•  La presse européenne dans son ensemble  a diffusé l'information d'un charnier de 796 cadavres. C'est une erreur.

     

    Seuls 20 squelettes ont été trouvés(ce qui est déjà trop!)  CEPENDANT les actes de décès de 796 bébés et enfants , portant effectivement mention de malnutrition ou de maladie, ont été retrouvés sans être accompagnés de permis d'inhumer , ou d'indication de sépulture. Où sont ils ? cela crée un distinguo que nous nous devons de rétablir, bien que le restant de l'article comporte des questions essentielles qui demeurent.


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  • Le drame récent de la découverte d’un charnier de bébés et d’enfants dans le jardin d’un ancien couvent à Tuam, en Irlande, a provoqué la révolte de beaucoup d’européens.

    796 bébés et jeunes enfants, âgés de 0 à 9 ans et issus de mères célibataires, ont été jetés dans une fosse, enveloppés d’un sac de toile, sans véritable sépulture, ni moyen d’identification.

    Les causes de leur décès vont de la négligence à la malnutrition ou la maladie sans soins.

    Il s’agit d’actes d’une profonde déshumanisation, comme on a pu en voir durant la Seconde guerre mondiale, ou les génocides modernes de Bosnie ou du Rwanda : déchoir la vie humaine jusqu’à n’être plus qu’un détritus sans nom.

     

    Cependant, s’il est évident que ces actes odieux doivent être jugés avec rigueur ; leur traitement médiatique laisse perplexe.

    En effet, la plupart des hebdomadaires et quotidiens français, par exemple, présentent ce drame comme un énième méfait de l’Eglise catholique Irlandaise, exonérant ainsi la société qui, pendant plus de quarante ans, a réduit les mères célibataires et leurs enfants à la misère et à mendier la charité de religieux bornés ou fanatiques.

    Si des jeunes filles entre 12 et 25 ans ont été recueillies enceintes dans ce couvent entre 1926 et 1961, c’est que leurs enfants avaient des géniteurs qui se sont totalement désintéressés de leur sort et de celui de leur mère, tout en connaissant le rejet dont ils seraient l’objet.

    Si elles étaient parfois si jeunes, c’est probablement que nombre d’entre elles ont été violées ou abusées, parfois par des membres de leur famille. Rappelons que le viol et l’inceste sont des crimes. Certains de ces hommes sont peut être encore en vie.

    Enfin, les familles ont préféré jeter ces jeunes filles et femmes à la rue que les accueillir, comme le recommandait leur foi chrétienne.

    L’Etat qui finançait en partie ces foyers pour « filles-mères », a fermé les yeux, et n’a exercé aucun véritable contrôle sanitaire ou social sur ces établissements.

    Il est aisé de jeter la pierre à l’Eglise en la désignant comme source de ces mauvais traitements et de ces meurtres déguisés ; alors que c’est une société toute entière qui a fait porter aux victimes le poids de l’inconscience ou des abus d’hommes en général adultes, en  rejetant les mères non mariées comme des parias.

    Omettant le fait que les mères célibataires étaient aussi victimes de rejets violents dans l’Angleterre anglicane voisine, on a beau jeu de plaider « l’influence »paralysante de l’Eglise : chacun dispose son libre arbitre ; et garder à la maison sa fille enceinte et son enfant n’aurait mené personne à la prison.

    On oublie enfin que chaque baptisé reçoit la Parole de Dieu qui n’est que miséricorde et générosité, et qu’il relève de sa conscience de se laisser, ou non, persuader du contraire par des clercs sadiques et frustrés.

     

    Par ailleurs, le rejet des mères non mariées n’est nullement une caractéristique de la seule Eglise catholique, mais un problème universel et très ancien, qui relève de la TRADITION patriarcale ou tribale, et non de la religion, qu’elle appelle en général en renfort pour asseoir sa légitimité. Voici quelques mois, le film « Wajma, une fiancée afghane »  montrait le calvaire d’une toute jeune fille enceinte d’un amoureux peu fiable, qui voit toute sa vie bouleversée, et est l’objet de la violence aveugle de son père, qui la frappe, l’enferme, la prive de nourriture, lui retire le droit d’étudier, simplement en raison de « la honte » que constitue une maternité célibataire pour l’honneur de la famille, et finit par la contraindre à avorter contre son gré.

    Dans sa lutte contre les viols comme armes de guerre, le sénateur John Kerry rappelait que malheureusement, les jeunes filles ou femmes ainsi violées sont souvent rejetées par leur famille.

     

    Voir la barbarie ailleurs que dans son pré carré est une tentation, mais la barbarie envers les femmes est omniprésente, sous toutes les formes, dès qu’elles sortent de la zone de contrôle des hommes. Certaines femmes y contribuent par peur, ou intériorisation aliénante des codes dominants.

    Saluons la phrase magistrale de la journaliste Martina Devlin de l’ « Irish Indépendant », qui dans son article « The lost children of Galway » clame sa révolte devant ce que toutes les religions, toutes les traditions , affirment: « le péché n’est JAMAIS celui des hommes ! »

    Il nous appartient à tous et toutes de faire cesser cela.

    Michelle DROUAULT

     

     

     


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    Une bonne analyse, parue dans les  « Nouvelles News, l’autre genre d’info » de la tuerie de Santa Barbara du 23 mai.

     

    http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/civilisation-categorie/3682-elliot-rodger-assassin-misogyne

     

    Un jeune homme conduisant une voiture noire a délibérément ciblé des jeunes femmes qu'il a tué par balles avant d'échanger des tirs avec les forces de l'ordre. Il a été retrouvé mort dans son véhicule.
    La presse américaine mentionne le nom d'Elliot Rodgers. Il s'agirait donc du fils du directeur adjoint de la série de films «The Hunger Games», Peter Rodgers.
    Le bilan de la fusillade est de sept morts, dont le tueur. Selon les autorités, ses actes semblent avoir été « prémédités ».

    L’assassin a laissé une video où il déclare :

    « Je vais prendre un grand plaisir à toutes vous massacrer. Vous allez enfin voir que c’est en réalité moi qui suis supérieur. Le vrai Mâle Alpha. »

    (Article paru dans la Voix de l’Amérique du 27 mai)


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  • L’enlèvement au Nigéria de 223 fillettes et jeunes filles lycéennes (53 ont pu s’échapper) par la secte « Boko Haram » (littéralement « ce qui vient d’Occident est illicite »)  qui les retient en otages, après s’être vantée de procéder à leur vente en tant qu’esclaves, ou à leur mariage forcé, occupe en ce moment, bien tardivement, le devant de la scène médiatique.

    Bien tardivement, parce que ce forfait remonte au 14 Avril, voici presque un mois.

    Et que les ravisseurs ont eu trois semaines pour les transférer dans une autre région d’Afrique.

    D’après Amnesty International, l’armée nigériane aurait été avertie de rumeurs d’enlèvement imminent, mais n’aurait pas agi avec assez de réactivité.

    C’est la mobilisation des parents des jeunes filles, puis des ONG, et enfin de l’opinion publique internationale, qui a fini par enfler jusqu’à provoquer l’intervention de Michelle OBAMA : « Ce qui s’est passé n’est pas un incident isolé » a déclaré la Première Dame des Etats-Unis, « c’est le genre d’histoires que nous voyons tous les jours , tandis que des jeunes filles dans le monde entier, risquent leur vie pour poursuivre leur projet de vie ».

    J’ai traduit « ambitions » par « projet de vie », parce que deux évènements tragiques, qualifiés de « faits divers » par la presse française, ont eu lieu ces jours derniers ; et qu’ils démontrent que depuis l’enfance jusqu’à l’âge mûr, les filles et les femmes ne sont aucunement libres de poursuivre leur vie comme elles l’entendent ; d’avoir accès au savoir et à l’autonomie.

    Dans une proche banlieue ordinaire de Paris, un homme séparé de son épouse vient récupérer des affaires au domicile où cette dame vit avec leur fille de 3 ans et demi.

    Il fait montre de violence avant même d’avoir franchi la porte, et elle appelle la police.

    L’homme parvient à pénétrer dans le logement, et malgré l’intervention massive des policiers s’enferme dans une pièce avec l’enfant qu’il tue de plusieurs coups de couteau.

    Le même jour, dans une autre banlieue, un fonctionnaire de police (!) venu ramener sa fille de 4 ans à son ex-compagne après une journée passée avec l’enfant, menotte et bâillonne la mère, et tue la petite fille à bout portant, avant de retourner son arme contre lui.

    Que sa compagne refasse sa vie lui aurait paru insupportable ? (c’est l’hypothèse avancée par la presse). Ce geste était donc bien dirigé contre elle….

    La mort de ces deux fillettes s’ajoute au féminicide qui se poursuit partout dans le monde.

    Rappelons que près de 117 millions de fœtus féminins sont éliminés parce que féminins avant même leur naissance.

    Mais aussi, ces évènements sont tous liés par une constante : la PUNITION, terrible, atroce, des filles qui veulent s’instruire et avoir une profession* ; des femmes qui osent vouloir se séparer du père de leurs enfants.

    Un organe de presse sur internet précisait à juste titre que jamais la presse écrite ne parle d’infanticide quand c’est un père qui tue son enfant, comme si ce droit de vie et de mort d’un père sur ses enfants, comme à l’époque romaine, pouvait être justifié ; alors que de la part de la mère, il est inexcusable. Ce sont des meurtres d’enfants, et la souffrance de la séparation ne peut en rien les justifier. Ce ne sont pas des « drames de la séparation », ce sont des punitions exemplaires. Comme le soulignait N. HENRY, l’auteure de « Frapper n’est pas aimer », si les femmes hésitent à fuir le foyer d’un homme violent, rien d’étonnant : voilà ce qui arrive à celles qui partent ! Le message est clair. Même si il a mis fin à ses propres jours ensuite, un père qui tue son enfant devant sa mère peut être absolument sûr que la vie sur terre de cette mère sera détruite à tout jamais. Et, consciemment ou inconsciemment (c’est aux experts psychiatriques d’en juger, mais la plus part d’entre eux s’accorde sur cette notion de punition), c’est ce qu’il veut ! Bienvenue en enfer !

    Qualifier la secte pseudo-islamique de « monstrueuse » sans jeter les yeux sur l’actualité occidentale, et la portée symbolique de tous ces actes, permet aussi de rester dans l’illusion.*

    La violence n’a pas besoin de monstres, elle peut être le fait d’hommes bien ordinaires.

    Et si elle se perpétue, c’est que les sociétés les permettent.

    Elle commence avec les mots, avec « la place des femmes » :

    « Les femmes à la cuisine, pas à la mairie », s’était vu taguer sur sa permanence une candidate aux municipales voici quelques semaines.

    Que des hommes nous proclament esclaves, ou que nous le soyons dans leur tête, briser les chaînes est un vaste combat.

     

    Michelle. C. DROUAULT

     

    * 1 La jeune Pakistanaise Malala a échappé de justesse à un assassinat simplement pour avoir parlé en faveur de l’éducation des filles.

     

    *2 : que le but visé par les ravisseurs soit autre (rançon, pouvoir) est possible, mais le résultat du message est là !

     

     

     

     

     

     


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    Voici l’annonce d’une conférence pour celles et ceux qui sont en région parisienne.

    Elle a l’intérêt de ne pas se lamenter mais de montrer comment par des actions concrètes il est possible de lutter contre les discriminations au sein même des religions.

     

    Conférence - débat du Comité de la Jupe

    Lundi 12 mai 2014

    20h30

    Eglise st Merri

    76 rue de la Verrerie

    75004 Paris

    Métros: Hôtel de ville, Rambuteau

    Machisme des religions: comment en finir?

     « Les religions sont intrinsèquement machistes: supprimons les!... »

     « Il n'y a aucun problème, d'ailleurs les femmes sont admirables... »

     « Patience, les choses évoluent... »

     « Ne baissons pas les bras, changeons les choses de l'intérieur... »

     « Les femmes au pouvoir!... »

     

    Mais assez discuté. Place aux propositions! Le Comité de la Jupe invite des femmes, juive, chrétienne et musulmane, à témoigner de leur expérience de lutte contre la discrimination sexuelle et à proposer des actions concrètes.

    Participantes:

    Janine Elkouby, agrégée de lettres classiques, enseignante, écrivain, responsable associative, auteur de nombreux articles et contributions sur les femmes dans le judaïsme. Janine a obtenu en 2006 l'éligibilité des femmes au Consistoire Israélite du Bas-Rhin et en est actuellement la vice-présidente.

    Hanane Karimi, doctorante en sociologie et diplômée en éthique. Ses recherches portent sur l'autonomie des femmes musulmanes françaises, issues de l'immigration postcoloniale. Hanane est la porte parole du collectif "Les femmes dans la mosquée" qui refuse l'invisibilité des femmes dans les mosquées.

    Églantine Jamet-Moreau, maîtresse de conférences en civilisation anglaise. Auteure du livre "Le curé est une femme " (L'Harmattan, 2012). Eglantine est co-fondatrice de l'association SEM Succès Égalité Mixité qui vise à promouvoir l'égalité entre les hommes et les femmes dans la société.

    Avec la participation de Lucie Veyretout, juriste, spécialiste des discriminations dans les religions

    Modératrice: Anne Soupa, présidente du Comité de la Jupe


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