• Récemment, une nouvelle aussi extraordinaire qu’incongrue est apparue sur les sites d’information : Mme ANNE SOUPA, théologienne catholique et bibliste, co-fondatrice du Comité de la Jupe, pose sa candidature au poste d’archevêque primat des Gaules, poste laissé vacant par le très contesté Mgr Barbarin.*

     

    Saluons tout d’abord ce geste symbolique, signal d’alarme de l’invisibilité des femmes dans l’Eglise.

     

    Comme l’a rappelé l’intéressée dans une émission récente de la chaine Arte, cette invisibilité est d’abord une terrible régression.

    Il suffit de jeter un regard aux siècles passés-particulièrement le haut Moyen Age- pour s’apercevoir du rôle important des femmes dans la vie de l’Eglise.

    Certaines sont devenues des saintes, ou des figures théologiques reconnues.

    Certes , cette reconnaissance officielle a tardé !  Une des plus célèbres d’entre elles, HILDEGARDE VON BINGEN(1098/1179) a été instituée docteur de l’Eglise par Benoit XVI en 2012, soit dix huit siècles plus tard !

    Religieuse bénédictine, Hildegarde Von Bingen a prêché en public( nul ne lui a opposé St Paul, comme le font quelques fondamentalistes pour Mme Soupa !) ; elle a conseillé de nombreux religieux, écrit un ouvrage musical superbe, le Sciviae, dont la pureté étonne encore… elle était aussi « médecienne » (oui, le féminin de médecin existait alors) soignante et guérisseuse.

     

    Plus tard, THÉRÈSE D’AVILA (1515/1582) fille de juifs espagnols convertis au catholicisme, est décrite comme une femme forte, intrépide, radicale, même.

    Entrée dans l’Ordre des Carmes à vingt ans, elle en entreprend la réforme, et en impulse une semblable pour les ordres de religieux hommes. Elle vit des expériences mystiques qu’elle relate et transmet. Ecoutée et considérée, elle contribue à une meilleure vision de la foi par tous.

    Que diraient donc ces deux femmes en voyant des prêtres arrogants écarter des femmes (y compris des religieuses !) de la distribution de la communion, au prétexte qu’elles sont des femmes, c’est à dire un flagrant délit de discrimination pour ce qu’elles SONT ? Un délit basé sur une conception totalement païenne de l’ »impureté » supposée des femmes…

    Dans un discours qui a fait sensation,  la Congressiste américaine ALEXANDRA OCASIO CORTEZ a déclaré que si Jésus poussait les portes du Congrès aujourd’hui, on le traiterait de « radical ».

    Elle a rappelé que depuis des siècles, de nombreuses personnalités religieuses et politiques ont manipulé les Ecritures au service de la bigoterie, la discrimination , et l’injustice.

    C’est à mon sens cette imposture qu’il nous faut dénoncer sans relâche.

    Car comment se fait il que l’Eglise se soit retrouvé être le bras armé du patriarcat ?

    Au service de l’exploitation et l’infériorisation de la moitié de l’Humanité ?

     

    Le geste d’Anne Soupa est un geste symbolique majeur.

    Comme l’était, dans la vie civile, le dépôt de gerbe sur la tombe de l’épouse du Soldat Inconnu à l’Arc de Triomphe en 1971 par le tout neuf Mouvement de Libération des Femmes.

    Une femme encore plus inconnue que lui !

    Les manifestations et gestes symboliques des femmes ces derniers temps ont été multiples :

    « Die-in » de femmes allongées par terre pour dénoncer les féminicides, défilé de militantes fantômatiques portant chacune une pancarte avec le nom d’une victime décédée au cimetière du Montparnasse ; collages d’affiches dénonçant les violences dans toutes les villes.

    Et ces happenings se déroulent aussi dans d’autres pays. 

    Sans oublier « #MeToo » qui a contraint les sociétés à regarder en face la fréquence et le scandale des agressions sexuelles sur les femmes et les enfants…

    Les femmes sont en train d’obliger les hommes à changer.

    En sera-t-il ainsi dans l’Eglise catholique ??

     

    Une question me taraude : à supposer qu’il y ait une femme archevêque, défendrait elle la dignité de toutes les femmes ?

    Je le dis franchement, je doute.

    Je doute parce que le « féminisme catholique » ne semble s’être réveillé que lorsque l’injustice criante faite aux femmes à l’intérieur de l’Eglise est devenue trop visible par rapport au mythe de » l’égalité-déjà-là »* véhiculé par la société civile.

    Je ne me souviens pas d’avoir vu ces femmes lorsque nous luttions pour des salaires équitables, l’arrêt des avortements –boucheries parce qu’illégaux, la diffusion de la contraception, des modes de garde cohérents pour les enfants.

    Seule , la Fédération des Femmes Catholiques est venue débattre avec le MLF, qui n’excluait aucunes femmes, sauf celles d’extrême droite.

    Nous ne les voyons guère(ou à titre individuel) dans les combats actuels.

    La raison de cette absence (ou de cette discrétion ?) me semble être dans le manque d’autonomie des femmes catholiques par rapport à l’Institution. Qui perdure.

    Une des questions fondamentales posées par le Christ à longueur d’Evangile est celle du choix : si obéir à la règle doit causer du mal, et que désobéir va causer le bien, alors nous avons le choix, et notre vie d’humain(e) libre nous impose ce questionnement permanent.

    Beaucoup de règles imposées par l’Eglise ne découlent pas des Evangiles, mais sont des inventions humaines, et masculines. Si elles aboutissent à la subordination, la ségrégation et l’exploitation, s’interroger sur elles est légitime.

    Depuis plus de cinquante ans, les femmes de tous les pays , en Europe et dans les Amériques, en Asie, ont analysé la domination dont elles sont l’objet, l’ont décortiquée du point de vue sociologique, économique, psychologique.

    Ces travaux, pourtant nombreux(et regroupés en tant que « Women Studies » dans les universités anglo-saxonnes) semblent être majoritairement inconnus des femmes catholiques françaises*(à qui on a certainement dit que les féministes , c’est le diable ?).

     

    Ainsi elles se trouvent démunies pour articuler ce qui leur arrive avec la condition générale des femmes. Parfois, elles ne voient pas que leur condition est indissociable de celle de toutes les femmes. Ou, plus douloureusement, cette prise de conscience féministe leur arrive parce qu’elles ont été victimes de violences graves au sein de leur communauté.

    Et, ne nous cachons rien, des hommes catholiques commettent des viols et des incestes, ; des hommes catholiques tuent leur conjointe ou ex-conjointe ; des hommes catholiques payent moins leurs salariées parce qu’elles sont des femmes.

     

    Mais l’Institution ne s’adresse jamais à eux pour leur demander des comptes, avec autant de vigueur qu’elle demande aux femmes de se sacrifier et se soumettre…

    Le féminisme ne consiste pas à défendre la place des femmes dans un groupe X, mais l’égale dignité et le partage d’un espace juste pour toutes.

    Aussi l’enjeu pour une éventuelle femme archevêque, même à titre virtuel et symbolique, est il considérable…

     

     

    Michelle. C. DROUAULT

     

    Notes :

    *1 Mgr Barbarin a inspiré le titre du film « Grâce à Dieu » par sa réplique restée célèbre concernant des agressions sexuelles de prêtres sur des enfants/adolescents : « grâce à Dieu les faits sont prescrits »…

     

    * 2 l’égalité-déjà-là est un des mythes avec lequel le patriarcat musèle les femmes, qui auraient « tout gagné ». Vraiment ? 26% de salaire en moins ; retraites inférieures de 40%, 27% seulement de femmes parlementaires, 13% de cheffes d’entreprise…mais 80% des tâches ménagères sont effectuées par des femmes…

     

    *3 Je n’en dirais pas autant des québécoises, des espagnoles, et des sud-américaines…

     


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  • Que mes lectrices/lecteurs ne m’en veuillent pas de mon mutisme pendant cette période de confinement…Elle m’a au moins permis de visionner plusieurs séries.

    Vous trouverez ici quelques réflexions sur l’une d’elles, qui m’a particulièrement plu.

     

    Une série intitulée « Mrs AMERICA » retrace le parcours peu connu en Europe de Phyllis Schlafly, militante anti-féministe américaine farouchement opposée à L’E.R.A (Equal Right Amendement) établissant l’égalité des droits entre hommes et femmes.


    Pour devenir le 27 éme amendement de la Constitution, l’E.RA doit être adopté par au moins 38 états avant mars 1979. Nous sommes en 1970, et durant presque dix ans, cette conservatrice va militer pour empêcher son vote…
     

    Discrètement, le scenario nous oriente vers les possibles causes cachées de cet engagement à contre-courant. Si Mrs Schlafly se présente comme une mère de famille au foyer, c’est une femme fort instruite diplômée de Harvard (la plus prestigieuse des universités américaines)  Elle a des connaissances très pertinentes et éclairées sur la défense et l’armement nucléaire(20 ans d’expérience) et veut en faire profiter son pays, encore en pleine guerre froide. Malheureusement, lorsqu’elle participe à une réunion d’un groupe politique à la place de son mari, on lui met un bloc-notes entre les mains et on la traite comme une secrétaire, sans l’écouter.
     

    Déterminée à jouer un rôle dans la société, Phyllis va alors se rabattre, à l’instigation des hommes de son entourage, sur le combat anti-féministe : ils la poussent à être leur prête-nom pour contrer le vote de l’ERA et les revendications générales des féministes, dont ils ont peur.

     

    La simple égalité des droits leur est insupportable : après l’obtention des droits civils pour les Afro-Américains en 1965, L’ERA ferait enfin des USA une nation pleinement démocratique.

    Un cauchemar pour les conservateurs républicains ? C’est en tout cas la conviction de Shirley Chisholm, première femme afro-américaine élue au Congrès, que nous voyons militer pour l’amendement, tout en se faisant reprocher par certains de ne pas prioriser la cause noire plutôt que celle des femmes ; et parfois doute…

     

    Peut être inspirées par les œuvres d’Andréa Dworkin (Les Femmes de Droite, en particulier) et de Susan Faludi (Backlash, le retour du Bâton) les réalisatrices montrent habilement comment les hommes américains acceptent très bien que leurs épouses militent, du moment qu’elles roulent pour eux…la manipulation est totale : elles ont l’impression d’être importantes, mais combattent contre leurs sœurs, et servent d’alibis.

    En effet, Phyllis n’est guère dans son foyer, toute occupée à faire campagne auprès des ménagères de l’Illinois  pour les persuader d’empêcher le vote de l’Amendement pour l’égalité des droits des femmes. Elle les mobilise d’ailleurs sur de faux arguments.

    En pleine guerre du Vietnam, la conscription féminine(dont il n’a jamais été question !) peut à juste titre effrayer les électrices pour leurs filles. Jamais non plus n’a été évoquée par les pouvoirs publics une éventuelle suppression  de la prestation compensatoire en cas de divorce ; pourtant elle l’affirme. Elle serait même allée jusqu’à inventer une fausse jurisprudence lors d’un débat télévisé ? Cet épisode est invérifiable.

    A ce combat, cette mère de six enfants en joint un autre : la lutte anti avortement, pourtant réduite à sa plus simple expression en 1973 à la suite du fameux arrêt Roe/ Wade.

    Le film, une fiction basé sur des faits réels, nous présente par petites touches l’envers du décor pour le personnage. Phyllis est une épouse tyrannisée par son mari, contrainte sous tous les aspects. Car ce mari ne la veut pas libre, et a vite fait de lui rogner les ailes dés qu’elle veut prendre de l’envergure et reprendre des études de droit. Elle a beau assurer qu’elle sera rentrée pour le dîner, c’est non ! et il ne se prive pas de rappeler que c’est lui qui paye et qu’elle ne dispose pas d’argent personnel. Elle trouvera pourtant un moyen d’enfreindre ces interdits…

    La suite de la série nous montre comment les droits des femmes et leurs corps ne sont que des variables d’ajustement pour les partis politiques, qui évaluent si défendre les droits des femmes va leur attirer ou leur retirer des voix ; et n’ont aucune conviction particulière en la matière. 

    C’est ce dont Phyllis et sa principale rivale républicaine( de droite mais favorable à l’ERA) vont faire l’amère expérience lors de l’investiture de Reagan en 75/76…

    Phyllis Schlafly va donc être contrainte de se tourner vers des milieux protestants évangélistes, des groupes de plus en plus sectaires, pour tenter d’avoir des appuis.

    Mais en 1982, on peut considérer qu’elle a gagné : seuls 33 états ont ratifié l’ E.RA.

    Et les mouvements « pro- vie » n’ont cessé de prendre de l’ampleur.

    Sans surprise, Mrs Schlafly avait assuré Donald Trump de son soutien.

     

    La série « Mrs America » a le mérite de nous embarquer dans les combats des américaines.

    Nous y voyons aussi Betty Friedan et Gloria Stenheim, principales fondatrices du féminisme américain, aussi bien théorique qu’activiste. Elles n’ont eu de cesse d’agir pour mettre au jour l’oppression des femmes en tant que fait politique ; tandis que Phyllis Schlafly martelait que les problèmes que pouvaient rencontrer les femmes n’étaient que « personnels », ce qui est le leitmotiv de tous les conservateurs afin de les isoler et les faire culpabiliser de ne pas assez bien « réussir «  leur vie au lieu de s’unir.

     

    L’Europe n’a pas connu de mouvements spectaculairement anti-féministes.

    Suite à deux guerres, à l’occupation d’une partie de l’Europe par les troupes allemandes, les femmes ont non seulement fait marcher leur pays, mais aussi résisté avec honneur et courage.

    En France, c’est la participation des femmes à la Résistance qui a incité le général de Gaulle à juger indispensable de leur accorder (enfin !) le droit de vote.

    Un droit pourtant obtenu par les américaines dés 1918..

    A l’occasion de la commémoration du 8 mai 45, je lisais l’autre jour que Cécile Rol-Tanguy, décédée ce même jour à l’âge de 101 ans, transportait des armes dans le landau de sa fille.

    Il est évident qu’un tel modèle ne pouvait laisser trop de place à l’idéologie de la mère au foyer ! Les femmes communistes, assez nombreuses, ont contribué à un modèle de femme à la fois travailleuse et mère de famille, égale de son conjoint. 

    Car la « mère au foyer » est une idéologie, et assez rarement un véritable choix des femmes, qui en France s’y résignaient souvent par manque de mode de garde pour leurs enfants.

     Mais il s’agissait de reconstruire le pays, et nombreuses furent les entreprises publiques et privées qui dés 45 ouvrirent des crèches et garderies. L’innovation de l’école maternelle suivit : l’arrivée massive des femmes sur le marché du travail rendait ces structures indispensables.
    Le taux d’activité des femmes, de 45% des femmes en 1945, monta à 60% d’entre elles en 1974, puis à 70% en 1994 (dont 54,7% des mères de 3 enfants !) enfin à 80% en 2013…

    Les Etats Unis ont la réputation (méritée hélas) d’avoir la politique familiale la plus hostile de tous les pays développés : le congé de maternité (12 semaines) n’existe que depuis peu, et seulement pour les entreprises de + de 50 salariées ; il n’y a aucune structure de garde collective pour les enfants de moins de 5 ans, âge où commence l’école.

    Si les femmes avaient bien occupé les 38% de postes laissés vacants par les hommes mobilisés à partir de 1941, ceux çi voulaient retrouver leur place, et les autorités américaines embauchèrent des publicistes pour une intense propagande en faveur de la mère au foyer. Malheureusement, elle fut aussi largement dégradante et infériorisante pour l’ensemble des femmes, présentées comme des poupées écervelées incapables de réfléchir.

    Une propagande qui n’aurait pas marché en Europe, même si cette image a tenté de percer chez certains publicistes avec l’arrivée de l’électro ménager…

    Mais nul(le) n’aurait jamais défendu dans les pays européens les « privilèges » des femmes au foyer, dont on a plutôt évoqué la « fonction » ou le «travail à la maison».

    Et si une législation restrictive subordonnait jusqu’en 1965 le travail de l’épouse à l’autorisation du mari, on ne rencontrait quasiment pas d’hommes qui s’y opposaient, raison de la désuétude puis de l’abrogation de la loi.

    Non, en France il n’existe pas d’égérie de l’anti-féminisme.

    Mais les anti-féministes se retrouvent souvent chez les catholiques. 

    Pourquoi, comment ?  ce sera l’objet d’un nouvel article.

    En attendant, aux USA le fameux ERA a enfin été ratifié par 38 états. Il en manquait encore 3 : en 2017 le Nevada ; puis l’Illinois en 2018, fief de Phyllis Schlafly ; le dernier en janvier 2020, fut la Virginie.

    Cependant les anti-féministes ne désarment pas, et disent qu’il est trop tard, la date-butoir étant dépassée. Mais aucun autre amendement n’a été soumis à une telle clause.

    Clause spécifique dès qu’il s’agit d’égalité ? 

    A suivre , donc…

     

    Michelle. C. DROUAULT
     

     


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  • Deux cent à trois cent enfants français de « djihadistes » présumés sont actuellement toujours retenus dans des camps de rétention en Irak ou au Kurdistan irakien.

    Les conditions de vie y sont extrêmement dures au point de vue sanitaire, et ils ne peuvent y recevoir aucune éducation.
     Leur retour aurait été préparé par le gouvernement français, puis annulé au dernier moment pour des raisons qu’il est impossible de connaître.

    Selon certains média, l’hostilité de l’opinion publique au rapatriement de ces enfants-dont une majorité a moins de 6 ans - serait à l’origine de ce volte-face de dernier instant ? 

    Un revirement dont les conséquences se mesurent à l’aide des trois exemples qui suivent :

     

    Récemment , la chaine France 5 a diffusé un reportage exceptionnel de deux journalistes 

    (Sophie Parmentier et Helène Liam Hung) sur le sort de ces enfants, et la réalité de leur situation et de celle de leurs familles.

    Deux couples de grand parents y sont interviewés :

    Suzanne et Marc : en 2015, leurs enfants, un jeune couple accompagné de leurs deux fils de 5 ans 1/2 et 1 an, rejoignent Daesh en Syrie après des vacances en Italie.

    En 2017, réalisant qu’ils ont fait une erreur, ils parviennent à s’échapper. Mais ils sont faits prisonniers par les Kurdes.

    Le père (fils de Suzanne et Marc) est transféré en Irak pour y être jugé. Nous apprendrons qu’il a été condamné à mort. Leur belle-fille est internée avec les enfants au camp de Roj.

    C’est une région où il peut faire 50° l’été et O° l’hiver. On y loge sous des tentes sans aucun confort. L’ainé des enfants, Amid, souffre beaucoup de ne plus aller à l’école ; le second est souvent malade. Cette situation dure depuis deux ans et demi. 

    Les grand parents ont demandé avec insistance le rapatriement des enfants, sans succès.

    L’expédition annulée de 2018, dont ils devaient faire partie, les a désespérés.

    Ils ont alors décidé de partir les voir en Irak, apportant vêtements chauds et médicaments.

    Suzanne et Marc n’ont pu voir leurs petits enfants que dix minutes à peine à travers un grillage, pour des raisons incompréhensibles , puisque les familles d’autres nationalités ont été autorisées à pénétrer dans le camp.

    Depuis, ils continuent à se battre sans relâche pour que la France n’oublie pas Amid et son petit frère. Enfants français, ils jouissent pourtant des mêmes droits que les autres. L’école est dorénavant obligatoire en France à partir de 3 ans, mais pas pour eux…

     

    Lydie et Patrice sont en deuil. Leur fille Julie est morte en Syrie avec son nouveau-né après avoir accouché seule dans un camp avec l’aide d’une voisine, laissant 3 autres orphelins.

    Le père est en prison en Irak.

    Après un combat de chaque jour pour le rapatriement de leurs trois petits enfants, les grands parents ont enfin obtenu gain de cause : ils ont atterri sur le sol français. Après une nécessaire période d’observation et de soins à l’hôpital, les enfants ont été placés en famille d’accueil, et n’ont pu faire la connaissance de Lydie et Patrice qu’au bout de sept longs mois.

    Pendant cette période, les grands parents ont du subir tests et entretiens. Tests ADN pour déterminer leur légitimité, entretiens poussés, qu’ils ont visiblement vécus comme douloureux et assez intrusifs : ils ont du évoquer l’enfance et l’éducation de leur fille décédée…

    A présent, les enfants vont bien, et fréquentent l’école. Ils demeurent cependant en famille d’accueil. (heureusement la fratrie n’a pas été séparée) Leurs grand parents les voient les week- ends, mais n’en ont toujours pas la garde, qu’ils ont demandée par voie judiciaire.

    Ils espèrent…

     

    Enfin, Gladys, rapatriée avec ses deux fils, en a été séparée immédiatement pour être incarcérée tandis qu’ils étaient placés dans deux familles d’accueil différentes, malgré la présence de grands parents.

    Libérée sous contrôle judiciaire, elle attend son procès, et a été autorisée progressivement à revoir ses enfants lors de visites encadrées, puis à les héberger un week-end sur deux et la moitié des congés scolaires. Mais elle court le risque d’être incarcérée à nouveau à l’issue du procès. Gladys était partie à 19 ans rejoindre en Syrie un mari rencontré et épousé sur internet.

    Elle dit se rendre compte de son erreur et espère qu’on tiendra compte de sa volonté de réinsertion.

     

    Ces récits tragiques posent un certain nombre d’interrogations.

    Le reportage s’intitule à juste titre « les enfants du soupçon ». De quoi en effet a-t-on peur ?

    Peut on supposer sérieusement que des enfants de six mois à six ans aient pu être endoctrinés ? Traumatisés par la guerre dans laquelle ils sont nés, pour la plus part, oui !

    Les psychologues qui les suivent confirment que certains sursautent encore au moindre bruit.

    Ils confirment également qu’au milieu de ce chaos, leur seule figure d’attachement solide a été leur mère. Néanmoins, même lorsque celle-ci est libre, on les prive d’elle au quotidien, retardant sans doute leur possibilité de se reconstruire. Lorsqu’il y a des grands parents, ce n’est qu’au bout de plusieurs mois qu’ils peuvent rencontrer ces personnes aimantes qui pourraient les soutenir, alors qu’ils sont en situation d’orphelins.  Pourquoi ?

    La suspicion semble porter , au delà de toute raison, autant sur de jeunes enfants innocents que sur des grand parents désemparés devant les choix ou l’embrigadement de leurs enfants.

    La vision de ce reportage laisse l’impression poignante que les pouvoirs publics croient les enfants « contaminés » par quelque chose, et les grands parents vaguement coupables d’avoir mal élevés leurs enfants ou d’avoir été complices de leur départ.

    La dimension d’embrigadement sectaire de personnes très jeunes (qui auraient été encore mineures voici 40 ans) ne pourrait elle être envisagée avec plus de discernement ?

    Un point crucial demeure : les mères qui ont eu trois à quatre enfants en quelques années ont elles pu être des combattantes ? quel a été leur rôle exactement ? Dans son ouvrage « Le jihadisme français, quartiers, Syrie, prisons »* Hugo Micheron explique après enquête que l’idéologie de Daesh repose sur le contrôle des femmes, regroupées dans des appartements à l’écart des combats et vouées à la procréation. Leur activisme est proscrit. Et même puni… Mais ce confinement même les aurait empêchées de réaliser l’horreur des actes commis par leurs époux (et rendues plus résistantes à une « déradicalisation » mentale ?)

    Toutes ces questions sont très difficiles. Mais méritent d’être posées. Au grand jour. Ainsi l’ « opinion publique » pourrait avoir une vision claire du problème, et non des fantasmes..

     

    Il n’est en tout cas pas acceptables que des enfants majoritairement d’âge maternel et citoyens français, demeurent au risque de leur santé et de leur vie dans des camps d’internement.

    Avons nous donc perdu la mémoire ?

    La situation de ces enfants correspond aux critères de signalement d’enfants en danger : leur santé, leur éducation, leur moralité sont gravement compromis si ils restent en rétention.

    Plusieurs pédopsychiatres de renom (Rufo, Hefez) ont plaidé publiquement pour leur retour, réfutant une méfiance qu’ils jugent absurde, et le qualificatif de « bombes à retardement » Si leur cerveau est si malléable, disent-ils, il l’est aussi dans l’autre sens et il sera aisé de leur montrer d’autres valeurs, surtout si elles s’accompagnent d’un mode de vie sécurisant.

    Ces enfants ne peuvent devenir des « bombes à retardement » que s’ils ont en grandissant, eux, un autre soupçon : que la France, leur pays , les a abandonnés…

     

    Michelle. C. DROUAULT

     

    * Editions Gallimard, parution récente
     

     

     

     

     

     


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  • On ne peut rester insensible aux polémiques hystérisantes sur le « voile » et l’Islam qui ont agité la France ces dernières semaines.
    Il est permis de les croire propices à détourner le regard des problématiques de santé, d’emploi et de chômage, de retraites, d’ailleurs énoncées comme les premières préoccupations des français.
    Ces polémiques se sont dégonflées toutes seules : non, la mère de famille « voilée » prise à partie par un élu du RN alors qu’elle accompagnait une sortie éducative n’était proche d’aucune association fondamentaliste ; non elle n’aurait pu « faire un coup monté », n’étant initialement pas prévue pour cette sortie, et sollicitée en dernière minute en remplacement d’une personne empêchée…
    De même, l’invectiver au nom des victimes du tueur de la Préfecture, étiqueté « terroriste » avant même les résultats de l’enquête, était une erreur à double titre.
    D’une part, la loi de 1905 est très claire : seuls les fonctionnaires de l’Etat sont tenus à la neutralité, PAS les citoyens qui conservent leur pleine liberté de conscience et de manifestation de leur croyance/non croyance dans l’espace public. N’étant pas agent de l’Etat, mais simple parent d’élève accompagnateur, la dame était dans son droit le plus strict en gardant son voile.*
    D’autre part, outre que le lien systématique entre terrorisme et voile est aussi absurde que discriminatoire, il s’est avéré après enquête que Michael Harpon, l’employé de la Préfecture de Paris qui a tué 4 de ses collègues, souffrait de troubles psychiatriques profonds dont on n’avait pas pris la mesure, et n’était lui non plus lié à AUCUNE organisation terroriste.
    Le fantasme de la musulmane voilée liée à l’Islam politique, symbole indécent de l’attentat d’un terroriste sbire de Daesh, s’est donc totalement démenti .
    Mais avant que ces éléments ne deviennent des certitudes, les media ont tendu un micro à tous ceux qui souhaitaient s’exprimer sur le sujet, les plus empressés étant ceux qui font d’habitude leur fonds de commerce des phobies xénophobes . D’autres ont obéi à des peurs irrationnelles bien entretenues. Bref, il s’en est suivi le déversement d’un flot de haine contre les musulmans encore jamais vu ni entendu,  triste frère  des caricatures du Juif publiées dans « Je suis Partout ».
    Le magasine « Télérama » a relevé les discours obsessionnels de certains média sur « Islam et islamisme ; communautarisme et islamisme ; islamisme et terrorisme » et un florilège d’assertions aussi alarmistes que mal documentées.
    Jusqu’à ce que le résultat de ces logorrhées ne s’incarne dans l’acte d’un homme à l’esprit certes fragile, mais aussi ancien élu d’un parti d’extrême droite : deux vieillards ont été grièvement blessés par balles dans l’attaque contre une mosquée à Bayonne, mosquée à laquelle l’agresseur avait voulu mettre le feu…
    Souffler verbalement sur les braises de la haine n’est pas sans risques : les mots blessent et tuent.
    N’est ce pas notre devoir à nous chrétiens de le redire ?
    J’ai été abasourdie par le nombre de personnalités qui ont proposé des mesures liberticides pour tous les citoyens ( revenir sur la loi de 1905, et interdire tous les signes religieux dans l’espace public !) ainsi que par le manque de fondements de propos fantaisistes, contredits par toutes les statistiques et rapports sérieux :non, il n’y a pas plus de filles que de garçons « déscolarisés », ce serait plutôt le contraire les filles étant plus assidues aux études ; non nul n’avait vu de garçonnets réticents à tenir la main des filles… Les problèmes à l’école, ce sont la violence de certains élèves(plusieurs agressions mortelles ont eu lieu devant des établissements scolaires récemment), le manque de moyens, et le burn-out des enseignants (une directrice d’école s’est suicidée le mois dernier) Donc parfois des questions de vie ou de mort.
    Est ce que les pourfendeurs de signes religieux dans l’espace public se rendent compte que cet espace n’est pas neutre ? qu’il comporte de multiples signes voyants du christianisme, religion d’Etat en France durant des siècles ? Un des plus manifestes étant Notre Dame de Paris, dont l’incendie et la destruction partielle ont causé tant d’émoi, montrant bien notre attachement à tous à un patrimoine de culture chrétienne…
    Eglises, basiliques, cathédrales, monastères, se dressent partout. Les œuvres d’art qu’on emmène les enfants voir sont pour beaucoup inspirées  de récits bibliques ou évangéliques.
    Mais on voudrait imposer aux personnes d’autres confessions qui vivent dans ce contexte de changer leurs codes vestimentaires parce qu’ils sont trop voyants ?? Campés devant une cathédrale, nous irions enjoindre à une femme de « cacher ce voile que nous ne saurions voir » ? Faudrait il aussi interdire aux bouddhistes de se raser la tête et de porter la toge rouge ? une dirigeante de parti a même envisagé de demander aux hommes juifs de « faire le sacrifice «  de leur kippa, ne voyant pas l’indécence de parler aux juifs de sacrifice ; ils ont, je crois déjà donné…
    Tout cela est absurde, persécuteur, et ne permet en aucun cas de vivre ensemble.
    Ajoutons que la droite anticommuniste ferait bien de se souvenir que cette élimination de la religion de l’espace public a été la politique du bloc de l’Est pendant des décennies…
    Il faut se faire à l’idée que la France initialement catholique et très intolérante vis à vis des protestants et des Juifs, a fini par se forger une identité avec eux, puis avec les juifs séfarades et les musulmans venus d’Afrique du Nord après la décolonisation.
    Enrico Macias et Zinedinne Zidane sont aussi français que Catherine Deneuve.
    Et le terrorisme ? diront certains. Le terrorisme existe et il doit être combattu. D’où qu’il vienne. Mais pas par des amalgames qui ne servent que le désir de clivage de la population de leurs auteurs. Nous savons bien que le terrorisme islamiste se RÉCLAME de l’Islam, qu’il défigure, et n’a rien à voir avec les millions de croyants paisibles, d’ailleurs premières victimes des attentats en Afghanistan, en Irak, en Syrie ; leur nombre est considérable.
    Les suprémacistes blancs du KU KLUX KLAN se réclamaient entre autres du protestantisme pour tuer des Noirs, des Juifs, et agresser le catholicisme des Italiens et des Irlandais.
    Ils ont vraisemblablement contribué au meurtre d’un pasteur protestant noir, Martin Luther King. Mais personne n’a songé à stigmatiser le protestantisme et ses fidèles aux USA à la suite de ces exactions. Pourquoi ? parce qu’il était majoritaire. L’Islam reste une minorité, même si elle est conséquente. Il s’agit encore et toujours, de rapports politiques de domination.
    Derrière les multiples injonctions faites aux citoyens musulmans, comment ne pas voir le spectre malsain du colonialisme ? On conserverait encore le droit de dicter à ces populations autrefois dites « indigènes » et à leurs descendants, leur conduite et leur tenue….
    Le musulmans  sont bien honnêtes de ne pas s’inquiéter publiquement de la persistance des aumôneries dans les lycées, alors que le scandale des agressions pédophiles par des prêtres catholiques défraie la chronique. Ils le pourraient. Ils ne se plaignent pas non plus des cloches, des processions persistantes dans les villages, ou des « prières de rue » des intégristes catholiques anti-IVG  avec des photos truquées traumatisantes.  De l’Armée du Salut et de ses orchestres (on en voit moins), des Témoins de Jéhovah qui sonnent aux portes…

    Tout ce qu’ils demandent, c’est qu’on les laisse tranquilles.
    Un sondage effectué AVANT l’attaque de la Préfecture par la DILCRAH et la Fondation Jean Jaurés, et publié dans « Le Monde » indique que 42% des musulmans interrogés ont déclaré avoir souffert de discrimination dans l’emploi ; la recherche ou l’attribution d’un logement ; la santé, les contrôles d’identité. Les femmes 2 fois plus que les hommes.
    C’est affligeant.
    Lorsque 42% d’une catégorie de personnes ciblées déclarent souffrir de ségrégation, il s’agit d’une pratique, pas d’une exception.
    Le christianisme est par essence inclusif. Nous ne pouvons tolérer d’exclure personne ; nous ne pouvons tolérer qu’on s’en prenne à nos sœurs, à nos frères, par peur ou par calcul politicien.
    L’historien Gérard Noiriel a publié récemment « Le Venin dans la Plume » un essai qui montre la similitude entre les discours d’Edouard Drumont  dans « la France Juive », et ceux du polémiste contemporain Zemmour sur les musulmans et le soi-disant « grand remplacement ». Cet ouvrage nous ramène à ce que ces alarmes ont de fantasmatique : la France n’est jamais devenue « juive » mais 6 millions d’entre eux ont péri dans les camps nazis…
    Alors, puissions nous chrétiens essayer de verser « du baume dans la plume » au lieu de souffler sur le feu…

    Michelle. C. DROUAULT


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  • C’est avec satisfaction et un certain soulagement que nous avons vu rejeter voici quelques jours l’amendement à la loi de bioéthique permettant l’inscription à l’état-civil français d’enfants nés d’une GPA pratiquée à l’étranger.

     

    Cette modification aurait permis de les inscrire comme issus de leur père(c’est en général avec ses gamètes qu’est pratiquée la GPA) ET de l’épouse du père, « mère d’intention », avec un effacement complet de la mère biologique.
     

    Certains parlementaires avaient évoqué assez rudement un « blanchiment » de la GPA.

    Outre qu’il s’agissait de reconnaître administrativement une pratique strictement interdite en France, l’introduction de la « mère d’intention » comme seule mère entrait en contradiction avec le droit français : celui-ci estime que la mère est celle qui accouche, point.

    Sauf en cas d’adoption pleinière, où il y a rectification de l’acte de naissance, ce qui est un processus différent.

    Ces enfants continueront donc à être déclarés comme ceux de leur père et de celle qui les a portés, puis ensuite adoptés par leur belle-mère, l’épouse de leur père. Pour les couples d’hommes, l’époux du père sera l’adoptant.

    Cette législation lisible et cohérente n’avait pas de raison d’être modifiée. Les enfants nés de GPA n’ont jamais été « sans papiers » comme on a pu le prétendre.

     

    On objectera que dans la PMA, est aussi reconnue comme mère l’épouse de la mère au titre de « mère d’intention ». C’est exact.  Et cela pose problème , car tôt ou tard , l’amendement repoussé reviendra sur la table au motif de  « l’égalité » ; notre société ayant beaucoup de peine à comprendre que l’égalité n’est pas la similarité.

    L’intention n’est pas l’adoption. Elle ne peut à elle seule rendre parent. C’est ce que nous disons pour la GPA.

    S’agit il alors d’un décalque du principe juridique français  selon lequel est le père d’un enfant le mari de sa mère ? Le but étant à l’origine (code de 1804) dans certaines situations, de substituer à un père biologique défaillant, mineur, adultérin, ou « immontrable » car de classe sociale ou de rang inférieur, le père « social » qui léguera son patrimoine.

    Ce principe certes discutable, a permis de camoufler en connaissance de cause ou dans l’ignorance des intéressés, des liaisons réprouvées par les circonstances géopolitiques (guerres, occupations) ou sociales. Peut on le considérer encore d’actualité ? 

    En Europe, on ne jette plus guère l’opprobre sur les mères célibataires (encore que, l’hostilité à la PMA « pour toutes » ne tient elle pas à ce préjugé tenace ?) nous ne sommes plus en guerre et les classes sociales sont assez homogènes

    Mais surtout a-t-il une cohérence pour un couple de même sexe ?

    Quid de l’enfant si les parents se séparent ? Les mouvements féministes luttent à juste titre contre l’indifférenciation des parents lors des séparations, qui nie la relation spécifique d’un enfant à sa mère, et le pôle de sécurité qu’elle incarne. Parce que les parents sont deux femmes, la mère perdrait sa spécificité ? C’est parce qu’elle est celle qui a porté, échangé, donné naissance, allaité, que la mère représente pour l’enfant l’attachement le plus nécessaire ; pas juste parce qu’elle est une femme ! Les gardes partagées avec les « mères d’intention » risquent de s’avérer aussi problématiques…

     

    On peut interroger également cette notion contemporaine récurrente d’ « intention », qui devient prépondérante.

     Je l’ai déjà évoqué brièvement, dans certains pays anglo-saxons, il suffit de se déclarer « femme » de se sentir « femme » et d’avoir l’intention de se comporter comme telle, pour en être une.. Des personnes transgenre ont donc commencé à infiltrer tous les lieux dédiés aux femmes, (refuges, accueil) même lorsqu’ils avaient conservé leur anatomie masculine. D’où des dérapages inévitables, et la terreur des femmes, les « vraies ». Ces personnes ont également « raflé » toutes les premières places de compétition sportive féminine… Elles avaient « l’intention »  d’être femmes, mais gardaient leurs hormones mâles avec la force subséquente.

    Sommes nous dans la société du faux semblant ? du « faire comme si » ?

    Freud disait qu’on ne renonce jamais à un désir…

    Ainsi a été rejeté lors du vote de la même loi sur la bioéthique un amendement visant à permettre aux femmes transgenre s’étant « déclarées »  hommes, mais ayant conservé leur utérus, d’avoir accès elles aussi à la PMA.  La seule idée qu’un enfant puisse avoir une mère qui est socialement un homme pose un énorme problème de repères !!!

     

    Il est à noter que la notion d’ « intention » dépasse la sphère privée.

    On peut à présent être condamné(e) pour avoir eu l’ « intention » de commettre un acte terroriste. Cela peut sembler légitime.

    Mais qu’en est il de celui ou celle qui, ayant tout préparé , réalise l’horreur de ce qu’il va commettre et renonce ?

     

    Le monde moderne souvent nous déconcerte. Mais je continue à déplorer l’absence de débats contradictoires animés, riches , dans les respect les uns des autres, qui nous permettrait de poser tranquillement toutes ces questions sur la table. Sans postures partisanes. Et d’y voir plus clair, dans l’intérêt de ceux et celles qui bâtissent notre avenir : nos enfants et petits enfants.

     

     

     

    Michelle .C. DROUAULT

     


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