• Le sort des enfants en France et en Europe a été peu enviable jusqu’au milieu du XX éme siècle : faible espérance de vie, maladies, travail précoce et disproportionné avec leurs forces, parfois mariages précoces et contraints, ont été le lot de millions d’enfants.

    La prise de conscience de ces injustices et de leurs conséquences sur l’avenir d’une nation a été très tardive. Considérer l’enfant comme une personne digne d’interêt  a été un long parcours, culminant dans la récente Convention Internationale des Droits de l’Enfant.

    Malheureusement, c’est avec désespoir que l’on s’aperçoit que de nouvelles formes de négligence et d’exploitation voient le jour, aussi néfastes que les précédentes.

    Et que les enfants demeurent les jouets d’interêts et de désirs d’adultes.

     

     1 La mortalité infantile.

     

    Si l’on prend comme point de référence la période allant du XVI éme au XXéme siècle, jusqu’en 1790, année considérée comme charnière d’un net début de déclin, la mortalité infantile a été un fléau cruel et permanent dans toute l’Europe.

    Hormis pour les pays nordiques (Danemark, Suède, Norvège , Finlande) il n’existe aucune statistique annuelle de décès des enfants avant le XIX éme siècle.

    Mais les régistres de naissance & décès laissent apparaître qu’en France, par exemple, entre 1740 et 1790, 1 enfant sur 2 ne parvenait pas à l’âge de un an , soit un taux de mortalité de 270%.

    En Italie du Nord, entre 1730 et 1770, ce chiffre atteint 300%, c’est une véritable hécatombe.

    Le Royaume Uni s’avère moins meurtrier, avec un taux de 170 à 200%, mais jusqu’au milieu du  XIX éme siècle, la Bavière (Allemagne) perdait encore 1 enfant sur 3 avant l’âge de un an.

    Un net déclin de ce phénomène se produit à la fin du XVIII éme siècle, distinguant 2 sous-groupes, l’Europe du Nord et du Sud.

    Alors que le déclin est déjà amorcé, la France se distingue par un taux persistant de mortalité, sans doute en raison de la pratique spécifique de la mise en nourrice précoce(sitôt après le baptême, à quelques jours) des enfants de certaines classes sociales(noblesse, bourgeoisie, artisans , commerçants). Cette coutume n’a été observée nulle part ailleurs en Europe de façon autre qu’anecdotique.

     

    Quelles sont les causes générales d’une mortalité infantile aussi effarante ? 

    On peut citer en premier les conditions d’accouchement, sans hygiène(on a appris à se laver les mains pour accoucher une parturiente seulement au XIXéme siècle !) et la mortalité maternelle élevée dans les deux jours suivant la naissance :on doit alors trouver une nourrice en catastrophe pour l’enfant, et pas toujours la meilleure…gageons aussi que désemparé et sans repères , le nourrisson est plus fragile et a moins envie de vivre..

    1 décès sur 2 a lieu dans la semaine qui suit la naissance.* 

    Si l’enfant dépasse son premier anniversaire, le sevrage( entre 10 et 18 mois) est une épreuve dont il ne se remet parfois pas : les aliments solides, mal adaptés, donnent des diarrhées qu’on ne sait pas soigner, ensuite les maladies infantiles guettent le jeune enfant qui n’a plus les anticorps de sa mère ou sa nourrice : dysentrie, varicelle, scarlatine, rougeole, oreillons, coqueluche, pour lesquelles il n’existe ni traitements véritables ni vaccins, les « fièvres » donnant des convulsions parfois irréversibles. On ne comprend pas encore que le jeune enfant ne sait pas régler sa température, et la saison de naissance favorise les pneumonies (l’hiver) ou les déshydratations (l’été).

    Néanmoins, le déclin constaté ne semble pas être la conséquence de progrès de la médecine, mais plutôt d’un changement de comportements, et d’une attention débutante pour la personne de l’enfant. Les coutumes d’allaitement et la vie collective le favorisant sont un facteur décisif : le taux de mortalité tombe à 130% dans certaines régions de l’Allemagne là où les mères sont longtemps allaitantes.

    Ce n’est qu’à partir des années 1860/70 que la mortalité infantile et maternelle deviendra un problème démographique et social.

    Mais là aussi, le but des améliorations n’est il pas plus le souci de préservation d’une société que celui du bien-être des enfants ?

     

    Voici notre enfant, après ce parcours semé d’embûches, parvenu à l’âge de 7 ou 8 ans.

    Et d’autres dangers le ou la guettent, suivant le sexe ou la classe sociale :

     

    2 Le travail des enfants.

     

    Dans les classes populaires, le travail peut être agricole en milieu rural(ce qui ne l’empêche pas d’être épuisant) artisanal auprès de la famille(moindre mal) ; l’enfant peut être placé comme domestique, palefrenier ; les fillettes comme aides de cuisine dans les maisonnées plus bourgeoises.  Les orphelins sont réduits à la mendicité si ils ne sont pas recueillis par des religieux.

    Seuls les enfants de la moyenne & haute bourgeoisie et de la noblesse reçoivent une éducation, les garçons étant privilégiés.

    L’ère industrielle à compter du XIX éme siècle verra la plus grande exploitation d’enfants en Europe : on les verra travailler dans les mines, les ateliers, les filatures, les usines, pour des salaires dérisoires, leurs petites mains étant très recherchées pour certains travaux.

     

    Cependant, certains se sont émus des conditions de travail des enfants, et ont cherché-bien tardivement- à les réglementer dans certaines sphères d’activité.

    En dehors de la Hongrie qui dés 1575 prononce une interdiction de travail des enfants des 2 sexes dans les mines, l’Europe traine les pieds.

    En France, si en 1813 un décret impérial interdit aux moins de 10 ans le travail dans les mines(mais il ne sera pas toujours  respecté) il faut attendre la loi du 18 mars 1841 pour que l’âge minimum d’embauche soit de 8 ans dans les manufactures et ateliers, et que la journée de travail entre 8 et 12 ans soit limitée à 12 heures !

     

    Le Royaume Uni prononce plus tôt des interdictions :

    1801, interdiction de travail de tous les enfants en dessous de 8 ans,

    1819, interdiction pour les moins de 9 ans dans les filatures de coton

    Enfin, en 1833, le premier « FACTORY ACT » réduit à 48 h hebdomadaires le travail des enfants ; et leur temps de travail journalier ne doit pas dépasser 9 à 11h.

    En 1844, le premier amendement au Factory Act ramène à 6 h 30 /jour le temps de  travail en dessous de 13 ans, suivi d’un second en 1847 limitant à 10 H/jour le travail des 13/18 ans…  et d’un troisième en 1878, établissant l’âge minimum à 10 ans ; aucun enfant entre 10 et 14 ans ne peut travailler plus qu’en demi-journée.

     

    En France , la loi FERRY de 1882 impose la scolarité obligatoire, gratuite et laïque pour les enfants des 2 sexes entre 6 et 13 ans.

    D’où il découle que la loi du 2 Novembre 1892 proscrit le travail plus de 10h/jour au delà de 13 ans et ramène le temps de travail à 60 h hebdomadaires entre 16 et 18 ans.

    De surcroit , tout enfant doit présenter un certificat médical d’aptitude au travail avant d’être embauché.

     

    Au XX éme siècle, l’importante mortalité des enfants par accidents du travail et maladies découlant de mauvaises conditions de travail fait qu’ en 1919 l’Organisation Internationale du Travail interdit le travail de nuit aux moins de 14 ans.

    Cette interdiction sera suivie en 1930 d’une interdiction du travail forcé, difficilement respectée puisque souvent la survie d’une famille dépendait du travail d’adolescents.

    L’âge de 14 ans requis pour travailler ne bougera plus jusqu’en 1999, où il passera à 16 ans dans la plus part des pays d’Europe.

    Le R.U gardera 12 ans pour certains « petits travaux »(livreurs de journaux, aides aux laitiers) et 15 ans en général.

    En France en juillet 1958, la Convention sur les travaux dangereux pour les femmes et les enfants sera suivie en 1959 de la Déclaration des Droits de l’Enfant. Enfin ! 

     

    Nous n’évoquerons pas ici davantage que brièvement le travail forcé de milliers d’enfants en Europe dans les pays occupés entre 1940 et 1945, du à l’expansion du nazisme.

    Il vaut la peine d’être toujours rappelé.

    Et l’assassinat dans les camps de la mort de milliers d’entre eux , depuis les bébés jusqu’aux adolescents, car cela fait partie du sort des enfants, et nous avons envers eux un devoir de mémoire.

     

    3 L’âge du mariage

     

    En France, jusqu’en 1792, il n’existait pas d’état civil, ni de dispositions civiles légales.

    L’Eglise catholique tenait les registres, (et l’Eglise Réformée ?) et les populations relevaient à la fois du droit coutumier et du droit canon.

    Le droit coutumier était différent selon les provinces. Le droit canon stipulait que les garçons pouvaient se marier à compter de 14 ans, les filles de 12, sous réserve du consentement parental. Cet âge sera relevé en 1907 seulement à 16 ans pour les garçons, 14 pour les filles.

    En 1894, lors de l’établissement du Code Civil, qui rappelons le n’a guère bougé jusqu’en 1970, Napoléon Ier fait une synthèse des droits coutumiers provinciaux, et reprend des éléments du droit canon.

    L’âge du mariage et ses conditions vont grandement varier selon les régions et les classes sociales.

    Si l’âge du mariage pour les jeunes filles pouvait être précoce au XVI éme siècle, il s’est peu à peu élevé jusqu’à devenir tardif à la fin de l’Ancien Régime :à cette époque, les épouses avaient 25 à 26 ans lors de leur mariage, les époux de 27 à 30. Il n’était pas rare de voir des mariées de 29 ans au Pays Basque.

    Cependant, d’autres provinces ont au contraire conservé des coutumes de mariage précoce des filles, avec des époux qui pouvaient avoir une grande différence d’âge avec elles :  

     La Bretagne, la Lorraine, la région de Bourg en Bresse, le bordelais..

    Dans les classes sociales populaires, surtout rurales, on se mariait par inclination, et on attendait pour s’établir d’en avoir les moyens, ce qui justifie l’âge tardif.
    La noblesse, la haute bourgeoisie, les avocats & notaires(dite « bourgeoisie des talents ») les riches négociants, certains propriétaires terriens, utilisaient leurs filles à des fins stratégiques pour conclure des alliances avantageuses pour la famille. Ces jeunes filles étaient alors des pions, des objets, que leur jeune âge laissait à la merci des volontés paternelles.

    Les minorités religieuses(protestants, juifs) semblent avoir conservé également des coutumes de mariage précoce jusqu’à la Révolution.

    Le sociologue Stéphane MINVIELLE a publié une étude très intéressante sur les mariages précoces de femmes dans l’élite bordelaise au XVIII éme siècle.(2006)

    S’il relève que cette coutume a énormément diminué au fil du temps, jusqu’à ne plus concerner que 1, 80% des mariages en 1760/70, elle n’en a pas moins été selon son étude un marqueur social considérable, et pouvait concerner souvent des filles de 12 ou 13 ans. Un gros pourcentage d’entre elles avait entre 15 et 19 ans.

    La fécondité de ces très jeunes épouses a été fort importante (jusqu’à une vingtaine d’enfants parfois !) et on imagine les ravages sur des organisme juste nubiles en pleine croissance de grossesses aussi nombreuses et rapprochées….quand les mères ne mouraient pas en couches !

    Mais il semble que peu à peu, on ait appris à regarder ces adolescentes comme des enfants, et à mieux les respecter. Etait ce aussi, en France à la Révolution, une aversion pour les mariages royaux d’enfants, très fréquents ? Marie-Antoinette avait été mariée à 14 ans..

    On peut néanmoins avancer que ces jeunes filles ont été sacrifiées aux ambitions familiales.

     

    Et maintenant de nos jours , quel est le sort des enfants ?

     

    Si aucun enfant ne peut plus travailler avant 16 ans, avec des conditions particulières fixées par les Conventions collectives ; si personne, garçon ou fille, ne peut plus depuis 2006, se marier avant 18 ans, âge de la majorité civile, les enfants et adolescents subissent d’autres mauvais traitements dont les conséquences sont alarmantes, et dont on commence à prendre conscience depuis quelques années sous la pression de groupes de défense et de protection de l’Enfance.

    Après la guerre de 39/45 en France les « ordonnances » de 45 ont institué un système de protection de l’Enfance et une justice des mineurs et pour les mineurs, avec la création des Juges des Enfants. Les enfants n’étaient plus livrés sans secours au bon-ou mauvais-vouloir de leurs parents.

    Cependant, si ce système a bien fonctionné jusqu’à la fin des années 60, il semble avoir peu à peu déraillé, jusqu’à devenir de nos jours l’objet de virulentes et légitimes critiques : étanchéité des juridictions(le J.E ne sait pas ce que fait le Juge Aux Affaires Familiales, ni éventuellement quelles peuvent être les condamnations pénales d’un des parents), et surtout un paradoxe qui tarde à être résolu : des enfants sont laissés chez des parents gravement maltraitants au motif d’une préservation du lien sacralisée ; tandis que d’autres sont dénoncés comme étant abusivement placés en famille d’accueil ou en institution. Des institutions en manque critique de personnel suffisant et qualifié : salaires et conditions de travail dans la protection de l’Enfance demeurent rebutants. Est ce à dire qu’en fait, on n’accorde pas vraiment d’importance à la vie des enfants en difficulté, puisqu’on ne se donne plus les moyens de les protéger ?

    Par ailleurs, la Fondation Abbé Pierre a récemment communiqué qu’un millier d’enfants en France dormaient encore à la rue, issus principalement de familles monoparentales ou migrantes. 

    Le 115, numéro d’appel pour un hébergement d’urgence, est saturé depuis 2001.

    Et les foyers pour mères et enfants restent trop peu nombreux, si bien que de jeunes accouchées sont parfois gardées au delà du temps ordinaire dans les hôpitaux pour leur éviter la rue avec un nouveau –né…

     

    Mais les sujets contemporains explosifs des lacunes de la protection de l’Enfance sont les jeunes victimes d’inceste, et la prostitution des mineurs.

     

    On estime que 160 000 mineurs ont été victimes d’inceste cette dernière année.

    Seul un millier de ces incestes ont été reconnus et sanctionnés !

    La société fermerait t-elle les yeux, comme elle les a fermés entre 1950 et 2000 sur les 300 000 enfants abusés par des ecclésiastiques dans l’Eglise catholique ?

    Les avis divergent sur les raisons de cet aveuglement :les incesteurs étant en apparence de « bons pères de famille », il serait trop dérangeant de reconnaître que n’importe quel homme de notre entourage peut être un agresseur potentiel ?

    Le procès d’Outreau et son fiasco a-t-il décrédibilisé la parole des enfants ?

    Ce serait un autre débat.

    Cependant, une pratique récente est difficile à endiguer malgré des alertes répétées :le placement quasi systématique d’enfants chez un père soupçonné d’agressions sexuelles, voire de viol incestueux, dés l’instant que la plainte a lieu après la séparation des parents, et est initiée par la mère ou sa famille directe. 

    Les fausses allégations ne représentant qu’à peine 3% des plaintes , on voit mal pourquoi la parole des enfants est si peu écoutée ? L’argument repose sur une théorie fumeuse, jamais scientifiquement validée, d’un unique auteur américain Richard Gardner, par ailleurs ardent défenseur des relations sexuelles entre adultes et enfants, qu’il voyait comme « saines » : le fameux « Syndrôme d’Aliénation Parentale » : la mère inventerait ces accusations pour « se venger » du père, et manipulerait l’enfant pour qu’il les profère…*

    Il est absolument stupéfiant que depuis plus de deux décennies, cette unique théorie controversée par tous les psychiatres sérieux ait été appelée pour justifier des jugements remettant des enfants parfois très jeunes(2 à 3 ans) aux mains de leur bourreau ; et que non seulement nul n’ait jugé bon de se pencher sur les autres écrits de l’auteur (peu nombreux mais significatifs d’une approbation de la pédophilie) mais encore que ce mythe de la manipulation maternelle ait été enseigné à l’Ecole de la Magistrature…Arqueboutés sur cette théorie, des magistrats ont ainsi ignoré des rapports médicaux, sociaux, faisant état de graves suspicions d’inceste. Des milliers d’enfants ont été traumatisés, et le sont encore.

    Des protestations se sont élevées depuis une bonne décennie sur la faible réponse pénale à l’inceste, et ce qui était vécu comme une indulgence devenue inadmissible.

    Des instances d‘évaluation ont été crées.

     

    Le juge Durand, président de la récente Commission Indépendante sur L’Inceste et les Violences Faites aux Enfants* inclut dans ses recommandations de proscrire immédiatement toute référence la théorie du SAP, dont il a démontré la nocivité.

    D’autres pays européens, comme L’Espagne, l’ont interdite légalement.

    « Il faut se mettre à hauteur d’enfant » dit il, réaffirmant l’impérieuse nécessité d’écoute bienveillante de l’enfant, et de principe de précaution dans un but d’évidente protection.

    Certainement. Mais la preuve est faite que jusqu’à présent, c’était l’interêt des adultes, l’interêt d’une société désireuse de ne pas se regarder en face, qui prévalait.

     

    La prostitution des mineurs est un autre fléau

     

    Il n’existe pas de chiffre précis, mais on estime qu’entre 7000 et 10 000 mineurs étaient en situation de prostitution en France(métropolitaine et Outre-mer) en 2021.

    Le phénomène est complexe : à la prostitution  « de rue » classiquement connue, s’est substituée la prostitution « hébergée »  par le biais des réseaux internet.

    Cette prostitution est le fait aussi bien de réseaux de traite d’êtres humains, que de petits proxénètes très jeunes animant ce qu’on appelle le « proxénétisme de cité » : dans les cités des périphéries urbaines, de jeunes délinquants coutumiers des trafics de stupéfiants estiment moins risqué et plus avantageux et rapide de prostituer des jeunes filles de leur quartier, en les appâtant par divers procédés qui vont de la séduction suivie de chantages, à la promesse trompeuse d’argent facile. 

    Ce phénomène, purement français, est en hausse exponentielle de +87% en 5 ans.

    Le mot « prostitution » n’est jamais prononcé, et les victimes ont beaucoup de mal à se reconnaitre comme telles :elles se disent « escort «  ou croient à un « travail ». Les media qui ont embrayé avec jubilation sur l’expression « travail du sexe » impulsée par les proxénètes ne se rendent souvent pas compte de leur lourde responsabilité dans la banalisation de la prostitution, en particulier celle des mineures. 

     

    Si la prostitution des mineures touche tous les milieux, il n’en reste pas moins que les victimes(à 73% des jeunes filles) se rejoignent par les caractéristiques suivantes :

    -carences éducatives, négligences parentales

    -décrochage scolaire

    - ruptures familiales

    -violences physiques, psychologiques ou sexuelles subies pendant l’enfance : 7 jeunes femmes sur 10 suivies par des associations avaient déclaré avoir subi des violences incestueuses par un père ou un beau-père

    -faible estime de soi(qui découle de ces antécédents)

    La très faible répression des violences incestueuses dans notre pays(la plus part des jeunes prostitué-e-s affirmaient que ces violences n’avaient jamais été dénoncées, ou si elles l’avaient été – pour 17% seulement-la réponse pénale avait été dérisoire) peut être considérée comme une des causes de la prostitution des mineures.

    La Fondation Scelles et le Mouvement du Nid, qui ont été principalement nos sources d’information, estiment qu’il existe un manque flagrant de moyens mis à disposition des policiers et gendarmes pour lutter contre le proxénétisme, et évaluer l’impact de la loi du 13/4/2016 pénalisant l’achat de sexe tarifé.

    En effet, la « cyber prostitution » moderne est quasi invisible, et se passe par messageries cryptées, dans des lieux de location changeants (chaines d’hôtel sans personnel d’accueil, RbnB)

    Les investigations pour la traquer demanderaient du temps, et du personnel spécialisé.

    Elles seraient pourtant impérativement nécessaires.

    Par ailleurs les autres professionnels concernés : travailleurs sociaux, soignants, enseignants, organismes de protection de l’Enfance, sont peu formés au repérage de la prostitution possible chez un mineur et aux facteurs de danger. Leurs services, depuis la décentralisation, ne sont pas assez coordonnés, et aucune constellation suffisante n’est mise en place pour faire de la prévention et du dépistage, de l’information territoriale et nationale.

    L’Aide Sociale à L’Enfance, qui manque cruellement de personnels et les rémunère si mal, a placé en hôtel des centaines d’adolescents mineurs(et jeunes majeurs) faute de capacité d’accueil en foyers et familles de substitution, en ignorant royalement les risques énormes d’approche de ces adolescents par des proxénètes. Il a fallu le suicide de deux jeunes placés en hôtel pour que les Conseils Généraux s’émeuvent…

    Quand un(e) mineur(e) crie au secours en comprenant enfin dans quel engrenage prostitutionnel il/elle s’est engagé, les réponses apportées, aussi bien dans l’urgence qu’à moyen terme sont insuffisantes : foyers dédiés en faible nombre, désinterêt des acteurs sociaux pour le sujet hors grandes villes, possibilités de « raccrochage «  scolaire et de formations indigents.

    Le volet prévention tarde à se mettre en place : la lutte contre la banalisation de la pornographie (qui devrait se faire en milieu scolaire), l’information des parents, et leur accompagnement pour comprendre les contenus internet dangereux pour leurs enfants, n’existent pratiquement pas, ou sont faits par des bénévoles.

    Les fameux « échanges de nudes » tant prisés par des adolescents de plus en plus jeunes, donnent lieu soit à des chantages entre pairs, soit à des accroches de proxénètes qui induisent des comportements pré-prostitutionnels de cette manière. Cette coutume n’est pas innocente et de nombreux parents l’ignorent.

    Les médecins ne sont pas formés à repérer une dégradation de l’état physique et psychique de jeunes filles due à la prostitution. Ils savent mieux repérer les addictions, mais celles-ci accompagnent souvent une situation de prostitution, qu’elles permettent de « supporter ».

     

    Enfin, les Mineurs Non Accompagnés étrangers subissent des situations qui les livrent pieds et poings liés aux trafics en tous genres : souvent considérés majeurs par des tests osseux archaïques, ou renvoyés dans le pays où ils ont accosté à l’origine en raison des accords de Dublin, ils deviennent la proie  des passeurs, qui, liés avec des proxénètes, montrent aux jeunes filles que le seul moyen de payer leur passage est la prostitution.

     

    En conclusion, nous devons constater que les enfants , s’ils sont prémunis contre les maladies infectieuses, le travail forcé et les mariages contraints, ne sont toujours pas protégés de l’appropriation de leur corps par les adultes, et que l’empathie à leur égard ne semble pas avoir beaucoup évolué.

    Nous avons évoqué dans d’autres articles ce terrible manque d’identification aux enfants qui les fait traiter comme des objets devant satisfaire des fantasmes ou combler des frustrations d’adultes.

    Le chantier demeure vaste, car l’hypocrisie est toujours la même : faire accroire que l’interêt de l’enfant converge avec l’interêt de l’adulte.

    Ce qui est loin d’être le cas.

     

     

    Michelle C. DROUAULT

     

     

     

     

     

    Notes : 1* cette donnée semble avoir une constante biologique à travers les époques, et perdure-à moindre titre- même de nos jours ,

     

    2* Commission indépendante crée à la suite des nombreux témoignages sur l’impunité des crimes d’inceste en France, 


     

     

     


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  • Des événements collatéraux à la guerre en Ukraine ont dévoilé l’amère réalité des difficultés économiques dans lesquelles se débattait le pays avant l’agression russe, et l’exploitation de cette situation par des ressortissants de pays occidentaux riches.

     

    Plusieurs couples-dont un couple d’hommes-sont venus se lamenter sur des chaines de télévision, et auprès de journalistes, sur leur sort de « parents commanditaires » de bébés à naître ou nés par GPA. Ils demandaient anxieusement à être rapatriés avec « leur « bébé, ou s’il n’était pas encore né, redoutaient la non exécution de leur « contrat ».
     

     

    Pas un mot n’était prononcé sur le devenir de la mère porteuse ukrainienne, accouchée ou sur le point de le faire au milieu des bombardements. Revenait en boucle l’argument financier :

    « nous avons quand même déboursé 40 000$ pour ce bébé ! » s’exclamait une « mère d’intention »…

    Un couple d’hommes, « pères » de deux bébés de 20 jours, se plaignait d’être bloqué avec eux en Ukraine, étant venu en voiture, et de ne pas trouver de lait infantile( !) Au journaliste qui avançait timidement qu’ils pourraient peut être rendre les enfants à leur mère et rentrer avec elle par un autre moyen, ils ont répondu qu’ils y avaient bien pensé (elle pourrait fournir le lait manquant) mais que c’était impossible, car ainsi , rentrés en France, ils « n’auraient plus aucun droits sur les enfants »…. Pas un mot, ou à peine, sur l’horreur vécue par les ukrainiens, entre autres la mère des enfants.

    Les hommes entre 18 & 60 ans ayant interdiction de quitter le pays, pouvons nous souhaiter à ces messieurs d’être enrôlés pour défendre l’Ukraine, pendant que les enfants seront nourris par leur mère ? ne seraient ils pas plus utiles à combattre pour empêcher une agression que nous n’aurions plus cru possible dans l’Europe du XXI éme siècle, qu’à se croire et se vouloir les mères qu’ils ne sont pas ? On peut toujours rêver…

    Ce qui m’a frappé dans les propos de tous ces couples, c’est leur candeur inconsciente, la certitude d’être dans leur bon droit et de pouvoir être considérés comme victimes ; l’incapacité à hiérarchiser les drames humains.

    La complaisance incompréhensible de journalistes qui leur donnent la parole, parfois photo tire-larme à l’appui, ternit notre honneur à tous.

    Heureusement, l’indignation générale des lecteurs de ces quotidiens m’a rendu un peu d’optimisme. Un hebdomadaire-grâce lui soit rendu- a classé le reportage dans la rubrique « Indécence »… 

     

    Pourtant, nous pouvons remercier ces personnes de jeter une lumière crue et réaliste sur ce qu’est réellement la « gestation pour autrui » : une transaction, un contrat léonin de couples fortunés qui ont les moyens d’acheter leurs fantasmes avec des femmes dans le besoin, et dont l’objet est un « produit » livré : un ou des bébés.

    Avec la prostitution, c’est la pire exploitation des femmes qui ait jamais été faite, car il s’agit de la confiscation aux femmes de leur capacité de construction du vivant…

    Il n’y a pas de « GPA éthique », ni « altruiste ». La totale absence d’empathie manifestée, au milieu d’une guerre d’une violence inouïe qui provoque l’afflux de millions de réfugiés, le recentrage immédiat sur des désirs personnels, est un révélateur puissant. 

     

    Voici quelques jours , j’ai été alertée sur d’autres phénomènes : les responsables d’ »usines à bébés » s’arrangeraient pour exfiltrer mères porteuses et enfants, afin de satisfaire les parents « commanditaires », et surtout de percevoir leurs commissions. En effet, sur les 40 ou 50 mille dollars versés pour l’obtention d’un bébé, plus de la moitié est versée aux intermédiaires.. Où vont les mères ensuite ? Nous ne le savons pas.

    Enfin, il semble, d’après certaines sources, que d’autres « professionnels » oeuvrent aux frontières : les proxénètes. Qui récupèrent leurs protégées qui tenteraient de fuir sans bruit ; ou qui « font leur marché » de femmes jeunes et séduisantes qui pourraient leur rapporter.

    C’est le cas de proxénètes allemands, repérés à la frontière polonaise, qui proposent aux femmes jeunes et seules qu’ils détectent de les héberger et les guider.

    La corrélation entre les deux procédés-prostitution et GPA- s’impose : une traite d’êtres humains gérée par des groupes puissants.

    Des bébés naissent dans les abri anti-aériens, et certains deviennent orphelins dans les jours voire les heures qui suivent leur naissance, à la suite des bombardements incessants.

    Qui les prend en charge ? Nous ne le savons pas non plus. Les occidentaux en mal d’enfant ne se précipitent pas pour le faire…

    Enfin, des français d’origine ukrainienne en lien avec leur famille restée au pays, font état de l’interdiction faite aux femmes de sortir non accompagnées à certaines heures : des cas de viols par des soldats russes auraient été recensés.

     

    Refusant de subir, des femmes ukrainiennes sont devenues combattantes. Saluons leur courage ! « le Monde » de ce jour indiquait que l’armée ukrainienne comportait 23% de femmes.

    Mais la majorité d’entre elles se trouve prise dans les tragédies des femmes et des enfants dans les guerres et les conflits, et cherchent désespérément un lieu sûr, où elles ne seront plus des proies potentielles.

    Comme nos grand mères, nos mères, voici à peine 80 ans.

    Et ne nous y trompons pas, ces femmes et ces enfants sont les mêmes que celles/ceux qui fuient la Syrie, la Lybie, en mer sur des rafiots, à la merci d’autres profiteurs, les « passeurs » ;  qui tentent de passer les frontières hostiles dans les montagnes, au risque de mourir de froid.  Qui sont pourtant implacablement refoulé(s)s par les autorités européennes.

    L’Ukraine va -t-il sensibiliser l’Europe à l’accueil des réfugiés dans leur ensemble ?

    Il faut l’espérer.

    En ce 8 mars , espérons la libération de toutes les femmes des violences et des conflits.

     

     

    Michelle. C. DROUAULT

     


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  • Un jugement récent de la Cour d’Appel de Montpellier, relaté dans la presse, m’a d’abord intriguée, puis remplie de perplexité, ensuite franchement alarmée.

    Un homme vivant en couple ave une femme, et père de deux enfants, a décidé de devenir une femme, et de subir une « transition » médicale.
     

     

    En février 2011 »Hervé » est ainsi devenu « Claire ».(les prénoms ont été modifiés)
     

    Mais avant son opération et son changement d’état-civil, cet homme avait conçu un troisième enfant : « Marie », cependant née après la transition.
     

    Marie était jusqu’à présent inscrite à l’état-civil comme ayant une mère +un « parent biologique », c’est à dire son père devenu « Claire ».

    En effet , avant la loi de 2016, le changement de sexe à l’état civil d’une personne ne pouvait intervenir qu’après une modification physiologique définitive.

    La filiation d’un homme devenu femme à l’égard d’un enfant ne pouvait se poser et se questionner, car il ne pouvait avoir conçu cet enfant qu’avec ses gamètes mâles : au moment de la conception, cette personne était bien évidemment un homme, donc le père.

    L’appellation de « parent biologique » a donc paru la plus adaptée à un officier d’état civil surement en présence d’une situation inédite..

    A partir de 2016, l’irréversibilité de la transition physiologique n’est plus exigée pour la transcription du changement d’identité(ce qui a causé par la suite des situations injustes ou périlleuses, comme dans tous les pays où cette option a été choisie*).

    Insatisfaits de la situation d’état-civil de la famille, les parents de « Marie » et de ses sœurs se sont appuyés sur cette modification de la loi pour demander que l’époux devenu femme ait pour l’enfant la qualité de « seconde mère »(puisqu’à sa naissance il était « Claire »).

    Ce que leur a refusé tout d’abord nettement le TGI de Toulouse.

    Ils ont alors fait appel.

    La loi de 2021 sur la PMA leur a donné raison.

     

    Cette loi permet que , dans un couple de femmes, l’épouse ou la compagne de la mère, désignée comme « mère non gestatrice », puisse reconnaître l’enfant de manière anticipée également comme le sien, lui donnant ainsi une double filiation maternelle.

    Et non, comme auparavant, une filiation maternelle + une filiation adoptive.

    J’en ai déduit que, sans nous avertir ni consulter les citoyen(ne)s, on avait aboli un des principes fondamentaux du droit français, qui est que nous n’avons qu’une seule mère, celle qui accouche. Si celle-ci nous confie pour adoption, la filiation maternelle adoptive est alors substituée à la filiation biologique.

    Et effectivement, la Cour d’Appel de Montpellier, donnant satisfaction aux parents, a énoncé que « la maternité gestatrice n’étant plus exclusive »(il m’a paru assez terrifiant de se voir ainsi dénommer « femme/mère gestante »)il ne résulterait aucun trouble à l’ordre public que l’enfant(Marie) ait une double filiation maternelle ». Enfant dont « l’interêt supérieur «  est mis en avant.

    Or, il ne s’agit pas ici de trouble à l’ordre public.

    Mais de la sécurité et des repères de trois enfants.

    Quelqu’un s’est il mis à leur place ?

    Comment ont elles vécu cette transition ? Deux d’entre elles ont un père et une mère, la troisième a deux mères, qui se trouve être la même personne.

    Comment son histoire lui a-t-elle été présentée ?

    La question fondamentale consciente et inconsciente, d’un enfant, est toujours de savoir comment il/elle a été conçu(e).

    Quelles réponses cohérentes vont pouvoir être apportées à cette enfant pour se construire ?

    Comment réagira-t-elle lorsqu’elle même sera en période de puberté, et en passe de devenir une femme ?

    Ces interrogations nous font appeler de tous nos vœux un avocat dédié pour chaque enfant, dés qu’une décision de justice le concerne, représentant vraiment ses interêts.

    Les juges aux Affaires familiales n’ont pas la formation suffisante pour trancher de tels débats, malgré toute leur bonne volonté. La notion juridique de « trouble à l’ordre public », totalement incongrue ici, nous le montre bien.

     

    Les motivations des dispositions législatives récentes servent t- elles vraiment l’interêt ds enfants ?

    Ou ne sont elles que la traduction dans les lois de désirs d’adultes ?

    L’abolition détournée du principe de droit « la mère est celle qui accouche », hors procédure d’adoption, est en tout cas la porte grande ouverte à la GPA(gestation pour autrui )

    C’est d’ailleurs de ce procédé qu’a été emprunté ce vocabulaire de « gestation », véritable déni du processus de maternité, qui réduit la femme à son statut de mammifère.

    Si on reconnaît les mères « d’intention », il devient alors licite d’arracher son bébé à celle qui l’a porté et en accouche pour le remettre à celle qui a  »l’intention d’être mère ».

    Ce n’est pas ici la PMA pour les femmes lesbiennes en couple qui est en cause, mais la législation créée autour de cette situation, qui a voulu , sous des motifs louables de non- discrimination, copier le processus de la PMA dans les couples hétérosexuels, sans d’ailleurs s’interroger sur le bien fondé de la supercherie de filiation  proposée aux familles.

    Or , on ne peut comparer ce qui n’est pas comparable : un homme n’est pas une femme.

    (Mais je sais bien que certains et certaines ont été gravement menacés pour avoir osé énoncer cette vérité biologique et psychique…)

    Si on peut faire croire à un enfant que son père est le mari de sa mère en cachant l’identité de son géniteur, lorsque la mère a une épousE, le cas de figure est totalement différent : 2 femmes ne peuvent faire un enfant. C’est une bonne chose qu’il le sache ! mais elles peuvent en élever un avec bonheur…

    Jusqu’à la loi de 2021, l’enfant se trouvait dans la même situation que les enfants qui vivent avec leur mère et un beau-père-qui si le père est décédé ou défaillant, a pu l’adopter-

    Les enfants de couples de lesbiennes avaient une mère et une belle-mère-qui pouvait devenir mère adoptive- Configuration familiale claire.

    Le juge Rozensweig, juge des Enfants , a beaucoup insisté et lutté sur l’importance du statut du beau-parent, pour lui essentiel. Ce beau-parent devrait selon lui bénéficier d’une autorité parentale restreinte pour les actes de la vie quotidienne, ce qui simplifierait beaucoup la vie des familles. Rappelons qu’actuellement un beau-parent non adoptant ne peut ni aller chercher un enfant à l’école sans autorisations spéciale, ni le faire soigner, ni signer des documents le concernant pour des activité scolaires ou périscolaires…Ce qui n’était pas le cas autrefois ! Il est paradoxal qu’alors qu’on favorise une maternité « d’intention » les pouvoirs publics aient opéré un retour forcené au biologique pour l’autorité sur les mineurs.

    M. Rozensweig n’a pas été entendu.

    Les belle-mères non adoptantes se trouvaient dans la même situation.

    Néanmoins, l’adoption de l’enfant de leur épouse/compagne était très facile : le géniteur donneur de gamètes n’avait pas à donner son accord, comme les pères biologiques des enfants d’hétérosexuels.

    Comment se fait il alors que les femmes aient voulu exiger ce double statut maternel ? que l’adoption ne leur ait pas suffi ? Je ne peux répondre à leur place.

    Cette double filiation maternelle fait elle sens pour l’enfant ? oui on peut avoir deux « mamans », deux personnages maternels, mais pas deux mères.

    L’important pour un enfant est qu’il y ait un tiers avec sa mère, quel qu’il ou elle soit, pour qu’il ne se croit pas tout puissant avec sa mère pour lui tout seul. Comment cela fonctionne t-t- il pour lui s’il n’y a pas « maman, l’autre et moi » ?  C’est un autre débat.

    Mais c’est cette possibilité de double filiation maternelle qui a permis que « Marie » et ses sœurs se trouvent dans cet imbroglio juridique et sociétal.

    La société actuelle semble considérer le désir ou l’intention comme fait probant.

    Dans certains pays (Canada, Australie, Nouvelle Zélande) il suffit de se déclarer homme ou femme pour pouvoir changer d’identité. Il suffit aussi de se déclarer « parents d’intention » même si on est un couple d’hommes, pour être légalement les parents de l’enfant d’une mère porteuse. 

    Jusqu’où iront ces « déclarations d’intention » ?

    S’il est exact que la justice considère qu’existe l’homicide « sans intention de donner la mort », cette absence d’intention ne vaut pas acquittement en général…

     

    J’avoue avoir été submergée par les questions qui me sont venues sur le devenir de ces trois enfants , et de ceux qui suivront si la décision de la Cour de Montpellier fait jurisprudence :

    un hebdomadaire a récemment évoqué la « transparentalité » comme quelque chose d’absolument génial et la pointe du progrès ! Une femme devenue homme à l’état civil mais ayant gardé son utérus, avait eu un enfant dont elle voulait être le père, réclamant, elle, une double filiation paternelle avec son mari(l’enfant aurait alors « deux papas »…mais pas de mère).

    Quelle est la place des enfants dans ces fantasmes d’adultes ?

    En tant qu’ex-enfant victime de supercheries identitaires pour satisfaire à l’ordre patriarcal de l’époque, je m’alarme.

    Car si jadis la réprobation sociale pesant essentiellement sur les femmes pouvait être une excuse à ne pas leur laisser voix au châpitre, les mentalités semblent avoir évolué.

    Elles semblent seulement…. 

    Enfants abusés, incestés, instrumentalisés dans les séparations, créés pour satisfaire des désirs narcissiques, exhibés comme possessions, les connaissances sur leur développement et leurs besoins paraissent rapidement balayées au profit des adultes. 

    Qui ne veulent pas voir que le propre d’un désir est de n’être jamais satisfait…

     

     

    Michelle. C. DROUAULT

     

    Nota * le résultat des « transitions déclaratives » a été la présence non désirée d’hommes se déclarant femmes dans les lieux de protection dédiés à celles-çi, les refuges…et aussi les prisons ; ainsi que les victoires sportives trop faciles dans la section « femmes » de personnes ayant gardé évidemment leur biologie masculine (force musculaire, hormones)

     


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  • Est paru récemment sur un site chrétien de réflexion, une contribution qui interpelle.

    L’article est intitulé «Féminisme et Néo-Féminisme »

    Précisons en préambule que le « néo-féminisme » est une invention pure, et ne recouvre aucune réalité tangible. Aucun mouvement ne s’est jamais désigné ainsi, c’est un terme péjoratif fréquemment employé par des détracteurs du féminisme.

    Ignorance ou maladresse ? Ecrit par une femme qui se dit engagée, l’article cumule tous les poncifs diffusés par ceux et celles qui tentent de décrédibiliser les luttes des féministes contemporaines.

    On y retrouve la rhétorique « anti-victimaire »chère aux masculinistes : faire semblant de croire que les mouvements et associations de lutte contre les violences faites aux femmes, en particulier conjugales, ont assigné aux femmes un statut « essentiel » d’éternelles victimes, tandis que les hommes seraient perçus en agresseurs/prédateurs quasi biologiques…

    Aucun groupe féministe,  aucune autrice ou théoricienne féministe n’a jamais prétendu cela.

    Les rhétoriciens anti victimaires seraient bien en peine de citer leurs sources, elles n’existent que dans leur imagination.

    Il est évident que les femmes sont victimes à un moment donné de leur histoire, et que le sujet c’est qu’on ne les entend pas et qu’on ne les croit pas.

    Quant aux hommes, si 96% des agresseurs dans les violences conjugales sont des hommes, il va de soi que cela ne signifie pas que 96% des hommes soient des agresseurs ! Plusieurs psychologues et sociologues hommes, en France comme à l’étranger, sont d’ailleurs les alliés des féministes pour mener des recherches sur les violences de genre.*

     

    Les mouvements féministes s’appuient d’abord sur des chiffres.

    Le groupe « Féminicides par compagnons et ex » recense mois après mois depuis plusieurs années les féminicides dans le cadre conjugal en France (113 en 2021) leurs circonstances, l’identité et la situation familiale des victimes.

    Il en ressort qu’il n’existe aucun profil type de victime, ni classe sociale, ni âge(la dernière avait 87 ans !)ni profession. Mais il est clair qu’une majorité d’hommes pensent encore que les femmes leur appartiennent, et qu’ils ont sur elles droit de vie et de mort, ainsi que sur les enfants, souvent.

    D’autres mouvements enquêtent sur l’accueil des femmes qui veulent porter plainte dans un commissariat ou une gendarmerie.

    68% sont mécontentes, et estiment avoir été mal reçues et peu écoutées.

    26% déplorent une empathie des fonctionnaires, non envers elles, mais envers le mis en cause !! Rappelons qu’est auditionné en ce moment le policier qui n’avait ni traité ni transmis la plainte de Chahinez Daoud, tuée et immolée par le feu par son ex-mari en pleine rue à Mérignac : le policier était lui même sous le coup d’une inculpation pour violences conjugales…

    Rappelons aussi que 60% des femmes tuées avaient déjà franchi la porte d’un commissariat.

    D’autres mouvements enfin, observent et suivent le traitement socio-judiciaire des plaintes pour violences conjugales : classements sans suite, rappels à la loi, condamnations avec ou sans sursis. Les condamnations sont longues à être prononcées, l’agresseur reste en général libre, et peut continue d’exercer des pressions ou violences. Et les peines ne sont guère proportionnelles aux dommages subis. Par ailleurs dans plusieurs cas(celui de Ch.Daoud, par exemple) le mari violent sortait de prison pour violences conjugales antérieures, et sa conjointe n’avait ni été prévenue de sa sortie , ni protégée.

    Donc, il ne suffit pas, loin de là, de « franchir la porte et porter plainte ».

    L’article, qui semble réfuter la notion d’emprise(concept largement étudié par les sciences humaines) certes insuffisante, paraît ignorer aussi le climat de terreur instauré progressivement par l’agresseur, qui rend les départs si difficiles : il faut en moyenne 4 à 5 tentatives à une femme avant un départ définitif.

    Cela commence par une dévalorisation systématique, un contrôle accru des activités et fréquentations ; puis  des explosions de colère motivés par une broutille(d’où les titres racoleurs de certaine presse »il l’assomme pour trop de grumeaux dans la soupe ») et enfin des coups et insultes de plus en plus violents.

    Les formations en direction des travailleurs sociaux, des policiers et magistrats volontaires (elles devraient être obligatoires) décrivent parfaitement le cycle, la « roue » de la violence :

    Période de tension grandissante où la femme tente de modifier son comportement pour apaiser son partenaire, explosion de la violence à l’occasion d’une frustration ; excuses , promesses de changement et réconciliation, qui laissent à la femme l’espoir que la situation peut s’arranger, et est un frein puissant au départ, surtout s’il y a des enfants.

    Puis le cycle recommence et la violence augmente, jusqu’à faire courir à la femme un risque vital. Il ne s’agit en aucune manière de « conflits » mais d’un processus répertorié d’escalade de la violence.

    Les violences subies par les femmes sont multiformes : psychologiques(isolement, chantages menaces) économiques (entrave à l’activité professionnelle, confiscation de l’argent du ménage, vol de biens personnels) et il faut un courage extraordinaire pour en sortir.

    Ce courage, les femmes l’ont. Elles se défendent. Elles résistent. Elles cherchent de l’aide.

    Et elles partent, parfois sans rien que leur sac à main, avec leurs enfants.

    Partir où ? les foyers d’urgence sont insuffisants, et les parents, premiers refuges des victimes, deviennent souvent la cible de l’agresseur. Dans plusieurs affaires de féminicide, les parents, les frères et sœurs, ont été blessés, parfois tués, avec la conjointe.

    Car la période la plus dangereuse pour les femmes est celle de la séparation. 

    Plus de la moitié des féminicides sont commis lorsque la femme annonce sa volonté de séparation, qu’elle organise son déménagement, ou qu’elle est déjà partie.

    Les « violences post séparation » ont été largement évoquées au cours du Grenelle des Violences conjugales en 2020 : le continuum des violences persiste : procédures, intimidations, menaces de mort, instrumentalisation des enfants (tentatives d’enlèvement, demandes de garde exclusive) pressions sur l’entourage.
    C’est insupportable. Céline Piquet, réfugiée dans sa famille, avait déposé 22 plaintes classées sans suite avant d’être tuée par son ex mari.  Son père de 80 ans avait été en garde à vue pour avoir trop insisté pour déposer plainte sur les menaces de son gendre…

    Les violences conjugales sont une arme de destruction massive des familles ; depuis les enfants –témoins, qui, comme l’a précisé le juge Durand* vivent l’équivalent d’une zone de guerre, jusqu’à tous les proches et les soutiens de la victime.

    C’est la surdité des pouvoirs publics à l’ampleur du désastre que les féministes dénoncent sans relâche.

    La réalité montrée inlassablement par les mouvements féministes, accusés par leurs détracteurs d’ »essentialiser» un statut de victime, est un véritable cauchemar, dont nous aimerions bien que notre société sorte.

    Et oui, la force et le courage de ces femmes, et de celles et ceux qui leur viennent en aide, doivent être honorés.

    On rend hommage aux victimes du terrorisme, des catastrophes naturelles, on le doit aussi aux victimes du terrorisme patriarcal, n’en déplaise à l’autrice de cet article.

     

     

    Une fois de plus, des prises de position maladroites et mal documentées démontrent que de nombreux catholiques se croient compétents à parler de sujets de société qu’ils ne maîtrisent pas, et sur lesquels ils ne cherchent pas toujours à se renseigner valablement, estimant peut être que leur foi peut tenir lieu de savoir ; position dangereuse s’il en est….

     

     

    Michelle C. DROUAULT

     

     

    * Notes : Pierre Prigent, Patric Jean, Martin Dufresne, pour ne citer qu’eux…

    * le juge Durand, juge des Enfants, est le président de la commission CIIVISE d’enquête sur   l’inceste

     

     

     

     

     

     


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  • C’était voici quelques jours 25 Novembre la journée contre les violences infligées aux femmes. La plus part des media évoquent les violences « faites » aux femmes, et cette terminologie me gène : on dirait en effet que les violences se sont faites toutes seules, tombées d’on ne sait où. Or ces délits et crimes ont des auteurs !

     

    En 2020, 139 000 femmes en France ont été victimes de violence conjugale.

    Depuis janvier 2021, 105 d’entre elles ont été tuées par leur conjoint, ex conjoint ou partenaire(la dernière hier 29 novembre). Les agresseurs sont à 98% des hommes.

    Parmi les mesures préconisées pour éradiquer ce fléau, peu sont des programmes de prévention.

    Ces hommes violents ont été des petits garçons, puis des adolescents, et enfin des hommes.

    Le respect des autres-et en particulier de plus faible que soi physiquement-est une notion qu’ils n’ont pas intégrée, non plus que celle du respect du à la mère de leurs enfants.

    Pourquoi ? Certains n’ont pas été respectés eux mêmes,  témoins ou victimes de violence familiale. Et ils n’ont pas été soustraits assez précocement à la violence, pas suivis psychologiquement, ni aidés. Leur souffrance a été tue, jusqu’à ce qu’elle explose et fasse de nouvelles victimes. Et le cycle continue…

    Le jeune garçon qui assiste aux hurlements et aux coups avec lesquels on terrorise sa mère peut la défendre sur le moment : certains enfants héroïques(des 2 sexes) sauvent la vie de leur mère en appelant les secours(ce qui pèse sur leurs épaules est alors inimaginable).

    Mais ensuite ? Les dysfonctionnements familiaux incitent un enfant à croire qu’il n’existe pas de limites, que n’importe quoi est possible dans la sphère familiale, et c’est encore plus vrai de l’inceste. Si ce vécu n’est pas repris, l’enfant devenu adulte ne comprendra pas les limites nécessaires à la vie en harmonie avec les autres. Il reproduira ou subira facilement la violence.

    Les propos insultants ou dévalorisants de l’agresseur ont pu s’imprimer en lui.

    C’est également vrai des enfants ayant supporté une enfance sous la domination d’un pervers narcissique, qui peut exercer une violence psychologique sans jamais élever la voix.

     

    A l’école, dés le plus jeune âge, l’égalité et le respect entre les sexes doivent être enseignés.

    Il est plus que regrettable que les ABC de l’Egalité aient été abandonnés sous la pression contestable d’associations .

    Rentré chez lui, quoiqu’il se passe, le jeune garçon aura appris que les comportements violents et infériorisants sont anormaux et punissables.  La jeune fille l’aura appris aussi.

    Tous deux seront consolidés dans l’idée que leur mère n’a pas à subir ces agissements, que leur père les agresse en les exerçant devant eux, et qu’ils sont fondés à chercher de l’aide.

    Par ailleurs , l’accès des enfants aux contenus pornographiques, qui sont de véritables écoles de domination et de déshumanisation, devrait être rendu impossible. Car sinon, l’efficacité d’un tel enseignement est rendue nulle.

    Il ne semble pas y avoir de véritable courage politique pour s’atteler à cette tâche…

     

    Le gouvernement a centré son action sur les mesures judiciaires de protection (encore trop rares) et les « téléphone grave danger ». Or l’une des dernières victimes avait bénéficié de tout ce dispositif. Mais aucune sanction tangible n’est prévue pour la transgression de l’interdiction d’approcher ; aucune surveillance régulière n’est effectuée pour éviter les récidives : le meurtrier présumé de cette dame sortait de prison pour violences graves..

    9000 places d’hébergement d’urgence ont également été prévues. C’est bien , mais insuffisant. Et il n’existe pas de réelle réflexion sur les risques psycho-sociaux de la fuite du domicile, et la priorité de l’attribution du logement à la victime dés qu’il y a des enfants.

    Pourquoi serait ce à la victime de fuir ? d’abandonner un logement qui parfois lui appartient, ou dont elle est co-locataire en titre ? qui est prés de son travail ? voisin de l’école des enfants ? du domicile des grands parents ou de la nourrice ? de laisser toutes ses affaires personnelles, ses souvenirs, pour ne conserver que le fameux « sac de départ » censé contenir toute sa vie ?

    Les enfants perturbés et déscolarisés souvent après une fuite, peinent à retrouver une stabilité, et se retrouvent aisément en échec scolaire. Une fuite se paye, très cher. Pour les victimes..

    Il est évident que, sous le coup de menaces de mort, physiques ou verbales, la fuite est la seule option raisonnable. Cependant 65% des femmes tuées avaient déjà franchi la porte d’un commissariat ou d’une gendarmerie.  Comment se fait il que les fauteurs de trouble soient rarement inquiétés ? Les mêmes comportements vis à vis de collègues de travail, ou d’inconnus dans des lieux publics seraient sanctionnés immédiatement . Alors ? La France pense- t-elle encore que « charbonnier est maître chez soi » ?

    Force est de constater que non, le fonctionnement actuel n’est pas celui de la prévention.

    Ajoutons que les structures d’accueil et d’aide sont très mal réparties sur le territoire :

    50% des féminicides ont lieu en zone rurale, où il n’y a pratiquement pas de foyers ou associations d’aide accessibles.

    On le voit, c’est la société toute entière qui doit remettre en question l’éducation, la prévention, les stéréotypes et préjugés qui nuisent à un examen réaliste et attentif des conditions de vie des femmes.

    Si elle ne le fait pas de son plein gré, la colère qui s’est levée avec #MeToo(et se poursuit avec « #MeToo politique ») la colère des femmes, jeunes et vieilles, noires et blanches, de tous horizons, risque bien d’être immense…

     

     

     

    Michelle.C. DROUAULT


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  • Le rapport de la Commission SAUVÉ, la CIASE( Commission Indépendante sur les Abus Sexuels dans l’Eglise) a mis en lumière des faits accablants, continus, et restés majoritairement impunis : des milliers de prêtres en France ont agressé sexuellement, voire violé, et placé en état de profonde détresse spirituelle, 330 000 enfants entre 1950 et les années 2000. Le chiffre donne le vertige.

     

    Il ne comprend pas les religieuses ou novices ayant également subi ce type d’agressions.

     

    Sans l’action courageuse de l’association « La Parole Libérée » fondée à Lyon par d’anciennes victimes, et la pugnacité d’organes de presse comme « Témoignage Chrétien », cette impunité scandaleuse aurait pu durer encore longtemps.

    « Grâce à Dieu, les faits sont prescrits ! » s’est exclamé un prélat….

    L’Eglise catholique n’est pas différente de la société civile : s’étant arrogé le pouvoir (ce que le Christ s’est évertué à leur dire de ne pas faire !) des hommes se sont pensés en droit d’user d’enfants et de jeunes femmes comme bon leur semblait.

    Mais-et c’est là aussi où le bât blesse-le problème est que l’Eglise institutionnelle se mêle depuis longtemps de morale sexuelle pour le commun des fidèles, sans jamais se regarder elle-même. Une morale souvent excluante (homosexuel(le)s, divorcés-remariés) irréaliste, voire inhumaine. Elle a lancé de terribles oukases. Oui, nous avons entendu des homélies homophobes, et des propos glaçants sur l’interdiction stricte d’avorter même pour des fillettes enceintes de viols incestueux.

    Oui, nous avons vu encourager d’oiseuses « thérapies de conversion », dans une ignorance abyssale de ce qu’est le psychisme humain.

    Savoir que dans le même temps, certains diocèses détournaient le regard de crimes sur des enfants à jamais blessés met dans un état de folle colère.

    Et nous nous sommes aperçus que ceux qui ne voulaient pas être exclus, à aucun prix, même si ils étaient auteurs ou complices involontaires, c’étaient les clercs !

    Les réactions consternantes de la Conférence des Evêques de France nous le prouvent.

    On aurait pu croire que, consciente de ces incroyables incohérences, la hiérarchie de l’Eglise ferait profil bas. Mais non !

    Invité par le Ministère de l’Intérieur à venir s’expliquer sur l’ampleur du phénomène des abus sexuels, le président de la CEF va mettre avec hauteur le secret de la confession au dessus des lois républicaines. !

    D’une part , ce n’est pas dans les confessionnaux que les agressions sexuelles sont dénoncées. D’autre part, certaines professions spécifiques (médecins, soignants, travailleurs sociaux, avocats, notaires) sont soumises déontologiquement à un secret professionnel QUI EST AUTOMATIQUEMENT LEVÉ dés qu’il s’agit de mineurs de moins de 15 ans.

    Pourquoi donc l’Eglise catholique pourrait elle déroger à la règle ??

    Dans une république laïque comme la nôtre, aucun organisme ne saurait faire exception.

    (Le Saint Père lui même a rappelé que les prêtres étaient soumis à la justice civile de leur pays. )

    Les propos de la CEF ont provoqué un tollé chez les fidèles ulcérés ; et une réponse cinglante du chef de l’Etat : « il n’y a RIEN au dessus des lois de la République »

    Sous le coup, peut être, de relever de la fameuse « loi sur les séparatismes » qui a fait couler beaucoup d’encre, et dans un souci d’apaisement, Mgr de Moulins-Beaufort a retiré ses dires.

    Du bout des lèvres ?

    D’autres évêques ou prêtres eux aussi « convoqués »  au ministère, se sont , eux, posés en victimes persécutées, sans aucun égard pour les véritables victimes des abus révélés.

    D’aucuns ont eu des mots très durs, à la limite de l’insulte, pour d’anciennes victimes courageuses qui s’exprimaient sur les ondes.

    Quant aux prêtres « de base », l’attitude de plusieurs d’entre eux a été pour le moins étonnante : ils ont avec allégresse « dédouané » l’institution de ses responsabilités, en les faisant peser sur les fidèles ! Si l’idée de faire contribuer financièrement ceux-ci aux réparations a vite été abandonnée sous les protestations, on leur a demandé dans quelques paroisses une sorte de « pénitence collective », parfois spectaculaire dans ses manifestations. Le prétexte étant que des familles, ayant connaissance des abus, ne les avaient pas dénoncés…on n’a plus de mots.

     

    L’ensemble de ces réactions dénote une évidence terrifiante : l’absence totale de prise de conscience de la gravité des faits, et de l’entière responsabilité de leurs auteurs, comme dans le civil.

    L’Eglise catholique est elle encore crédible ?

    Combien de fidèles vont ils se tourner vers l’Eglise Réformée ou orthodoxe ?

    Combien d’enfants de couples mixtes vont ils être écartés du catholicisme par un parent musulman ou juif,  légitimement effrayé de ce manque de prise de conscience ?

    Combien d’athées militants vont ils faire des émules, vociférant sans nuances sur la nocivité des religions ?

    Combien de femmes qu’on a voulu déposséder de leurs corps en invoquant fallacieusement des « enfants innocents » vont elles se détourner définitivement ?

    Combien d’anciennes victimes, que les faits aient duré quelques mois ou plusieurs années, qu’il s’agisse d’attouchements ou de viols, vont elles éprouver une invincible répulsion à remettre un pied à l’église ?

    Au milieu de ces questions qui me taraudent, un grand merci au religieux qui dans sa récente homélie, a dit que si les clercs avaient compris le sens du mot « ministère » c’est à dire « service » et non pas « pouvoir », bien des drames auraient été évités…

    Il m’a donné une faible lueur d’espoir. 

     

     

    Michelle. C. DROUAULT

     


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  • Le 13 mai 1939, le Saint Louis, paquebot transatlantique allemand, quittait Hambourg pour rejoindre La Havane, avec à son bord 937 passagers, majoritairement des juifs allemands fuyant le III éme Reich.

     

    Arrivés à la Havane, seuls 28 passagers purent débarquer : 4 espagnols, 2 cubains, et 22 personnes ayant des visas pour les USA, sans oublier 1 malade. (on déplora aussi un décès) Tous les autres furent interdits de débarquement par les autorités cubaines. Sur les 908 restant, 743 étaient juifs et risquaient la persécution, la spoliation et la mort s’ils retournaient en Allemagne ou en Autriche.

    Cuba était en proie à des problèmes politiques de chômage et de corruption, et la population se montrait très hostile à de nouveaux immigrants.

    Le bateau longea les côtes américaines pour repartir,  et les 743 ressortissants  en danger envoyèrent un câble au président Roosevelt pour le supplier d’accorder des visas :
    ils ne reçurent même pas de réponse.

    Les USA, après la grande Dépression, maintenaient des quotas d’immigration très stricts selon la loi de 1924.  Le quota pour 1939 avait déjà était dépassé, et il n’était pas question d’accueillir d’autres immigrants.

    Deux sénateurs avaient émis une proposition de loi pour sauver au moins 20 000 enfants juifs des persécutions : le projet fut rejeté.

    Finalement, après d’âpres négociations, et grâce à la détermination du capitaine, quatre pays acceptèrent de se répartir les réfugiés du St Louis.

    288 partirent en Grande Bretagne, 181 aux Pays Bas, 214 en Belgique, et 224 en France, à titre temporaire.

    Par la suite, seuls n’eurent plus de difficultés ceux acceptés par le Royaume Uni.

    254 d’entre eux moururent suite aux invasions nazies en Europe…

     

    Si je rappelle ce sombre épisode, c’est parce qu’il m’a paru avoir de grandes similitudes avec l’attente insupportable, huit jours durant, de 550 personnes rescapées en Méditerranée centrale par le bateau humanitaire OCEAN VIKING au cours de 6 opérations en 36 h à peine.

    Toutes étaient sur le point de périr sur des rafiots de fortune, dont une femme enceinte et un bébé de 3 mois. 119 enfants ont été recensés. C’était le 31 juillet dernier.

    Mais aucun pays européen n’acceptait le débarquement de ces personnes dans un port sûr.

    Dans des conditions mettant en danger leur santé physique et mentale : surpopulation, déshydratation, mal de mer, angoisse, traumatismes divers, ces personnes ont essuyé des refus incompréhensibles.

    La Sicile a fini par permettre au bateau d’accoster et aux passagers de débarquer au compte-goutte. Le débarquement a duré trois jours.

    L’ONG SOS Méditerranée, et d’autres, ont interpellé  les gouvernements européens sur cette situation inadmissible , et profondément inhumaine.

    De nombreux navires humanitaires sont ainsi retenus en raison de mesures administratives, sans véritable considération pour le vécu des personnes qu’ils ont sauvées et transportent, leur âge ou leur condition. Ces opérations sont un défi constant.

    L’avion « MOONBIRD » de l’organisation SEA WATCH a été immobilisé deux mois en 2020 par les autorités italiennes, bien que cette décision ne soit pas légale.

    Le but de ses opérations est de repérer les embarcations en détresse dans la zone de recherche (Sicile/ large des côtes libyennes) et de les signaler aux navires et aux autorités.
    20 000 personnes en détresse ont ainsi été secourues depuis 2017.

    Mais les activités du Moonbird ont été considérablement entravées.

    On éprouve donc la douloureuse impression que cela ne change pas : certaines catégories de population sont étiquetées « indésirables » pour des raisons économiques et politiques, et toute humanité envers elles disparaît, même lorsqu’il s’agit de personnes vulnérables.

    Au premier semestre 2021, on a déploré 792 morts en mer, chiffre sûrement sous estimé, soit 3 fois plus que l’an dernier.

    Dans l’indifférence générale, ou pire : la haine de certains dirigeants populistes.

     

    Après de telles épreuves, comment ces réfugiés pourront ils se reconstruire ? y seront ils aidés ? Par des bénévoles, sûrement. Par les états européens, c’est une autre histoire…

    Souvenons nous du « St Louis « .

    Les USA de 1939 ont été jugés sévèrement par l’Histoire, que dira-t-elle de nous ?

     

     

    Michelle. C. DROUAULT

     


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  • Y a-t-il des morts acceptables ?  la question semble incongrue, et même choquante.

    Cependant l’actualité et les opinions parfois exprimées dans les média et sur les réseaux sociaux nous obligent à la poser.

     

    Dés la première vague de Covid, les sceptiques sur l’utilité des gestes barrière et des protections ont avancé l’idée que la majorité des victimes étant très âgées, elles seraient mortes de toutes façons dans un délai d’un an ou deux…

    Seule une jeunesse inconsciente et égoïste pouvait sans doute les empêcher de mesurer ce que cet « un an ou deux «  signifiait pour les intéressés : encore un Noël, un anniversaire à passer prés d’un conjoint chéri, à parler avec ses enfants, même d’un peu loin…

    Ces jeunes étaient ils des électrons libres sans famille ? n’avaient ils rien retiré de la présence et de la transmission des « anciens » pour les considérer comme négligeables ?

    Mais surtout, quel manque total d’empathie, d’humanité, quel délitement du lien social se dessinait là ! Voir les vieillards en inutiles après avoir travaillé toute leur vie et mis au monde les générations futures.

    Ces vies ont été jugées peu dignes de continuer à être vécues.

    Le non respect des vieillards a été une des caractéristiques du nazisme dés ses débuts, qui a humilié et frappé des juifs/ves âgés ou opposants politiques, les a déportés même sur des brancards. On m’objectera qu’il n’existe pas de commune mesure entre ces propos inconsidérés et le national-socialisme. A première vue non. Mais l’idéologie sous-jacente est similaire :s’arroger le droit de juger qui doit vivre qui doit mourir.

    Actuellement, on a l’impression pénible que la gestion souvent incohérente de la crise sanitaire est davantage ressentie comme mauvaise en raison de l’interdiction des activités  de loisirs, que parce qu’elle fait 300 morts par jour, soit l’équivalent d’un crash aérien.

    Ou bien sont ce les media qui sur-diffusent ce type d’opinion ? 

     

    Les autres morts rendues acceptables pour l’opinion publique sont les migrants morts en mer pour tenter d’échapper à la misère, la guerre civile, le terrorisme et l’esclavagisme.

    Le déni de l’Europe dans son ensemble est criminel. Les morts se chiffrent par milliers chaque année dans une Méditerranée devenue un cimetière.

    130 migrants ont péri la semaine dernière faute de secours des pays côtiers pourtant alertés.

    Malgré sa diligence, le bateau de l’ONG « Open Arms » est arrivé trop tard…

    Le pape François a considéré cet épisode comme une honte pour l’Europe.

    Y a t-il eu une commémoration publique pour ces anonymes ? Valent ils moins que les victimes d’attentats ?

    C’est la valeur de la vie humaine qui est ici sans cesse remise en question, et si cela continue nous pouvons tous devenir en danger, car faisant soudain partie de la catégorie considérée comme « négligeable » ou « indésirable ».

     

    Malgré l’incessant et courageux combat d’organisations féministes, les femmes continuent également de mourir tuées par leur conjoint ou ex-conjoint dans l’indifférence générale, à raison d’1 tous les 2 jours et demi. Les confinements ont augmenté les nombre de victimes par rapport aux années précédentes.

    Ces femmes sont de tous âges : la plus jeune avait 19 ans, la plus âgée 85. Et de toutes conditions.

    Les justifications sont toujours là : les jeunes sont tuées en raison d’une jalousie soi disant incontrôlable, ou simplement parce qu’elles voulaient rompre une relation. 

    Les plus âgées,  devenues malades ou invalides, deviennent un fardeau. 

    Des hommes décident encore une fois de leur droit à vivre.

     

    Je ne voudrais pas oublier les morts de la rue, dont l’organisation du même nom fait chaque année le décompte, tués par un déficit chronique de politiques sociales.

    Le Covid a été particulièrement meurtrier pour les sans-abri. Il est d’ailleurs stupéfiant qu’une des premières mesures n’ait pas été de mettre ces personnes en sécurité afin d’éviter parmi elles/eux dont la santé est déjà mauvaise, des contaminations massives.

    « Ils seraient morts de toutes façons », rediraient certains ? Oui, l’espérance de vie dans la rue est faible : 50 ans environ…

     

    Enfin, j’ai été frappée dernièrement par la rapidité avec laquelle est envisagée par nos contemporains la mort comme solution, avant même de tout faire pour l’éviter.

    L’épidémie n’a pas empêché l’euthanasie de revenir dans le débat public, alors que des milliers de personnes mouraient sans avoir rien demandé.

    Si la crainte de la  souffrance et de la mort est normale et légitime, avant de parler d’euthanasie pour les cas les plus dramatiques et sans issue , nous ne devons pas oublier que les soins palliatifs en France ne sont pas développés, ou très peu, et que la recherche en la matière est la parente pauvre de la médecine.

    De nombreux médecins expliquent que les patients ne veulent pas mourir, mais seulement ne plus souffrir. N’est ce pas une urgence que de traiter la douleur ? J’ai eu plusieurs témoignages proches de personnes aux prises avec des douleurs chroniques insuffisamment traitées, épuisées et manquant de sommeil. Ne cesse-t-on pas alors d’avoir envie de vivre ?

     

    La course aux délais de l’IVG m’a tout autant navrée. Ce n’était pas l’objectif de la loi Veil de sans cesse rallonger le nombre de semaines pendant lesquelles une interruption volontaire est possible.

    Cette course folle signifie qu’il n’y a là encore aucune prévention.

    Education à la responsabilité, la sexualité et la contraception à l’école ? au respect entre les sexes et au consentement ? En principe 2 séances par an à partir du collège(ce qui est déjà dérisoire) mais non appliqué !

    Etudes pour connaître les raisons des IVG, et comment faire baisser leur nombre ? on n’en connaît pas de fiable.

    La France serait elle un pays où on ne sait pas prévenir ? Où on préfère trancher dans le vif ?

    Me poser toutes ces questions me laisse dans une certaine intranquilité.

    Ne regardons pas les siècles passés comme barbares : le respect de la vie n’est pas à présent plus fort qu’alors… 

     

     

    Michelle .C.DROUAULT

     


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  • Nous vivons une période très difficile. Un virus potentiellement létal circule depuis prés d’un an, et nous impose des restrictions au niveau international.

    En France, la gestion de la crise sanitaire semble parfois peu cohérente, et nous sommes tous anxieux pour nos proches et pour nous mêmes.

    Jeunes et vieux sont touchés : les vieillards en EPHAD ont été durement atteints pendant la 1ére vague d’épidémie ; à présent ce sont les jeunes qui se retrouvent massivement au chômage suite à la paralysie partielle de l’économie : les étudiants en particulier ne peuvent plus compter sur les « petits boulots » pour survivre. Pour la première fois, on les voit faire la queue dans les banques alimentaires. La précarité générale augmente.

     

    Pourtant , c’est le moment qui a été choisi pour demander l’adoption d’une « loi contre les séparatismes » . Quels séparatismes ?

    Il n’a pas fallu longtemps pour soupçonner qu’il s’agissait d’une astuce langagière pour viser ceux qu’on nous présente comme un perpétuel « ennemi intérieur » : les musulmans.

    Comme si des millions d’entre eux n’étaient pas français, nés en France.

    Cela rappelle des heures bien sombres…

     

    Objectivement, quelle est la situation des musulmans dans le monde aujourd’hui ?

    En âpre lutte contre ceux qui se réclament de leur foi et la dévoient, la font haïr pour mieux laisser croire à l’ensemble des musulmans que l’extrémisme est leur planche de salut, ils sont les premières victimes des attentats terroristes.

    Entre 2004 et 2020, l’AFGHANISTAN a été la cible d’attentats meurtriers , constants, revendiqués tantôt par les talibans, tantôt par l’Etat Islamique ; les musulmans chiites payant un très lourd tribut :

    Le 11/10/16 à Kaboul, une fusillade vise des pèlerins chiites rassemblés pour la fête de l’Achoura ; le lendemain, une bombe explose dans une mosquée chiite.*

    36 morts et 40 blessés en 24h. Revendication par l’E.I.

    Le 3/3/17, une attaque de l’E.I vise un hôpital militaire

    Le 31 mai 17, un attentat au camion piégé fait 150 morts et de nombreux blessés

    Le 24/10/ 2020, un attentat contre une communauté Hamzara (chiite) atteint une école, où sont tués 30 adolescents et jeunes adultes. (revendiqué par l’E.I)

    Ce ne sont que les plus récents, et les ONG demandent qu’ils soient considérés comme crimes de guerre.

    Au NIGERIA, la secte BOKO HARAM occupant la ville de Rann, provoque la fuite de 

    30 000 personnes vers la frontière du Cameroun, pays lui aussi en lutte contre les djihadistes.

    27000 morts sont à déplorer dans un des plus grands pays d’Afrique, suite à des insurrections extrémistes depuis 2009. (E.I, AQMI) Et chacun se souvient des enlèvements de jeunes filles…

    Des chiffres qui donnent le vertige.

    La Syrie serait encore un autre chapitre.

    Actuellement les Ouïghours en Chine subissent massivement une terrible persécution, simplement parce qu’ils sont musulmans ; et les rescapés décrivent des traitements inhumains et dégradants , et des stérilisation forcées, des exécutions probables.

    Les Rohyngas en Birmanie n’ont pas eu un sort meilleur.

     

    La plus élémentaire compassion humaine devrait faire réfléchir avant de décréter l’ensemble des personnes de confession musulmane comme un « problème » 

    Le terrorisme est un problème, oui ! et ils en savent mieux que nous quelque chose.

    Ils sont en première ligne pour le subir et le combattre.

    Se montrer résolument de leur coté semblerait une meilleure stratégie que les stigmatiser, en faisant peser sur tout musulman(e)le soupçon d’être un(e) djihadiste en puissance.

    C’est vrai, la présence militaire française au Mali est un soutien dans ce combat, mais cette action est hélas moins visible que les polémiques absurdes qui surgissent chaque jour pour pointer du doigt d’éventuels « séparatismes » dérisoires : l’éducation à domicile(0,4% des élèves, surtout handicapés ou de milieux aisés non musulmans) ; les dispenses de piscine au lycée( qui existent depuis la nuit des temps pour de multiples raisons liées à l’adolescence en général). Les « certificats de virginité »(1% des consultations médicales, ces entretiens ayant le mérite de déceler les mariages forcés) la polygamie(elle est interdite par la loi française, et aucune administration ne prend en compte plusieurs épouses).

    Les deux premiers sujets n’ont aucun rapport avec l’Islam, les autres sont de pratiques culturelles, traditionnelles ou ancestrales, ayant cours dans des pays où co-existent plusieurs confessions, et des cultes très divers.

    Rien dans ces interdictions ne va combattre le terrorisme. 

      

    Les chrétiens seraient bien inspirés de se tenir à distance de ces surenchères.

    J’entends déjà des voix clamer « l’Islam politique, l’Islam politique ! »

    Comme si il n’existait pas de catholicisme politique ?

    Si en effet nul ne pose de bombes au nom de Jésus (mais on a assassiné, évangélisé de force en son nom)et si la Révolution de 89 et la III éme République ont modéré les ardeurs  de la toute-puissance de l’Eglise, le catholicisme politique faisant sécession d’avec la société civile est bien là.

    Il y a les dissidents de la Fraternité St Pie X qui refusent Vatican II, certes.

    Mais un certain catholicisme lié à l’extrême droite a tenté de « grignoter « les paroisses du Sud de la France, des membres de conseil paroissial étant parfois en même temps sur des listes de candidats de ces partis. Jusqu’à ce qu’un évêque se fâche et publie un manifeste affirmant aux fidèles l’incompatibilité des mouvements d’extrême droite avec les valeurs de l’Evangile. Mais leur influence a provoqué un regain d’attitudes rétrogrades et dévalorisantes envers les petites filles, qui ont été interdites de certaines fonctions ou apprentissages juste parce qu’elles sont des femmes en devenir.

    Les mouvements « Alliance Vita, Civitas » font des prières de rue anti-IVG(sans être inquiétés !) avec des photos truquées de fœtus de 5 mois alors que l’IVG n’est possible que jusqu’à 12 semaines.

    Le catholicisme politique ordinaire est homophobe(combien d’homélies homophobes avons nous du supporter, et contrer à la sortie des églises ?) et a tenté d’influer sur des lois donnant leur dignité aux couples de même sexe.(Manif Pour Tous)

    Nous avons entendu  EN CHAIRE des incitations à se joindre à des manifestations incluant la participation de groupes douteux, parfois violents, le prêtre fermant les yeux sur ces détails pour ne plus voir que l’obsession familialiste & misogyne qui anime un certain clergé, n’ayant guère retenu la leçon du pétainisme.

     

    On a vu fleurir, imprimés sur les trottoirs devant les parvis des églises, des slogans anti-gouvernementaux( au grand embarras du curé, souvent).

     

    Enfin, il est expéditif d’affirmer que l’Eglise n’a pas de sang sur les mains.

    Sourde à la parole du Christ qui explique que si de la règle doit surgir un mal, et de ne pas la suivre un bien, c’est la seconde solution qui prévaut, elle a osé vouloir interdire l’avortement à des fillettes violées ou incestées, ignorant leur état d’enfant victime.

    Elle a influencé les décisions politiques de nombreux pays d’Amérique latine dans le sens d’une interdiction totale de l’avortement, aussi bien volontaire que médical.

    Au Salvador, nous l’avons déjà relaté sur ce blog, des femmes mariées et déjà mères ont été incarcérées suite à des fausses couches involontaires ou des enfants morts-nés. Il a fallu la pression internationale pour les libérer. Des millions de femmes d’Amérique Latine ont du avorter clandestinement, avec tous les risques de mutilation et de mort que cela comporte.

    Des milliers d’enfants sont restés orphelins parce que leur mère n’a pas résisté à une septicémie post avortement clandestin. Dans ces pays à la misère endémique, seules les plus aisées ont peu partir à l’étranger… Certains décès ont aussi été dus à des accouchements d’une 9 éme, voire dixième grossesse, car le clergé a longtemps fait croire que la contraception menait à l’enfer…

    Actuellement en Pologne, c’est encore l’Eglise, avec la plus grande cruauté, qui a pesé sur la décision du gouvernement de droite dure d’interdire même l’avortement médical en cas de malformation fœtale grave, seuls le danger pour la vie de la mère, le viol et l’inceste étant motifs légitimes(faute de quoi la Pologne pourrait être menacée de sortir de l’Europe, dont elle a besoin !). Cette loi a jeté des foules compactes de femmes (et d’hommes) dans la rue, protestant contre cette atteinte à leur dignité et à leurs droits fondamentaux. En vain jusqu’ici..

    Les québécois pourraient parler longtemps du catholicisme politique des « années noires » qui s’est octroyé la totale main mise sur l’éducation jusqu’à une époque récente ; l’Université de Montréal ayant été dirigée par un évêque jusqu’au milieu du XXéme siècle.

     

    Les catholiques affichés, ou simplement de culture catholique, semblent donc peiner à comprendre d’OU il parlent : de leur appartenance à une majorité confessionnelle officieuse qui s’autorise à juger une minorité qu’elle connaît souvent mal, d’un point de vue qu’elle croit universel.

    C’est là le propre du discours majoritaire : il se prétend neutre. Il ne l’est pas.

    Regarder obsessionnellement la paille dans l’œil de son voisin sans voir la poutre qui est dans le sien, ne favorise pas l’objectivité…

     

     

    Michelle C. DROUAULT

     

     


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  • J’allais écrire sur la polémique aussi surprenante qu’artificielle qui continue d’enfler sur le dernier livre d’Alice Coffin « Le Génie Lesbien », lorsque j’ai appris que cette dame avait été  licenciée de son poste à l’Université Catholique de Paris où elle donnait depuis prés de 8 ans des cours hebdomadaires de journalisme. Son cours « Media et pouvoirs » semblait très apprécié.

     

    Alice Coffin, journaliste, autrice, élue EELV à la Mairie de Paris, s’est trouvée sur le devant de la scène lorsqu’elle a contribué à la démission de Christian Girard, adjoint à la culture, et  soupçonné d’être impliqué dans l’affaire Gabriel Matzneff((auteur sous le coup d’une enquête judiciaire pour viols sur mineurs).

    Le soutien inconditionnel et prématuré des élus municipaux à Christian Girard avait été vilipendé par Madame Coffin. Vigoureusement. A la suite de ces interventions, elle a fait l’objet d’insultes lesbophobes, de cyberharcèlement , et de menaces telles, qu’elle a été placée sous protection policière.

    La polémique récente porte sur quelques passages de son dernier livre.

    Je la soupçonne d’être entretenue par ceux qui ont tout interêt à présenter les féministes comme des hydres assoiffées de sang(masculin de préférence) afin que les autres femmes se détournent d’elles ; et aussi sans doute à discréditer la lutte contre la pédocriminalité.

     

    Dans son essai, l’autrice explique donc essayer d’éliminer de sa bibliothèque un maximum d’œuvres écrites par des hommes. Et de même, préférer les films, tableaux, photos, toutes œuvres d’art créées par des femmes. Car l’Art, dit elle, est une sorte d’extension du regard des hommes où elle ne se retrouve pas.

    Voilà une opinion  personnelle. Que l’on peut partager ou pas. Et qui ne s’accompagne d’aucune agression contre qui que ce soit.

    Mais certains sont allés tirer quelques phrases de leur contexte(ont ils lu la totalité de l’ouvrage ?) pour affirmer sans vergogne que Mme Coffin voulait « éliminer tous les hommes », et incitait les femmes à le faire…Cette fable tourne en boucle sur les réseaux sociaux , suscitant des indignations ridicules ou outrancières, peu soucieuses de la vraisemblance d’une telle posture.*

      A l’appui de son exclusion, l’Université Catholique de Paris affirme que l’attitude d’Alice Coffin n’est « pas compatible avec ses valeurs ». Quelles valeurs ? Mme Coffin n’a jamais fait mystère de son orientation sexuelle qui ne lui a , jusqu’alors, nullement été reprochée (c’est heureux !).

    L’Université désapprouverait elle ses protestations contre la persistance à un emploi public d’un homme sous le coup d’une enquête judiciaire dans le cadre de viols présumés sur mineurs ? On n’ose le croire !

    Se gendarmerait elle de ses propos sur son célibat :« Ne pas avoir de mari me permet de ne pas craindre d’être battue, violée, voire tuée », alors qu’un 74 éme féminicide par un conjoint vient d’avoir lieu depuis Janvier dernier ?  7 meurtres par mois !

    Alors, quelles valeurs ?

    Priver de ses fonctions , de sa réputation, et d’une source de revenus une femme sur la seule foi de polémiques médiatiques haineuses n’est pas honorable.

    Mettre encore davantage en difficulté une femme déjà insultée, blessée par des groupes extrémistes est il chrétien ? Certainement non !

    « Ils m’ont enfoncé la tête sous l’eau », a déclaré Mme Coffin au sujet de l’Université.

    Bravo ! A ce prix se targuer de sa foi catholique semble une imposture.

     

    Virginia Woolf  disait que la littérature écrite par des femmes était essentielle, car elles montrent comme important ce que les hommes pensent anodin ; et elles décrivent comme anodin ce que les hommes jugent important.

    C’est profondément vrai ; et en ce sens je rejoins Alice Coffin : changeons de regard. Le monde s’en portera mieux !

    Cependant, je lui ferais observer que certains auteurs, hommes et femmes, ont su dépasser leur sexe et leur genre pour nous parler de l’Humain, en se mettant complètement à la place du sexe opposé. Je pense à Tahar Ben Jelloun, Yasmina Khadra, ou Marguerite Yourcenar, pour ne citer qu’eux.

    Et je préfère mille fois les écrits des hommes que sont les deux premiers, à ceux d’autrices visiblement alliées du système patriarcal. 

    La misogynie, hélas, n’a pas de sexe.

    J’ai envie de lui dire aussi que nous avons besoin les uns des autres : les militaires, gendarmes pompiers, qui ont secouru et secourent encore héroïquement leurs concitoyens en ce moment dans mon département sinistré sont majoritairement des hommes…

    J’ai envie de lui poser la question de l’inévitable altérité, et de sa reconnaissance :elle ne pourra constamment éviter l’Autre…

     

    Mais malgré ces points de désaccord, je soutiens la liberté de Mme Coffin d’écrire ce qu’elle veut sans avoir à le payer de sa sécurité et de son gagne-pain.

    Je demande qu’on juge les femmes sur leurs capacités professionnelles, et pas sur leur aptitude à se taire devant les injustices et les inégalités de la société.

     

     

     

    Michelle C. DROUAULT

     

     

     

    *Note : une élue a franchi le Rubicon en comparant Alice Coffin à Eric Zemmour, récemment condamné pour incitation à la haine raciale ; et une secrétaire d’Etat vient de parler d’Apartheid…


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  • « Le féminisme est un humanisme » rappelait récemment l’écrivaine Leïla Slimani.*

     

    C’est parce que le féminisme est un humanisme qu’il est une constante ouverture à la connaissance, la tolérance, l’inclusion, et la solidarité.

    Un mouvement international puissant, qui a inspiré la danoise Sherin KHANKAN, devenue une des premières femmes imame en 2015.

    Son but ? combattre l’influence de certains docteurs en religion qui se réclament du Coran pour prôner la stigmatisation des personnes homosexuelles, l’interdiction des mariages inter-religieux, ou la domination de l’époux sur l’épouse. Ce qui n’est pas justifié.

    Sa principale source d’inspiration est le philosophe Ibn Arabi.( 1165/1240), mystique soufi.

    Celui-ci, dit elle, proposait « d’interpréter le Coran avec le cœur ».

    Selon lui, il n’existe pas une grille unique d’interprétation des Ecritures, mais DES vérités, qui mènent au divin.

    Inutile de dire que Mme Khankan a été l’objet de beaucoup d’hostilité de la part d’hommes musulmans. Mais d’autres l’ont soutenue, et elle ne s’est pas découragée.

    En février 2016, elle a ouvert la mosquée Mariam, une mosquée réservée aux femmes(musulmanes ou non) et dirigée par elle même et une amie.

    Il n’existe aucune contrindication théologique à cela. »La femme est l’avenir de l’Islam » dit elle, « les femmes doivent s’approprier la fonction, on ne leur donnera pas ».

    Phrase qui nous a rappelé les propos d’Anne Soupa, candidate archevêque : « si j’attends qu’on m’appelle, on ne m’appellera pas ! ».

    En tant qu’imame, Sherin a célébré une vingtaine de mariages inter-religieux, et précise que l’union de personnes de même sexe ne lui poserait pas de problème, bien que pour le moment le cas ne se soit pas présenté.

     

    D’autres femmes musulmanes ont eu une démarche encore plus engagée :

    A Paris, A.S Monsenay et Eva Janadin ont ouvert la première mosquée inclusive.

    Leur projet est de réconcilier la Foi avec la raison et l’esprit critique.

    Cette mosquée est mixte, dans une totale égalité hommes/femmes. Tous et toutes peuvent prêcher et prier. Il n’existe aucune discrimination d’origine, de genre, ou d’orientation sexuelle. Le voile est un choix personnel sans aucune obligation.

    Dans ce même esprit d’ouverture, Kahina BAHLOUL, théologienne franco-algérienne et imame, souhaite une nouvelle interprétation des textes coraniques à la lumière des sciences humaines et sociales. Le fait qu’il n’y ait, dans l’Islam, aucune autorité cléricale centrale, lui paraît une chance pour faire émerger des croyant(e)s libres et responsables.

     

    Pour la religion juive, on dénombre actuellement trois femmes rabbins en France.

    La première a été Pauline Bebe en 1990.

    La plus célèbre, parce qu’elle est aussi écrivaine, est Delphine HORVILLEUR, cheffe religieux et guide spirituel d’une communauté, dans le courant juif libéral.

    Elle est l’autrice de « Comprendre le monde » « Réflexion sur la question de l’antisémitisme » ; et a co-écrit avec Rachid Benzine :« Des mille façons d’être juif ou musulman ».

    « Il y a ceux qui ont la volonté de faire de la place à l’autre », dit elle, « et ceux qui n’en sont pas capables ». Cette réflexion nous a paru la plus intéressante. Car aucun système dogmatique, quel qu’il soit, ne peut faire de place à l’autre.

    « Un système religieux conservateur ne fera jamais de place aux femmes » dit elle encore, « parce que ce serait faire de la place à TOUTES les autres formes d’altérité ».

    Et pour certains, c’est insupportable.

    Madame Horvilleur interroge également les modes d’interprétation des textes bibliques et religieux. Selon elle , on n’a jamais fini d’interpréter, les possibilité sont infinies.

    « A celui qui dit détenir la vérité, je dis : la vérité n’est ni toi, ni moi ».

    Voilà une réponse qu’aurait pu faire Sherin Khankan à ses détracteurs, qui prétendaient lui opposer une « vérité »…une réponse que nous femmes pourrions faire à tous les soi-disant « sachants » des trois monothéismes qui veulent nous assommer de vérités aliénantes.

    Saluons aussi le questionnement de D. Horvilleur sur les analogies troublantes entre l’antisémitisme et la misogynie : les stéréotypes prêtés de tous temps aux Juifs et aux femmes(faiblesse, lâcheté, ruse, cupidité)ont la peau dure, et sont responsables de drames humains et sociaux irréparables.

     

    Chez les chrétiennes, la théologienne protestante Lytta Basset se base sur le principe de bienveillance, qui fait cruellement défaut au monde moderne.

    Pourtant » la bienveillance est au cœur de notre condition humaine » dit elle dans son ouvrage « Oser la bienveillance », « et c’est elle qui rend notre monde habitable ».

    Elle rappelle que le « pêché originel » n’est en fait que la rupture de la relation à l’autre, et revient , elle aussi, sur l’importance primordiale de la reconnaissance de l’altérité, la « téchouva » le retour à la relation à l’autre…

     

    Toutes ces femmes ouvrent les bras, le cœur, l’esprit, l’intelligence

    Elles sont attaquées, contestées, voire menacées, par des hommes accrochés à leurs certitudes dogmatiques. 

    Pourtant , les suivre contribuerait à créer un monde meilleur.

     

    Une question persiste cependant : la cruelle absence actuelle de figures de femmes catholiques dans cet universalisme inclusif, du moins en Europe.

    Il existe au Québec des religieuses féministes, des religieuses ouvertes à l’homosexualité, des femmes catholiques participant activement à la lutte contre toutes les violences faites aux femmes.

    En France, une majorité de femmes catholiques , même dissidentes, semble encore sous le joug d’une domination masculine qui, si elle rejette le cléricalisme, garde une mainmise idéologique certaine sur la pensée des femmes. « Féminisme » reste un gros mot, et n’est justement pas vu comme cet humanisme que nous évoquions.

    Il n’existe pas de réelle contestation de l’instrumentalisation de la foi chrétienne dans un but manifeste de contrôle des femmes, de leur corps et de leur vie : la contraception, l’avortement, la vision des femmes indissociable de la vie familiale, l’homosexualité, ne sont jamais(ou presque) des thèmes de débats, sauf lorsque les positions de l’Eglise sont tellement monstrueuses qu’elles sont intolérables(affaire de Brésil)

    De timides avancées existent sur le statut spirituel des divorcés-remariés. Mais on remarque un consensus contre le mariage de personnes de même sexe et la PMA.

    Les appels en pleine paroisse à aller manifester avec les franges les plus réactionnaires de la société contre l’avortement, ne sont pas hués par des groupes de femmes en colère…

    Dans ces conditions, quelles avancées humaines provoquerait la nomination de femmes catholiques à de hautes fonctions ecclésiastiques ?

    Peu nous importe le sexe de l’évêque, disent certaines, si c’est pour nous faire renvoyer à la « complémentarité » des sexes, à la subordination maritale, à nos fonctions reproductrices… .

    En France, les femmes catholiques homosexuelles ; victimes de violence ; confrontées à l’avortement, ne trouvent guère d’aide et de solidarité. Ou parfois des aides « orientées » qui cherchent à les faire rentrer dans le rang.

    Elles aimeraient sûrement être accueillies par des femmes comme celles que nous venons de citer, témoins de l’immense amour de Dieu, et des infinies possibilités humaines.


    Face à ce constat, le chemin est encore long…
     

     

    Michelle. C .DROUAULT
     

     

    *note : cette affirmation intervenait dans le contexte d’une absurde polémique sur l’audition d’une syndicaliste étudiante « voilée » à l’Assemblée Nationale. Le sujet était la précarité étudiante ! Certaines députées n’ont pas pris la peine d’écouter et sont sorties de la salle au nom du « féminisme » parce que la dame avait la tête couverte ; ce que le règlement n’interdit pas, a rappelé le Président de l’Assemblée…Leïla Slimani réfutait totalement que cette attitude intolérante et méprisante soit du « féminisme »…
     

     

     

     

     


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  • Récemment, une nouvelle aussi extraordinaire qu’incongrue est apparue sur les sites d’information : Mme ANNE SOUPA, théologienne catholique et bibliste, co-fondatrice du Comité de la Jupe, pose sa candidature au poste d’archevêque primat des Gaules, poste laissé vacant par le très contesté Mgr Barbarin.*

     

    Saluons tout d’abord ce geste symbolique, signal d’alarme de l’invisibilité des femmes dans l’Eglise.

     

    Comme l’a rappelé l’intéressée dans une émission récente de la chaine Arte, cette invisibilité est d’abord une terrible régression.

    Il suffit de jeter un regard aux siècles passés-particulièrement le haut Moyen Age- pour s’apercevoir du rôle important des femmes dans la vie de l’Eglise.

    Certaines sont devenues des saintes, ou des figures théologiques reconnues.

    Certes , cette reconnaissance officielle a tardé !  Une des plus célèbres d’entre elles, HILDEGARDE VON BINGEN(1098/1179) a été instituée docteur de l’Eglise par Benoit XVI en 2012, soit dix huit siècles plus tard !

    Religieuse bénédictine, Hildegarde Von Bingen a prêché en public( nul ne lui a opposé St Paul, comme le font quelques fondamentalistes pour Mme Soupa !) ; elle a conseillé de nombreux religieux, écrit un ouvrage musical superbe, le Sciviae, dont la pureté étonne encore… elle était aussi « médecienne » (oui, le féminin de médecin existait alors) soignante et guérisseuse.

     

    Plus tard, THÉRÈSE D’AVILA (1515/1582) fille de juifs espagnols convertis au catholicisme, est décrite comme une femme forte, intrépide, radicale, même.

    Entrée dans l’Ordre des Carmes à vingt ans, elle en entreprend la réforme, et en impulse une semblable pour les ordres de religieux hommes. Elle vit des expériences mystiques qu’elle relate et transmet. Ecoutée et considérée, elle contribue à une meilleure vision de la foi par tous.

    Que diraient donc ces deux femmes en voyant des prêtres arrogants écarter des femmes (y compris des religieuses !) de la distribution de la communion, au prétexte qu’elles sont des femmes, c’est à dire un flagrant délit de discrimination pour ce qu’elles SONT ? Un délit basé sur une conception totalement païenne de l’ »impureté » supposée des femmes…

    Dans un discours qui a fait sensation,  la Congressiste américaine ALEXANDRA OCASIO CORTEZ a déclaré que si Jésus poussait les portes du Congrès aujourd’hui, on le traiterait de « radical ».

    Elle a rappelé que depuis des siècles, de nombreuses personnalités religieuses et politiques ont manipulé les Ecritures au service de la bigoterie, la discrimination , et l’injustice.

    C’est à mon sens cette imposture qu’il nous faut dénoncer sans relâche.

    Car comment se fait il que l’Eglise se soit retrouvé être le bras armé du patriarcat ?

    Au service de l’exploitation et l’infériorisation de la moitié de l’Humanité ?

     

    Le geste d’Anne Soupa est un geste symbolique majeur.

    Comme l’était, dans la vie civile, le dépôt de gerbe sur la tombe de l’épouse du Soldat Inconnu à l’Arc de Triomphe en 1971 par le tout neuf Mouvement de Libération des Femmes.

    Une femme encore plus inconnue que lui !

    Les manifestations et gestes symboliques des femmes ces derniers temps ont été multiples :

    « Die-in » de femmes allongées par terre pour dénoncer les féminicides, défilé de militantes fantômatiques portant chacune une pancarte avec le nom d’une victime décédée au cimetière du Montparnasse ; collages d’affiches dénonçant les violences dans toutes les villes.

    Et ces happenings se déroulent aussi dans d’autres pays. 

    Sans oublier « #MeToo » qui a contraint les sociétés à regarder en face la fréquence et le scandale des agressions sexuelles sur les femmes et les enfants…

    Les femmes sont en train d’obliger les hommes à changer.

    En sera-t-il ainsi dans l’Eglise catholique ??

     

    Une question me taraude : à supposer qu’il y ait une femme archevêque, défendrait elle la dignité de toutes les femmes ?

    Je le dis franchement, je doute.

    Je doute parce que le « féminisme catholique » ne semble s’être réveillé que lorsque l’injustice criante faite aux femmes à l’intérieur de l’Eglise est devenue trop visible par rapport au mythe de » l’égalité-déjà-là »* véhiculé par la société civile.

    Je ne me souviens pas d’avoir vu ces femmes lorsque nous luttions pour des salaires équitables, l’arrêt des avortements –boucheries parce qu’illégaux, la diffusion de la contraception, des modes de garde cohérents pour les enfants.

    Seule , la Fédération des Femmes Catholiques est venue débattre avec le MLF, qui n’excluait aucunes femmes, sauf celles d’extrême droite.

    Nous ne les voyons guère(ou à titre individuel) dans les combats actuels.

    La raison de cette absence (ou de cette discrétion ?) me semble être dans le manque d’autonomie des femmes catholiques par rapport à l’Institution. Qui perdure.

    Une des questions fondamentales posées par le Christ à longueur d’Evangile est celle du choix : si obéir à la règle doit causer du mal, et que désobéir va causer le bien, alors nous avons le choix, et notre vie d’humain(e) libre nous impose ce questionnement permanent.

    Beaucoup de règles imposées par l’Eglise ne découlent pas des Evangiles, mais sont des inventions humaines, et masculines. Si elles aboutissent à la subordination, la ségrégation et l’exploitation, s’interroger sur elles est légitime.

    Depuis plus de cinquante ans, les femmes de tous les pays , en Europe et dans les Amériques, en Asie, ont analysé la domination dont elles sont l’objet, l’ont décortiquée du point de vue sociologique, économique, psychologique.

    Ces travaux, pourtant nombreux(et regroupés en tant que « Women Studies » dans les universités anglo-saxonnes) semblent être majoritairement inconnus des femmes catholiques françaises*(à qui on a certainement dit que les féministes , c’est le diable ?).

     

    Ainsi elles se trouvent démunies pour articuler ce qui leur arrive avec la condition générale des femmes. Parfois, elles ne voient pas que leur condition est indissociable de celle de toutes les femmes. Ou, plus douloureusement, cette prise de conscience féministe leur arrive parce qu’elles ont été victimes de violences graves au sein de leur communauté.

    Et, ne nous cachons rien, des hommes catholiques commettent des viols et des incestes, ; des hommes catholiques tuent leur conjointe ou ex-conjointe ; des hommes catholiques payent moins leurs salariées parce qu’elles sont des femmes.

     

    Mais l’Institution ne s’adresse jamais à eux pour leur demander des comptes, avec autant de vigueur qu’elle demande aux femmes de se sacrifier et se soumettre…

    Le féminisme ne consiste pas à défendre la place des femmes dans un groupe X, mais l’égale dignité et le partage d’un espace juste pour toutes.

    Aussi l’enjeu pour une éventuelle femme archevêque, même à titre virtuel et symbolique, est il considérable…

     

     

    Michelle. C. DROUAULT

     

    Notes :

    *1 Mgr Barbarin a inspiré le titre du film « Grâce à Dieu » par sa réplique restée célèbre concernant des agressions sexuelles de prêtres sur des enfants/adolescents : « grâce à Dieu les faits sont prescrits »…

     

    * 2 l’égalité-déjà-là est un des mythes avec lequel le patriarcat musèle les femmes, qui auraient « tout gagné ». Vraiment ? 26% de salaire en moins ; retraites inférieures de 40%, 27% seulement de femmes parlementaires, 13% de cheffes d’entreprise…mais 80% des tâches ménagères sont effectuées par des femmes…

     

    *3 Je n’en dirais pas autant des québécoises, des espagnoles, et des sud-américaines…

     


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  • Que mes lectrices/lecteurs ne m’en veuillent pas de mon mutisme pendant cette période de confinement…Elle m’a au moins permis de visionner plusieurs séries.

    Vous trouverez ici quelques réflexions sur l’une d’elles, qui m’a particulièrement plu.

     

    Une série intitulée « Mrs AMERICA » retrace le parcours peu connu en Europe de Phyllis Schlafly, militante anti-féministe américaine farouchement opposée à L’E.R.A (Equal Right Amendement) établissant l’égalité des droits entre hommes et femmes.


    Pour devenir le 27 éme amendement de la Constitution, l’E.RA doit être adopté par au moins 38 états avant mars 1979. Nous sommes en 1970, et durant presque dix ans, cette conservatrice va militer pour empêcher son vote…
     

    Discrètement, le scenario nous oriente vers les possibles causes cachées de cet engagement à contre-courant. Si Mrs Schlafly se présente comme une mère de famille au foyer, c’est une femme fort instruite diplômée de Harvard (la plus prestigieuse des universités américaines)  Elle a des connaissances très pertinentes et éclairées sur la défense et l’armement nucléaire(20 ans d’expérience) et veut en faire profiter son pays, encore en pleine guerre froide. Malheureusement, lorsqu’elle participe à une réunion d’un groupe politique à la place de son mari, on lui met un bloc-notes entre les mains et on la traite comme une secrétaire, sans l’écouter.
     

    Déterminée à jouer un rôle dans la société, Phyllis va alors se rabattre, à l’instigation des hommes de son entourage, sur le combat anti-féministe : ils la poussent à être leur prête-nom pour contrer le vote de l’ERA et les revendications générales des féministes, dont ils ont peur.

     

    La simple égalité des droits leur est insupportable : après l’obtention des droits civils pour les Afro-Américains en 1965, L’ERA ferait enfin des USA une nation pleinement démocratique.

    Un cauchemar pour les conservateurs républicains ? C’est en tout cas la conviction de Shirley Chisholm, première femme afro-américaine élue au Congrès, que nous voyons militer pour l’amendement, tout en se faisant reprocher par certains de ne pas prioriser la cause noire plutôt que celle des femmes ; et parfois doute…

     

    Peut être inspirées par les œuvres d’Andréa Dworkin (Les Femmes de Droite, en particulier) et de Susan Faludi (Backlash, le retour du Bâton) les réalisatrices montrent habilement comment les hommes américains acceptent très bien que leurs épouses militent, du moment qu’elles roulent pour eux…la manipulation est totale : elles ont l’impression d’être importantes, mais combattent contre leurs sœurs, et servent d’alibis.

    En effet, Phyllis n’est guère dans son foyer, toute occupée à faire campagne auprès des ménagères de l’Illinois  pour les persuader d’empêcher le vote de l’Amendement pour l’égalité des droits des femmes. Elle les mobilise d’ailleurs sur de faux arguments.

    En pleine guerre du Vietnam, la conscription féminine(dont il n’a jamais été question !) peut à juste titre effrayer les électrices pour leurs filles. Jamais non plus n’a été évoquée par les pouvoirs publics une éventuelle suppression  de la prestation compensatoire en cas de divorce ; pourtant elle l’affirme. Elle serait même allée jusqu’à inventer une fausse jurisprudence lors d’un débat télévisé ? Cet épisode est invérifiable.

    A ce combat, cette mère de six enfants en joint un autre : la lutte anti avortement, pourtant réduite à sa plus simple expression en 1973 à la suite du fameux arrêt Roe/ Wade.

    Le film, une fiction basé sur des faits réels, nous présente par petites touches l’envers du décor pour le personnage. Phyllis est une épouse tyrannisée par son mari, contrainte sous tous les aspects. Car ce mari ne la veut pas libre, et a vite fait de lui rogner les ailes dés qu’elle veut prendre de l’envergure et reprendre des études de droit. Elle a beau assurer qu’elle sera rentrée pour le dîner, c’est non ! et il ne se prive pas de rappeler que c’est lui qui paye et qu’elle ne dispose pas d’argent personnel. Elle trouvera pourtant un moyen d’enfreindre ces interdits…

    La suite de la série nous montre comment les droits des femmes et leurs corps ne sont que des variables d’ajustement pour les partis politiques, qui évaluent si défendre les droits des femmes va leur attirer ou leur retirer des voix ; et n’ont aucune conviction particulière en la matière. 

    C’est ce dont Phyllis et sa principale rivale républicaine( de droite mais favorable à l’ERA) vont faire l’amère expérience lors de l’investiture de Reagan en 75/76…

    Phyllis Schlafly va donc être contrainte de se tourner vers des milieux protestants évangélistes, des groupes de plus en plus sectaires, pour tenter d’avoir des appuis.

    Mais en 1982, on peut considérer qu’elle a gagné : seuls 33 états ont ratifié l’ E.RA.

    Et les mouvements « pro- vie » n’ont cessé de prendre de l’ampleur.

    Sans surprise, Mrs Schlafly avait assuré Donald Trump de son soutien.

     

    La série « Mrs America » a le mérite de nous embarquer dans les combats des américaines.

    Nous y voyons aussi Betty Friedan et Gloria Stenheim, principales fondatrices du féminisme américain, aussi bien théorique qu’activiste. Elles n’ont eu de cesse d’agir pour mettre au jour l’oppression des femmes en tant que fait politique ; tandis que Phyllis Schlafly martelait que les problèmes que pouvaient rencontrer les femmes n’étaient que « personnels », ce qui est le leitmotiv de tous les conservateurs afin de les isoler et les faire culpabiliser de ne pas assez bien « réussir «  leur vie au lieu de s’unir.

     

    L’Europe n’a pas connu de mouvements spectaculairement anti-féministes.

    Suite à deux guerres, à l’occupation d’une partie de l’Europe par les troupes allemandes, les femmes ont non seulement fait marcher leur pays, mais aussi résisté avec honneur et courage.

    En France, c’est la participation des femmes à la Résistance qui a incité le général de Gaulle à juger indispensable de leur accorder (enfin !) le droit de vote.

    Un droit pourtant obtenu par les américaines dés 1918..

    A l’occasion de la commémoration du 8 mai 45, je lisais l’autre jour que Cécile Rol-Tanguy, décédée ce même jour à l’âge de 101 ans, transportait des armes dans le landau de sa fille.

    Il est évident qu’un tel modèle ne pouvait laisser trop de place à l’idéologie de la mère au foyer ! Les femmes communistes, assez nombreuses, ont contribué à un modèle de femme à la fois travailleuse et mère de famille, égale de son conjoint. 

    Car la « mère au foyer » est une idéologie, et assez rarement un véritable choix des femmes, qui en France s’y résignaient souvent par manque de mode de garde pour leurs enfants.

     Mais il s’agissait de reconstruire le pays, et nombreuses furent les entreprises publiques et privées qui dés 45 ouvrirent des crèches et garderies. L’innovation de l’école maternelle suivit : l’arrivée massive des femmes sur le marché du travail rendait ces structures indispensables.
    Le taux d’activité des femmes, de 45% des femmes en 1945, monta à 60% d’entre elles en 1974, puis à 70% en 1994 (dont 54,7% des mères de 3 enfants !) enfin à 80% en 2013…

    Les Etats Unis ont la réputation (méritée hélas) d’avoir la politique familiale la plus hostile de tous les pays développés : le congé de maternité (12 semaines) n’existe que depuis peu, et seulement pour les entreprises de + de 50 salariées ; il n’y a aucune structure de garde collective pour les enfants de moins de 5 ans, âge où commence l’école.

    Si les femmes avaient bien occupé les 38% de postes laissés vacants par les hommes mobilisés à partir de 1941, ceux çi voulaient retrouver leur place, et les autorités américaines embauchèrent des publicistes pour une intense propagande en faveur de la mère au foyer. Malheureusement, elle fut aussi largement dégradante et infériorisante pour l’ensemble des femmes, présentées comme des poupées écervelées incapables de réfléchir.

    Une propagande qui n’aurait pas marché en Europe, même si cette image a tenté de percer chez certains publicistes avec l’arrivée de l’électro ménager…

    Mais nul(le) n’aurait jamais défendu dans les pays européens les « privilèges » des femmes au foyer, dont on a plutôt évoqué la « fonction » ou le «travail à la maison».

    Et si une législation restrictive subordonnait jusqu’en 1965 le travail de l’épouse à l’autorisation du mari, on ne rencontrait quasiment pas d’hommes qui s’y opposaient, raison de la désuétude puis de l’abrogation de la loi.

    Non, en France il n’existe pas d’égérie de l’anti-féminisme.

    Mais les anti-féministes se retrouvent souvent chez les catholiques. 

    Pourquoi, comment ?  ce sera l’objet d’un nouvel article.

    En attendant, aux USA le fameux ERA a enfin été ratifié par 38 états. Il en manquait encore 3 : en 2017 le Nevada ; puis l’Illinois en 2018, fief de Phyllis Schlafly ; le dernier en janvier 2020, fut la Virginie.

    Cependant les anti-féministes ne désarment pas, et disent qu’il est trop tard, la date-butoir étant dépassée. Mais aucun autre amendement n’a été soumis à une telle clause.

    Clause spécifique dès qu’il s’agit d’égalité ? 

    A suivre , donc…

     

    Michelle. C. DROUAULT
     

     


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  • Deux cent à trois cent enfants français de « djihadistes » présumés sont actuellement toujours retenus dans des camps de rétention en Irak ou au Kurdistan irakien.

    Les conditions de vie y sont extrêmement dures au point de vue sanitaire, et ils ne peuvent y recevoir aucune éducation.
     Leur retour aurait été préparé par le gouvernement français, puis annulé au dernier moment pour des raisons qu’il est impossible de connaître.

    Selon certains média, l’hostilité de l’opinion publique au rapatriement de ces enfants-dont une majorité a moins de 6 ans - serait à l’origine de ce volte-face de dernier instant ? 

    Un revirement dont les conséquences se mesurent à l’aide des trois exemples qui suivent :

     

    Récemment , la chaine France 5 a diffusé un reportage exceptionnel de deux journalistes 

    (Sophie Parmentier et Helène Liam Hung) sur le sort de ces enfants, et la réalité de leur situation et de celle de leurs familles.

    Deux couples de grand parents y sont interviewés :

    Suzanne et Marc : en 2015, leurs enfants, un jeune couple accompagné de leurs deux fils de 5 ans 1/2 et 1 an, rejoignent Daesh en Syrie après des vacances en Italie.

    En 2017, réalisant qu’ils ont fait une erreur, ils parviennent à s’échapper. Mais ils sont faits prisonniers par les Kurdes.

    Le père (fils de Suzanne et Marc) est transféré en Irak pour y être jugé. Nous apprendrons qu’il a été condamné à mort. Leur belle-fille est internée avec les enfants au camp de Roj.

    C’est une région où il peut faire 50° l’été et O° l’hiver. On y loge sous des tentes sans aucun confort. L’ainé des enfants, Amid, souffre beaucoup de ne plus aller à l’école ; le second est souvent malade. Cette situation dure depuis deux ans et demi. 

    Les grand parents ont demandé avec insistance le rapatriement des enfants, sans succès.

    L’expédition annulée de 2018, dont ils devaient faire partie, les a désespérés.

    Ils ont alors décidé de partir les voir en Irak, apportant vêtements chauds et médicaments.

    Suzanne et Marc n’ont pu voir leurs petits enfants que dix minutes à peine à travers un grillage, pour des raisons incompréhensibles , puisque les familles d’autres nationalités ont été autorisées à pénétrer dans le camp.

    Depuis, ils continuent à se battre sans relâche pour que la France n’oublie pas Amid et son petit frère. Enfants français, ils jouissent pourtant des mêmes droits que les autres. L’école est dorénavant obligatoire en France à partir de 3 ans, mais pas pour eux…

     

    Lydie et Patrice sont en deuil. Leur fille Julie est morte en Syrie avec son nouveau-né après avoir accouché seule dans un camp avec l’aide d’une voisine, laissant 3 autres orphelins.

    Le père est en prison en Irak.

    Après un combat de chaque jour pour le rapatriement de leurs trois petits enfants, les grands parents ont enfin obtenu gain de cause : ils ont atterri sur le sol français. Après une nécessaire période d’observation et de soins à l’hôpital, les enfants ont été placés en famille d’accueil, et n’ont pu faire la connaissance de Lydie et Patrice qu’au bout de sept longs mois.

    Pendant cette période, les grands parents ont du subir tests et entretiens. Tests ADN pour déterminer leur légitimité, entretiens poussés, qu’ils ont visiblement vécus comme douloureux et assez intrusifs : ils ont du évoquer l’enfance et l’éducation de leur fille décédée…

    A présent, les enfants vont bien, et fréquentent l’école. Ils demeurent cependant en famille d’accueil. (heureusement la fratrie n’a pas été séparée) Leurs grand parents les voient les week- ends, mais n’en ont toujours pas la garde, qu’ils ont demandée par voie judiciaire.

    Ils espèrent…

     

    Enfin, Gladys, rapatriée avec ses deux fils, en a été séparée immédiatement pour être incarcérée tandis qu’ils étaient placés dans deux familles d’accueil différentes, malgré la présence de grands parents.

    Libérée sous contrôle judiciaire, elle attend son procès, et a été autorisée progressivement à revoir ses enfants lors de visites encadrées, puis à les héberger un week-end sur deux et la moitié des congés scolaires. Mais elle court le risque d’être incarcérée à nouveau à l’issue du procès. Gladys était partie à 19 ans rejoindre en Syrie un mari rencontré et épousé sur internet.

    Elle dit se rendre compte de son erreur et espère qu’on tiendra compte de sa volonté de réinsertion.

     

    Ces récits tragiques posent un certain nombre d’interrogations.

    Le reportage s’intitule à juste titre « les enfants du soupçon ». De quoi en effet a-t-on peur ?

    Peut on supposer sérieusement que des enfants de six mois à six ans aient pu être endoctrinés ? Traumatisés par la guerre dans laquelle ils sont nés, pour la plus part, oui !

    Les psychologues qui les suivent confirment que certains sursautent encore au moindre bruit.

    Ils confirment également qu’au milieu de ce chaos, leur seule figure d’attachement solide a été leur mère. Néanmoins, même lorsque celle-ci est libre, on les prive d’elle au quotidien, retardant sans doute leur possibilité de se reconstruire. Lorsqu’il y a des grands parents, ce n’est qu’au bout de plusieurs mois qu’ils peuvent rencontrer ces personnes aimantes qui pourraient les soutenir, alors qu’ils sont en situation d’orphelins.  Pourquoi ?

    La suspicion semble porter , au delà de toute raison, autant sur de jeunes enfants innocents que sur des grand parents désemparés devant les choix ou l’embrigadement de leurs enfants.

    La vision de ce reportage laisse l’impression poignante que les pouvoirs publics croient les enfants « contaminés » par quelque chose, et les grands parents vaguement coupables d’avoir mal élevés leurs enfants ou d’avoir été complices de leur départ.

    La dimension d’embrigadement sectaire de personnes très jeunes (qui auraient été encore mineures voici 40 ans) ne pourrait elle être envisagée avec plus de discernement ?

    Un point crucial demeure : les mères qui ont eu trois à quatre enfants en quelques années ont elles pu être des combattantes ? quel a été leur rôle exactement ? Dans son ouvrage « Le jihadisme français, quartiers, Syrie, prisons »* Hugo Micheron explique après enquête que l’idéologie de Daesh repose sur le contrôle des femmes, regroupées dans des appartements à l’écart des combats et vouées à la procréation. Leur activisme est proscrit. Et même puni… Mais ce confinement même les aurait empêchées de réaliser l’horreur des actes commis par leurs époux (et rendues plus résistantes à une « déradicalisation » mentale ?)

    Toutes ces questions sont très difficiles. Mais méritent d’être posées. Au grand jour. Ainsi l’ « opinion publique » pourrait avoir une vision claire du problème, et non des fantasmes..

     

    Il n’est en tout cas pas acceptables que des enfants majoritairement d’âge maternel et citoyens français, demeurent au risque de leur santé et de leur vie dans des camps d’internement.

    Avons nous donc perdu la mémoire ?

    La situation de ces enfants correspond aux critères de signalement d’enfants en danger : leur santé, leur éducation, leur moralité sont gravement compromis si ils restent en rétention.

    Plusieurs pédopsychiatres de renom (Rufo, Hefez) ont plaidé publiquement pour leur retour, réfutant une méfiance qu’ils jugent absurde, et le qualificatif de « bombes à retardement » Si leur cerveau est si malléable, disent-ils, il l’est aussi dans l’autre sens et il sera aisé de leur montrer d’autres valeurs, surtout si elles s’accompagnent d’un mode de vie sécurisant.

    Ces enfants ne peuvent devenir des « bombes à retardement » que s’ils ont en grandissant, eux, un autre soupçon : que la France, leur pays , les a abandonnés…

     

    Michelle. C. DROUAULT

     

    * Editions Gallimard, parution récente
     

     

     

     

     

     


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  • On ne peut rester insensible aux polémiques hystérisantes sur le « voile » et l’Islam qui ont agité la France ces dernières semaines.
    Il est permis de les croire propices à détourner le regard des problématiques de santé, d’emploi et de chômage, de retraites, d’ailleurs énoncées comme les premières préoccupations des français.
    Ces polémiques se sont dégonflées toutes seules : non, la mère de famille « voilée » prise à partie par un élu du RN alors qu’elle accompagnait une sortie éducative n’était proche d’aucune association fondamentaliste ; non elle n’aurait pu « faire un coup monté », n’étant initialement pas prévue pour cette sortie, et sollicitée en dernière minute en remplacement d’une personne empêchée…
    De même, l’invectiver au nom des victimes du tueur de la Préfecture, étiqueté « terroriste » avant même les résultats de l’enquête, était une erreur à double titre.
    D’une part, la loi de 1905 est très claire : seuls les fonctionnaires de l’Etat sont tenus à la neutralité, PAS les citoyens qui conservent leur pleine liberté de conscience et de manifestation de leur croyance/non croyance dans l’espace public. N’étant pas agent de l’Etat, mais simple parent d’élève accompagnateur, la dame était dans son droit le plus strict en gardant son voile.*
    D’autre part, outre que le lien systématique entre terrorisme et voile est aussi absurde que discriminatoire, il s’est avéré après enquête que Michael Harpon, l’employé de la Préfecture de Paris qui a tué 4 de ses collègues, souffrait de troubles psychiatriques profonds dont on n’avait pas pris la mesure, et n’était lui non plus lié à AUCUNE organisation terroriste.
    Le fantasme de la musulmane voilée liée à l’Islam politique, symbole indécent de l’attentat d’un terroriste sbire de Daesh, s’est donc totalement démenti .
    Mais avant que ces éléments ne deviennent des certitudes, les media ont tendu un micro à tous ceux qui souhaitaient s’exprimer sur le sujet, les plus empressés étant ceux qui font d’habitude leur fonds de commerce des phobies xénophobes . D’autres ont obéi à des peurs irrationnelles bien entretenues. Bref, il s’en est suivi le déversement d’un flot de haine contre les musulmans encore jamais vu ni entendu,  triste frère  des caricatures du Juif publiées dans « Je suis Partout ».
    Le magasine « Télérama » a relevé les discours obsessionnels de certains média sur « Islam et islamisme ; communautarisme et islamisme ; islamisme et terrorisme » et un florilège d’assertions aussi alarmistes que mal documentées.
    Jusqu’à ce que le résultat de ces logorrhées ne s’incarne dans l’acte d’un homme à l’esprit certes fragile, mais aussi ancien élu d’un parti d’extrême droite : deux vieillards ont été grièvement blessés par balles dans l’attaque contre une mosquée à Bayonne, mosquée à laquelle l’agresseur avait voulu mettre le feu…
    Souffler verbalement sur les braises de la haine n’est pas sans risques : les mots blessent et tuent.
    N’est ce pas notre devoir à nous chrétiens de le redire ?
    J’ai été abasourdie par le nombre de personnalités qui ont proposé des mesures liberticides pour tous les citoyens ( revenir sur la loi de 1905, et interdire tous les signes religieux dans l’espace public !) ainsi que par le manque de fondements de propos fantaisistes, contredits par toutes les statistiques et rapports sérieux :non, il n’y a pas plus de filles que de garçons « déscolarisés », ce serait plutôt le contraire les filles étant plus assidues aux études ; non nul n’avait vu de garçonnets réticents à tenir la main des filles… Les problèmes à l’école, ce sont la violence de certains élèves(plusieurs agressions mortelles ont eu lieu devant des établissements scolaires récemment), le manque de moyens, et le burn-out des enseignants (une directrice d’école s’est suicidée le mois dernier) Donc parfois des questions de vie ou de mort.
    Est ce que les pourfendeurs de signes religieux dans l’espace public se rendent compte que cet espace n’est pas neutre ? qu’il comporte de multiples signes voyants du christianisme, religion d’Etat en France durant des siècles ? Un des plus manifestes étant Notre Dame de Paris, dont l’incendie et la destruction partielle ont causé tant d’émoi, montrant bien notre attachement à tous à un patrimoine de culture chrétienne…
    Eglises, basiliques, cathédrales, monastères, se dressent partout. Les œuvres d’art qu’on emmène les enfants voir sont pour beaucoup inspirées  de récits bibliques ou évangéliques.
    Mais on voudrait imposer aux personnes d’autres confessions qui vivent dans ce contexte de changer leurs codes vestimentaires parce qu’ils sont trop voyants ?? Campés devant une cathédrale, nous irions enjoindre à une femme de « cacher ce voile que nous ne saurions voir » ? Faudrait il aussi interdire aux bouddhistes de se raser la tête et de porter la toge rouge ? une dirigeante de parti a même envisagé de demander aux hommes juifs de « faire le sacrifice «  de leur kippa, ne voyant pas l’indécence de parler aux juifs de sacrifice ; ils ont, je crois déjà donné…
    Tout cela est absurde, persécuteur, et ne permet en aucun cas de vivre ensemble.
    Ajoutons que la droite anticommuniste ferait bien de se souvenir que cette élimination de la religion de l’espace public a été la politique du bloc de l’Est pendant des décennies…
    Il faut se faire à l’idée que la France initialement catholique et très intolérante vis à vis des protestants et des Juifs, a fini par se forger une identité avec eux, puis avec les juifs séfarades et les musulmans venus d’Afrique du Nord après la décolonisation.
    Enrico Macias et Zinedinne Zidane sont aussi français que Catherine Deneuve.
    Et le terrorisme ? diront certains. Le terrorisme existe et il doit être combattu. D’où qu’il vienne. Mais pas par des amalgames qui ne servent que le désir de clivage de la population de leurs auteurs. Nous savons bien que le terrorisme islamiste se RÉCLAME de l’Islam, qu’il défigure, et n’a rien à voir avec les millions de croyants paisibles, d’ailleurs premières victimes des attentats en Afghanistan, en Irak, en Syrie ; leur nombre est considérable.
    Les suprémacistes blancs du KU KLUX KLAN se réclamaient entre autres du protestantisme pour tuer des Noirs, des Juifs, et agresser le catholicisme des Italiens et des Irlandais.
    Ils ont vraisemblablement contribué au meurtre d’un pasteur protestant noir, Martin Luther King. Mais personne n’a songé à stigmatiser le protestantisme et ses fidèles aux USA à la suite de ces exactions. Pourquoi ? parce qu’il était majoritaire. L’Islam reste une minorité, même si elle est conséquente. Il s’agit encore et toujours, de rapports politiques de domination.
    Derrière les multiples injonctions faites aux citoyens musulmans, comment ne pas voir le spectre malsain du colonialisme ? On conserverait encore le droit de dicter à ces populations autrefois dites « indigènes » et à leurs descendants, leur conduite et leur tenue….
    Le musulmans  sont bien honnêtes de ne pas s’inquiéter publiquement de la persistance des aumôneries dans les lycées, alors que le scandale des agressions pédophiles par des prêtres catholiques défraie la chronique. Ils le pourraient. Ils ne se plaignent pas non plus des cloches, des processions persistantes dans les villages, ou des « prières de rue » des intégristes catholiques anti-IVG  avec des photos truquées traumatisantes.  De l’Armée du Salut et de ses orchestres (on en voit moins), des Témoins de Jéhovah qui sonnent aux portes…

    Tout ce qu’ils demandent, c’est qu’on les laisse tranquilles.
    Un sondage effectué AVANT l’attaque de la Préfecture par la DILCRAH et la Fondation Jean Jaurés, et publié dans « Le Monde » indique que 42% des musulmans interrogés ont déclaré avoir souffert de discrimination dans l’emploi ; la recherche ou l’attribution d’un logement ; la santé, les contrôles d’identité. Les femmes 2 fois plus que les hommes.
    C’est affligeant.
    Lorsque 42% d’une catégorie de personnes ciblées déclarent souffrir de ségrégation, il s’agit d’une pratique, pas d’une exception.
    Le christianisme est par essence inclusif. Nous ne pouvons tolérer d’exclure personne ; nous ne pouvons tolérer qu’on s’en prenne à nos sœurs, à nos frères, par peur ou par calcul politicien.
    L’historien Gérard Noiriel a publié récemment « Le Venin dans la Plume » un essai qui montre la similitude entre les discours d’Edouard Drumont  dans « la France Juive », et ceux du polémiste contemporain Zemmour sur les musulmans et le soi-disant « grand remplacement ». Cet ouvrage nous ramène à ce que ces alarmes ont de fantasmatique : la France n’est jamais devenue « juive » mais 6 millions d’entre eux ont péri dans les camps nazis…
    Alors, puissions nous chrétiens essayer de verser « du baume dans la plume » au lieu de souffler sur le feu…

    Michelle. C. DROUAULT


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  • C’est avec satisfaction et un certain soulagement que nous avons vu rejeter voici quelques jours l’amendement à la loi de bioéthique permettant l’inscription à l’état-civil français d’enfants nés d’une GPA pratiquée à l’étranger.

     

    Cette modification aurait permis de les inscrire comme issus de leur père(c’est en général avec ses gamètes qu’est pratiquée la GPA) ET de l’épouse du père, « mère d’intention », avec un effacement complet de la mère biologique.
     

    Certains parlementaires avaient évoqué assez rudement un « blanchiment » de la GPA.

    Outre qu’il s’agissait de reconnaître administrativement une pratique strictement interdite en France, l’introduction de la « mère d’intention » comme seule mère entrait en contradiction avec le droit français : celui-ci estime que la mère est celle qui accouche, point.

    Sauf en cas d’adoption pleinière, où il y a rectification de l’acte de naissance, ce qui est un processus différent.

    Ces enfants continueront donc à être déclarés comme ceux de leur père et de celle qui les a portés, puis ensuite adoptés par leur belle-mère, l’épouse de leur père. Pour les couples d’hommes, l’époux du père sera l’adoptant.

    Cette législation lisible et cohérente n’avait pas de raison d’être modifiée. Les enfants nés de GPA n’ont jamais été « sans papiers » comme on a pu le prétendre.

     

    On objectera que dans la PMA, est aussi reconnue comme mère l’épouse de la mère au titre de « mère d’intention ». C’est exact.  Et cela pose problème , car tôt ou tard , l’amendement repoussé reviendra sur la table au motif de  « l’égalité » ; notre société ayant beaucoup de peine à comprendre que l’égalité n’est pas la similarité.

    L’intention n’est pas l’adoption. Elle ne peut à elle seule rendre parent. C’est ce que nous disons pour la GPA.

    S’agit il alors d’un décalque du principe juridique français  selon lequel est le père d’un enfant le mari de sa mère ? Le but étant à l’origine (code de 1804) dans certaines situations, de substituer à un père biologique défaillant, mineur, adultérin, ou « immontrable » car de classe sociale ou de rang inférieur, le père « social » qui léguera son patrimoine.

    Ce principe certes discutable, a permis de camoufler en connaissance de cause ou dans l’ignorance des intéressés, des liaisons réprouvées par les circonstances géopolitiques (guerres, occupations) ou sociales. Peut on le considérer encore d’actualité ? 

    En Europe, on ne jette plus guère l’opprobre sur les mères célibataires (encore que, l’hostilité à la PMA « pour toutes » ne tient elle pas à ce préjugé tenace ?) nous ne sommes plus en guerre et les classes sociales sont assez homogènes

    Mais surtout a-t-il une cohérence pour un couple de même sexe ?

    Quid de l’enfant si les parents se séparent ? Les mouvements féministes luttent à juste titre contre l’indifférenciation des parents lors des séparations, qui nie la relation spécifique d’un enfant à sa mère, et le pôle de sécurité qu’elle incarne. Parce que les parents sont deux femmes, la mère perdrait sa spécificité ? C’est parce qu’elle est celle qui a porté, échangé, donné naissance, allaité, que la mère représente pour l’enfant l’attachement le plus nécessaire ; pas juste parce qu’elle est une femme ! Les gardes partagées avec les « mères d’intention » risquent de s’avérer aussi problématiques…

     

    On peut interroger également cette notion contemporaine récurrente d’ « intention », qui devient prépondérante.

     Je l’ai déjà évoqué brièvement, dans certains pays anglo-saxons, il suffit de se déclarer « femme » de se sentir « femme » et d’avoir l’intention de se comporter comme telle, pour en être une.. Des personnes transgenre ont donc commencé à infiltrer tous les lieux dédiés aux femmes, (refuges, accueil) même lorsqu’ils avaient conservé leur anatomie masculine. D’où des dérapages inévitables, et la terreur des femmes, les « vraies ». Ces personnes ont également « raflé » toutes les premières places de compétition sportive féminine… Elles avaient « l’intention »  d’être femmes, mais gardaient leurs hormones mâles avec la force subséquente.

    Sommes nous dans la société du faux semblant ? du « faire comme si » ?

    Freud disait qu’on ne renonce jamais à un désir…

    Ainsi a été rejeté lors du vote de la même loi sur la bioéthique un amendement visant à permettre aux femmes transgenre s’étant « déclarées »  hommes, mais ayant conservé leur utérus, d’avoir accès elles aussi à la PMA.  La seule idée qu’un enfant puisse avoir une mère qui est socialement un homme pose un énorme problème de repères !!!

     

    Il est à noter que la notion d’ « intention » dépasse la sphère privée.

    On peut à présent être condamné(e) pour avoir eu l’ « intention » de commettre un acte terroriste. Cela peut sembler légitime.

    Mais qu’en est il de celui ou celle qui, ayant tout préparé , réalise l’horreur de ce qu’il va commettre et renonce ?

     

    Le monde moderne souvent nous déconcerte. Mais je continue à déplorer l’absence de débats contradictoires animés, riches , dans les respect les uns des autres, qui nous permettrait de poser tranquillement toutes ces questions sur la table. Sans postures partisanes. Et d’y voir plus clair, dans l’intérêt de ceux et celles qui bâtissent notre avenir : nos enfants et petits enfants.

     

     

     

    Michelle .C. DROUAULT

     


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  • Un projet de loi devrait permettre prochainement d’ouvrir la PMA (procréation médicalement assistée) à toutes les femmes, quelle que soit leur orientation de vie ou leur état marital.

     

    Devant de tels enjeux, qui concernent l’avenir de notre société, on note une désolante absence de véritable débat.

    D’une part un mouvement bien connu pour son opposition précédente au mariage « pour tous » se dresse contre « la PMA sans père », au nom de la paternité. De l’autre, les partisans de la loi, s’ils la saluent, estiment qu’elle ne va pas assez loin…

    Et tous ceux et celles qui s’interrogent sur des questions éthiques, philosophiques, humaines, semblent évincés, voire cloués au pilori.  Les rares débats médiatiques se réduisent souvent à des oppositions binaires, voire caricaturales.

     

    Or, des questions de fonds s’imposent :

    -Voulons nous vraiment, en généralisant ce procédé, dissocier la sexualité de la procréation ; les relations humaines de la création d’un être vivant ?

    Quelles seront les conséquences sur le psychisme des mères et le vécu des enfants ?

    - Est il légitime, comme le dit entre autres la philosophe S. Agazinski, « d’abandonner la logique médicale de lutte contre l’infertilité pour répondre à des demandes sociétales » ?

    -le remboursement d’une telle pratique ne relève pas du secteur de la santé ; n’est il pas choquant que la collectivité réponde à des besoins individuels alors que beaucoup de citoyens(et de citoyennes !) doivent encore renoncer à des soins pour prise en charge insuffisante ? A l’heure où on s’ingénie à trouver des moyens de gratuité des garnitures périodiques pour les femmes en précarité, où soins dentaires et lunettes peinent à être couverts ? Où l’Aide médicale d’Etat ne couvre que les soins d’urgence ?

    -Enfin, l’introduction de la notion de « parent d’intention »n’est elle pas dangereuse, et ne peut elle conduire à plus ou moins long terme à la légalisation de la GPA, pourtant à juste raison interdite en France ?

     

    Je n’ai pas la prétention d’apporter des réponses à ces questions. Mais elles méritent d’être posées. De même que les causes réelles, tant des oppositions farouches que des engouements sans réflexion, doivent trouver des tentatives d’analyse.

     

    Il n’est pas égal d’attendre un enfant issu du désir pour un homme, qu’il inclue un projet de couple ou soit le résultat d’une éphémère nuit d’ivresse ; d’espérer que le bébé ait les yeux ou le don pour la musique de la personne qu’on aime ou qu’on a apprécié quelques instants, que de choisir un donneur sur dossier. Il n’est pas égal d’avoir du plaisir au moment de la conception d’un enfant, ou d’avoir un embryon implanté lors d’un acte médical.

    Les femmes qui ont eu recours à la PMA pour des raisons d’infertilité de leur conjoint le savent bien.

    Et si le désir pour un homme est impossible ?
    C’est là que la question devient difficile et délicate. Car l’enfant étant une personne, il n’existe pas de « droit à l’enfant »…

     

    Il semble néanmoins que détracteurs comme promoteurs de la « PMA pour toutes » se trompent de combat.

    Les opposants qui crient « Liberté, égalité , paternité » cachent mal, derrière ce slogan leur véritable préoccupation : que des femmes puissent avoir des enfants sans le contrôle d’un homme leur est insupportable. C’est le modèle patriarcal de la famille qu’ils ressentent attaqué.  

    Si le code civil napoléonien de 1804 consacrant l’inégalité essentielle des époux et parents n’a été transformé qu’à partir de 1970 pour aboutir à l’autorité parentale conjointe , puis le divorce par consentement mutuel, la tentative de reprise en main des femmes a été très rapide. Suite à la conquête fondamentale de leur émancipation : la contraception et l’avortement légal, le contrôle exercé sur elles glissait peu à peu des doigts des dominants.

    C’est donc sous couvert de progressisme et d’égalitarisme que l’offensive a été menée pour être mieux acceptée : effacer les différences de statut entre les femmes mariées et les autres pour mieux les contrôler toutes. Tout homme a pu reconnaître un enfant sans l’aval de la mère ; et toute reconnaissance a donné à cet homme l’autorité parentale, même en l’absence de projet de vie avec elle et l’enfant. Notons qu’il n’en est pas ainsi dans beaucoup de pays d’Europe. En Allemagne, la mère doit consentir à la reconnaissance, et l’approuver comme exacte ; en Suède et en Italie, la mère qui ne vit pas avec le père de l’enfant garde seule l’autorité parentale, le père conservant un droit/devoir de surveillance et d’éducation.

     

    En France une femme ni mariée ni pacsée n’a absolument aucun lien juridique avec le père de ses enfants(c’est à eux, pas à elle, qu’il doit une pension alimentaire). Néanmoins les Juges aux Affaires Familiales ont pu être saisis de litiges de couples de concubins, dés lors qu’ils étaient parents…

    Et les enfants, seul lien possible, ont été instrumentalisés pour servir de moyens de contrôle.* 

    Des contentieux inadmissibles se sont installés autour d’enfants otages, parfois enlevés ou séquestrés par des pères(divorcés ou non) impuissants à empêcher une séparation, ou laisser une femme avoir une vie autonome.

    Assez vite, avoir un enfant avec un homme est devenu synonyme d’avoir un boulet, une chaine au pied, car le droit à l’erreur était payé trop cher : des femmes se sont vues assignées à résidence, privées de promotion professionnelle, harcelées, par des hommes avec qui elle n’avaient parfois jamais eu de projet de vie, « au nom de l’enfant ».

     Pour certaines , cela a signifié être en danger de mort avec leur enfant, ou mourir :

     les féminicides et infanticides représentent 25% du total des homicides. 82 femmes depuis Janvier 2019 ont été tuées par un conjoint , ex –conjoint ou partenaire dans un contexte de séparation. La moitié d’entre elles laisse des orphelins, parfois bébés. Certains enfants ont été tués par leur père avec leur mère ; ou dans le seul but de se venger de la mère( un accusé a récemment reconnu ce mobile).

     

    Faut il s’étonner que dans ce contexte, les femmes veuillent vivre en paix avec leurs enfants, et commencent à privilégier des modes de conception qui les délivrent de pareilles épées de Damoclès ? Non.

     

     

    Mais paradoxalement, les opposants principaux à la PMA sont aussi ceux qui ont le plus appuyé les mouvements de pères séparés réclamant toujours plus de coercition sur les femmes.

    Récoltent ils ce qu’ils ont semé… ?

     

    Du côté des promoteurs inconditionnels de la PMA, on brandit des études établissant que les enfants élevés dans des familles homoparentales n’allaient pas plus mal que les autres. Heureusement ! la capacité des personnes d’élever des enfants est absolument indépendante de leur orientation sexuelle, et deux femmes peuvent être de bons parents.

     La question n’est pas là. Par ailleurs, être élevé sans père présent au quotidien ne veut pas dire être privé de modèles masculins (grand père, oncle , parrain, etc).

    La question est que si la PMA est ouverte à toutes les femmes, on va fabriquer sciemment des enfants qui ne connaîtront pas leur filiation biologique. Or savoir d’où nous venons, où sont nés nos aïeux, leur histoire, tout cela est constitutif de notre personnalité, de notre sécurité intérieure, de notre sentiment d’appartenance . Les enfants nés par PMA dans un couple hétérosexuel et au courant de leur conception, recherchent presque tous leurs origines, car c’est une quête légitime que de savoir quelle combinaison génétique a produit l’être unique que nous sommes. La fiction de parenté offerte aux enfants de couples de femmes sera purement sociale(la compagne de la mère) Ceux nés de mères célibataires n’auront pas de possibilité de recherche en paternité, seulement de connaissance de l’identité (s’il accepte) ou des caractéristiques de leur donneur. Comment se sentiront ils lorsqu’ils deviendront parents à leur tour ? 

    Leurs enfants n’auront de grand parents que d’un seul côté, ou des grand parents « d’intention ». Feront ils une différence avec leurs petits-enfants « biologiques » ? Nous n’en savons rien.

    Ces parentalités « d’intention » posent un énorme problème : suffit t-il de se vouloir ou se déclarer parent pour l’être ? c’est le modèle de la GPA : substituer à la mère qui a porté l’enfant et lui a donné naissance une mère « d’intention »(il est à noter que le père , lui, ne saurait être intentionnel, et que c’est avec ses gamètes-donc sa marque de fabrique-que l’enfant est conçu, puis il devient le père social dans une continuité rassurante..)

    Cette mère d’intention n’a aucun lien, biologique ou charnel, avec l’enfant, tout comme l’épouse ou la compagne de mères lesbiennes ayant conçu un enfant par PMA.*2

    Il ne s’agit donc pas ici de vie quotidienne et d’éducation, mais de filiation et de transmission.

    Cela mérite réflexion, débats, controverses, prudence.

    Il n’en est rien. Invectives et apostrophes continuent à pleuvoir dans un vide abyssal de pensée.

    D’autres questions surgissent : la PMA implique des traitements hormonaux massifs. Quels risques pour la santé des femmes ? Elle inclut des matériaux techniques sophistiqués et coûteux. Qui a intérêt à mettre ces produits sur le marché ?

    Enfin , du point de vue idéologique, certaines femmes ont fait remarquer combien l’accès aux soins était en ce moment problématique : hôpitaux en grève, urgences saturées, maternités fermées. Elles ont fait observer que le féminisme n’avait de valeur que s’il proposait l’émancipation et le bien-être de TOUTES les femmes, pas la satisfaction d’une demande minoritaire.  A laquelle on ne pourrait répondre qu’en tant que cerise sur le gâteau, une fois la santé de la majorité des femmes assurée. Ce qui est loin d’être le cas actuellement.

    Est il plus facile aux pouvoirs publics de satisfaire cette demande que de réformer le système de soins, et le système judiciaire, afin que la vie des femmes cesse d’être une lutte permanente ?

    Encore une fois, je ne fais que m’interroger.

    Les commentaires seront ici les bienvenus…

     

     Michelle. C. DROUAULT

     

     Notes

     

    * 1 C’est le sujet du film brillant de Xavier Legrand : « Jusqu’à la garde ».

    *2 On ne peut s’empêcher de penser au « changement de sexe déclaratif » proposé dans certains pays anglo-saxons : il suffirait de se vouloir femme pour l’être…ainsi certains hommes se sont ils introduits dans des espaces réservés aux femmes pour leur sécurité, avec cet argument de l’intention et du ressenti d’être une femme : résultats, violences et tentatives de viol, ces personnes étaient restées biologiquement des hommes…

     

    -

     


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  • Le décès d’une jeune hollandaise de 17 ans a fait couler beaucoup d’encre la semaine dernière, et provoqué les rumeurs les plus folles :la jeune fille aurait été « euthanasiée »,  comme la législation des  Pays-Bas l’autorise sous certaines conditions.

     

    Il n’en est rien ; et le sujet ici n’est pas l’euthanasie, mais la surdité-volontaire ou non- de la majorité des sociétés sur les conséquences des violences sexuelles subies par les enfants et les femmes.
     

     

    NOA POTHOVEN avait 17 ans.
     

    A 11 ans, elle avait été victime d’agression sexuelle ; puis à 14 ans, elle avait subi successivement deux viols.

    Nous ne savons rien des éventuelles procédures judiciaires et de leurs résultats.
    Mais cette agression et ces crimes avaient conduit la jeune fille à un état de dépression sévère et un syndrome post traumatique, qui avaient nécessité une douzaine d’hospitalisations en quelques années.

    Les traitements n’avaient pas donné les résultats escomptés, et Noa vivait une situation de souffrance psychique et morale qu’elle décrivait comme insoutenable.

    Elle avait d’ailleurs publié un livre pour décrire ses souffrances. Sans pour autant parvenir à s’en délivrer.

    « la vie m’est insupportable » écrivait elle récemment.

    La cause précise du décès de Noa est qu’elle avait cessé de manger et de boire pour se laisser mourir, refusant qu’on l’alimentât de force. (la rumeur d’une euthanasie est due à une démarche antérieure de sa part auprès d’une clinique la pratiquant, qui lui avait opposé un refus)

    Plusieurs questions s’avèrent pertinentes :

    Âgée de 17 ans, Noa était mineure, donc légalement une enfant. Ses parents avaient par conséquent la possibilité d’exiger à sa place une alimentation artificielle.

    Ils ne l’ont pas fait, et il est hors de question de les juger. Mais Noa ne semble pas avoir été traitée en mineure, c’est à dire en personne devant être protégée y compris d’elle-même, et du poids d’avoir des décisions à prendre.

    On peut aussi s’interroger sur les motifs du médecin qui a donné son accord à cette solution ultime :le serment d’Hippocrate n’enjoint il pas de chercher à soigner les patients , et sauver leur vie avant tout, surtout lorsqu’il s’agit d’enfants ?

    Le mal était il incurable ?

    Toutes les recherches , à présent mieux connues, sur le syndrome post traumatique et les violences, expliquent que l’agresseur « colonise «  le cerveau de la victime, et que celle-çi se voit alors avec les yeux de son agresseur : dévalorisée, objetivée, et ne méritant pas de vivre.

    Et cette volonté de l’agresseur de la détruire, elle la retourne contre elle-même.

    Il n’est donc pas étonnant que Noa ait perdu l’envie de vivre, comme elle l’a hélas répété plusieurs fois avant sa mort.

    Ces explications scientifiques étaient elles suffisantes pour éviter de « prendre au pied de la lettre » sa volonté d’en finir ? A-t-elle suivi des thérapies spécialisées ?

    Nous ne le savons pas.

    La résignation des parents de Noa interroge autant que l’obstination désespérée de ceux de Vincent Lambert…

     

    Cette mort injuste n’est elle pas le résultat des errements d’une société incapable de protéger les enfants, les filles et les femmes, des prédateurs sexuels ?

    Quand ils sont enfin jugés, les criminels sexuels et pédocriminels sont condamnés à des peines qui peuvent paraitre dérisoires. Il arrive qu’ils soient libérés pour « bonne conduite » et récidivent.

    Les dénis massifs devant le mouvement « MeToo » ; les atermoiements de l’Eglise catholique devant la pédophilie qui la gangrène ; les procès en diffamation envers les victimes qui osent parler, sont la preuve que les sociétés européennes (et nord américaines), malgré leur progressisme affiché, protègent les violeurs, et non pas les violé(e)s !

    La terrible impuissance qui consiste à dire que la victime »n’a plus qu’à mourir », révolte.

    Car alors, c’est l’agresseur qui a gagné ; sa victoire est complète ! Il avait détruit le corps et le psychisme de sa victime, il détruit son âme, il fait imploser sa famille démunie.

    Et si c’est un pervers, il en jouit.

    Tous ceux qui ont travaillé en hôpital auprès d’adolescents et jeunes adultes, et ont été en contact avec des rescapés du suicide peuvent témoigner d’une chose : une fois sauvés et leurs esprits retrouvés, la plus part regrettent leur geste, estimé vain et insensé.

    Les suicides par médicaments peuvent « griller » les cellules du foie, la seule solution reste la greffe, ce qui est un long parcours. Les défenestrations provoquent des fractures multiples, qui nécessitent de nombreuses opérations.

    Heureusement, ils mesurent qu’ils ont la vie devant eux..

    Si Noa avait été soignée de manière adéquate, en serait elle arrivée à ces conclusions ? c’est impossible à dire.

    Néanmoins, les souffrances telles que celles de Noa sont évitables.

    Au premier chef, en établissant dans tous les pays des programmes de prévention des agressions sexuelles, et de ce que l’on appelle la « culture du viol » c’est à dire la permissivité morale dont jouissent les agresseurs. Cela passe par l’éducation, et des campagnes publiques et médiatiques.

    En créant les conditions d’une judiciarisation adéquate, qui pose clairement l’interdit.

    Or en France , nous sommes toujours abasourdis et choqués que, malgré des demandes réitérées des citoyens, de certains parlementaires, et des groupes de défense des mères et des enfants, il n’existe TOUJOURS PAS de seuil d’âge de consentement à un acte sexuel, comme dans les autres pays d’Europe(il varie alors de 12 à 16 ans). Plusieurs enfants, entre 9 et 12 ans( !!!) ont récemment été jugés « consentants par défaut » en France.. Alors que la Grèce vient de promulguer une loi déclarant que tout acte sexuel non consenti est un viol.

    Enfin, si une prise en charge psychologique est systématiquement proposée en cas d’attentat ; si des cellules psychologiques sont facilement mises en place en cas d’évènements traumatisants touchant une collectivité, qu’en est il des victimes d’agression sexuelle, quel que soit leur âge ?

    La docteure Muriel Salmona, spécialiste du syndrome post traumatique, estime que depuis presque 30 ans, on sait traiter les conséquences psycho traumatiques des violences.

    Mais ce n’est pas enseigné dans les facultés de médecine ! Seuls les médecins et médecins psychiatres des Armées sont formés à cette discipline.

    Selon Mme Salmona, ces lacunes sont un véritable scandale de santé publique.

    Car non soignés, ces troubles provoquent dépressions, addictions, anorexie, boulimie, crises d’angoisse, scarifications, tentatives de suicides. Et suicides « réussis ».

    On se préoccupe à juste titre de la généralisation des vaccins, la santé mentale n’est pas une option facultative !

    Qu’attendent les sociétés européennes (et les autres dans le monde !) pour mettre en place des politiques ambitieuses de soins aux victimes ?

    Au lieu de cela, il n’est pas de semaine sans que l’on entende fustiger la soi-disant « psychologie victimaire » de celles et ceux qui dénoncent sans relâche une situation indigne des sociétés démocratiques modernes : la tolérance du statut de proies potentielles pour les femmes et les enfants.

    Ce n’est pas une fatalité. Juste un enjeu crucial pour l’avenir.

     

    Michelle. C. DROUAULT
     

     

     

     


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  • « le Silence des Autres » est un film documentaire sur la loi d’amnistie promulguée en 1977 en Espagne, deux ans après la mort de Franco, et ses conséquences.

     

    En effet , si la fin de la dictature et le retour progressif à la démocratie ont impliqué que sortent de prison les détenus politiques, arrêtés pour simple délit d’opinion, les Cortès(Parlement) ont ajouté un deuxième volet à la loi : l’amnistie AUSSI pour les anciens dirigeants, policiers et militaires  de l’ancien régime. Une « Amnistie générale » destinée à « faire taire les rancoeurs » et provoquer « l’oubli » de cette période sombre, qui a tout de même duré plus de 40 ans…
     

     Or ce vocabulaire, qui n’est pas anodin, est en complet décalage avec la réalité : en 1936/39 suite à la Guerre Civile espagnole, où les Républicains ont combattu avec courage les troupes de Franco qui préparaient un putsch militaire, des milliers de personnes ont été arrêtées, détenues, torturées, éliminées, parfois lors de meurtres collectifs ; et la répression du régime franquiste installé s’est poursuivie régulièrement jusqu’en 1975, forçant des millions d’espagnols à l’exil.

     

     Si la « rancœur » peut concerner des conflits de voisinage, et « l’oubli » des fautes mineures, il ne peut en être question pour des crimes contre l’humanité !

    Nous savons que demander à des victimes l’oubli est une violence supplémentaire insupportable.

    Ce documentaire est le récit du combat contre l’oubli de tous ceux qui n’ont jamais obtenu justice pour eux mêmes ou leur proches décédés.

     

    Trois figures sont marquantes :

     Marià, dont la mère fut arrêtée et tuée par les franquistes dans son village quand elle n’avait que 6 ans, n’a jamais pu récupérer sa dépouille pour l’enterrer décemment. Tous les ans elle fleurit les bords de l’autoroute bétonnée qui recouvre maintenant le charnier. Ses multiples démarches auprès des autorités n’ont eu aucun succès.

     

    Un homme d’une soixantaine d’années à Madrid s’est aperçu qu’il vivait dans la même rue que son ancien tortionnaire « Billy el Nino », tristement célèbre personnage, pourtant jamais inquiété en vertu de cette loi d’amnistie.

     

    Enfin, voici 28 ans, bien après la fin du franquisme, une femme a été victime d’une pratique qui a perduré avec la complicité de l’Eglise catholique espagnole : célibataire, on lui a fait croire que son bébé était mort, pour le faire adopter clandestinement par un couple. Elle recherche son enfant.

    Pour contourner la loi d’amnistie dans leur pays, et faire traduire en justice ceux qu’ils considèrent coupables de crimes contre l’humanité ;pour récupérer et ensevelir dignement leurs morts, toutes ces personnes se battent avec l’aide d’une juge argentine, prête à requérir contre eux. Mais elle se heurte au silence et aux refus de l’Espagne, son action est entravée.

     

    Ce documentaire éprouvant montre l’onde de choc que constitue la violence à la fois pour els intéressés et les générations suivantes. Il nous dit que les propos lénifiants sur « l’oubli » se heurtent à notre soif légitime de justice et de vérité. Une soif insatiable.

     

    Le système a bien fonctionné : interrogés par un journaliste , des jeunes espagnols d’une vingtaine d’années disent tout ignorer des années noires du franquisme et de l’amnistie mortifère.

    Ici en France, malgré tous les efforts faits, 21% des 18/24 ans disent n’avoir pas entendu parler du génocide des Juifs…

     

    Alors, écrivons, sans relâche, contre l’oubli ; informons les jeunes, dans l’espoir que tous ces crimes soient les derniers et ne se reproduisent jamais.

     

    Michelle. C. DROUAULT
     

     Nota : pour les parisiens, le film passe au cinéma l’Arlequin…

     

     

     


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  •  

     J’aurais aimé ne pas écrire ceci à l’occasion du 8 mars.

     

    J’aurais aimé écrire sur du festif, de l’optimiste( la marée humaine des femmes espagnoles  vendredi dernier) vous montrer des ballons multicolores, vous faire entendre des chants enthousiastes…comme à l’origine de la reconnaissance visible de ce jour en France, le 8 mars 1982. Un jour inoubliable.

    Mais voilà, ces belles images ont été submergées par la colère et la tristesse devant l’actualité :

     

    Au scandale de l’impunité des prêtres pédophiles-ou plutôt pédocriminels- médiatisé en France par le remarquable film de François Ozon »Grâce à Dieu », vient à présent s’ajouter  la révélation d’autres crimes aussi révoltants : les agressions sexuelles et viols de religieuses par des prêtres, perpétrés en Europe, en Amérique du Nord et en Afrique, depuis plusieurs décennies.

     

    Les témoignages produits sont glaçants.

     

    Comme pour les enfants, ces  agressions n’ont pas provoqué de résistance. On a conduit les victimes à les accepter par une confusion volontaire et une manipulation mentale perverse :

    Leur faire croire que le prêtre est un représentant de Dieu, et non un serviteur de Dieu et des fidèles. Qu’il est « un peu Dieu », et que se soumettre à lui est se soumettre au Seigneur, quoi qu’il vous commande.* Le tout dans une hiérarchie genrée bien comprise : le représentant de Dieu ne peut être qu’un homme (représentation masculinisée : Dieu n’a pas de sexe) et cet homme a tout pouvoir sur les femmes et les enfants. Il « sait » mieux qu’eux ce qui est bon pour eux/elles.

    L’abus spirituel est ici monstrueux. L’une des victimes dit avoir été contrainte à des fellations à un prêtre »pour lui montrer l’amour de Jésus ».

     

    Ces femmes sont peut être naïves, mais se voir imposer des actes qui leur répugnent, être contraintes à briser leur vœu de chasteté, sous le prétexte d’atteindre l’amour de Dieu, elles ont senti que ce n’était pas normal Que leur esprit était méprisé autant que leur corps. Elles ont alors sombré dans un chaos mental terrible dont elles n’ont osé parler à personne.

     

    Mais le pire est le cynisme avec lequel nombre de ces prêtres ont obligé des religieuses enceintes de leurs œuvres à avorter, même à des termes avancés ; ce qui constitue un crime dans la plus part des pays. Le récit d’une religieuse dont la condisciple a été forcée de laisser tuer son fœtus de 8 mois(donc viable) par injection létale in utéro, pour accoucher d’un enfant mort, arrache des larmes  d’horreur.

    Le prêtre père de ce bébé, la supérieure du couvent complice et le médecin, sont des criminels. Les voilà les « tueurs à gage » évoqués par le pape François à propos de l’interruption volontaire de grossesse quelques mois plus tôt. …

     

    Au delà de la révolte au sujet du double crime commis sur cette religieuse, et des effroyables répercussions qu’il a pu avoir tant sur sa santé physique que psychique, une évidence se dessine : un certain clergé catholique ne croit pas vraiment que l’avortement soit un crime.

    Pour lui, il n’en est un que lorsqu’il est décidé et voulu par la femme.  Sinon, il peut être allègrement pratiqué sans états d’âme , jusqu’à l’assassinat d’un enfant viable, dés qu’il s’agit de dissimuler les méfaits d’un prêtre prédateur.

     

    Pour la façade, on proclame que supprimer volontairement un embryon de quelque semaines est un forfait abominable, quelles que soient les circonstances. Dans les pays où le catholicisme est religion d’Etat, on laisse mourir des futures mères aux grossesses pathologiques menaçant leur santé plutôt que de les faire avorter, car ce discours culpabilisant ont fanatisé de nombreux médecins. Récemment en Argentine, une fillette de 11 ans victime d’un viol incestueux a été contrainte d’accoucher à 32 semaines d’un grand prématuré de 500 grammes, alors qu’elle suppliait « qu’on lui enlève ce que le vieux avait mis dans son ventre ». Il s’agit d’une torture physique et morale d’une enfant déjà victime, traitements « inhumains et dégradants » tels que définis par les Conventions internationales.

     

    Au nom de la foi ? Nous n’avons pas entendu le Saint Siège sur le sujet.

     

    Une évidence saute donc aux yeux : l’Eglise en tant qu’institution ne respecte pas la vie des femmes et des enfants.

     

    Son seul but comme institution est de contrôler les femmes. Elles enfantent ou n’enfantent pas selon les diktats de prélats qui s’estiment au dessus des lois, et Dieu n’a rien à voir dans tout cela.

    S’il y avait une définition à donner du blasphème, je choisirais sans doute celle là.

    Cette démystification était nécessaire. Nous savons maintenant clairement à quoi nous en tenir.

     

    Mais l’Eglise catholique se relèvera-t-elle ?

    Ceux qui ont commis ces crimes seront ils poursuivis par la justice civile ?

     

    Il le faudrait. Et il faudrait que comme les victimes des prêtres pédocriminels, ces religieuses se groupent et portent plainte.

     

    En attendant , les ballons multicolores , ce sera pour aune autre fois…

     

     

    Michelle.C. DROUAULT

     

     

    * je cite ici Christine Pedotti, qui dans une des ses interventions récentes , s’exclame

    « les victimes de pédophiles disent presque toujours que pour elles, le prêtre c’était Dieu.

    C’est de la théologie de comptoir ! »

     

    * 2 communiqués complémentaires :

     

    https://www.viereligieuse.fr/Communique-de-presse-5-mars-2019

     

     https://www.dropbox.com/s/e1xk1uxax34mno8/Communiqué Parvis 9 mars 2019.pdf?dl=0&fbclid=IwAR2hC0QkXtD6a_fmPfc00SrBYmE-fmJRaX-fXLDsbJNc0KdIvUN_zz4pe2A


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  • « PUPILLE »  est un très beau film, émouvant et sincère. Il  essaie de suivre avec objectivité et honnêteté le parcours d’une accouchée sous X ; d’une jeune femme candidate à l’adoption ; et surtout d’un bébé, le petit Théo, entouré de travailleurs sociaux motivés à faire de leur mieux pour lui assurer un projet de vie harmonieux malgré des débuts difficiles.

     

    Tous les bébés figurant Théo de la naissance à 8 mois sont extraordinaires.
     
    Merci à leurs parents de leur avoir permis de sensibiliser le public à cette problématique souvent mal connue, ou entachée de fausses informations(un hebdomadaire, pour résumé du film, dit que la future adoptante « attend le bon vouloir » des services de l’Etat !)

    A une époque où Françoise Dolto est souvent décriée ou mal interprétée, on peut apprécier la démonstration que le bébé est une personne, qui comprend tout ( pas les mots, mais leur sens) et souffre quand la parole n’est pas là. La séquence où l’électrocardiogramme de Théo se modifie au fur et à mesure qu’on s’adresse à lui, est magnifique.

    Cependant, on peut déplorer que les différents protagonistes (assistantes sociales, éducatrice, assistant familial) sous couvert d’explication et de pédagogie, nous fassent parfois un véritable cours magistral sur la législation et les procédures concernant l’adoption.

    Au détriment de la spontanéité et la vraisemblance.

    La mère de naissance est un peu trop lisse ; on ne sait pas grand chose de sa vie.

    Ayant moi même travaillé à l’Aide Sociale à L’Enfance, je l’estime peu représentative de la majorité des mères souhaitant accoucher anonymement, ou contraintes de le faire.

    D’autres questions sont ouvertes : la proposition faite à cette jeune femme pour qui la maternité est impossible de « dire au revoir à son bébé si elle s’en sent la force » parait une épreuve insupportable, contraire à toute déontologie. Cette femme-comme beaucoup- refuse de voir ou toucher son bébé, afin de se préserver. 

    Jadis les personnels soignants, peu ou pas formés, portaient facilement un jugement moral sur les « abandons »(j’en ai été témoin) et insistaient pour présenter l’enfant à sa mère, dans l’espoir qu’elle revienne sur sa décision. Culpabilisée, la mère se rétractait, mais vite dans l’incapacité d’assumer cet enfant, revenait le placer en recueil temporaire. Ce qui le rendait non-adoptable… Les mentalités, les pratiques, évoluent dans le bon sens : les personnels ont à présent une attitude de neutralité bienveillante, et surtout le respect des volontés de la mère, quelles qu’elles soient. Et depuis une vingtaine d’années, les mères « sous X » peuvent être accompagnées après la naissance, et ne sont pas lâchées dans la nature.

    Épreuve trop dure pour la mère, mais manque de mots pour l’enfant ; le film raconte comment ce dilemme a été contourné intelligemment.

     

    Privé de sa mère, le petit Théo est confié temporairement à UN assistant familial.(formidable Gilles Lellouche) La réalisatrice aurait elle cédé aux sirènes de l’indifférenciation des sexes ? Si un homme peut certes très bien s’occuper d’un enfant de 2 mois et demi, avec compétence et tendresse, il le fait en homme, comme un père qu’il est déjà (l’assistant familial a une fille).  Peut-il être un substitut maternel ?

    La mère adoptante est lumineuse, obstinée dans sa quête d’équilibre et de bonheur, généreuse et ouverte au monde ; on souhaite une maman comme elle à tous les petits Théo.

    Elle est divorcée, et jugée meilleure candidate que des femmes en couple moins mûres.

     On peut savoir gré au film de faire préciser par une assistante sociale que son travail 

    « ce n’est pas de donner un enfant à des parents qui souffrent » mais de trouver une famille stable à un enfant qui n’en a pas ...

    Le sujet du changement de prénom est abordé : légal, est il vraiment une bonne idée ?

     A 8 mois, un bébé a déjà intégré la sonorité de son nom, et peut tourner la tête quand on le prononce. Le changer tout à la fois de milieu, de famille et de prénom, après un parcours aussi semé d’embûches , n’est ce pas beaucoup lui demander ?

    Dés sa majorité, la fille adoptive d’une amie a choisi son second prénom(celui d’origine ) comme usuel, car « c’est plus moi » disait elle…

    Toutes ces interrogations (peut être voulues ?) n’enlèvent rien à la grande qualité du film.

    Il nous redonne foi en l’humanité !

    Les spectateurs et spectatrices se passionneront pour les destin du petit Théo ; riront et pleureront avec lui et avec celle qui l’attend tout au fonds de son cœur ; comme avec celui qui lui a servi de passage vers sa deuxième chance.

    Allez y.

     

    Michelle. C. DROUAULT

     


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  • Samedi 24 Novembre 2018 a eu lieu dans toute la France une grande manifestation contre les violences faites aux femmes, intitulée « NOUS TOUTES ».

     

    Les violences faites aux femmes et aux filles sont hélas universelles, nous le voyons tous les jours.

    Cependant , la plus grande et la plus odieuse consiste en une élimination précoce des fœtus féminins, ou des petites filles à la naissance, dans un véritable processus d’ »épuration sexiste ».

    Ces pratiques sont majoritaires en Asie. En Chine, la politique de « l’enfant unique » à présent abandonnée, a conduit pendant des années les couples, tenaillés par le désir d’avoir un garçon, à demander des avortements de fœtus féminins. En Inde, dans les zones urbaines où les échographies sont usuelles dans la surveillance des grossesses, les avortements de fœtus féminins sont monnaie courante.

    A tel point que certaines régions ont interdit aux médecins de divulguer cette information aux futurs parents. Sans grand succès : les cabinets privés, non soumis à cette réglementation, sont légion…

    Mais c’est au Radhjastan qu’une pratique atroce perdure, sous le prétexte d’une « tradition » ancestrale ré-affirmée sans états d’âme par les « sages » des villages : l’étouffement des bébés filles à la naissance. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une négation de l’humanité des filles.

    Lorsque la mère refuse de s’en charger elle-même, c’est la belle-mère qui prend l’enfant et l’enterre vivante dans le sable… Plusieurs reportages, dont un récent sur ARTE, ont montré des mères dévastées, et rongées par le chagrin et le remords de ce qu’on les avait contraintes à faire ou à accepter.

    Quelques femmes courageuses résistent. L’une d’elles, épaulée par son mari, a réussi non seulement à garder sa propre fille en vie et prés d’elle, mais aussi à « rescaper » une ou deux filles de son village, qui de surcroît vont à l’école. Une jeune fille portant ainsi le « complexe de la survivante » est filmée entourée de garçons : les enfants sont tous des garçons dans ces villages. Où rencontrent ils plus tard des épouses pour fonder une famille ? le reportage ne le dit pas.

    Ne même pas reconnaître à des personnes le droit de vivre pour ce qu’elles sont, est le summum de la barbarie.

    Redisons tout de suite que cette élimination n’a aucun lien avec la religion. Le bouddhisme, l’hindouisme et l’Islam les condamnent également. Et pour les pouvoirs civils, ce sont légalement des crimes. Mais ils ne sont jamais dénoncés. Une omerta tacite scelle les lèvres. Et les femmes qui se risqueraient à appeler la police seraient elles mêmes en danger de mort : une des mères interviewées a du se réfugier chez une amie par peur de représailles de son époux pour « avoir parlé ». Ceux qui s’obstinent à perpétuer cette « tradition » savent donc très bien qu’ils agissent mal. Pourtant, ils continuent…

     

    Au Yémen, en sus du conflit qui provoque misère et famine, ce sont les mariages de fillettes qui sont préoccupants, et connaissent un pic inquiétant.

    Selon l’UNICEF, 52% des filles yéménites sont mariées avant 18 ans, dont 14% avant 15 ans.

    Certaines n’ont que 10 ou 12 ans.

    En 2017, 250 filles ont été mariées de force. 120 ont été hospitalisées dans les premières semaines de leur mariage, et 12 n’ont pas survécu à leur nuit de noces. 6 se sont suicidées.

     Par la suite  de nombreuses jeunes femmes sont mortes de complications dues à des grossesses précoces et à l’accouchement.

    Mais en ce moment , des ONG expliquent que la famine et le désespoir poussent de nombreuses familles à « vendre » leurs filles, mêmes pré-pubères, aux pays voisins pour pouvoir nourrir leurs frères et sœurs.

    Les pays  qui vendent des armes à ceux qui bombardent les civils yéménites, les hôpitaux et les points de ravitaillement , peuvent être considérés co-responsables  de ces crimes.

    Mourir de faim ou être vendue, voici l’alternative pour les filles yéménites.

     

    Et en France ?

    En France, on a déploré 130 féminicides (femmes tuées par leur compagnon ou ex-conjoint ou partenaire) en 2017.

    Une femme meurt tous les 3 jours sous les coups d’un homme qu’elle connaît.

    A cela se sont ajoutés 25 enfants tués dans un contexte de séparation, dont 16 avec leur mère.

    La période de séparation est la plus à haut risque pour une femme ET ses enfants.

    225 000 femmes ont été victimes de viol ou de tentative de viol, mais le nombre de condamnations pour ce crime est paradoxalement en baisse.

    Les viols sur mineures ont été particulièrement pointés du doigt par les manifestantes : la France est un des seuls pays européens à ne pas avoir de véritable seuil d’âge en dessous duquel le consentement est juridiquement impossible. Il varie entre 12 ans à 16 ans dans les autres pays d’Europe.

    Les procès dans lesquels la justice recherchait le consentement/non consentement de fillettes de 11 ans agressées par des hommes de deux à trois fois leur âge ont défrayé la chronique.

    Car ici le non-consentement d’une enfant n’est avéré qu’en dessous de 5 ans !!

    Un de ces jugements a heureusement été révisé. Mais la récente loi sur les agressions sexistes et sexuelles n’a toujours pas déterminé ce seuil irréfragable.

    Les réticences des députés et des magistrats demeurent inexplicables.

     

    Par ailleurs, l’écart de salaires entre les hommes et les femmes stagne à 20% et jamais le harcèlement sexuel ou moral au travail n’a été si fréquent.

    Posons nous la question : les femmes de notre pays se sentent elles en sécurité dans leur vie de citoyenne, de travailleuse, de compagne et de mère ?

    Il semble bien que non….

     

    « NOUS TOUTES » , ce sont les femmes du monde. Toutes solidaires, toutes debout.

    Partout en ce monde , les femmes peinent à trouver leur autonomie : 41 pays ne reconnaissent comme chef de famille qu’un homme ; 27 gardent intégré dans la loi le fait qu’une femme doive obéissance à son mari ; 24 exigent encore la permission d’un homme (époux, père) pour qu’une femme exerce un emploi.

    Du travail en perspective.

     

     

    Michelle .C. DROUAULT

     


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  • « Qui donc aujourd’hui sabote la paix et la vérité pour imposer une vision sociétale coercitive ? Les intégristes de toutes les religions ».

     

    Ainsi s’exprime, sur le site de « Témoignage Chrétien » J.M DUFLOVE, dans un article intitulé « le Trump d’Avignon », où il fustige « la bêtise et la méchanceté » de l’archevêque du lieu, Mgr Cattenoz…

    Qu’a fait le prélat ? Il a utilisé son temps d’homélie lors d’une messe radiodiffusée sur « France Culture » comme une tribune pour diffuser des idées que nous qualifieront de « radicales ».

    L’archevêque a émis des plaisanteries douteuses sur les personnes homosexuelles et transgenre, les marquant ainsi comme exclues de la communauté chrétienne. Nous ne voyons pas quel rapport cela peut avoir avec l’Amour et la spiritualité.

    Ces sarcasmes veulent ils dire qu’il s’imagine que l’on se réveille un matin en faisant le « choix » de telle ou telle orientation sexuelle, histoire de faire enrager l’ordre établi ??

    Des auditeurs ont certainement été blessés, pour eux mêmes ou leurs enfants.

    Il a ensuite mis pêle-mêle dans le même sac, sans aucun souci de vérité scientifique ou historique, l’avortement, le suicide assisté, la PMA la GPA, l’eugénisme ; l’ensemble ayant pour cause l’ »esprit« de Mai 68 !

    Cet esprit qu’il accuse, c’est avant tout une tentative de libération de la classe ouvrière française, dans la plus grande grève ouvrière du XXéme siécle, et qui a abouti aux accords de Grenelle. A côté d’un tel mouvement social, le mouvement étudiant peut paraître anecdotique.

    Mais nous pouvons nous douter que Mgr n’est pas proche de la JOC( Jeunesse Ouvrière Chrétienne)….

     

    Cependant le pire, dans cette rage purificatrice, est ce qui a valu à France Culture une avalanche d’interventions d’auditeurs indignés(auditeurs catholiques, puisqu’ils écoutaient la messe !) :une diatribe en règle contre le transfert au Panthéon des cendres de la défunte Simone Veil.

    Il n’est jamais glorieux de tenter de dévaloriser un mort.

    Lorsque la défunte est une ancienne déportée, inlassable combattante pour la justice, décédée avec les plus hautes distinctions de la République, cela frise l’indécence, et ces propos sont résolument antirépublicains.

    Certes , comme le souligne l’auteur de l’article, ce dénigrement est une insulte à tous ceux qui ont résisté au nazisme et à Vichy dés 1940, pendant que le clergé demeurait majoritairement silencieux.

    Mais surtout , le plus ignoble que nous dise cet archevêque , c’est que peu importent les persécutions des Juifs, peu importe Auschwitz, peu importent le courage et la dignité de Madame Veil dans tous ses inlassables luttes pour un monde plus juste, peu importent les Palmes Académiques : « tota mulier in utero » !

    La seule chose que ce triste sire regarde, c’est la désobéissance de cette femme à l’ordre patriarcal. Oui, elle a voulu le changer. Elle a voulu que cessent les morts terribles et injustes de mères de famille(la plus part des avortées étaient mariées, et n’avaient nullement des vies dissolues comme les conservateurs ont essayé de la faire croire)

    L’archevêque prétend avoir pleuré sur l’honneur fait à Madame Veil ET à son mari,  dont il semble oublier la présence.

    A t-il pleuré sur les millions d’enfants morts en déportation, et qui n’ont pas de tombe ?

    Lui qui compare l’avortement au nazisme sans avoir la moindre idée de que signifiait concrètement le nazisme pour les déportés, a-t-il pleuré sur les enfants qui ont servi d’objets d’expérimentation au Dr Mengelé ? Sur les nouveaux nés dont on brisait le crâne à la naissance ?

    Et a présent pleure-t-il sur la destruction physique, psychique et morale de milliers d’enfants par des abus et agressions sexuels commis sur eux par des prêtres ? Car c’est cela l’enjeu actuel pour l’Eglise catholique : ne pas être anéantie par ceux qui l’ont déshonorée.

    A l’heure où nous écrivons ce texte, aux révélations d’abus sur mineurs par des écclésiastiques au Chili, en Australie, s’est ajouté le scandale de l’Etat de Pensylvannie aux USA, où plus de mille enfants ont été abusés par des prêtres (300 environ !) durant des années avec la complicité passive d’évêques, qui n’ont RIEN fait pour qu’ils cessent.

    Le respect de la vie commence là : le respect de la vulnérabilité des enfants qui vous sont confiés.

    Où sont donc les larmes de l’archevêque, si prompt à faire la morale ? ce sont ces prêtres prédateurs qui ont décidé qu’il était « interdit de leur interdire » quelque plaisir que ce soit.

    Le pape François a dit ressentir « honte et colère », et vouloir « éradiquer cette erreur tragique qui a détruit la vie d’enfants innocents ». C’est avec satisfaction que nous entendons ENFIN le constat que les abus sexuels sur les enfants sont un meurtre psychique. 

     

    En France, les imams qui prononcent des prêches haineux troublant les esprits et l’ordre public sont à juste titre, soit expulsés si ils sont étrangers, soit interdits de parole publique s’ils sont français.

    Les propos de Mgr Cattenoz étaient une incitation à la détestation des personnes homosexuelles, à la haine des femmes, et un mépris des choix de la République sur ceux et celles qu’elle honore.

    Le radicalisme n’est pas que musulman : des homosexuels sont agressés tous les jours, ; des femmes sont battues tous les jours, tuées tous les 3 jours, et leurs droit bafoués, avec le soutien moral de telles vociférations.

    Les autorités républicaines ne seraient elles pas bien inspirées de ne tolérer aucune exception à l’interdiction d’exprimer de la haine, quelle que soit la religion concernée ?

    Si la République ne « reconnaît ni ne subventionne aucun culte »(loi de 1905), elle ne doit avoir d’indulgence pour aucun religieux qui la remet en cause, à fortiriori sur les ondes, touchant des milliers d’auditeurs…

     

     

     

    Michelle. C. DROUAULT

     


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  • Dans une interview à la « Revue des 2 mondes », Rémi Brague, professeur de philosophie, membre de l’Académie des Sciences morales et politiques, évoque « l’élargissement du regard »(…) et même de l’Humain(…) qu’a introduit le christianisme dans l’évolution des religions.

    Selon lui, avant la période évangélique, n’était considéré comme humain qu’un mâle adulte, non esclave et citoyen(Romain ou Grec) à l’exclusion de tout autre(les étrangers, ou « métèques ») ; ou un mâle juif circoncis et introduit dans la communauté.

    Le bouleversement aurait été introduit par Saint Paul avec son célèbre constat : « Il n’y a plus ni juif ni grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme ; nous sommes tous égaux et unis dans le Christ »…

    Avec une certaine ironie bienveillante, Brague estime que St Paul(lui même juif à l’origine) déconstruit là une des principales prières juives, où l’homme remercie Dieu de ne pas l’avoir fait naître païen, femme ou esclave.

    Par le christianisme, nous sommes donc toutes et tous pleinement , également humains.

    Il me semble par conséquent extraordinaire de voir combien ceux qui ressassent les « racines chrétiennes » de l’Europe(alors que le christianisme européen n’est qu’une importation de celui d’Orient), dévoient et trahissent ce message fondamental, en créant des exclusions à cette humanité universelle, et en refusant d’accueillir les migrants ou en les regardant se noyer sous leurs fenêtres ; quand ce n’est pas , comble de l’horreur et de la contradiction, en étalant des banderoles « Vous n’êtes pas les bienvenus » à leurs prochains…

    Poursuivant son propos, Brague remarque que le christianisme ne comporte aucune prescription sur le quotidien des fidèles : habillement, alimentation, vie intime.

    D’après lui, les « commandements de l’Eglise » sont des conseils, auquel nul n’est tenu dans l’absolu de se conformer. Les seuls commandements sont le Décalogue, enrichi et transformé par l’amour du prochain prêché par Jésus. « Toute la loi est renfermée dans ce seul précepte : Vous aimerez votre prochain comme vous même » (Galates, 5, 14) On ne demande au fidèle rien d’autre.

    Je me suis à nouveau interrogée sur les raisons qui ont pu faire de ce nécessaire « élargissement du regard », et de cette foi non prescriptive, un canal de pensée conservatrice et oppressive pour les femmes, au point que le catholicisme leur dénie à nouveau la qualité d’être humain lorsque leur vie ou leur santé est mise en danger par une grossesse, ou que celle-ci résulte d’un crime. Il ne leur est proposé que le martyre obligatoire. Ce qui n’a aucune valeur puisqu’il doit être choisi en toute liberté : « au moment d’entrer librement dans sa Passion » nous dit la Liturgie à propos de Jésus.

    Comment ce même christianisme libérateur s’est t- il laissé instrumentaliser pour proclamer que le seul mode de vie possible soit la famille nucléaire hétérosexuelle ?

    On ne peut dire que la Bible, riche en rebondissements, offre ce type de modèle ; quant à la « Sainte famille », c’est une construction du XIX éme siècle, élaborée dans des buts démographiques, idéologiques, politiques, dans une alliance avec les gouvernements conservateurs du capitalisme industriel. Tous les historiens sérieux s’accordent à supposer que Jésus avait de nombreux frères et sœurs :Trois évangélistes, Jean(2, 12),Luc (8, 19), Marc(3, 32) évoquent la mère et les frères de Jésus qui le cherchent, c’est à dire sa famille.

    Les apôtres étaient mariés, et vivaient en famille élargie. Et les dialogues de Jésus avec des femmes de tous horizons nous disent qu’à ses yeux, ce n’est pas leur mode de vie mais leur foi qui est importante. (La Samaritaine aux 5 maris , dont le dernier est un concubin) St Paul évoque d’ailleurs « le primat de la foi sur toute pratique ».

    Alors ?  On serait tentée de répondre que la principale explication réside dans la confiscation par des personnes de sexe masculin du message chrétien, bien que de nombreuses femmes des premières communautés chrétiennes soient nommées dans les Actes des Apôtres.

    Ce message aurait –t-il semblé si dangereux aux mâles hétérosexuels que, voyant leur hégémonie menacée par son essence même, ils se seraient dépêchés de le détourner pour l’adapter à leurs intérêts, gardant au passage quelques concepts païens et/ou juifs ? (la soi-disant impureté des femmes en est un exemple).

    Quand au jugement sur les autres, à la frénésie de vouloir réglementer leur vie amoureuse et sexuelle, ce sont là des notions soit contraires aux préceptes évangéliques(« Ne jugez point , afin  de n’être point jugés ») soit inexistantes. Seuls sont condamnés l’adultère, et la répudiation unilatérale qui existait seule à l’époque, en raison de la « dureté de cœur » masculine dénoncée par Jésus.

    Le même St Paul se montre d’ailleurs fort circonspect envers les pourfendeurs d’impureté :

    (Romains, 14, 14) : « Je sais et je suis persuadé selon la doctrine du Seigneur Jésus, que rien n’est impur de soi-même, et qu’il n’est impur qu’à celui qui le croit impur ».

    Autrement dit, ce sont les puritains qui pensent à mal…. 

    Aussi la plus grande prudence s’impose au sujet des religions devenues « radicales », ou « déformées ». Exhorter sans cesse les fidèles de l’Islam à réformer cette confession est risible si nous ne balayons pas devant notre porte : on a fait d’un message révolutionnaire et universaliste quelque chose d’étriqué, bourré d’injonctions inventées, instrumentalisé par les pires conservateurs misogynes et homophobes, voire xénophobes… 

    La plus choquante instrumentalisation récente, d’une véritable indécence, a été celle d’un politique américain. Pour justifier les séparations des enfants de leurs parents migrants clandestins à la frontière mexicaine,  qui ont ému le monde entier, il s’est servi de citations bibliques tronquées : aux nombreux citoyens et parlementaires catholiques ou protestants qui s’insurgeaient avec raison, même à l’intérieur du camp républicain, il  a opposé l’obéissance prônée aux chrétiens par le même St Paul aux lois des pays qu’ils habitent et aux gouvernants. 

    Or de nombreux théologiens estiment que certaines recommandations de l’apôtre ne sont que des réponses à des questions incessantes posées par des communautés encore balbutiantes et fort indisciplinées ; la situation des chrétiens étant encore très difficile, avec des persécutions fréquentes, il n’allait pas leur conseiller la révolte ouverte ! Transposer cette directive de nos jours est faire preuve d‘une honteuse mauvaise foi. Mais surtout, se servir d’une religion caractérisée par l’amour du prochain pour justifier des traitements de torture morale, est immonde.

    L’intervention de cet homme m’a offensée en tant que chrétienne. J’ai senti mes convictions bafouées, trahies au service de l’horreur la plus inhumaine, celle qui s’attaque aux vulnérables que sont les enfants. « Je vous le dis en vérité qu’autant de fois que vous aurez manqué à rendre assistance à l’un de ces plus petits, vous aurez manqué à me la rendre à moi même »(Matthieu, 25, 45). On ne saurait être plus clair. Mépriser ou maltraiter les enfants, c’est mépriser Dieu. » Quiconque reçoit en mon nom un petit enfant comme celui-ci me reçoit, et quiconque me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé » (Marc, 9, 36)

    Curieusement, nous n’avons pas été nombreux à nous indigner de cette forfaiture et de cette duperie grossière. Nous n’avons pas été nombreux à démontrer cette imposture en citant les véritables paroles qui indiquent le respect inégalable dû aux enfants dans le christianisme.

    Pourquoi, je n’en sais rien. J’espère que mes lecteurs et lectrices excuseront ce foisonnement de citations, elles m’ont paru fondamentales.

    A grincer des dents en lisant les légitimations oiseuses de ce triste sire, je me suis sentie saisie d’une immense compassion pour mes frères et sœurs musulmans qui entendent si souvent des  déformations absurdes de leurs textes sacrés pour justifier l’injustifiable.

    C’est une insondable douleur. Qu’ils me permettent de la partager avec eux.

    Et je ne comprends pas pourquoi, alors qu’il n’est pas de jour où une tribune, un journaliste, un politique, ne pérore sur le nécessaire « aggiornamento » de l’Islam (sans être musulman en général), ces propos n’ont pas provoqué semblable polémique ? On doit remercier les citoyens américains juifs ou musulmans de ne s’être pas indignés en clamant » On ne s’attaque pas aux enfants au nom de Dieu ! les chrétiens ne doivent pas tolérer cela ! ». Peut être certains l’ont ils fait ?  Un pareil chantage, menacer les immigrants d’être séparés brutalement de leurs enfants, est une forme de terrorisme. Invoquer d’hypothétiques lois divines est une ignominie.

    Qui n’enlève rien, hélas aux autres terrorismes.

    Qui que nous soyons, quels que soient notre sexe, notre orientation sexuelle, notre statut, notre ethnie ; et quelle que soit notre confession, ne laissons pas des personnes ou des groupes assoiffés de pouvoir s’approprier Dieu pour être son ventriloque.

       

    Michelle C. DROUAULT

         


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  • Deux faits récents ont attiré mon attention. Et m’ont plongée dans l’inquiétude la plus profonde sur l’avenir de notre pays.

     

     Dans la soirée du 10 Mars dernier, Benoit D, pisteur-secouriste dans le briançonnais, effectue une maraude avec un camarade du côté du col de Montgenèvre.

     

    Il neige. Il rencontre une famille de migrants : le père , la mère et deux enfants de 2 et 4 ans.

    Ils ont traversé à pied la frontière avec l’Italie, et sont gelés. Enceinte de 8 mois et demi et épuisée, la mère ne peut plus marcher. Elle a des contractions.

    Benoît D et son co-équipier proposent immédiatement de conduire la famille en voiture à l’hôpital le plus proche, afin que la dame soit prise en charge. Ils acceptent tout de suite.

    A 4 kms de Briançon, leur véhicule est stoppé par un barrage de la PAF(police de l’Air et des Frontières). Les secouristes expliquent qu’ils doivent conduire d’urgence la mère de famille à l’hôpital : les contractions ses sont rapprochées et elle ne va pas bien.

    Les policiers refusent de les laisser partir, pour contrôler l’identité de chacun, et évaluer la situation. La dame commence à se tordre de douleur sur le siège arrière, car visiblement l’accouchement s’annonce mal. Les enfants sont affolés et crient. Les secouristes insistent sans succès pour qu’on les laisse poursuivre leur route.

    Les policiers appellent les pompiers , qui mettront une heure à arriver ; un peu plus d’une demi heure d’après les policiers. Tout ce temps , la parturiente n’aura rien pour la soulager. Les secouristes ont été glacés par l’impassibilité des policiers face à ses cris de douleur et à la panique de sa famille.

    Conduite à l’hôpital par les pompiers, cette dame se verra pratiquer de justesse une césarienne.le bébé va bien. Mais c’est sur la demande expresse de l’hôpital que sa famille a pu la rejoindre : la PAF voulait garder le père et les enfants.

    Une semaine plus tard, Benoit D se voyait notifier une convocation judiciaire pour « aide au séjour irrégulier » d’étrangers sur le sol français. Il risque 5 ans de prison et 30 000 euros d’amende.

    Parallèlement la CIMADE a interpellé le Ministère de l’Intérieur sur la mise en danger de la vie d’une mère et de son nouveau-né par l’acharnement des contrôles de police.

     

     Six jours plus tard, le 16  mars vers 19 h,  16 cars de gendarmes et 50 gendarmes font irruption au domicile familial de Mme T, dans la Haute Loire, afin de lui enlever de force ses jumeaux de 3 ans pour les confier au père SANS QU’ IL EXISTE AUCUN CONTEXTE DE MALTRAITANCE, et contre l’avis des services sociaux, qui ont refusé de participer à cette intervention musclée. Ceci sur la foi d’un jugement étranger, et sans attendre le résultat d’une médiation internationale, prévu le 24 Mars.

     

    Les enfants n’avaient jamais quitté leur mère depuis leur naissance.

    Épouse d’un citoyen américain vivant en Irlande, Mme T l’avait quitté en 2016 avec ses enfants pour revenir vivre avec ses parents à L. Un contexte d’alcoolisme et de violence semble être à l’origine de cette rupture.

    Depuis 2017, le père ne se serait pas caché de vouloir emmener les enfants avec lui pour revenir aux USA, contre le consentement de la mère, qui les a élevés. Il avait obtenu, on ne sait comment , un jugement d’un tribunal irlandais en sa faveur.

    En 24 h les enfants, dont on devine facilement le traumatisme et l’angoisse, ont été emmenés dans un lieu tenu secret où la mère n’a pu les voir alors quelle n’était aucunement déchue de son autorité parentale, puis remis au père.

    Celui-ci, en 48 h les a effectivement emmenés aux USA. Venue en Irlande s’expliquer avec le tribunal, Mme T n’a pu que constater leur disparition. Depuis cette date elle n’a pu ni voir, ni entendre ses enfants, ou avoir de leurs nouvelles. Elle ignore leur adresse, ce qui est contraire à toutes les législations existantes.

    Les propos des autorités françaises qui ont autorisé cet enlèvement ahurissant sur des bases contestables, demeurent embarrassés et contradictoires.*

     

    Je ne ferai pas de commentaires sur ces tristes affaires.

    Je laisse juste mes lecteurs et lectrices imaginer le désarroi, l’angoisse, le choc, des familles que j’ai citées, et des enfants en particulier (5 en tout), qui ne semblent plus protégés contre des dérives certaines, où on cherche en vain une trace d’humanité.

    Seules les presses régionales se sont faites l’écho de ces 2 évènements.

    Et parfois, ils m’empêchent de dormir.

    L’image du colonel Beltrame me signifie alors de ne pas désespérer….

     

    Michelle. C. DROUAULT.

     

     * Paradoxalement, on se souvient de dysfonctionnements de services de police n’ayant pu « tracer » une famille gravement maltraitante, suite à des déménagements successifs.

    L’enfant était décédé. Quels moyens pour quelles situations ?


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  • « En tant que mouvement chrétien , nous ne nous reconnaissons pas dans l’appel de la « Marche pour la Vie », relayé par de nombreuses associations de fidèles et responsables catholiques.

    Nous dénonçons les messages de culpabilisation,  d’intolérance et de haine portés lors de ces marches sous couvert de valeurs chrétiennes.

     

    Aujourd’hui dans l’Église catholique, et aussi au sein de notre propre mouvement, des personnes restent en questionnement face à l’IVG.

     

    Nous souhaitons ouvrir un espace de dialogue sur l’IVG. »

     

    Auparavant, les auteurs de ce texte avaient exprimé reconnaître comme un « droit fondamental pour les femmes et les couples d’avoir recours à l’IVG », phrase retirée du corpus…

     

    Ce simple appel, écrit voici quelques semaines par le MOUVEMENT RURAL DE JEUNESSE CHRÉTIENNE (fondé en 1963), a été l’objet  d’indignations et d’oukases divers, qui ne semblent pas permettre une quelconque ouverture à un débat pourtant nécessaire.

     

    Le porte-parole de la Conférence des Évêques de France dénonce dés le lendemain des propos « contraires à ce que dit l’Église », suivi par Mgr Ginoux, qui ne souhaite plus subventionner le mouvement, et quelques autres indignés. Certains, tel l’évêque de Montauban, dénient même au mouvement le droit de se dire catholique…

     

    À contrario , des soutiens viennent de la Mission de France, qui évoque l’ardeur de l’ensemble de la MRJC à lutter contre les inégalités, en phase avec le pape François ; de la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) et des Scouts et Guides de France.

     

    Enfin un autre évêque déplore à mots couverts que des subventions puissent être utilisées, non comme soutien, mais comme moyens de pression.

     

    Ce mouvement de jeunes peut être grandement remercié pour avoir jeté un pavé dans la mare.

     

    Si ces positions sont « contraires à ce que dit l’Église », sont elles contraires à ce qu’à dit le Christ ? Non, à mon sens.

     

    On peut étudier scrupuleusement tout le Nouveau Testament , on ne pourra y trouver aucune évocation de l’avortement, ou de la limitation des naissances. Aucune.

     

    L’Ancien Testament n’est pas en reste. Rien.

     

    Il s’agit donc d’une simple interprétation, tout à fait contestable, du commandement de Dieu « Tu ne tueras point ».

     

    Cet intérêt pour les embryons est tout à fait récent, et date du XIX ème siècle, comme nous l’avons indiqué dans un précédent article. Auparavant, l’Église estimait condamnable l’avortement après que le fœtus « se soit animé » c’est à dire à partir de trois mois de grossesse, ce qui est exactement la limite légale de l’IVG en France (12 semaines).

     

    L’Église ne s’intéressait pas au sujet, et s’est fait harceler par des médecins catholiques, qui ont obtenu, à force de pressions, une molle condamnation du Pape Pie IX…le dilemme était de taille, et il l’est encore : jusqu’alors, la vie des femmes était considérée comme sacrée, à l’instar de toute vie.

     

    Donc on pensait effectivement qu’en cas de grossesse pouvant conduire à la maladie ou la mort, on ne pouvait mettre en danger une femme souvent déjà mère pour sauver un hypothétique enfant, en détruisant une famille composée dorénavant d’orphelins… Ce qui était le bon sens même.

     

    Le XIX ème siècle s’est montré d’une rare misogynie. C’est celui où dans la société civile, les médecins prennent le pouvoir sur la vie quotidienne sous couvert d ’hygiénisme (certaines des mesures adoptées seront bonnes et salutaires) et mélangent la santé et la morale. Le discours scientifique crée des normes. Les déviances sont annoncées, la répression de la déviance suit.

     

    Celle des femmes « déviantes » est particulièrement impitoyable.

     

    Et une coutume fréquente veut que, dans les accouchements à complication, sauf avis contraire du mari qui conservait ainsi droit de vie et de mort sur son épouse, on sauve en priorité l’enfant avant la mère…

     

    Voilà quel fût le cadre sociétal de l’interdiction totale de l’avortement.

     

    Un embryon de quelques millimètres , sans colonne vertébrale ni système nerveux, aurait –t-il plus de droit à l’existence qu’une mère de famille? C’est la question que se posent de nombreuses catholiques.

     

    Pour mémoire un embryon de 2 semaines mesure deux dixièmes de millimètre de diamètre(il est invisible à l’œil nu) ; de 3 semaines, cinq dixièmes de millimètre à 1mm ; de 5 semaines, six millimètres ; 8 semaines deux centimètres :--(ces deux petits traits).

     

    Il ne possède une colonne vertébrale qu’à dix semaines.

     

    Le considérer comme un être humain vivant relève de l’imaginaire ou de l’idéologie.*

     

    Cependant, malgré ces données scientifiques fiables, l’effet de propagande est tellement fort que Francis Kaplan, historien des sciences, cite la croyance de 40% des étudiants d’une université Australienne en la présence d’un cerveau chez un embryon de 2 jours…

     

    Un enfant est créé par l’amour de sa mère. Elle en aime la projection, elle aime « à l’avance » (termes de JP Sartre) l’enfant qu’il sera. Ce n’est pas l’embryon en tant que tel qu’elle chérit. C’est l’idée de l’enfant. Si cet amour fait défaut, s’il est impossible de par les circonstances,

     le processus de création s’arrête, et la mère deviendrait alors une simple mère porteuse, procédé pourtant hautement réprouvé(à raison) par l’Église.

     

    Il est à noter d’ailleurs que celle-ci est dans l’incohérence : elle n’organise ni baptême ni funérailles pour ces supposés êtres vivants embryonnaires.

     

    Mais l’hostilité de l’Église ne se limite pas à l’IVG (interruption volontaire de grossesse).

     

    L’Église catholique est la seule, l’unique institution religieuse à ne pas respecter le droit à la vie des femmes, car elle n’admet pas l’avortement même en cas de danger pour la santé ou la vie de la mère, contrairement à d’autres branches du christianisme. (orthodoxes, protestants).

     

    La très catholique Irlande a admis du bout des lèvres en 1983 par un 8 éme amendement à sa Constitution « le droit égal à la vie de l’enfant à naître et de la mère pendant la grossesse ».*

     

    Phrase interprétée en général dans un sens défavorable à la mère.

     

    Citons quelques tragédies humaines dictées par le fanatisme :

     

    Chacun se souvient du drame de cette jeune résidente irlandaise morte d’une septicémie parce qu’on lui avait refusé l’avortement d’un fœtus non viable au motif que le cœur battait toujours alors qu’elle souffrait déjà d’infection gravissime.

     

    De même une italienne, Valentina Milluzzo, est aussi décédée en Octobre 2017 d’un refus d’avortement alors que sa vie était menacée.

     

    Pourtant la grossesse était désirée. Enceinte suite à une FIV, Mme Milluzzo attendait des jumeaux. A la 17 éme semaine de grossesse, l’un des fœtus a été atteint de détresse respiratoire, et d’un syndrome risquant d’entraîner le décès de l’autre fœtus et de la mère. Sous le prétexte qu’un des fœtus vivait encore, le médecin a refusé une interruption thérapeutique de grossesse. Les deux jumeaux et la mère sont décédés quelques heures après. La famille a porté plainte.

     

    Au Salvador la jeune Béatriz a été empêchée d’avorter d’un fœtus sans cerveau, atteint de lupus anacéphalique. Elle a finalement obtenu une césarienne à 26 semaines, et a accouché d’un bébé mourant qui « faisait peine à voir » a dit un soignant.

     

    Récemment, toujours au Salvador, Téodora Vasquez a été libérée après 7 ans de prison effectués simplement pour avoir accouché d’un bébé mort-né à 9 mois de grossesse. A l’origine, elle avait été condamnée à 30 ans d’incarcération ! Les ONG se sont saisies de son cas : victime d’une hémorragie sur son lieu de travail(est il raisonnable de faire travailler une femme enceinte de 9 mois ?) elle n’avait pu être secourue à temps et pendant qu’elle gisait inconsciente, le bébé était mort.

     

    Son cas n’est pas isolé. Les prisons du Salvador sont remplies de femmes incarcérées pour des fausses couches spontanées ou des morts in utéro.

     

    Ces femmes étaient des femmes jeunes, mariées, heureuses et dans un projet de famille, brisé par la « conscience » de médecins obscurantistes.

     

    Ces positions intenables contreviennent totalement à l’enseignement du Christ, qui prescrit en premier « d’aimer son prochain comme soi même » : « Mon commandement, le voici :  aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés »(Jean, ch 5 , verset 12)

     

    Est-ce aimer son prochain de lui infliger un martyre obligatoire ?(la jeune irlandaise est morte dans de grandes souffrances) ; de le sanctionner pour la perte d’un enfant en privant de surcroît les enfants vivants de leur mère (le fils de Mme Vasquez ne l’a revue qu’à 14 ans !)

     

    De lui infliger l’horreur d’accoucher d’un bébé difforme et mourant  ?

     

    Il est d’autant plus facile aux prélats de tenir ces discours insensés qu’ils sont hommes , et totalement à l’abri d’une grossesse. Que les autres souffrent et meurent, donc !

     

    On pourrait aussi estimer ces interdits sans nuances proches de la position des pharisiens qui se scandalisaient que Jésus guérisse quelqu’un le jour du Sabbat. Fallait il laisser mourir cet homme? Le plus important est il le règlement, ou l’Humain et la compassion? Il me semble que le Christ a répondu clairement.

     

    Et que c’est même cela qu’Il est venu questionner.

     

    L’avortement n’est pas non plus autorisé pour les catholiques en cas de viol ou d’inceste.

     

    C’est à dire que l’Église se sert de la Science quand cela l’arrange, et clame que la vie (quelle forme de vie ?) commence à la conception ; mais elle ne veut pas entendre parler de la psychiatrie, de la neuropsychiatrie, et de la psychanalyse, qui  expliquent le traumatisme difficilement dépassable de ces deux crimes(les femmes sont ici victimes d’actes jugés dans des juridictions criminelles) et leurs répercussions ultérieures, sorte de mort psychique si la victime n’est pas soignée. Ajouter à ces crimes une naissance non désirée peut conduire au suicide si la jeune fille/femme ne peut avorter. Pour elle, le fœtus n’est que le symbole introduit par effraction, du crime dont elle a été victime. Son existence ne fait aucun sens.

     

    Et se savoir enceinte de son père est un chaos psychique difficilement concevable.

     

    Dans les pays dont la législation est répressive, les tentatives de suicide( (souvent suivies d’effet) sont fréquentes..

     

    Certaines femmes victimes de viols de guerre systématiques en Bosnie ou au Kosovo , et qui n’avaient pu avorter en raison de grossesses avancées ont parfois tenté d’étrangler leur bébé à la naissance puis de mettre fin à leurs jours.

     

    Mais l’Église n’a cure de toute cette souffrance.

     

    On ne l’entend pas non plus appeler les hommes à la responsabilité pour les éviter :

    la conception des enfants se fait à deux, et les hommes en sont pleinement responsables, surtout si l’acte sexuel a été contraint. Or on a excommunié les avortées, et jamais les violeurs, fussent ils incestueux.

     

    Les prélats enfermés dans une bulle d’abstraction réalisent ils la colère, l’humiliation et le dégoût qu’ils provoquent chez les femmes?

     

    Les logiques défendues par l’Église catholique pourraient être tenues pour de la dérive sectaire : elles n’ont pas plus de véritable fondement théologique  que de base scientifique sérieuse.

     

    Aussi est il légitime que des jeunes estiment que l’IVG est un questionnement !

     

    Mais aussi il est salutaire pour l’Église, qui se montre bien aveugle, que des jeunes chrétiens ruraux ne laissent pas le terrain à d’autres jeunes de classe aisée ignorants des réalités, pour représenter la jeunesse chrétienne.

     

    Le MRJC est soucieux d’écologie, il s’est engagé contre le projet de Notre dame des Landes auprès du monde agricole; il a questionné l’état d’urgence, le sort des migrants; il combat toutes les inégalités sociales et demeure proche des familles pour un monde plus juste.

     

    Un véritable rayonnement chrétien enthousiasmant. (plus que la Manif Pour Tous !) 

     

    Mais on voudrait le faire taire?

     

    Les média qui veulent « faire du scoop »  avec les catholiques ringards et bourgeois, éloignant la jeunesse de la Foi, ont encore de beaux jours devant eux.

     

    Michelle C. DROUAULT

     

    *la « pilule du lendemain » est, elle aussi proscrite alors qu’elle empêche la nidation (la possibilité d’un embryon) L’avortement médicamenteux, avant 8 semaines, n’est pas non plus toléré…

     

    * Un nouveau référendum prévoyant l’élargissement du droit à l’avortement doit avoir lieu en mai prochain, et 56% des irlandais se sont déjà prononcé favorablement pour cette modification.

     


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  • La « gestation pour autrui » opère à mon sens une remise en question négationniste de la maternité en général : ce ne sont plus les femmes qui participent de l’ensemble de leur être , physique et psychique, à la création d’un être humain vivant ; il s’agit d’un processus mécanique de portage, qui pourrait être effectué par n’importe quel être biologiquement féminin, et même , disent certains, par un utérus artificiel…

    Tronçonnée, clivée, la « mère porteuse » est sommée de se détacher de son fœtus.

    A-t-elle d’autre choix si elle ne veut pas devenir folle ?

    Cependant il faut une terrible ignorance de ce qu’est la maternité pour imaginer que le fait biologique d’un fœtus composé de gamètes étrangers va empêcher les échanges constants entre la mère et l’enfant. Il faut une pensée magique, une foi en la suprématie des gamètes sur le psychisme humain, qui relève de l’idéologie, et non du réel.

    Ce fœtus, puis ce bébé, comment vit il d’être ainsi porté par une mère clivée qui se force à l’indifférence ? Qui ne tressaille pas à ses mouvements, ne lui parle pas, ne l’imagine pas, ne le projette pas, ne partage pas sa croissance avec son conjoint ?

    Nul ne s’en soucie.

    Nul ne s’en soucie parce que la GPA ne veut pas un être humain créé, mais un produit.

    Or créer n’est pas produire, remarquait Michel Foucault.

    Un produit parfait est exigé, par un contrôle accru sur le corps/réceptacle de la « gestatrice » : on a vu des « commanditaires » aux USA vouloir contrôler le régime alimentaire et les relations conjugales de leur mère porteuse. Et lorsqu’il y a un « défaut » à la naissance, le produit peut être refusé (la mère –gestatrice d’une enfant  trisomique s’est vu refuser la « commande » et a décidé d’élever seule l’enfant, aidée  heureusement par beaucoup de personnes de bonne volonté)

    Donc cette mère doit à la fois se détacher de celui /celle qu’elle porte, mais pour lui, réglementer ce qu’elle mange et sa sexualité et sa vie de couple ; toutes choses qui s’opèrent dans la maternité ordinaire dans un projet commun et une projection familiale.

    A quelle schizophrénie l’oblige-t-on ?

    Le clivage et la dissociation peuvent produire, dans la vie courante, un déni de grossesse.

    La grossesse impensable a pu conduire en cours d’Assises des « gestatrices » de bébés congelés, alors souvent présentées comme des monstres. En fait si au lieu de tuer et dissimuler ces bébés, ces femmes les avaient remis à un commanditaire, auraient elles trouvé grâce aux yeux de certains ? Dans leurs aveux, elles ont expliqué «  ne pas se sentir enceinte ». C’est en partie ce qu’on demande aux mères porteuses. : ne pas se sentir, mais prendre soin de ce qu’on ne sent pas ? Je laisse aux psychiatres le privilège de se pencher sur les conséquences psychiques d’une telle situation.
    Si nous poursuivons la trajectoire d’une maternité ordinaire, la création par les échanges in utéro se poursuit par la création d’un lien continu par l’allaitement. Allaiter est bien autre chose que donner du lait, c’est pourquoi on a peu à peu abandonné l’usage des nourrices, sous l’influence entre autres de Rousseau, précurseur des bienfaits de cette pratique. Elle a été vue comme un progrès considérable pour la santé des mères et des enfants. *

    Dans le cadre de la GPA, l’allaitement est impossible, puisque les « parents d’intention » prennent « livraison » du bébé à la naissance. La mère porteuse doit ainsi, après l’accouchement, faire passer son lait. A moins qu’elle ne le tire pour être donné au biberon par les parents commanditaires. Comment ressent elle cela ? Tirer son lait pour un bébé absent ? (Certes nous sommes nombreuses à l’avoir fait pour les prématurés, mais il s’agissait d’un surplus de ce qui était donné à nos bébés à nous).

    Par un terrible rétropédalage , le lait n’est plus lui aussi qu’un produit. Ainsi les tenants de la GPA ne voient pas qu’ils privent volontairement des enfants d’un lien important : l’enfant-produit n’a pas de lien, on ne fait que lui ajouter éventuellement un autre produit, le lait de la mère désincarné.

    C’est toute cette dévalorisation, cette réduction de la maternité en général, cette dépossession régressive des femmes qui me révolte, autant que la transformation d’enfants en produits commercialisables. 

    Encore une fois, on nous dit « vous n’êtes QUE cela » : objets sexuels, vaches à véler et à traire, nous tombons toujours plus bas.

    Et cela , je ne le veux pas.

     

    Michelle. C. DROUAULT

     

     

    Notes :

     

    *Dans les anciennes générations, certains restaient aussi attachés à leur nourrice qu’à leur mère, celle-ci n’ayant pu s’empêcher de donner son amour avec son lait ; beaucoup avaient des « frères ou sœurs de lait » envers lesquels il existait un empêchement de mariage.


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  •  

    Si le terrorisme est la violence utilisée pour promouvoir une idéologie, alors, la violence envers les femmes est elle l’instrument de promotion du patriarcat ?

    C’est la question pertinente que pose l’auteure britannique  Karen INGALA SMITH.

    Poursuivant notre réflexion sur la domination masculine vue comme un virus mutant qui s’adapte aux circonstances et au terrain,, nous avons émis l’hypothèse que les luttes de femmes étaient freinées et entravées par 3 types d’actions et d’intimidations contemporaines, qui sont des violences déguisées, et contribuent à ce terrorisme :

     1 Le masculinisme, qui utilise la paternité  pour récupérer le contrôle et le pouvoir sur les femmes et les enfants,

     2 Une frange de personnes « transgenre » qui nie l’expérience et le vécu spécifique de celles qui sont nées biologiquement femmes, et utilisent le changement de genre comme un véritable cheval de Troie pour pénétrer les espaces dédiés aux femmes.

     Prétendant « se sentir femme »-ce qui est peut être exact- ces personnes publient parfois des diktats sur ce que devrait être à leur sens la libération des femmes, accusant de « transphobes » les femmes qui veulent les tenir à distance. Elles préconisent de pouvoir « devenir femme » sur simple déclaration.

     3 les partisans d’une laïcité rigide et fantasmée, qui nient le croisement des discriminations racistes, xénophobes, et sexistes ; et utilisent le concept de laïcité pour contrôler les femmes.

     Eux aussi prétendent assigner les femmes à une forme de libération obligatoire, dont eux seuls déterminent les contours.

     Pour le sociologue Eric Fassin, le masculinisme n’est qu’un « ressac », un mouvement essentiellement réactionnaire visant à empêcher les femmes de parvenir à l’égalité.

     C’est ce que l’auteure américaine Susan Faludi a nommé « Backlash »(retour de bâton) dans un ouvrage éponyme paru à la fin des années 80 : les luttes d’après 68 avaient un prix…

     Certains masculinistes ont reconnu en coulisses que les « revendications de pères » n’étaient qu’une vitrine de leur mouvement. Sous le prétexte de contrer les soi-disant « excès » des revendications féministes, elle leur permet justement de promouvoir une idéologie patriarcale revisitée et « moderne », le contrôle conjugal et paternel à travers l’enfant ; et à justifier globalement les violences envers les femmes.

     Ces groupes nient à des degrés divers les violences pourtant évidentes et quantifiées envers les femmes. Celles qui les combattent sont traitées de « féministes victimaires » par les masculinistes, de « phobiques » par les trangenres, ou d’ »islamo-gauchistes » par les promoteurs d’une laïcité autoritaire. Ce vocabulaire emprunté à la psychanalyse et à la politique est totalement creux.

     Néanmoins il s’agit d’un terrorisme intellectuel qui se surajoute au premier .

     Peut-on considérer les violences post –séparation(pouvant aller jusqu’au meurtre), les demandes de transfert de garde, les refus de pension alimentaire avec chantage à la garde alternée, les insultes et invectives, le harcèlement, comme du terrorisme ?

     Peut-on considérer que la crainte des femmes de voir des hommes venir dans les refuges de femmes battues au motif qu’ils se sont juste déclarés femmes en empruntant la panoplie de la féminité est justifiée et constitue une menace ?

     Peut-on admettre que le fait d’imposer aux femmes une tenue quelle qu’elle soit, est une entrave à la liberté ?  Qu’empêcher l’existence d’espaces non-mixtes, ou de réunions de réflexion réservées aux personnes se sentant discriminées/racisées est une forme de contrôle qui n’est pas acceptable ?

     Toutes ces violences n’ont qu’un but : rendre leur autonomie d’action et de pensée si périlleuse que les femmes demeurent sous le joug des hommes.

     Le but est qu’ils continuent à profiter de leur travail gratuit et de leurs corps.

     On peut y voir une similitude avec l’esclavage  : les sanctions étaient telles si un esclave tentait de s’enfuir que la masse d’entre eux préférait encore la domination et l’appropriation.

     Puis après l’abolition, chaque fois que les anciens esclaves ont réclamé de nouveaux droits, il s’en est suivi une nouvelle forme de répression et d’intimidation violente.

     Or le patriarcat est un système de privilèges exorbitants que les dominants ne sont pas prés d’accepter d’abandonner et auquel il se cramponnent, dégainant à chaque vague de mobilisation des femmes des armes nouvelles.

     Le travail gratuit des femmes et des filles, la prostitution et la pornographie sont une part considérable de l’économie mondiale qui se chiffre en milliards. Humains et monétaires, les profits ne cessent d’augmenter en faveur de la population mâle et blanche de la planète.

     Les libertés des femmes sont une menace extrême pour ces profits, c’est pourquoi il convient d’en tuer la moindre velléité dans l’œuf.

     Récemment , le mouvement « #Metoo » a tellement bien démasqué l’appropriation générale du corps des femmes et des filles que la patriarcat a utilisé sa dernière carte ; faire appel à des « alliées » féminines pour terroriser et ridiculiser celles qui avaient osé parler.

     Quelques stars et intellectuelles françaises ont été dépêchées pour faire la promotion des femmes comme biens publics.

     Cela n’a pas marché. On ne peut plus mépriser l’intelligence des femmes au point de leur faire confondre le marivaudage courtois dans un salon entre gens de bonne compagnie ; et la harcèlement et le viol .

     Au contraire, la riposte à ces propos archaïques a été un formidable florilège d’analyses plus pertinentes les unes que les autres sur la situation des femmes et des jeunes filles au niveau international, et le soutien de quelques hommes médiatiquement visibles (pendant que d’autres devenaient hystériques à la seule idée de pouvoir être assimilés aux agresseurs !).

     Soyons vigilantes. Les femmes se laissent encore diviser artificiellement, en dehors de leurs véritables différences de pensée politique. Ces divisions sont faites pour nous détourner de la poursuite de notre véritable émancipation à toutes.

     

    Michelle. C. DROUAULT

     


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  •  Certain(e)s de nos lecteurs /trices ont pu être surpris de ne voir aucun article sur ce blog à la suite de la déflagration de l’affaire Harvey Weinstein ; et de la déferlante des récits de harcèlement, d’agressions, et de viols qui s’est répandue dans le monde , surtout occidental.

     

    Car en Orient, en Afrique et en Asie, c’est tous les jours que les femmes sont agressées, et peu sortent de leur silence tant elles ont pu tout à la fois subir des pressions insupportables pour se taire, et intérioriser l’idée qu’il s’agit d’une fatalité.

    Récemment est paru le témoignage de jeunes femmes détenues en esclavages par Boko Haram, et enfin délivrées par l’armée nigériane…dont certains soldats auraient à leur tour abusé d’elles.

    Les femmes finissent par estimer constitutives de leur vie de fille et de femme les agressions physiques et sexuelles qu’elles peuvent subir, et les remiser dans un coin de leur mémoire.

    Lorsque ces agressions sont graves et/ou répétées ces souvenirs sont de véritables bombes à retardement qui peuvent influer durablement sur leur santé et leur développement. Voire leur espérance de vie.

    On commence seulement à s’en rendre compte, et à prendre au sérieux le syndrome post traumatique, évoqué pour les soldats en zone de conflits aigus ou les victimes d’attentats.

    Il est présent également chez les victimes de violences sexuelles.

    Les politiques modernes vivent une calculette à la main : or ce sont des milliards qui auraient pu être économisés si ces victimes avaient été écoutées, crues, soignées. Ce qui n’est pas le cas. La France est paraît il la championne de la consommation d’anxiolytiques. Y aurait il une relation de cause à effet ?

    J’ai attendu pour m’exprimer de lire les témoignages multiples de femmes de tous les âges et de tous les milieux, quasiment entre 7 et 77 ans comme jadis les lecteurs de Tintin.

    J’ai fini par y ajouter le mien, n’ayant hélas pas échappé à la loi commune.

    Ces témoignages sont effarants par leur nombre, et la certitude d’impunité des agresseurs.

    Les statistiques, nous les avions déjà :

    En France en 2016, 225 000 femmes entre 18 et 75 ans ont été victimes de violences, DONT 30 000 uniquement sexuelles et 32 000 à la fois physiques et sexuelles. 70% de ces violences ont été subies de façon répétées.

    84 000 femmes ont été victimes de viols ou tentatives de viol ; seules 10% ont porté plainte.

    Sur ces 10% de plaintes, la moitié a été classée sans suite ou a été correctionnalisée.

    Lorsqu’on établit des équivalences en termes de population, pour avoir une idée claire du phénomène, 225 000 femmes , c’est le chiffre de la population de la ville d’Annecy !

    31 000, c’est la population de la ville de Dreux.

    Mais ces crimes et délits massifs demeurent impunis.

    Pendant que défilaient les témoignages sur « #Me Too »(Moi aussi), nous avons entendu avec ahurissement les verdicts de deux affaires de viol sur mineures : une fillette de 11 ans et une jeune fille de 13 avaient été jugées « consentantes » et leurs abuseurs condamnés à des peines légères avec sursis. Il y avait bien «Quelque chose de pourri au Royaume du Danemark »pour citer Shakespeare.

    Les réactions masculines ont été frileuses, parfois violentes, mais souvent sournoisement dubitatives. De nombreux hommes ont déclaré « Harceler, moi, jamais ! ». D’autres se sont évertué à démontrer « Qu’il y avait des types bien », ce dont personne ne doute !

    Et enfin est venu l’argument le plus spécieux : la crainte d’une « délation » généralisée.

    Qu’est ce qu’une délation ? selon le Larousse, c’est une « dénonciation faite dans un mauvais dessein, probablement pour obtenir des avantages ou de l’argent ».

    On peut raisonnablement se demander quels avantages , financiers ou autres ont bien pu tirer de leur récit les milliers de femmes courageuses qui ont livré leur intimité, de manière généralement anonyme, c’est à dire sans nommer leur agresseur.

    Cette supposition est offensante, presque insultante, et elle insinue , encore et toujours que les femmes sont menteuses, manipulatrices, et peut être vénales.

    Faisant monter la misogynie d’un cran supplémentaire particulièrement odieux, d’aucuns ont osé la comparaison avec les dénonciations de Juifs aux autorités de Vichy et d’Occupation entre 1941 et 1944. Oubliant par là même que les Juifs n’avaient RIEN fait que d’être eux mêmes, alors que les violeurs ont commis un crime ; les agresseurs un délit.

    Peut on imaginer de semblables discours pour d’autres transgressions de la loi ?

    Alors qu’en ce moment même, associations et travailleurs sociaux bataillent justement pour ne pas être contraints à la « dénonciation »  de sans-abris en situation irrégulière….

    Le concept de délation semble être à géométrie variable.

    Dans quelle société vivons nous, je vous en laisse juges, toutes et tous, en espérant que nous continuerons à lutter pour la rendre meilleure, sans nous décourager.

     

     

    Michelle.C. DROUAULT


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  •  

    Dans notre dernier article, nous avons émis l’idée que les magasines dits « féminins » étaient de manuels de soumission dévoués au patriarcat, dont la mission est de montrer aux femmes comment s’adapter aux besoins et désirs des hommes d’une époque donnée.

     

     Utilisant un langage et des codes « modernes », ils tentent d’attirer des lectrices dés le plus jeune âge. Dans quel but ?

    Ces hebdomadaires contribuent d’abord largement aux profits d’entreprises et de groupes internationaux puissants : industrie du cosmétique, de la para- pharmacie ; du prêt à porter ; de la parfumerie et du luxe-maroquinerie bijouterie accessoires-.

    Ces groupes étant dans leur écrasante majorité dirigés par des hommes, un double objectif parallèle est poursuivi : faire d’énormes bénéfices tout en gardant les femmes soumises.

    Des articles « légers » mais au ton très directif (le mode impératif est typique de ces magasines) appuyés par des publicités pour tous ces produits industriels, montrent aux femmes et aux jeunes filles quelle est l’image qu’elles doivent atteindre, le comportement qu’elles doivent adopter, pour être un objet désirable. JAMAIS un sujet désirant.

    L ‘apparition éphémère , dans les années 80 d’une presse résolument axée sur les luttes de femmes, et dirigée par des femmes( Des Femmes en Mouvement, Cahiers du Féminisme) a eu un simple effet de saupoudrage : afin de ne pas paraitre « ringarde », la presse féminine a du faire mine de soutenir quelques combats : IVG,  salaires et emploi des femmes. Car contrairement aux années 50/60 la majorité des lectrices travaille et s’informe.

    Cette presse est un exemple frappant des liens étroits entre l’économie, la consommation et l’idéologie véhiculée par la société.

    Voici 50 ans, on publiait une littérature destinée à formater les ménagères consommatrices d’appareils électro ménagers dont la société des Trente Glorieuses avait besoin pour relancer l’économie. (Moulinex libère la femme !)

     L’hostilité moderne au voile ou au foulard, bien largement relayée par cette presse, est elle due en partie à une moindre appétence de certaines femmes et filles musulmanes pour beaucoup de produits vantés, vêtements, fards ou produits capillaires ? A présent qu’il s’est crée une industrie de la mode et des cosmétiques pour femmes musulmanes, la question semble devenue mineure…

     

    Une des industries qui génère actuellement le plus de profit est l’industrie de la pornographie.

    Grâce aux nouvelles  technologies elle est massivement diffusée, et générerait entre 3 et 5 milliards de chiffre d’affaires par an ! Son influence est exponentielle puisque, d’après un chercheur canadien en sociologie, il existerait 1800 fois plus de pages « pornos » sur le Web que voici 5 ans. Et 25% des recherches en ligne auraient pour objet des images ou sites pornographiques. La fortune des dirigeants de Google ou Apple n’est pas un secret.

    Il n’est donc pas étonnant que les magasines « féminins » contemporains qui ne peuvent exister sans le soutien des industries, diffusent sans états d’âme des recommandations et des pseudo « tests », visant à déterminer des normes sexuelles liées à l’imagerie pornographique.

    Les tests sont une manière subtile-ou grossière- d’imposer des modèles.

    Des tests inclus dans des revues pour très jeunes filles visent, depuis de longues années déjà , à évaluer la capacité d’une jeune fille de donner du plaisir à un homme, sous le prétexte d’avoir elle même une sexualité épanouie. La supercherie est que cet épanouissement est censé passer par des » performances » reliées à des images et fantasmes pornographiques totalement androcentrés-je devrais dire phallocentrés-

    Un chercheur québécois a trouvé dans un magasine pour jeunes filles « Adorable »( !) un test intitulé « quelle salope êtes vous ? ». On peut être une « super salope », une « salope normale », ou une « coincée »…

    Cette propagande normative touche le manque de confiance en elles de nombreuses jeunes filles, qui croient de bonne foi qu’apprendre des « techniques » va les faire apprécier et aimer.

    Quand on sait que 51% des garçons en France ont consulté au moins une fois un site pornographique dans l’année et qu’il n’existe dans notre pays pratiquement aucune éducation à la sexualité et aux relations affectives dans les collèges et lycées, on aura compris que la pornographie facilement accessible(aisé sur un smartphone) s’est engouffrée dans cette faille pour remplacer l’éducation .*

    Quant aux parents ils semblent malgré tous les discours tonitruants de « libéralisation » des mœurs », mal à l’aise avec leur propre sexualité au point de refuser d’aborder le sujet de manière générale avec leurs enfants, pour les préparer sereinement à leur vie d’adulte.

    Le problème est que , comme le définit très bien l’auteure américaine Catherine Mc Kinnon, le sujet de la pornographie n’est pas la sexualité , mais la domination. La domination de mâles sur des femmes et des filles proies consentantes qui aiment l’humiliation. C’est cette humiliation qui leur procure à EUX une jouissance sexuelle. Mais elles n’en retirent qu’au mieux une excitation trouble, au pire la souffrance d’être traitées en objet, et une douleur physique.

    « Les corps des femmes ne sont pas des biens publics », a dit une ministre pour contrer le harcèlement de rue. Elle a raison. Mais nombre de jeunes hommes le croient.

    Ils harcèlent les filles et les femmes beaucoup plus fréquemment et violemment qu’autrefois.

    On lit souvent des récits d’agression où l’homme (souvent jeune) « n’a pas supporté » qu’on refuse ses avances. Evidemment. La pornographie montre des femmes toujours prêtes.

    Il semble que dans un quartier où j’ai travaillé 15 ans dans ma jeunesse sans avoir aucun problème, il soit dorénavant difficile de se promener en jupe, alors que la population n’a pas changé. Comment en est on arrivé là ?

    Cette situation profite aussi aux professionnels de la pornographie, aux proxénètes toujours disposés à fournir aux clients de nouvelles femmes pour de nouveaux besoins ; aux pédophiles, aux cercles mafieux. Est ce bien cela que nous voulons ?

    Et plus la riposte des femmes et des féministes est énergique, plus la résistance violente s’organise, car trop d’intérêts sont en jeu.

     

    Reste à comprendre pourquoi les responsables religieux des trois monothéismes ne saisissent pas ces enjeux, et s’opposent unanimement à l’enseignement de la base du respect mutuel entre les sexes, et de leur égalité. Dés qu’on parle d’une éducation à la vie affective et sexuelle, c’est le tollé, orchestré par des associations souvent extrémistes.

    Or demander l’ignorance programmée des enfants , c’est les livrer à une « éducation » par ces images violentes, car les adolescents chercheront toujours bien légitiment  des réponses à leurs questions.

    Ce mélange détonnant d’indifférence gênée de l’école, de mutisme des parents et de pornographie facile sur fonds d’interdits religieux absurdes, est en train de faire de la vie de nos filles et nos petites-filles un enfer dans des sociétés qui régressent.

    Pour ceux qui défendent avec ferveur le « droit à la vie » , ne commence t-il pas avec le droit à une vie sûre de celles qui la donnent ?

    Alors je le redemande, quand les religieux vont ils renoncer aux quelques privilèges accordés par le patriarcat, pour tendre la main aux féministes afin de combattre ces fléaux, et aider à faire advenir la société solidaire et généreuse qu’ils disent appeler de leurs vœux ?

    Quand les responsables religieux, au lieu de s’adresser aux femmes pour réglementer leurs choix, vont ils s’adresser aux hommes pour leur demander de respecter la dignité des femmes et des enfants ? C’est à ce seul prix que l’humanité progressera.

     

     

    Michelle. C .DROUAULT

     

     

     

    *Au milieu de cette déferlante d’images pornographiques, le clitoris des femmes n’a été dessiné et explicité clairement dans les manuels scolaires français que cette année ! C’est à dire que l’organe féminin de la jouissance était nié aux adolescents. Tout un programme….

    « l’excision mentale » des femmes occidentales dénoncée par l’Egyptienne

    El Sadaoui serait donc véridique.

     

     

     

     

     


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