• Heureux 8 mars

    à toutes

    et partout dans le monde

    Michelle Colmard-Drouault

    Michèle Jeunet

     


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  • J’aurais aimé passer sans arrière-pensée un Noël paisible en famille, entre ma crèche et mon sapin, avec la porte ouverte pour les amis qui vont et viennent ; Joyeux Noël, Joyeux Noël !

    Mais l’actualité et la lecture de la presse m’ont fait bouillir d’indignation ; et retrouver ma sérénité sera difficile…..

    Oui, aux Etats-Unis, il y aura tous ces petits qui ne verront pas Noël….

    Et dans mon pays ?

    La France serait-t-elle un champ de bataille idéologique perpétuel ?

    Toute intention de loi qui rentre dans le cadre d’un projet de société rencontre inévitablement un système binaire de deux camps irréductibles qui montrent les crocs sans vraiment débattre.

    Il y a les partisans et les opposants, sans nuances.

    Or le sort de l’Humain mérite des nuances !

    Depuis des mois, nous voilà sommés de choisir un camp au sujet du mariage pour tous ; et cela menace de récidiver avec la « mort assistée » que l’on est en passe de vouloir faciliter.

    Les favorables à l’un et à l’autre projet sont présentés comme « de gauche », et les opposants « de droite ».

    Mais être de gauche et mettre des bémols sur certaines des conséquences dérivées du mariage, comme l’adoption et la procréation assistée ; se positionner clairement contre la gestation pour autrui, tout cela est suspect : ne serait-t-on qu’un-e affreux-se réactionnaire masqué-e ?

    Etre de droite, et mettre en avant l’incontournable nécessité d’égalité des citoyens devant la loi, et la lutte contre l’homophobie par l’officialisation des unions , ne vous vaut pas meilleur traitement : ne serait -t-on qu’un-e horrible débauché-e aux tendances gauchisantes inavouées ?

    Les cases sont toutes prêtes, et voir que certains commençaient à ruer dans les brancards a été pour moi un soulagement !

    Les grands absents des polémiques ont été les enfants, auxquels les adultes ont encore et toujours le plus grand mal à s’identifier.

    De même il est à craindre que les absents de la seconde polémique qui commence à poindre soient les malades.

    Ayant travaillé en milieu hospitalier auprès de grands malades, je peux témoigner de l’insuffisance dramatique, voici encore quelques années, de structures de soins palliatifs.

    Des collègues médecins m’ont confié les lacunes de leur formation en psychologie. Appréhender la fin de vie, et sa signification pour le malade et sa famille, provoquaient chez certains des attitudes de défense, de rigidification, compréhensibles, mais évitables avec un bon soutien psychologique. Quant à la volonté du malade, comme elle est difficile à saisir ! Souvent la maladie grave est source de dépression ; le malade dépressif n’a plus la force de lutter contre sa maladie, c’est là qu’il peut réclamer une mort qu’il ne souhaitera plus du tout après un léger traitement antidépresseur et un entourage plus attentif et à l’écoute de ses angoisses…

    Et comme le disait un professeur d’un hôpital public, lorsque le malade ne peut plus s’exprimer, est ce que c’est aux demandes de la famille qu’on consent ? Or celle ci ne peut se substituer à la volonté du patient.

    Donner la mort est une facilité, et ne saurait être envisagé que si une politique antérieure de mise en place d’un soulagement véritable de la souffrance, et d’accompagnement de la fin de vie, a été fermement suivie.

    Tout cela nécessité des budgets. Alors, on est pris d’un doute, un doute que j’aimerais ne pas avoir : n’est ce pas plus économique de mettre fin délibérément à la vie ?

    Le film « Solient Green » a été rediffusé l’autre soir. Sans aller jusqu’à cette épouvantable science-fiction, le fait qu’une personne âgée puisse demander d’elle même à arrêter une vie dont elle a assez dans un centre spécialisé, à l’aide d’une simple piqûre, interroge. Le livre a été écrit dans les années 50 par un auteur qui voulait alerter sur un tel avenir.

    On ne cesse de nous rabâcher que nous vivons plus vieux , que la dépendance coûte cher : en même temps, dans beaucoup de pays européens, les retraites sont misérables :quelle vieillesse offrons nous aux aînés, quel espoir, quelle joie de vivre ?

    « Une mort douce » titrait un quotidien. La mort n’est jamais douce. C’est une violence inéluctable. Nous ne voulons pas la voir, nous détournons le regard.

    « Regarder la mort en face », sans nous bander les yeux, en osant poser le pied sur le chemin qui y mène, pour que lui soit plus doux, ce serait déjà pas mal…

     

    Retournons vers le sapin et la crèche, où chrétienne, je déposerai à minuit le symbole d’un enfant porteur d’un immense espoir.

    Joyeux Noël à vous toutes, c’est à dire, un bel Espoir pour vous toutes, même si pour vous ce jour n’est pas une fête religieuse !

     

    Michelle.C.Drouault.

     

     


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  • Dans l’Eglise catholique romaine, des textes de la Bible sont lus durant des célébrations liturgiques. Pour tous les jours de l’année et pour les messes des dimanches.

     Depuis le Concile Vatican II, un nombre plus important de textes sont entrés dans la Liturgie.

    Mais pas tous. Les catholiques romains n’entendent jamais le chapitre 4 du Livre des Juges. Cet « oubli » de l’un d’entre eux me semble significatif.  Pourquoi ? Parce que c’est un texte de la Bible où l’on voit une femme en position d’autorité civile et religieuse. On fait mémoire d’elle non pas en tant que mère, non pas en tant qu’épouse. Non on fait mémoire d’elle en tant que personne ayant exercé  un gouvernement efficace, reconnu par le siens. Nous avons donc avec ce texte, un exemple de la capacité des femmes à gouverner. Cas unique retenu mais qui peut faire penser qu’il n’a pas été le seul.

    Pourquoi est-il occulté, obturé dans la liturgie catholique-romaine ? Parce qu’il donnerait à penser que des femmes pourraient très bien, dans l’Eglise, avoir des charges de gouvernement !

    Michèle Jeunet

     

    Ce texte, que je ne connaissais pas du tout, m’a paru intéressant sous plusieurs angles.

    C’est à mon sens un texte à teneur politique : la résistance à la tyrannie est possible, mais il faut être plusieurs, unis, pour y parvenir.

    Ensuite, la relation entre Baracq et Débora est assez contemporaine.
    Il a besoin de courage. Il sollicite cette femme respectée, et reconnaît sa  propre faiblesse :

    « Si tu ne viens pas avec moi, je n’irai pas ».

    Elle accepte, mais le prévient : il ne peut pas retirer seul les honneurs de cette bataille qu’ils vont mener, car la tyrannie doit tomber par les mains d’une femme.
    Il est probable qu’à l’époque déjà, la propension des hommes utiliser les femmes, pour ensuite se proclamer les seuls vainqueurs, était forte.

    Ils sont donc égaux et complémentaires, et c’est une bien meilleure complémentarité dans l’action pour la justice, que celle que l’on nous propose en tant que femmes chrétiennes en ce moment !

    Néanmoins, je reste un peu interrogative devant la violence de Yaêl avec son piquet.

    Fichtre !

    Mais est ce que cela ne fait pas tomber l’imagerie mièvre des femmes telle que l’Eglise tente de nous l’inculquer depuis deux siècles ?

    Michelle.C. Drouault

     

     


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  • Les représentations artistiques et graphiques de la famille au sein de son foyer, sont très récentes : elles prennent leur plein essor au XIXème siècle ; et on commence à en trouver en nombre certain à compter du début du XVIIème siècle.

    Les raisons en sont simples : jusqu’au XVIème siècle, il n’existe pas de délimitation nette entre la sphère publique et la sphère privée. Dans les villes européennes, les maisons communiquent entre elles, elles ouvrent sur les mêmes cours, les mêmes coursives, les galeries et les arcades où se pressent hommes, femmes, enfants vieillards, serviteurs, marchands. La vie est  avant tout sociale, dans la rue, dans le village ; et les diverses assemblées, fêtes saisonnières et religieuses rythment la vie collective, ne laissant qu’une faible part à l’intime.

    L’intimité n’est pas une valeur ; même la chambre conjugale est ouverte à tous vents…On vit sous le regard des autres.

                    L’école se fait au coin des rues et des places sur des bottes de paille, puis des bancs, à des assemblées d’ « écoliers » de tous âges : la notion de classe d’âge est totalement absente, ce qui compte, c’est le désir d’apprendre et de savoir ; nul ridicule à ce qu’un enfant de douze ans ait un niveau supérieur à un vieil homme qui souhaite s’instruire dans un domaine précis.

     

    Le concept d’ »enfance » est une découverte progressive.

    Jusqu’à la seconde moitié du XVIème siècle, les enfants sont considérés en êtres inachevés avant qu’ils n’aient l’usage de la parole ; puis, habillés en adultes miniatures, ils vivent au milieu d’eux, et sont priés de faire l’apprentissage des usages de leur milieu, et d’acquérir des capacités de discernement et de survie.

    Leur premier âge laisse indifférent-une indifférence de précaution, car ils peuvent si aisément être emportés par une maladie ou un accident-, irrité, ou encore amusé.

    Jugés incapables de comprendre ce qui les entoure, les jeunes enfants entendent tout des conversations et plaisanteries d’adultes, souvent à caractère sexuel ; ce n’est pas malséant. Sitôt sortis du berceau, ils n’ont pas de lit personnel, et dorment avec domestiques ou parents.

    Vers 7 ans, surtout pour les garçons, on commence à exiger d’eux décence et contrainte, afin de s’adapter à la vie collective, et de perpétuer la lignée, le commerce, le négoce ; en milieu rural le fermage et les cultures.

     

     La soi-disant « pureté » ou « innocence » de l’enfance, est une conception tout à fait nouvelle.

     Elle surgit au XVIIème siècle, avec les premiers traités d’éducation pour les deux sexes. (Jacqueline Pascal, Mme de Maintenon, diverses compagnies de Jésuites, les Oratoriens ; plus tard, Rousseau) Pour la première fois, on affirme l’utilité de séparer les enfants des adultes, pour ne pas « souiller » leur pureté initiale, et imprimer à leurs esprits mous comme de la cire, de bons principes.

    Si l’influence de l’Eglise n’est pas étrangère à ces changements, on note qu’en même temps, la sphère publique s’est rétrécie au profit du cercle privé.

    L’aristocratie et la bourgeoisie se retirent progressivement de l’espace et des réjouissances publiques, pour un « entre soi » de classe, *de salon ; coupé du « peuple », foule bigarrée et vivante qui occupe toujours les places les rues des  villes, bourgs et villages.

    C’est alors que la peinture représente davantage des portraits familiaux ou individuels  d’ « intérieur », marquant l’appartenance à une maisonnée.

    Néanmoins, la famille n’est pas encore nucléaire : cohabitent souvent deux générations (surtout en Europe du Sud) : le couple principal avec un père ou une mère veuf ou veuve, ou bien le couple et un frère ou une sœur encore célibataire. Bien souvent, les nombreuses morts des femmes en couches font cohabiter dans une famille les enfants issus de plusieurs lits.

    A cela s’ajoute la multiple domesticité ; Molière nous montre bien que le moindre quidam a toujours un valet. Cette domesticité n’est pas encore séparée des maîtres comme on le fera au XIXème ; elle participe pleinement à la vie familiale, et parfois est plus proche des enfants que leurs parents, qui conservent surtout un rôle d’autorité et de pouvoir.

    Cette demeure familiale, les enfants des classes aisées la quittent dés la naissance pour aller en nourrice, et y reviennent vers 7 ans, souvent pour repartir vers une institution religieuse, ou être confiés à une autre famille sous l’égide d’un « maître ». Les enfants des artisans et commerçants, bras indispensables, apprennent le métier soi chez eux, soit chez d’autres, pour revenir assurer la pérennité de l’entreprise.

    La famille, à taille variable, existe concrètement ; elle se resserre, pose des bornes, mais elle n’est pas encore exaltée, elle n’est pas un but ; le but principal est beaucoup plus la perpétuation d’une profession, d’un domaine, d’un lignage, d’une renommée, par le biais de la descendance.

    Pour notre grand bonheur, notre cher Molière a refusé de reprendre la charge de tapissier de son père….

     

    Peu à peu,  avec le concept de la spécificité de l’enfance, se fait jour le souci reconnu de leur éducation, au cours des XVII et XVIIIème siècles.

    C’est le développement de l’école par classe de sexe et d’âge, qui sert de viatique de passage vers l’âge adulte, et remplace l’apprentissage et le tutorat permanents de jadis.

    Les grands auteurs moralistes : Montaigne, Coulanges, Jean Baptiste de la Salle, ont réfléchi aux préceptes d’éducation nécessaires, relayés par les nombreux « traités », qui montrent une préoccupation grandissante de cette question, tant pour les garçons que pour les filles.

    En même temps, l’Eglise catholique a tourné la page du Sacré du Moyen Age pour se tourner vers les aspects moraux de la religion, sous l’influence des réformateurs.

    On rentre dans l’ère de « l’éducation chrétienne », sous la responsabilité des parents ; responsabilité qui est soulignée. Elle n’est plus dévolue à la collectivité, la socialisation passe du groupe à la famille : les bases de la famille moderne sont jetées.

    La représentation de la famille commence alors à être mise en exergue.

     

    Au XIXème siècle, la famille deviendra une véritable idéologie.

    Les raisons en ont été multiples : peur des ravages de l’industrialisation, découvertes scientifiques et début de l’hygiénisme, appels de pouvoirs politiques autoritaires à une morale religieuse, ou d’inspiration religieuse, pour limiter la contestation…des volumes entiers ont été écrits sur la question. Mais nous peinons à sortir de l’idéologie familialiste telle qu’elle s’est développée aux XIX et XXème siècle ; et certains ont tendance à confondre la « nature » avec cette construction issue des lentes évolutions successives de la pensée et des mœurs.

    La famille, et l’idée qu’on se fait du « bien des enfants », ou de leur intérêt, sont des notions mouvantes, datées, relatives.

    Cette relativité devrait nous amener à un peu de modestie ; et à éviter des proclamations naïves sur les « papas et les mamans » que les enfants devraient avoir constamment à leurs cotés pour bien se développer !

     

    Cependant, plusieurs questions paraissent dignes de réflexion :

    S’ils étaient loin d’être élevés dans la seule proximité constante de leurs parents, les enfants avaient en général la certitude leur filiation, réelle ou fictive. La honte de l’illégitimité, due au système patriarcal, semble avoir traversé les âges.

    Les questions de l’éducation et de la filiation sont donc distinctes.

    Enfin, ce regard permanent des autres, dans la vie sociale intense que nous avons observée précédemment, préservait- il davantage les enfants de la maltraitance ?

    Est ce que l’univers étouffant et triangulaire de l’époque moderne, de plus en plus réduit en raison du chômage et de la mobilité géographique, ne favorise pas la maltraitance par surcharge, exaspération, solitude ?

    Beaucoup de jeunes couples n’ont personne à qui confier leurs enfants pour faire des courses ou sortir,* et a fortiori peu de vie sociale. Nombre de jeunes mères n’ont plus l’étayage des autres femmes de leur famille pour les aider et les conseiller lorsqu’elles rentrent à la maison ; ce sont des professionnelles souvent débordées qui les remplacent, et pas systématiquement. On n’a jamais autant parlé d’ »aides à la parentalité » pour parents désemparés que depuis l’imposition de ce modèle familial.

    Surinvestis, surmobilisés, les parents de la famille nucléaire n’en peuvent plus…quand la famille n’est pas réduite à un seul parent, mère courage au sein d’un monde indifférent, et replié sur lui même.

    Voilà plutôt les enjeux de société sur lesquels nous ferions bien de nous pencher, au lieu de nous cramponner à des normes fluctuantes…

     

    Michelle.C. DROUAULT

     

     

    *1 mais comprenant toujours une vie sociale très active

    *2 il suffit pour s’en convaincre, de fréquenter les supermarchés le samedi

     

     

     

     


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  •  Est parue l’an dernier, en collaboration avec Djénane Kareh Tager : Suis-je Maudite ?  La Femme, La Charia et le Coran, de Lubna Ahmad al-Hussein, journaliste soudanaise qui s’était fait connaître pour avoir porté un pantalon, à Khartoum, et risqué… 40 coups de fouet !

    Porte-parole de toutes les femmes musulmanes qui veulent résister à l’intégrisme, elle a recueilli de nombreux témoignages de femmes maltraitées au nom de l’Islam, avant de fuir son pays pour pouvoir continuer à diffuser ses idées.

     

    Son objectif est de lutter contre les discriminations envers les femmes par une analyse claire et rigoureuse des textes du Coran, débarrassé de tout ce qui le fausse. Le problème résiderait, selon l’auteure, dans la « seconde source » de la religion, les « hadiths », qui rapportent des propos, faits et gestes du Prophète Mohamed recensés pendant les deux siècles suivant sa mort.

    Les mille trois cent hadiths existants combleraient les silences du Coran sur des sujets de vie quotidienne. Certains peuvent être tenus pour authentiques, d’autres beaucoup moins et les différentes écoles coraniques (chiites ou sunnites) ne s’appuient pas sur les mêmes.

    Pour l’auteure, ils doivent toujours être pris avec du recul, car ce sont des compositions humaines (alors que la révélation faite au Prophète est, pour un musulman, la parole même d’Allah). Mais pour certains musulmans, ils auraient fini par supplanter le Coran lui même.

    D’une façon plus large, l’auteure met en doute le bien fondé de la charia, cet ensemble de normes doctrinales, morales et relationnelles (le mot désigne quasiment le droit musulman) de l’Islam. Elle  estime que ces règles, contraintes et diktats figés ne correspondent plus aux sociétés modernes, au concept de droits humains et au respect dû aux femmes.

     

    Enfin, certains hadiths sont en contradiction flagrante avec le Coran. Ils sont d’autant plus suspects que, paraît-il, le Prophète se méfiait de ce qu’on lui faisait dire. Un des hadiths les plus fiables relate son interdiction d’écrire à son sujet. Le travail de l’auteure a consisté à détricoter ce lacis de hadiths. 

     

     Chrétienne, j’ai été frappée de la similitude de procédés des êtres humains de sexe masculin pour asseoir leur domination sur les femmes en se prévalant d’ordres divins :

    -le découpage et le tronçonnage de textes sacrés

    -la tenue pour véridique de textes peu fiables dés l’instant qu’ils renforcent la toute-puissance masculine

    -l’omission de textes qui mettent en scène des femmes valeureuses et croyantes.

    Ainsi, explique l’auteure, tous les hadiths ordonnant la soumission des femmes ont été retenus comme fiables, surtout par les écoles hanbalites (les plus fondamentalistes), tandis que ceux qui prônent respect et égalité à leur égard ont été écartés, même si leur source était relativement sûre.

    Pourtant, le Coran (2, 79) maudit « ceux  qui, de leur propres mains, composent un Livre et le présentent comme venant d’Allah… »

    Les crimes d’honneur, la lapidation, l’enfermement des femmes viennent tous d’interprétations de hadiths peu fiables.

    Le Coran lui même contredirait l’usage de la violence envers les femmes, conseillant aux hommes : « Comportez vous convenablement avec elles (vos épouses). Si vous ressentez de l’aversion envers elles, il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose où Allah a déposé un grand bien ». C’est là reconnaître qu’en tout être humain existe une parcelle de divinité.

     

    Pensons aux fréquents découpages, lors des mariages catholiques de jadis, des textes de Saint Paul ! Tous les parallèles entre l’attitude de l’époux et de l’épouse étaient supprimés, pour que soit seule évoquée l’appartenance du corps de la femme à son mari, et non la réciproque qui suit. (Corinthiens, 7, 4)

    De même, dans la Lettre aux Ephésiens (5, 22 à 33), était retenu « femmes soyez soumises à vos maris comme au Seigneur », tandis que la suite « maris, aimez vos épouses comme le Christ a aimé l’Eglise et s’est livré Lui même pour elle » était occultée. L’affirmation que les maris doivent aimer leurs épouses comme leur propre corps disparaissait souvent.

     

    Démarche extrêmement courageuse, ce livre est une bataille contre la confiscation par les hommes de la parole divine pour la remodeler à leur gré.

    L’image de l’Islam dans l’opinion publique ne peut ressortir que grandie d’une telle entreprise.

     

    Saluons les efforts de toutes nos sœurs qui travaillent pour la vérité des textes et  luttent pour les droits des femmes en se réappropriant leur religion.

    C’est au péril de sa vie que Lubla Ahmad al Hussein a amorcé sa recherche et répondu à ses détracteurs. La fin de son livre rejoint Les pieds dans le Bénitier :

    « Je sais que ce livre me vaudra d’être accusée d’hérésie et de blasphème, mais je ne peux pas continuer à me taire. Ca suffit !».

     

     

    Michelle C. Drouault.

     

     

     


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