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    Appel de Témoignage chrétien au pape François.

    Les rédactrices de ce  blog s’unissent à la pétition du journal Témoignage chrétien pour demander au pape François d’enlever un article jugé homophobe du catéchisme de l’Eglise catholique. Voici le texte de la pétition et le lien pour signer.

     

    « Il ne fait pas de doute que l’abominable tuerie d’Orlando est un crime de haine contre les homosexuels. Face à l’horreur, il ne suffit pas de déplorer ni même de compatir, il faut lutter et combattre ce qui conduit à la haine et au crime. En cette matière, toute connivence avec des propos ou des attitudes pouvant porter à la haine des personnes homosexuelles est une faute. Le crime homophobe de masse d’Orlando ne doit pas cacher la multitude de violences, morale ou physiques, subies par les gays et les lesbiennes à raison de leur orientation sexuelle dans le monde entier. C’est la violence de l’exclusion qui est contraire à la loi naturelle, et rien d’autre.

    Cette faute, vous avez, pape François, commencé à la reconnaître lorsque vous avez déclaré que les chrétiens, et spécifiquement les catholiques, devaient demander pardon aux personnes homosexuelles et que celles-ci ne devaient pas être discriminées.

    Ce sont de belles et bonnes paroles, une pensée élevée qui vous est familière, mais il faut maintenant aller plus loin.

    Pape François, vous pouvez combattre la haine. Abrogez immédiatement l’article 2357 (1) du catéchisme stigmatisant cette orientation sexuelle. La répression pénale de l’homosexualité constitue, on le sait, un terrain propice au passage à l’acte meurtrier, c’est pourquoi nous vous appelons à engager à l’ONU votre autorité et celle du Vatican, aujourd’hui étrangement réfugié dans l’abstention, pour obtenir la dépénalisation universelle de l’homosexualité. 

    Nous ne sommes pas un « lobby » mais des hommes et des femmes, de toutes les orientations sexuelles, qui reconnaissons les personnes homosexuelles comme des frères et de sœurs, un groupe humain à part entière, qui lorsque la menace pèse, a droit à une protection active.

    Pape François, la haine ne doit pas passer par des textes ou des positions que l’on conserverait par fidélité à des usages anciens. Souvenez-vous de l’engagement éclatant et sans équivoque du pape Jean XXIII contre l’enseignement millénaire du mépris l’égard du peuple juif.

    Pape François, notre temps a besoin de grandes voix pour lutter contre la violence et la haine. C’est pourquoi, chrétiens ou non, au-delà de nos appartenances spirituelles, ou de nos croyances, réunis dans notre commune humanité, nous vous lançons cet appel ouvert à la signature de tous, car tous sont concernés. Vous êtes l’une de ces voix, ne vous taisez pas.

    Cette pétition sera remise en temps voulu au nonce apostolique à Paris et au pape François. »

     

    (1) Catéchisme de l’Église catholique, article 2357 : « S'appuyant sur la Sainte Écriture qui les présente comme des dépravations graves, la Tradition a toujours déclaré que "les actes d'homosexualité sont intrinsèquement désordonnés". Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l'acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d'une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d'approbation en aucun cas. » 

     

    On peut signer la pétition en cliquant :

     

    http://temoignagechretien.fr/articles/contre-lhomophobie-meurtriere-appel-de-temoignage-chretien-au-pape-francois


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  • Aujourd’hui dans ma paroisse des Alpes maritimes, je n’ai pas regretté d’être « montée » à la messe (la basilique est haut perchée).

    En effet, j’y ai entendu une homélie inhabituelle et très intéressante sur la place des femmes au temps de Jésus.

    Les femmes de cette époque, expliquait le chanoine, n’étaient personne ! Considérées comme des marchandises qu’on pouvait acheter, et dont on pouvait disposer à sa guise, destinées au service, la procréation de la descendance et le service de l’époux; elles étaient bien loin d’avoir une place d’êtres humains à part entière. Une place qu’elles ont mis des siècles à  conquérir. L’occupation romaine de la Palestine -l’homme romain avait droit de vie et de mort sur sa famille- n’a nullement amélioré cette situation.

    L’Evangile du jour, a précisé l’orateur, nous présente une femme dans une position de dénuement et de désespoir absolus : elle est veuve, sans homme pour la défendre et la faire vivre ; et son fils unique vient de mourir. En surcroit de son chagrin, elle est donc réduite à la mendicité selon les codes de la société de son époque. (1)

    Par ailleurs, personne ne la plaint, car le judaïsme de ce temps considérait le malheur comme la punition du péché, commis par l’individu, ou sa famille. Bien fait pour elle !

    C’est cette femme que Jésus va relever en tirant son fils de la mort ; « redresse-toi ! » dit il au

    jeune homme. En grec, les verbes redresser et ressusciter sont similaires.

    C’est à dire qu’où que nous soyons tombés, nous pouvons renaître.

    Jésus, a poursuivi le chanoine, a fait l’impensable pour ses contemporains : donner aux femmes une place d’égale dignité, s’adresser à elles, les traiter en amies (Marthe et Marie) remettre en question les codes qui les maintenaient en servitude (la répudiation) ou les ravalaient à des objets de mépris (les femmes prostituées) ou encore les condamnaient à mort sans jugement (la femme adultère).

    D’où le « scandale » qu’il a causé, les « blasphèmes »  dont on l’a accusé : la remise en cause de l’ordre moral de son temps n’était pas pardonnable….

    Or les hommes (de sexe masculin), conclut enfin le prêtre, pratiquent depuis bien longtemps une politique qui ne sert que leurs intérêts et leurs désirs.

    Mais la Parole de Jésus, malgré toutes les déformations qu’on a tenté de lui faire subir, est restée, et les femmes (du Haut Moyen Age en particulier) ont pu s’appuyer sur elle pour commencer à exiger leur dignité.

    Dans la prière Universelle, le diacre a demandé à l’assistance de prier pour tous ceux et celles qui travaillent à l’égalité des sexes !

    Cela m’a beaucoup touchée, car c’était la première fois de toute ma vie que j’entendais une telle prière !

    Une prière appuyée sur des actes : un garçon et une fille servants de messe, portaient la même tenue ; et une religieuse donnait la communion aux côtés du prêtre en bas de l’autel.

    Me voici renforcée dans mon combat : être féministe et croyante !

     

    Cependant, pour pousser plus loin la réflexion, peut-on considérer que la rigidité à l’égard de codes sociaux inégalitaires et discriminants, l’invention de la « place de la femme différente et complémentaire », les discours « sur » LA femme, sans laisser aux femmes plurielles la possibilité de s’exprimer, sont des résidus du paganisme et d’un judaïsme archaïque ?

    Probablement.

    Jésus n’a jamais évoqué aucune complémentarité, mais a laissé à chaque femme à laquelle Il s’adresse sa pleine place, sa liberté d’être elle-même. Il n’en a jamais exclu aucune.

    Il n’a jamais abordé le sujet de la fécondité des femmes et de la maîtrise de leur corps. Cela leur appartient. Mais les religieux se bouchent les yeux et les oreilles.

    Et, dans la société civile, les véritables conservateurs, les « réactionnaires » au sens de ceux qui réagissent à toute tentative de changer les places et les rôles, ne sont-ils pas ceux qui, y compris sous le manteau d’un progrès soi-disant toujours en marche, veulent continuer à ravaler les femmes au rang de chair à consommer ou de couveuse vivante ?

    Certains athées moqueurs ou détracteurs des religions qu’ils assimilent à l’obscurantisme, veulent en fait revenir à cette époque bénie où une femme n’était personne. Ils veulent pouvoir continuer à acheter des services sexuels sans sanction ; ils veulent pouvoir louer le corps d’une femme pour se fabriquer une descendance selon leurs désirs ; ils veulent pouvoir répudier une femme rapidement quand ils en ont assez. D’autres encore ne veulent pas leur laisser la liberté de se vêtir comme elles le souhaitent, ou de se réunir entre elles, elles doivent être accessibles et disponibles.

    La course en avant du « progrès », la levée des « tabous », ne serait-elle  que l’inflexible tour de roue d’un retour en arrière ? Un bond de deux mille ans…..

     

     

    Michelle .C. DROUAULT

     

    (1)  Le statut de »non-personne » et d’exclue des veuves a encore cours dans certaines régions de l’Inde contemporaine : vêtues du blanc du deuil, nombreuses sont les veuves qui vivent de la charité publique si un fils ou un gendre ne les prend pas à sa charge. Des organisations caritatives, alertées sur ce problème, tentent de leur venir en aide. Et cela ne fait pas si longtemps encore (un siècle), les veuves de certaines provinces indiennes devaient se jeter vivantes dans le bûcher d’incinération de leur défunt époux : preuve irréfutable que sans époux, elles n’existaient pas !

     

     


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  • L’Eglise catholique de France vient d’être ébranlée par un scandale dont elle se serait bien passée :

    Suite à un dépôt de plainte d’anciennes victimes en mai 2015, le père Bernard Preynat, du diocèse de Lyon, a été placé en garde à vue le 25 janvier 2016, puis mis en examen le 27,  pour agressions sexuelles sur mineurs. Les faits remontent aux années 1980/1991.

    Constitués en association, « La Parole Libérée », les plaignants, anciens scouts, ont enfin trouvé la force d’agir, et de rendre public leur traumatisme, refoulé pendant de longues et douloureuses années.

    Cependant, leur action ne semble pas être la bienvenue dans l’Eglise et pour cause !

    Elle éclabousse le Cardinal Barbarin, archevêque de Lyon depuis 2002, qui, au courant des faits depuis 2007, date à laquelle il a convoqué et reçu le prêtre suite à un nouveau signalement d’atteinte sexuelle, n’a absolument rien fait d’autre que de le déplacer dans un autre département en 2011 (c’est son adjoint qui a pris cette initiative), puis de  « promouvoir »le père Preynat à la tête du doyenné de Roanne, en 2013.

    Entre 2007 et 2015, date de la plainte, le père Preynat n’a pas été écarté du contact d’enfants.

    On croit rêver.

    L’examen attentif des faits montre que c’est depuis 1991 qu’il existe des signalements au diocèse, puis des aveux écrits du prêtre lui-même dans des échanges de courriers avec les parents des victimes. En 1998, nouvelles plaintes, nouveaux échanges de courriers qui contiennent des aveux explicites. Dans ces deux circonstances, le seul résultat des plaintes a été la mutation du prêtre (à Neulise, puis à Cours la Ville) et son changement de nom d’usage.

    Publiés par l’Association d’anciens scouts, ces courriers de l’intéressé aux parents des victimes, s’ils contiennent des formules de repentir, dénotent aussi une terrible inconscience de la gravité de ses agissements :

    Il « s’étonne » qu’on exige de lui un départ précipité, qu’il appréhende de devoir annoncer à sa famille, et demande « Comment pourrais-je quitter du jour au lendemain la paroisse comme un voleur ? » Un voleur ? Comme si un vol simple était plus grave que le vol d’une enfance qu’il a accompli maintes fois pendant des années ! Comme si sa réputation était plus importante que la souffrance des victimes.

    Quand à la défense de Mgr Barbarin, elle est pathétique, et tout aussi irresponsable : le regard porté sur la pédophilie n’aurait « pas été le même » dans les années 90, ce qui expliquerait l’inertie du diocèse ? Et en 2007 ?  Comment explique t-il de n’avoir pas écarté ce prêtre immédiatement du contact d’enfants ? Il ne l’explique pas. Il se borne à se raccrocher au code pénal : il n’aurait selon lui « couvert » aucun fait de pédophilie. ( Qu’a t-il donc fait d’autre ?) Une telle défense joue habilement sur les mots : les plaintes concernent des agressions sexuelles (c’est à dire des délits) et non des viols-il n’y aurait pas eu de pénétration des victimes- Ainsi, persuadé d’échapper à la « non dénonciation de crimes » qui l’emmènerait en Cour d’Assises, l’archevêque reste droit dans ses bottes.

    Les témoignages des anciennes victimes sont terribles, et ils dénoncent par de simples phrases l’enfance souillée (« il m’a appris des mots et des actes que je ne connaissais pas ») ;

    l’enfance terrifiée (« il était le Père B, il avait l’autorité, il fallait le respecter ») ; et l’innocence et la foi dupées (« c’était un prêtre, il ne pouvait pas être mal intentionné »).

    Trente ans après, ces hommes racontent le malaise, la peur, l’appréhension des agressions, et la duplicité de leur agresseur, qui nommait ses favoris servants de messe pour avoir l’excuse de les emmener préparer la messe à l’avance dans sa voiture, et procéder à des attouchements. Ces actes n’étaient donc pas des « impulsions » ; nous pouvons présumer qu’ils étaient prémédités.

    Certaines victimes, dont il faut saluer la grande foi, se soucient de savoir si les sacrements donnés par le prêtre étaient bien valides.

    Alors, la question est la suivante : les prêtres et prélats de l’Eglise catholique, qui se prétendent experts en humanité, sont-ils totalement ignares en matière de sexualité , de déviations sexuelles, de psychologie de l’enfant ? Comment ignorent-ils les souffrances physiques et psychiques causées par les abus en tous genres sur des enfants et leurs répercussions ? Ces enfants devenus adultes, époux et pères, disent pudiquement leurs difficultés, leurs blessures, et comment leurs compagnes ont du les approcher avec précaution et un amour sans faille pour qu’ils parviennent à se construire malgré tout.

    Mgr Barbarin a été un des plus farouches opposants au mariage entre personnes de même sexe, soi-disant au nom de la « protection des enfants ». Il avait tenu des propos d’une grande violence. Ses lectures sont donc à géométrie variable ! Ou bien est-il si ignorant, si peu instruit, qu’il confond la pédophilie, qui est l’incapacité à se sentir attiré par des adultes, que l’on soit hétérosexuel ou homosexuel, et l’amour entre deux personnes adultes et consentantes de même sexe ?  A ce moment là, est-il vraiment en mesure de guider des croyants ?

    Le plus grave nous semble être le soutien dont il bénéficie parmi les fidèles : Mgr Barbarin a célébré la messe des Rameaux à Lyon dans une église pleine ; et des journalistes se sont entendus confirmer ce soutien à la sortie de l’office.

    L’archevêque, comme ceux qui le soutiennent par ignorance ou aveuglement, contribuent à discréditer l’Eglise, à faire fuir loin d’elle nombre de croyants dégoutés ou désemparés.

    Ils finissent par douter, et par écouter les sirènes de ceux qui disent « comment Dieu peut-Il permettre de telles ignominies ? ».

    Comment des hommes peuvent ils les commettre ? C’est plutôt là la question.

    Le repli traditionaliste sur les seuls servants de messe masculins ne fait que prêter le flanc aux tendances prédatrices de prêtres pédophiles : il est beaucoup plus facile, comme le démontrent ces témoignages, de prétendre « initier » de jeunes garçons à un service réservé à leur sexe pour les approcher et prendre de l’ascendant sur eux. Un environnement mixte coupe court à ces secrets d’initiés.  Dans un environnement mixte, les jeunes garçons apprennent progressivement et joyeusement des relations de respect et de camaraderie avec l’autre sexe.

    Il n’existe pas de logiques excluantes.

    Rappelons qu’au Québec, depuis quelques années, les servants et servantes de messe sont uniquement des adultes.

    Le mouvement « La Parole Libérée » a écrit au Pape François  le 14 Mars, pour exprimer sa préoccupation, et demander au Saint Père de l’aide pour que les victimes puissent obtenir réparation.[1]

    Nous ne pouvons qu’espérer une parole forte, et le réconfort qu’elles attendent.

     

    Michelle. C. DROUAULT

     

     

     

     



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  • Cette année encore, nous entendrons le mot « femme » toute la journée, car aucun organe de presse ne veut passer pour réactionnaire et passéiste en ignorant cette date symbolique.

    Alors, chacun y va  de son couplet admiratif (quelques femmes célèbres, la regrettée Florence Arthaud, par exemple) ou de son lamento (tant de chemin reste à parcourir !).

    Mais la journée est toujours, à quelques exceptions prés, présentée comme « la journée de LA femme », abstraction, généralité, concept éthéré et imaginaire qui nous nie toutes ensembles dans nos diversités :

    Femmes nous sommes Noires, Blanches, Asiatiques, Amérindiennes, Inuits, Africaines du Nord ou du Sud, Perses ou Moyen Orientales… Nous sommes mères par choix ou par contrainte ; homosexuelles, hétérosexuelles, bisexuelles ou transgenre ; libres de nous montrer ou obligées de nous cacher. Nous sommes une multiplicité de visages et de courages, car nous sommes aussi :

    MUTILÉES : si l’excision régresse, grâce surtout à la ténacité de femmes africaines qui forment des sages-femmes pour faire des interventions itinérantes dans les villages, elle reste une pratique majoritaire en Egypte, où elle est médicalisée pour les plus fortunées : seul est supprimé le traumatisme de la souffrance, mais reste celui de la non-jouissance ; d’une sexualité atrophiée et vide de sens demeure. Une médicalisation proposée, au mépris du serment d’Hippocrate, par certains médecins américains, dans le but de « limiter les dégâts » tout en conservant le rite. Or l’excision n’est plus un rite de passage, puisqu’elle n’est plus pratiquée à l’adolescence, avec les rites de passage qui les accompagnaient, mais sur des fillettes de plus en plus jeunes, voire des bébés ! Le but réel de l’opération est alors montré dans toute sa cruauté : contrôler les femmes, et les empêcher d’avoir une sexualité épanouie et des désirs. Elle va souvent de pair avec des MARIAGES FORCÉS, de plus en plus précoces ; c’est à dire des VIOLS DE PETITES FILLES. (Yémen, Soudan, Mali, Mauritanie, Somalie, entre autres)

    Félicitons les hommes et les femmes qui s’obstinent à montrer que dans notre diversité nous sommes toutes égales, et qu’aucune « exception culturelle » ne justifie des mutilations ou des crimes. Bravo au clip  de Julie Gayet montrant le mariage forcé d’une petite blondinette parisienne avec un vieil homme ; merci à Linda Weil-Curiel  d’avoir clamé, voici des années déjà , que Noires ou Blanches, les petites filles avaient les mêmes droits, et d’avoir impulsé les premiers procès pour excision sur le sol français, sensibilisant ainsi l’opinion. Car auparavant on pouvait encore voir des films sur « l’excision rituelle en Afrique », présentée comme un quelconque rituel folklorique et exotique… Merci aux médecins-des hommes pour la plus part- qui effectuent des chirurgies réparatrices sur les femmes excisées, et leur permettent une meilleure vie. Ils sont pour nous l’image de la solidarité humaine, et de l’entente des sexes, la démonstration vivante de l’abandon de la soif de pouvoir pour le respect et la compassion…

    APPAUVRIES : dans le monde occidental, aucun pays ne parvient à une égale représentation politique et économique des hommes et des femmes.

    En FRANCE, les chiffres sont effarants, rappelons-les : 26% d’écart de salaires entre les hommes et les femmes ; 73% d’hommes dans les instances parlementaires ; aucune femme à la tête d’une entreprise du CAC 40 ; mais 80% des personnes gagnant moins que le SMIC sont des femmes, le plus souvent avec enfants…

    ASSERVIES : nous effectuons 89% des tâches ménagères, 60% des tâches liées aux enfants, sans aucune rémunération ;

    HARCELÉES : plus de 90% des femmes ont reconnu avoir subi des attouchements, ou des intrusions ou interventions brutales ou humiliantes dans les transports français.

    Il se produit  un viol toutes les 6 minutes, et pour seulement 10% d’entre eux, une plainte est déposée. Mais les agresseurs sont loin d’être tous des anonymes ! Dans 37% des cas, il s’agit du conjoint ou ex-conjoint ou partenaire !

    TUÉES : une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son partenaire de vie.

    Mais surtout, dans notre pays comme ailleurs, nous sommes sujettes au DÉNI de notre vécu et de notre expérience : les insultes sont de l’humour, le harcèlement est de la galanterie, le viol est une « relation trouble » ou un « non qui veut dire oui » ; les coups sont de la jalousie et de l’amour ; le meurtre est « passionnel », et justifié par la « douleur de la séparation »….Ce sont les errements linguistiques de media eux aussi essentiellement masculins, où ne s’expriment (péniblement), que 30% de femmes.

    Dénier à une personne ce qu’elle vit, c’est lui retirer une partie de son humanité profonde, c’est induire une souffrance psychique énorme. Quelques femmes se prétendant « féministes », mais ayant totalement intériorisé l’idéologie dominante, veulent faire taire les doléances en se gaussant du « féminisme victimaire » qui aurait fait « fausse route » !

    Cette stratégie ne s’applique bizarrement qu’aux femmes, car je n’ai jamais entendu parler de « lutte anti-apartheid victimaire », par exemple.

    Nommer l’oppression est la première étape vers la transformation des mentalités et des sociétés. Une démarche qui provoque souvent des réactions extrêmement violentes de la part de ceux qui ont intérêt au maintien du patriarcat, fut il enrobé ou déguisé. Cette violence (verbale en général) a le mérite de lever les masques. (1)

    Nos filles, nos petites-filles, ont encore du pain sur la planche….

    Dés demain 9 mars, on nous remise aux oubliettes jusqu’à l’an prochain.

    En attendant, ne lâchons rien !

     

    Michelle. C. DROUAULT.

     

    (1) La violence récente d’hommes se prétendant « bons chrétiens » en commentaires d’un article sur les discriminations vestimentaires  et de fonction des petites filles dans l’Eglise Catholique (au mépris de la parole des Papes) est édifiante….

     

     

     


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  • Baby blues, enfants migrants

     

    Ozan Kose, photographe turc de l’AFP[1], a été le témoin du naufrage d’embarcations de migrants entre la Turquie et la Grèce. Il a vu les corps de tous ceux qui n’avaient pu être sauvés, dont de nombreux enfants.

    Impuissant et plein de douleur, il relate dans un article poignant sa découverte du corps d’un bébé. Dans un cliché très pudique, il n’a photographié que son bonnet sur la plage.

    Ce qu’il dit avoir trouvé de mieux à faire au milieu de cette désolation, c’est de veiller le corps de cet enfant avec respect jusqu’à ce qu’un gendarme, très ému lui aussi, ne l’emporte.

    Lui même père de deux enfants de 8 ans et 5 mois, le photographe se demande « QUE FERAIS JE SI CE BÉBÉ ÉTAIT À MOI ? »

    C’est cette question que nous devrions TOUS nous poser, à commencer par les politiques européens, dont certains ferment les yeux sur cette tragédie, quand ils n’appauvrissent pas encore les malheureux réfugiés comme au Danemark. Rappelons que ce pays a décidé de confisquer les biens des migrants/ réfugiés au delà de 1300 euros, ce qui évoque sans surprise les spoliations dont avaient fait l’objet les Juifs durant la Seconde Guerre Mondiale.

    Cet argent est à eux, ce sont peut être les économies de toute une tranche de vie, et il était probablement destiné à faire survivre la famille.

     

     Ils étaient Irakiens, Syriens, Afghans….300 ENFANTS sont décédés depuis Septembre prés de Farmakonisi, Lesbos, Samos, (Grèce) dans le naufrage d’embarcations surchargées par des passeurs peu scrupuleux. Les survivants  racontent qu’ils menacent avec des armes ceux qui ne veulent plus embarquer, jugeant le voyage trop dangereux.

    Sur le seul mois de Janvier 2016, 244 victimes, dont une majorité de femmes et d’enfants, ont été recensées[2].

    Ce lundi 8 Février encore, les garde -côtes turcs ont tenté de rescaper un bateau de 33 migrants en détresse. 27 d’entre eux sont morts.

    Un cimetière pour les migrants noyés non identifiés a été crée.

    Mais l’Europe reste sourde.

     

    Et lorsque le scandale de la misère des réfugiés atteint notre sol, à Calais, à Dunkerque, seules les associations, les bénévoles se mobilisent, car les pouvoirs publics détournent le regard, ou veulent envoyer l’armée !!!

    Alarmés depuis longtemps par la situation des mineurs isolés dans la « jungle » de Calais, le Secours Catholique et Médecins du Monde ont encore une fois saisi la justice mercredi dernier 3 Février : suite à une première intervention, le Conseil d’Etat avait ordonné en novembre aux pouvoirs publics de prendre des mesures pour améliorer les conditions de vie des personnes migrantes à Calais. Les deux organismes ont constaté que RIEN n’avait changé depuis cette injonction, laissant les mineurs isolés dans des situations parfois dramatiques et inhumaines : particulièrement vulnérables, ceux-ci ont besoin d’être protégés, soignés, encadrés par des dispositifs adaptés. Ceux-ci font totalement défaut.

    Des mesures de justice adéquates devraient permettre aux jeunes qui ont des proches au Royaume Uni de les rejoindre, et non de stagner, sans éducation, dans un environnement préjudiciable à leur santé et leur sécurité. Ces enfants ne sont pas différents des nôtres !

    Dans un article cinglant publié par le journal « UN », daté du 10 Février, et intitulé « CALAIS  UNE HONTE FRANÇAISE » l’écrivain Laurent Gaudé (prix Goncourt 2004) qui s’est rendu sur place dénonce des conditions de vie indignes d’une démocratie dite civilisée : « La République a laissé tomber un peu d’elle même dans la boue », dit-il , décrivant une vision d’enfer boueux sous une pluie froide, un « amas de pauvreté, de saleté (…) la misère démunie, nue grelottante ». Et toujours des enfants qui jouent au milieu des déchets.

    « Je n’aurais jamais pensé voir cela en France », déclare-t-il

    Conseillons à tous cette lecture, qui rejoint l’indignation du photographe. Ils réveillent, comme le dit le Pape François « notre conscience souvent endormie face au drame de la pauvreté ». A ceux qui, dans leurs pantoufles au chaud osent parler de naïveté et d’angélisme, proposons une nuit sous la tente aux côtés des migrants.

    A ceux qui osent manifester « contre » la vie même de ces personnes qui fuient la guerre, rappelons qu’ils manifestent contre des enfants en danger.

    « Que ferais-je si cet enfant était à moi ? », c’est la seule question chrétienne qui vaille ; une interrogation qu’une société obsédée par l’éradication des religions ne veut pas avoir.

     Le danger, ce ne sont pas d’éventuelles intrusions du religieux, mais la dureté de cœur, l’absence d’empathie pour nos frères, qui nous feront juger par l’Histoire.

     

     

    Michelle C. DROUAULT

     

     

     

     

     


    [2] A ce jour de publication, 11 Février 2016, 409 personnes au total ont trouvé la mort en essayant de traverser la Méditerranée depuis le 1er janvier

     

     

     

     

     


    [2] A ce jour de publication, 11 Février 2016, 409 personnes au total ont trouvé la mort en essayant de traverser la Méditerranée depuis le 1er janvier


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