leur vie de citoyenne, de travailleuse, de compagne et de mère ?

    Il semble bien que non….

     

    « NOUS TOUTES » , ce sont les femmes du monde. Toutes solidaires, toutes debout.

    Partout en ce monde , les femmes peinent à trouver leur autonomie : 41 pays ne reconnaissent comme chef de famille qu’un homme ; 27 gardent intégré dans la loi le fait qu’une femme doive obéissance à son mari ; 24 exigent encore la permission d’un homme (époux, père) pour qu’une femme exerce un emploi.

    Du travail en perspective.

     

     

    Michelle .C. DROUAULT

     


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  • « Qui donc aujourd’hui sabote la paix et la vérité pour imposer une vision sociétale coercitive ? Les intégristes de toutes les religions ».

     

    Ainsi s’exprime, sur le site de « Témoignage Chrétien » J.M DUFLOVE, dans un article intitulé « le Trump d’Avignon », où il fustige « la bêtise et la méchanceté » de l’archevêque du lieu, Mgr Cattenoz…

    Qu’a fait le prélat ? Il a utilisé son temps d’homélie lors d’une messe radiodiffusée sur « France Culture » comme une tribune pour diffuser des idées que nous qualifieront de « radicales ».

    L’archevêque a émis des plaisanteries douteuses sur les personnes homosexuelles et transgenre, les marquant ainsi comme exclues de la communauté chrétienne. Nous ne voyons pas quel rapport cela peut avoir avec l’Amour et la spiritualité.

    Ces sarcasmes veulent ils dire qu’il s’imagine que l’on se réveille un matin en faisant le « choix » de telle ou telle orientation sexuelle, histoire de faire enrager l’ordre établi ??

    Des auditeurs ont certainement été blessés, pour eux mêmes ou leurs enfants.

    Il a ensuite mis pêle-mêle dans le même sac, sans aucun souci de vérité scientifique ou historique, l’avortement, le suicide assisté, la PMA la GPA, l’eugénisme ; l’ensemble ayant pour cause l’ »esprit« de Mai 68 !

    Cet esprit qu’il accuse, c’est avant tout une tentative de libération de la classe ouvrière française, dans la plus grande grève ouvrière du XXéme siécle, et qui a abouti aux accords de Grenelle. A côté d’un tel mouvement social, le mouvement étudiant peut paraître anecdotique.

    Mais nous pouvons nous douter que Mgr n’est pas proche de la JOC( Jeunesse Ouvrière Chrétienne)….

     

    Cependant le pire, dans cette rage purificatrice, est ce qui a valu à France Culture une avalanche d’interventions d’auditeurs indignés(auditeurs catholiques, puisqu’ils écoutaient la messe !) :une diatribe en règle contre le transfert au Panthéon des cendres de la défunte Simone Veil.

    Il n’est jamais glorieux de tenter de dévaloriser un mort.

    Lorsque la défunte est une ancienne déportée, inlassable combattante pour la justice, décédée avec les plus hautes distinctions de la République, cela frise l’indécence, et ces propos sont résolument antirépublicains.

    Certes , comme le souligne l’auteur de l’article, ce dénigrement est une insulte à tous ceux qui ont résisté au nazisme et à Vichy dés 1940, pendant que le clergé demeurait majoritairement silencieux.

    Mais surtout , le plus ignoble que nous dise cet archevêque , c’est que peu importent les persécutions des Juifs, peu importe Auschwitz, peu importent le courage et la dignité de Madame Veil dans tous ses inlassables luttes pour un monde plus juste, peu importent les Palmes Académiques : « tota mulier in utero » !

    La seule chose que ce triste sire regarde, c’est la désobéissance de cette femme à l’ordre patriarcal. Oui, elle a voulu le changer. Elle a voulu que cessent les morts terribles et injustes de mères de famille(la plus part des avortées étaient mariées, et n’avaient nullement des vies dissolues comme les conservateurs ont essayé de la faire croire)

    L’archevêque prétend avoir pleuré sur l’honneur fait à Madame Veil ET à son mari,  dont il semble oublier la présence.

    A t-il pleuré sur les millions d’enfants morts en déportation, et qui n’ont pas de tombe ?

    Lui qui compare l’avortement au nazisme sans avoir la moindre idée de que signifiait concrètement le nazisme pour les déportés, a-t-il pleuré sur les enfants qui ont servi d’objets d’expérimentation au Dr Mengelé ? Sur les nouveaux nés dont on brisait le crâne à la naissance ?

    Et a présent pleure-t-il sur la destruction physique, psychique et morale de milliers d’enfants par des abus et agressions sexuels commis sur eux par des prêtres ? Car c’est cela l’enjeu actuel pour l’Eglise catholique : ne pas être anéantie par ceux qui l’ont déshonorée.

    A l’heure où nous écrivons ce texte, aux révélations d’abus sur mineurs par des écclésiastiques au Chili, en Australie, s’est ajouté le scandale de l’Etat de Pensylvannie aux USA, où plus de mille enfants ont été abusés par des prêtres (300 environ !) durant des années avec la complicité passive d’évêques, qui n’ont RIEN fait pour qu’ils cessent.

    Le respect de la vie commence là : le respect de la vulnérabilité des enfants qui vous sont confiés.

    Où sont donc les larmes de l’archevêque, si prompt à faire la morale ? ce sont ces prêtres prédateurs qui ont décidé qu’il était « interdit de leur interdire » quelque plaisir que ce soit.

    Le pape François a dit ressentir « honte et colère », et vouloir « éradiquer cette erreur tragique qui a détruit la vie d’enfants innocents ». C’est avec satisfaction que nous entendons ENFIN le constat que les abus sexuels sur les enfants sont un meurtre psychique. 

     

    En France, les imams qui prononcent des prêches haineux troublant les esprits et l’ordre public sont à juste titre, soit expulsés si ils sont étrangers, soit interdits de parole publique s’ils sont français.

    Les propos de Mgr Cattenoz étaient une incitation à la détestation des personnes homosexuelles, à la haine des femmes, et un mépris des choix de la République sur ceux et celles qu’elle honore.

    Le radicalisme n’est pas que musulman : des homosexuels sont agressés tous les jours, ; des femmes sont battues tous les jours, tuées tous les 3 jours, et leurs droit bafoués, avec le soutien moral de telles vociférations.

    Les autorités républicaines ne seraient elles pas bien inspirées de ne tolérer aucune exception à l’interdiction d’exprimer de la haine, quelle que soit la religion concernée ?

    Si la République ne « reconnaît ni ne subventionne aucun culte »(loi de 1905), elle ne doit avoir d’indulgence pour aucun religieux qui la remet en cause, à fortiriori sur les ondes, touchant des milliers d’auditeurs…

     

     

     

    Michelle. C. DROUAULT

     


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