• Samedi 24 Novembre 2018 a eu lieu dans toute la France une grande manifestation contre les violences faites aux femmes, intitulée « NOUS TOUTES ».

     

    Les violences faites aux femmes et aux filles sont hélas universelles, nous le voyons tous les jours.

    Cependant , la plus grande et la plus odieuse consiste en une élimination précoce des fœtus féminins, ou des petites filles à la naissance, dans un véritable processus d’ »épuration sexiste ».

    Ces pratiques sont majoritaires en Asie. En Chine, la politique de « l’enfant unique » à présent abandonnée, a conduit pendant des années les couples, tenaillés par le désir d’avoir un garçon, à demander des avortements de fœtus féminins. En Inde, dans les zones urbaines où les échographies sont usuelles dans la surveillance des grossesses, les avortements de fœtus féminins sont monnaie courante.

    A tel point que certaines régions ont interdit aux médecins de divulguer cette information aux futurs parents. Sans grand succès : les cabinets privés, non soumis à cette réglementation, sont légion…

    Mais c’est au Radhjastan qu’une pratique atroce perdure, sous le prétexte d’une « tradition » ancestrale ré-affirmée sans états d’âme par les « sages » des villages : l’étouffement des bébés filles à la naissance. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une négation de l’humanité des filles.

    Lorsque la mère refuse de s’en charger elle-même, c’est la belle-mère qui prend l’enfant et l’enterre vivante dans le sable… Plusieurs reportages, dont un récent sur ARTE, ont montré des mères dévastées, et rongées par le chagrin et le remords de ce qu’on les avait contraintes à faire ou à accepter.

    Quelques femmes courageuses résistent. L’une d’elles, épaulée par son mari, a réussi non seulement à garder sa propre fille en vie et prés d’elle, mais aussi à « rescaper » une ou deux filles de son village, qui de surcroît vont à l’école. Une jeune fille portant ainsi le « complexe de la survivante » est filmée entourée de garçons : les enfants sont tous des garçons dans ces villages. Où rencontrent ils plus tard des épouses pour fonder une famille ? le reportage ne le dit pas.

    Ne même pas reconnaître à des personnes le droit de vivre pour ce qu’elles sont, est le summum de la barbarie.

    Redisons tout de suite que cette élimination n’a aucun lien avec la religion. Le bouddhisme, l’hindouisme et l’Islam les condamnent également. Et pour les pouvoirs civils, ce sont légalement des crimes. Mais ils ne sont jamais dénoncés. Une omerta tacite scelle les lèvres. Et les femmes qui se risqueraient à appeler la police seraient elles mêmes en danger de mort : une des mères interviewées a du se réfugier chez une amie par peur de représailles de son époux pour « avoir parlé ». Ceux qui s’obstinent à perpétuer cette « tradition » savent donc très bien qu’ils agissent mal. Pourtant, ils continuent…

     

    Au Yémen, en sus du conflit qui provoque misère et famine, ce sont les mariages de fillettes qui sont préoccupants, et connaissent un pic inquiétant.

    Selon l’UNICEF, 52% des filles yéménites sont mariées avant 18 ans, dont 14% avant 15 ans.

    Certaines n’ont que 10 ou 12 ans.

    En 2017, 250 filles ont été mariées de force. 120 ont été hospitalisées dans les premières semaines de leur mariage, et 12 n’ont pas survécu à leur nuit de noces. 6 se sont suicidées.

     Par la suite  de nombreuses jeunes femmes sont mortes de complications dues à des grossesses précoces et à l’accouchement.

    Mais en ce moment , des ONG expliquent que la famine et le désespoir poussent de nombreuses familles à « vendre » leurs filles, mêmes pré-pubères, aux pays voisins pour pouvoir nourrir leurs frères et sœurs.

    Les pays  qui vendent des armes à ceux qui bombardent les civils yéménites, les hôpitaux et les points de ravitaillement , peuvent être considérés co-responsables  de ces crimes.

    Mourir de faim ou être vendue, voici l’alternative pour les filles yéménites.

     

    Et en France ?

    En France, on a déploré 130 féminicides (femmes tuées par leur compagnon ou ex-conjoint ou partenaire) en 2017.

    Une femme meurt tous les 3 jours sous les coups d’un homme qu’elle connaît.

    A cela se sont ajoutés 25 enfants tués dans un contexte de séparation, dont 16 avec leur mère.

    La période de séparation est la plus à haut risque pour une femme ET ses enfants.

    225 000 femmes ont été victimes de viol ou de tentative de viol, mais le nombre de condamnations pour ce crime est paradoxalement en baisse.

    Les viols sur mineures ont été particulièrement pointés du doigt par les manifestantes : la France est un des seuls pays européens à ne pas avoir de véritable seuil d’âge en dessous duquel le consentement est juridiquement impossible. Il varie entre 12 ans à 16 ans dans les autres pays d’Europe.

    Les procès dans lesquels la justice recherchait le consentement/non consentement de fillettes de 11 ans agressées par des hommes de deux à trois fois leur âge ont défrayé la chronique.

    Car ici le non-consentement d’une enfant n’est avéré qu’en dessous de 5 ans !!

    Un de ces jugements a heureusement été révisé. Mais la récente loi sur les agressions sexistes et sexuelles n’a toujours pas déterminé ce seuil irréfragable.

    Les réticences des députés et des magistrats demeurent inexplicables.

     

    Par ailleurs, l’écart de salaires entre les hommes et les femmes stagne à 20% et jamais le harcèlement sexuel ou moral au travail n’a été si fréquent.

    Posons nous la question : les femmes de notre pays se sentent elles en sécurité dans leur vie de citoyenne, de travailleuse, de compagne et de mère ?

    Il semble bien que non….

     

    « NOUS TOUTES » , ce sont les femmes du monde. Toutes solidaires, toutes debout.

    Partout en ce monde , les femmes peinent à trouver leur autonomie : 41 pays ne reconnaissent comme chef de famille qu’un homme ; 27 gardent intégré dans la loi le fait qu’une femme doive obéissance à son mari ; 24 exigent encore la permission d’un homme (époux, père) pour qu’une femme exerce un emploi.

    Du travail en perspective.

     

     

    Michelle .C. DROUAULT

     


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  • « Qui donc aujourd’hui sabote la paix et la vérité pour imposer une vision sociétale coercitive ? Les intégristes de toutes les religions ».

     

    Ainsi s’exprime, sur le site de « Témoignage Chrétien » J.M DUFLOVE, dans un article intitulé « le Trump d’Avignon », où il fustige « la bêtise et la méchanceté » de l’archevêque du lieu, Mgr Cattenoz…

    Qu’a fait le prélat ? Il a utilisé son temps d’homélie lors d’une messe radiodiffusée sur « France Culture » comme une tribune pour diffuser des idées que nous qualifieront de « radicales ».

    L’archevêque a émis des plaisanteries douteuses sur les personnes homosexuelles et transgenre, les marquant ainsi comme exclues de la communauté chrétienne. Nous ne voyons pas quel rapport cela peut avoir avec l’Amour et la spiritualité.

    Ces sarcasmes veulent ils dire qu’il s’imagine que l’on se réveille un matin en faisant le « choix » de telle ou telle orientation sexuelle, histoire de faire enrager l’ordre établi ??

    Des auditeurs ont certainement été blessés, pour eux mêmes ou leurs enfants.

    Il a ensuite mis pêle-mêle dans le même sac, sans aucun souci de vérité scientifique ou historique, l’avortement, le suicide assisté, la PMA la GPA, l’eugénisme ; l’ensemble ayant pour cause l’ »esprit« de Mai 68 !

    Cet esprit qu’il accuse, c’est avant tout une tentative de libération de la classe ouvrière française, dans la plus grande grève ouvrière du XXéme siécle, et qui a abouti aux accords de Grenelle. A côté d’un tel mouvement social, le mouvement étudiant peut paraître anecdotique.

    Mais nous pouvons nous douter que Mgr n’est pas proche de la JOC( Jeunesse Ouvrière Chrétienne)….

     

    Cependant le pire, dans cette rage purificatrice, est ce qui a valu à France Culture une avalanche d’interventions d’auditeurs indignés(auditeurs catholiques, puisqu’ils écoutaient la messe !) :une diatribe en règle contre le transfert au Panthéon des cendres de la défunte Simone Veil.

    Il n’est jamais glorieux de tenter de dévaloriser un mort.

    Lorsque la défunte est une ancienne déportée, inlassable combattante pour la justice, décédée avec les plus hautes distinctions de la République, cela frise l’indécence, et ces propos sont résolument antirépublicains.

    Certes , comme le souligne l’auteur de l’article, ce dénigrement est une insulte à tous ceux qui ont résisté au nazisme et à Vichy dés 1940, pendant que le clergé demeurait majoritairement silencieux.

    Mais surtout , le plus ignoble que nous dise cet archevêque , c’est que peu importent les persécutions des Juifs, peu importe Auschwitz, peu importent le courage et la dignité de Madame Veil dans tous ses inlassables luttes pour un monde plus juste, peu importent les Palmes Académiques : « tota mulier in utero » !

    La seule chose que ce triste sire regarde, c’est la désobéissance de cette femme à l’ordre patriarcal. Oui, elle a voulu le changer. Elle a voulu que cessent les morts terribles et injustes de mères de famille(la plus part des avortées étaient mariées, et n’avaient nullement des vies dissolues comme les conservateurs ont essayé de la faire croire)

    L’archevêque prétend avoir pleuré sur l’honneur fait à Madame Veil ET à son mari,  dont il semble oublier la présence.

    A t-il pleuré sur les millions d’enfants morts en déportation, et qui n’ont pas de tombe ?

    Lui qui compare l’avortement au nazisme sans avoir la moindre idée de que signifiait concrètement le nazisme pour les déportés, a-t-il pleuré sur les enfants qui ont servi d’objets d’expérimentation au Dr Mengelé ? Sur les nouveaux nés dont on brisait le crâne à la naissance ?

    Et a présent pleure-t-il sur la destruction physique, psychique et morale de milliers d’enfants par des abus et agressions sexuels commis sur eux par des prêtres ? Car c’est cela l’enjeu actuel pour l’Eglise catholique : ne pas être anéantie par ceux qui l’ont déshonorée.

    A l’heure où nous écrivons ce texte, aux révélations d’abus sur mineurs par des écclésiastiques au Chili, en Australie, s’est ajouté le scandale de l’Etat de Pensylvannie aux USA, où plus de mille enfants ont été abusés par des prêtres (300 environ !) durant des années avec la complicité passive d’évêques, qui n’ont RIEN fait pour qu’ils cessent.

    Le respect de la vie commence là : le respect de la vulnérabilité des enfants qui vous sont confiés.

    Où sont donc les larmes de l’archevêque, si prompt à faire la morale ? ce sont ces prêtres prédateurs qui ont décidé qu’il était « interdit de leur interdire » quelque plaisir que ce soit.

    Le pape François a dit ressentir « honte et colère », et vouloir « éradiquer cette erreur tragique qui a détruit la vie d’enfants innocents ». C’est avec satisfaction que nous entendons ENFIN le constat que les abus sexuels sur les enfants sont un meurtre psychique. 

     

    En France, les imams qui prononcent des prêches haineux troublant les esprits et l’ordre public sont à juste titre, soit expulsés si ils sont étrangers, soit interdits de parole publique s’ils sont français.

    Les propos de Mgr Cattenoz étaient une incitation à la détestation des personnes homosexuelles, à la haine des femmes, et un mépris des choix de la République sur ceux et celles qu’elle honore.

    Le radicalisme n’est pas que musulman : des homosexuels sont agressés tous les jours, ; des femmes sont battues tous les jours, tuées tous les 3 jours, et leurs droit bafoués, avec le soutien moral de telles vociférations.

    Les autorités républicaines ne seraient elles pas bien inspirées de ne tolérer aucune exception à l’interdiction d’exprimer de la haine, quelle que soit la religion concernée ?

    Si la République ne « reconnaît ni ne subventionne aucun culte »(loi de 1905), elle ne doit avoir d’indulgence pour aucun religieux qui la remet en cause, à fortiriori sur les ondes, touchant des milliers d’auditeurs…

     

     

     

    Michelle. C. DROUAULT

     


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  • Dans une interview à la « Revue des 2 mondes », Rémi Brague, professeur de philosophie, membre de l’Académie des Sciences morales et politiques, évoque « l’élargissement du regard »(…) et même de l’Humain(…) qu’a introduit le christianisme dans l’évolution des religions.

    Selon lui, avant la période évangélique, n’était considéré comme humain qu’un mâle adulte, non esclave et citoyen(Romain ou Grec) à l’exclusion de tout autre(les étrangers, ou « métèques ») ; ou un mâle juif circoncis et introduit dans la communauté.

    Le bouleversement aurait été introduit par Saint Paul avec son célèbre constat : « Il n’y a plus ni juif ni grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme ; nous sommes tous égaux et unis dans le Christ »…

    Avec une certaine ironie bienveillante, Brague estime que St Paul(lui même juif à l’origine) déconstruit là une des principales prières juives, où l’homme remercie Dieu de ne pas l’avoir fait naître païen, femme ou esclave.

    Par le christianisme, nous sommes donc toutes et tous pleinement , également humains.

    Il me semble par conséquent extraordinaire de voir combien ceux qui ressassent les « racines chrétiennes » de l’Europe(alors que le christianisme européen n’est qu’une importation de celui d’Orient), dévoient et trahissent ce message fondamental, en créant des exclusions à cette humanité universelle, et en refusant d’accueillir les migrants ou en les regardant se noyer sous leurs fenêtres ; quand ce n’est pas , comble de l’horreur et de la contradiction, en étalant des banderoles « Vous n’êtes pas les bienvenus » à leurs prochains…

    Poursuivant son propos, Brague remarque que le christianisme ne comporte aucune prescription sur le quotidien des fidèles : habillement, alimentation, vie intime.

    D’après lui, les « commandements de l’Eglise » sont des conseils, auquel nul n’est tenu dans l’absolu de se conformer. Les seuls commandements sont le Décalogue, enrichi et transformé par l’amour du prochain prêché par Jésus. « Toute la loi est renfermée dans ce seul précepte : Vous aimerez votre prochain comme vous même » (Galates, 5, 14) On ne demande au fidèle rien d’autre.

    Je me suis à nouveau interrogée sur les raisons qui ont pu faire de ce nécessaire « élargissement du regard », et de cette foi non prescriptive, un canal de pensée conservatrice et oppressive pour les femmes, au point que le catholicisme leur dénie à nouveau la qualité d’être humain lorsque leur vie ou leur santé est mise en danger par une grossesse, ou que celle-ci résulte d’un crime. Il ne leur est proposé que le martyre obligatoire. Ce qui n’a aucune valeur puisqu’il doit être choisi en toute liberté : « au moment d’entrer librement dans sa Passion » nous dit la Liturgie à propos de Jésus.

    Comment ce même christianisme libérateur s’est t- il laissé instrumentaliser pour proclamer que le seul mode de vie possible soit la famille nucléaire hétérosexuelle ?

    On ne peut dire que la Bible, riche en rebondissements, offre ce type de modèle ; quant à la « Sainte famille », c’est une construction du XIX éme siècle, élaborée dans des buts démographiques, idéologiques, politiques, dans une alliance avec les gouvernements conservateurs du capitalisme industriel. Tous les historiens sérieux s’accordent à supposer que Jésus avait de nombreux frères et sœurs :Trois évangélistes, Jean(2, 12),Luc (8, 19), Marc(3, 32) évoquent la mère et les frères de Jésus qui le cherchent, c’est à dire sa famille.

    Les apôtres étaient mariés, et vivaient en famille élargie. Et les dialogues de Jésus avec des femmes de tous horizons nous disent qu’à ses yeux, ce n’est pas leur mode de vie mais leur foi qui est importante. (La Samaritaine aux 5 maris , dont le dernier est un concubin) St Paul évoque d’ailleurs « le primat de la foi sur toute pratique ».

    Alors ?  On serait tentée de répondre que la principale explication réside dans la confiscation par des personnes de sexe masculin du message chrétien, bien que de nombreuses femmes des premières communautés chrétiennes soient nommées dans les Actes des Apôtres.

    Ce message aurait –t-il semblé si dangereux aux mâles hétérosexuels que, voyant leur hégémonie menacée par son essence même, ils se seraient dépêchés de le détourner pour l’adapter à leurs intérêts, gardant au passage quelques concepts païens et/ou juifs ? (la soi-disant impureté des femmes en est un exemple).

    Quand au jugement sur les autres, à la frénésie de vouloir réglementer leur vie amoureuse et sexuelle, ce sont là des notions soit contraires aux préceptes évangéliques(« Ne jugez point , afin  de n’être point jugés ») soit inexistantes. Seuls sont condamnés l’adultère, et la répudiation unilatérale qui existait seule à l’époque, en raison de la « dureté de cœur » masculine dénoncée par Jésus.

    Le même St Paul se montre d’ailleurs fort circonspect envers les pourfendeurs d’impureté :

    (Romains, 14, 14) : « Je sais et je suis persuadé selon la doctrine du Seigneur Jésus, que rien n’est impur de soi-même, et qu’il n’est impur qu’à celui qui le croit impur ».

    Autrement dit, ce sont les puritains qui pensent à mal…. 

    Aussi la plus grande prudence s’impose au sujet des religions devenues « radicales », ou « déformées ». Exhorter sans cesse les fidèles de l’Islam à réformer cette confession est risible si nous ne balayons pas devant notre porte : on a fait d’un message révolutionnaire et universaliste quelque chose d’étriqué, bourré d’injonctions inventées, instrumentalisé par les pires conservateurs misogynes et homophobes, voire xénophobes… 

    La plus choquante instrumentalisation récente, d’une véritable indécence, a été celle d’un politique américain. Pour justifier les séparations des enfants de leurs parents migrants clandestins à la frontière mexicaine,  qui ont ému le monde entier, il s’est servi de citations bibliques tronquées : aux nombreux citoyens et parlementaires catholiques ou protestants qui s’insurgeaient avec raison, même à l’intérieur du camp républicain, il  a opposé l’obéissance prônée aux chrétiens par le même St Paul aux lois des pays qu’ils habitent et aux gouvernants. 

    Or de nombreux théologiens estiment que certaines recommandations de l’apôtre ne sont que des réponses à des questions incessantes posées par des communautés encore balbutiantes et fort indisciplinées ; la situation des chrétiens étant encore très difficile, avec des persécutions fréquentes, il n’allait pas leur conseiller la révolte ouverte ! Transposer cette directive de nos jours est faire preuve d‘une honteuse mauvaise foi. Mais surtout, se servir d’une religion caractérisée par l’amour du prochain pour justifier des traitements de torture morale, est immonde.

    L’intervention de cet homme m’a offensée en tant que chrétienne. J’ai senti mes convictions bafouées, trahies au service de l’horreur la plus inhumaine, celle qui s’attaque aux vulnérables que sont les enfants. « Je vous le dis en vérité qu’autant de fois que vous aurez manqué à rendre assistance à l’un de ces plus petits, vous aurez manqué à me la rendre à moi même »(Matthieu, 25, 45). On ne saurait être plus clair. Mépriser ou maltraiter les enfants, c’est mépriser Dieu. » Quiconque reçoit en mon nom un petit enfant comme celui-ci me reçoit, et quiconque me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé » (Marc, 9, 36)

    Curieusement, nous n’avons pas été nombreux à nous indigner de cette forfaiture et de cette duperie grossière. Nous n’avons pas été nombreux à démontrer cette imposture en citant les véritables paroles qui indiquent le respect inégalable dû aux enfants dans le christianisme.

    Pourquoi, je n’en sais rien. J’espère que mes lecteurs et lectrices excuseront ce foisonnement de citations, elles m’ont paru fondamentales.

    A grincer des dents en lisant les légitimations oiseuses de ce triste sire, je me suis sentie saisie d’une immense compassion pour mes frères et sœurs musulmans qui entendent si souvent des  déformations absurdes de leurs textes sacrés pour justifier l’injustifiable.

    C’est une insondable douleur. Qu’ils me permettent de la partager avec eux.

    Et je ne comprends pas pourquoi, alors qu’il n’est pas de jour où une tribune, un journaliste, un politique, ne pérore sur le nécessaire « aggiornamento » de l’Islam (sans être musulman en général), ces propos n’ont pas provoqué semblable polémique ? On doit remercier les citoyens américains juifs ou musulmans de ne s’être pas indignés en clamant » On ne s’attaque pas aux enfants au nom de Dieu ! les chrétiens ne doivent pas tolérer cela ! ». Peut être certains l’ont ils fait ?  Un pareil chantage, menacer les immigrants d’être séparés brutalement de leurs enfants, est une forme de terrorisme. Invoquer d’hypothétiques lois divines est une ignominie.

    Qui n’enlève rien, hélas aux autres terrorismes.

    Qui que nous soyons, quels que soient notre sexe, notre orientation sexuelle, notre statut, notre ethnie ; et quelle que soit notre confession, ne laissons pas des personnes ou des groupes assoiffés de pouvoir s’approprier Dieu pour être son ventriloque.

       

    Michelle C. DROUAULT

         


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  • Deux faits récents ont attiré mon attention. Et m’ont plongée dans l’inquiétude la plus profonde sur l’avenir de notre pays.

     

     Dans la soirée du 10 Mars dernier, Benoit D, pisteur-secouriste dans le briançonnais, effectue une maraude avec un camarade du côté du col de Montgenèvre.

     

    Il neige. Il rencontre une famille de migrants : le père , la mère et deux enfants de 2 et 4 ans.

    Ils ont traversé à pied la frontière avec l’Italie, et sont gelés. Enceinte de 8 mois et demi et épuisée, la mère ne peut plus marcher. Elle a des contractions.

    Benoît D et son co-équipier proposent immédiatement de conduire la famille en voiture à l’hôpital le plus proche, afin que la dame soit prise en charge. Ils acceptent tout de suite.

    A 4 kms de Briançon, leur véhicule est stoppé par un barrage de la PAF(police de l’Air et des Frontières). Les secouristes expliquent qu’ils doivent conduire d’urgence la mère de famille à l’hôpital : les contractions ses sont rapprochées et elle ne va pas bien.

    Les policiers refusent de les laisser partir, pour contrôler l’identité de chacun, et évaluer la situation. La dame commence à se tordre de douleur sur le siège arrière, car visiblement l’accouchement s’annonce mal. Les enfants sont affolés et crient. Les secouristes insistent sans succès pour qu’on les laisse poursuivre leur route.

    Les policiers appellent les pompiers , qui mettront une heure à arriver ; un peu plus d’une demi heure d’après les policiers. Tout ce temps , la parturiente n’aura rien pour la soulager. Les secouristes ont été glacés par l’impassibilité des policiers face à ses cris de douleur et à la panique de sa famille.

    Conduite à l’hôpital par les pompiers, cette dame se verra pratiquer de justesse une césarienne.le bébé va bien. Mais c’est sur la demande expresse de l’hôpital que sa famille a pu la rejoindre : la PAF voulait garder le père et les enfants.

    Une semaine plus tard, Benoit D se voyait notifier une convocation judiciaire pour « aide au séjour irrégulier » d’étrangers sur le sol français. Il risque 5 ans de prison et 30 000 euros d’amende.

    Parallèlement la CIMADE a interpellé le Ministère de l’Intérieur sur la mise en danger de la vie d’une mère et de son nouveau-né par l’acharnement des contrôles de police.

     

     Six jours plus tard, le 16  mars vers 19 h,  16 cars de gendarmes et 50 gendarmes font irruption au domicile familial de Mme T, dans la Haute Loire, afin de lui enlever de force ses jumeaux de 3 ans pour les confier au père SANS QU’ IL EXISTE AUCUN CONTEXTE DE MALTRAITANCE, et contre l’avis des services sociaux, qui ont refusé de participer à cette intervention musclée. Ceci sur la foi d’un jugement étranger, et sans attendre le résultat d’une médiation internationale, prévu le 24 Mars.

     

    Les enfants n’avaient jamais quitté leur mère depuis leur naissance.

    Épouse d’un citoyen américain vivant en Irlande, Mme T l’avait quitté en 2016 avec ses enfants pour revenir vivre avec ses parents à L. Un contexte d’alcoolisme et de violence semble être à l’origine de cette rupture.

    Depuis 2017, le père ne se serait pas caché de vouloir emmener les enfants avec lui pour revenir aux USA, contre le consentement de la mère, qui les a élevés. Il avait obtenu, on ne sait comment , un jugement d’un tribunal irlandais en sa faveur.

    En 24 h les enfants, dont on devine facilement le traumatisme et l’angoisse, ont été emmenés dans un lieu tenu secret où la mère n’a pu les voir alors quelle n’était aucunement déchue de son autorité parentale, puis remis au père.

    Celui-ci, en 48 h les a effectivement emmenés aux USA. Venue en Irlande s’expliquer avec le tribunal, Mme T n’a pu que constater leur disparition. Depuis cette date elle n’a pu ni voir, ni entendre ses enfants, ou avoir de leurs nouvelles. Elle ignore leur adresse, ce qui est contraire à toutes les législations existantes.

    Les propos des autorités françaises qui ont autorisé cet enlèvement ahurissant sur des bases contestables, demeurent embarrassés et contradictoires.*

     

    Je ne ferai pas de commentaires sur ces tristes affaires.

    Je laisse juste mes lecteurs et lectrices imaginer le désarroi, l’angoisse, le choc, des familles que j’ai citées, et des enfants en particulier (5 en tout), qui ne semblent plus protégés contre des dérives certaines, où on cherche en vain une trace d’humanité.

    Seules les presses régionales se sont faites l’écho de ces 2 évènements.

    Et parfois, ils m’empêchent de dormir.

    L’image du colonel Beltrame me signifie alors de ne pas désespérer….

     

    Michelle. C. DROUAULT.

     

     * Paradoxalement, on se souvient de dysfonctionnements de services de police n’ayant pu « tracer » une famille gravement maltraitante, suite à des déménagements successifs.

    L’enfant était décédé. Quels moyens pour quelles situations ?


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  • « En tant que mouvement chrétien , nous ne nous reconnaissons pas dans l’appel de la « Marche pour la Vie », relayé par de nombreuses associations de fidèles et responsables catholiques.

    Nous dénonçons les messages de culpabilisation,  d’intolérance et de haine portés lors de ces marches sous couvert de valeurs chrétiennes.

     

    Aujourd’hui dans l’Église catholique, et aussi au sein de notre propre mouvement, des personnes restent en questionnement face à l’IVG.

     

    Nous souhaitons ouvrir un espace de dialogue sur l’IVG. »

     

    Auparavant, les auteurs de ce texte avaient exprimé reconnaître comme un « droit fondamental pour les femmes et les couples d’avoir recours à l’IVG », phrase retirée du corpus…

     

    Ce simple appel, écrit voici quelques semaines par le MOUVEMENT RURAL DE JEUNESSE CHRÉTIENNE (fondé en 1963), a été l’objet  d’indignations et d’oukases divers, qui ne semblent pas permettre une quelconque ouverture à un débat pourtant nécessaire.

     

    Le porte-parole de la Conférence des Évêques de France dénonce dés le lendemain des propos « contraires à ce que dit l’Église », suivi par Mgr Ginoux, qui ne souhaite plus subventionner le mouvement, et quelques autres indignés. Certains, tel l’évêque de Montauban, dénient même au mouvement le droit de se dire catholique…

     

    À contrario , des soutiens viennent de la Mission de France, qui évoque l’ardeur de l’ensemble de la MRJC à lutter contre les inégalités, en phase avec le pape François ; de la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) et des Scouts et Guides de France.

     

    Enfin un autre évêque déplore à mots couverts que des subventions puissent être utilisées, non comme soutien, mais comme moyens de pression.

     

    Ce mouvement de jeunes peut être grandement remercié pour avoir jeté un pavé dans la mare.

     

    Si ces positions sont « contraires à ce que dit l’Église », sont elles contraires à ce qu’à dit le Christ ? Non, à mon sens.

     

    On peut étudier scrupuleusement tout le Nouveau Testament , on ne pourra y trouver aucune évocation de l’avortement, ou de la limitation des naissances. Aucune.

     

    L’Ancien Testament n’est pas en reste. Rien.

     

    Il s’agit donc d’une simple interprétation, tout à fait contestable, du commandement de Dieu « Tu ne tueras point ».

     

    Cet intérêt pour les embryons est tout à fait récent, et date du XIX ème siècle, comme nous l’avons indiqué dans un précédent article. Auparavant, l’Église estimait condamnable l’avortement après que le fœtus « se soit animé » c’est à dire à partir de trois mois de grossesse, ce qui est exactement la limite légale de l’IVG en France (12 semaines).

     

    L’Église ne s’intéressait pas au sujet, et s’est fait harceler par des médecins catholiques, qui ont obtenu, à force de pressions, une molle condamnation du Pape Pie IX…le dilemme était de taille, et il l’est encore : jusqu’alors, la vie des femmes était considérée comme sacrée, à l’instar de toute vie.

     

    Donc on pensait effectivement qu’en cas de grossesse pouvant conduire à la maladie ou la mort, on ne pouvait mettre en danger une femme souvent déjà mère pour sauver un hypothétique enfant, en détruisant une famille composée dorénavant d’orphelins… Ce qui était le bon sens même.

     

    Le XIX ème siècle s’est montré d’une rare misogynie. C’est celui où dans la société civile, les médecins prennent le pouvoir sur la vie quotidienne sous couvert d ’hygiénisme (certaines des mesures adoptées seront bonnes et salutaires) et mélangent la santé et la morale. Le discours scientifique crée des normes. Les déviances sont annoncées, la répression de la déviance suit.

     

    Celle des femmes « déviantes » est particulièrement impitoyable.

     

    Et une coutume fréquente veut que, dans les accouchements à complication, sauf avis contraire du mari qui conservait ainsi droit de vie et de mort sur son épouse, on sauve en priorité l’enfant avant la mère…

     

    Voilà quel fût le cadre sociétal de l’interdiction totale de l’avortement.

     

    Un embryon de quelques millimètres , sans colonne vertébrale ni système nerveux, aurait –t-il plus de droit à l’existence qu’une mère de famille? C’est la question que se posent de nombreuses catholiques.

     

    Pour mémoire un embryon de 2 semaines mesure deux dixièmes de millimètre de diamètre(il est invisible à l’œil nu) ; de 3 semaines, cinq dixièmes de millimètre à 1mm ; de 5 semaines, six millimètres ; 8 semaines deux centimètres :--(ces deux petits traits).

     

    Il ne possède une colonne vertébrale qu’à dix semaines.

     

    Le considérer comme un être humain vivant relève de l’imaginaire ou de l’idéologie.*

     

    Cependant, malgré ces données scientifiques fiables, l’effet de propagande est tellement fort que Francis Kaplan, historien des sciences, cite la croyance de 40% des étudiants d’une université Australienne en la présence d’un cerveau chez un embryon de 2 jours…

     

    Un enfant est créé par l’amour de sa mère. Elle en aime la projection, elle aime « à l’avance » (termes de JP Sartre) l’enfant qu’il sera. Ce n’est pas l’embryon en tant que tel qu’elle chérit. C’est l’idée de l’enfant. Si cet amour fait défaut, s’il est impossible de par les circonstances,

     le processus de création s’arrête, et la mère deviendrait alors une simple mère porteuse, procédé pourtant hautement réprouvé(à raison) par l’Église.

     

    Il est à noter d’ailleurs que celle-ci est dans l’incohérence : elle n’organise ni baptême ni funérailles pour ces supposés êtres vivants embryonnaires.

     

    Mais l’hostilité de l’Église ne se limite pas à l’IVG (interruption volontaire de grossesse).

     

    L’Église catholique est la seule, l’unique institution religieuse à ne pas respecter le droit à la vie des femmes, car elle n’admet pas l’avortement même en cas de danger pour la santé ou la vie de la mère, contrairement à d’autres branches du christianisme. (orthodoxes, protestants).

     

    La très catholique Irlande a admis du bout des lèvres en 1983 par un 8 éme amendement à sa Constitution « le droit égal à la vie de l’enfant à naître et de la mère pendant la grossesse ».*

     

    Phrase interprétée en général dans un sens défavorable à la mère.

     

    Citons quelques tragédies humaines dictées par le fanatisme :

     

    Chacun se souvient du drame de cette jeune résidente irlandaise morte d’une septicémie parce qu’on lui avait refusé l’avortement d’un fœtus non viable au motif que le cœur battait toujours alors qu’elle souffrait déjà d’infection gravissime.

     

    De même une italienne, Valentina Milluzzo, est aussi décédée en Octobre 2017 d’un refus d’avortement alors que sa vie était menacée.

     

    Pourtant la grossesse était désirée. Enceinte suite à une FIV, Mme Milluzzo attendait des jumeaux. A la 17 éme semaine de grossesse, l’un des fœtus a été atteint de détresse respiratoire, et d’un syndrome risquant d’entraîner le décès de l’autre fœtus et de la mère. Sous le prétexte qu’un des fœtus vivait encore, le médecin a refusé une interruption thérapeutique de grossesse. Les deux jumeaux et la mère sont décédés quelques heures après. La famille a porté plainte.

     

    Au Salvador la jeune Béatriz a été empêchée d’avorter d’un fœtus sans cerveau, atteint de lupus anacéphalique. Elle a finalement obtenu une césarienne à 26 semaines, et a accouché d’un bébé mourant qui « faisait peine à voir » a dit un soignant.

     

    Récemment, toujours au Salvador, Téodora Vasquez a été libérée après 7 ans de prison effectués simplement pour avoir accouché d’un bébé mort-né à 9 mois de grossesse. A l’origine, elle avait été condamnée à 30 ans d’incarcération ! Les ONG se sont saisies de son cas : victime d’une hémorragie sur son lieu de travail(est il raisonnable de faire travailler une femme enceinte de 9 mois ?) elle n’avait pu être secourue à temps et pendant qu’elle gisait inconsciente, le bébé était mort.

     

    Son cas n’est pas isolé. Les prisons du Salvador sont remplies de femmes incarcérées pour des fausses couches spontanées ou des morts in utéro.

     

    Ces femmes étaient des femmes jeunes, mariées, heureuses et dans un projet de famille, brisé par la « conscience » de médecins obscurantistes.

     

    Ces positions intenables contreviennent totalement à l’enseignement du Christ, qui prescrit en premier « d’aimer son prochain comme soi même » : « Mon commandement, le voici :  aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés »(Jean, ch 5 , verset 12)

     

    Est-ce aimer son prochain de lui infliger un martyre obligatoire ?(la jeune irlandaise est morte dans de grandes souffrances) ; de le sanctionner pour la perte d’un enfant en privant de surcroît les enfants vivants de leur mère (le fils de Mme Vasquez ne l’a revue qu’à 14 ans !)

     

    De lui infliger l’horreur d’accoucher d’un bébé difforme et mourant  ?

     

    Il est d’autant plus facile aux prélats de tenir ces discours insensés qu’ils sont hommes , et totalement à l’abri d’une grossesse. Que les autres souffrent et meurent, donc !

     

    On pourrait aussi estimer ces interdits sans nuances proches de la position des pharisiens qui se scandalisaient que Jésus guérisse quelqu’un le jour du Sabbat. Fallait il laisser mourir cet homme? Le plus important est il le règlement, ou l’Humain et la compassion? Il me semble que le Christ a répondu clairement.

     

    Et que c’est même cela qu’Il est venu questionner.

     

    L’avortement n’est pas non plus autorisé pour les catholiques en cas de viol ou d’inceste.

     

    C’est à dire que l’Église se sert de la Science quand cela l’arrange, et clame que la vie (quelle forme de vie ?) commence à la conception ; mais elle ne veut pas entendre parler de la psychiatrie, de la neuropsychiatrie, et de la psychanalyse, qui  expliquent le traumatisme difficilement dépassable de ces deux crimes(les femmes sont ici victimes d’actes jugés dans des juridictions criminelles) et leurs répercussions ultérieures, sorte de mort psychique si la victime n’est pas soignée. Ajouter à ces crimes une naissance non désirée peut conduire au suicide si la jeune fille/femme ne peut avorter. Pour elle, le fœtus n’est que le symbole introduit par effraction, du crime dont elle a été victime. Son existence ne fait aucun sens.

     

    Et se savoir enceinte de son père est un chaos psychique difficilement concevable.

     

    Dans les pays dont la législation est répressive, les tentatives de suicide( (souvent suivies d’effet) sont fréquentes..

     

    Certaines femmes victimes de viols de guerre systématiques en Bosnie ou au Kosovo , et qui n’avaient pu avorter en raison de grossesses avancées ont parfois tenté d’étrangler leur bébé à la naissance puis de mettre fin à leurs jours.

     

    Mais l’Église n’a cure de toute cette souffrance.

     

    On ne l’entend pas non plus appeler les hommes à la responsabilité pour les éviter :

    la conception des enfants se fait à deux, et les hommes en sont pleinement responsables, surtout si l’acte sexuel a été contraint. Or on a excommunié les avortées, et jamais les violeurs, fussent ils incestueux.

     

    Les prélats enfermés dans une bulle d’abstraction réalisent ils la colère, l’humiliation et le dégoût qu’ils provoquent chez les femmes?

     

    Les logiques défendues par l’Église catholique pourraient être tenues pour de la dérive sectaire : elles n’ont pas plus de véritable fondement théologique  que de base scientifique sérieuse.

     

    Aussi est il légitime que des jeunes estiment que l’IVG est un questionnement !

     

    Mais aussi il est salutaire pour l’Église, qui se montre bien aveugle, que des jeunes chrétiens ruraux ne laissent pas le terrain à d’autres jeunes de classe aisée ignorants des réalités, pour représenter la jeunesse chrétienne.

     

    Le MRJC est soucieux d’écologie, il s’est engagé contre le projet de Notre dame des Landes auprès du monde agricole; il a questionné l’état d’urgence, le sort des migrants; il combat toutes les inégalités sociales et demeure proche des familles pour un monde plus juste.

     

    Un véritable rayonnement chrétien enthousiasmant. (plus que la Manif Pour Tous !) 

     

    Mais on voudrait le faire taire?

     

    Les média qui veulent « faire du scoop »  avec les catholiques ringards et bourgeois, éloignant la jeunesse de la Foi, ont encore de beaux jours devant eux.

     

    Michelle C. DROUAULT

     

    *la « pilule du lendemain » est, elle aussi proscrite alors qu’elle empêche la nidation (la possibilité d’un embryon) L’avortement médicamenteux, avant 8 semaines, n’est pas non plus toléré…

     

    * Un nouveau référendum prévoyant l’élargissement du droit à l’avortement doit avoir lieu en mai prochain, et 56% des irlandais se sont déjà prononcé favorablement pour cette modification.

     


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