• Le décès d’une jeune hollandaise de 17 ans a fait couler beaucoup d’encre la semaine dernière, et provoqué les rumeurs les plus folles :la jeune fille aurait été « euthanasiée »,  comme la législation des  Pays-Bas l’autorise sous certaines conditions.

     

    Il n’en est rien ; et le sujet ici n’est pas l’euthanasie, mais la surdité-volontaire ou non- de la majorité des sociétés sur les conséquences des violences sexuelles subies par les enfants et les femmes.
     

     

    NOA POTHOVEN avait 17 ans.
     

    A 11 ans, elle avait été victime d’agression sexuelle ; puis à 14 ans, elle avait subi successivement deux viols.

    Nous ne savons rien des éventuelles procédures judiciaires et de leurs résultats.
    Mais cette agression et ces crimes avaient conduit la jeune fille à un état de dépression sévère et un syndrome post traumatique, qui avaient nécessité une douzaine d’hospitalisations en quelques années.

    Les traitements n’avaient pas donné les résultats escomptés, et Noa vivait une situation de souffrance psychique et morale qu’elle décrivait comme insoutenable.

    Elle avait d’ailleurs publié un livre pour décrire ses souffrances. Sans pour autant parvenir à s’en délivrer.

    « la vie m’est insupportable » écrivait elle récemment.

    La cause précise du décès de Noa est qu’elle avait cessé de manger et de boire pour se laisser mourir, refusant qu’on l’alimentât de force. (la rumeur d’une euthanasie est due à une démarche antérieure de sa part auprès d’une clinique la pratiquant, qui lui avait opposé un refus)

    Plusieurs questions s’avèrent pertinentes :

    Âgée de 17 ans, Noa était mineure, donc légalement une enfant. Ses parents avaient par conséquent la possibilité d’exiger à sa place une alimentation artificielle.

    Ils ne l’ont pas fait, et il est hors de question de les juger. Mais Noa ne semble pas avoir été traitée en mineure, c’est à dire en personne devant être protégée y compris d’elle-même, et du poids d’avoir des décisions à prendre.

    On peut aussi s’interroger sur les motifs du médecin qui a donné son accord à cette solution ultime :le serment d’Hippocrate n’enjoint il pas de chercher à soigner les patients , et sauver leur vie avant tout, surtout lorsqu’il s’agit d’enfants ?

    Le mal était il incurable ?

    Toutes les recherches , à présent mieux connues, sur le syndrome post traumatique et les violences, expliquent que l’agresseur « colonise «  le cerveau de la victime, et que celle-çi se voit alors avec les yeux de son agresseur : dévalorisée, objetivée, et ne méritant pas de vivre.

    Et cette volonté de l’agresseur de la détruire, elle la retourne contre elle-même.

    Il n’est donc pas étonnant que Noa ait perdu l’envie de vivre, comme elle l’a hélas répété plusieurs fois avant sa mort.

    Ces explications scientifiques étaient elles suffisantes pour éviter de « prendre au pied de la lettre » sa volonté d’en finir ? A-t-elle suivi des thérapies spécialisées ?

    Nous ne le savons pas.

    La résignation des parents de Noa interroge autant que l’obstination désespérée de ceux de Vincent Lambert…

     

    Cette mort injuste n’est elle pas le résultat des errements d’une société incapable de protéger les enfants, les filles et les femmes, des prédateurs sexuels ?

    Quand ils sont enfin jugés, les criminels sexuels et pédocriminels sont condamnés à des peines qui peuvent paraitre dérisoires. Il arrive qu’ils soient libérés pour « bonne conduite » et récidivent.

    Les dénis massifs devant le mouvement « MeToo » ; les atermoiements de l’Eglise catholique devant la pédophilie qui la gangrène ; les procès en diffamation envers les victimes qui osent parler, sont la preuve que les sociétés européennes (et nord américaines), malgré leur progressisme affiché, protègent les violeurs, et non pas les violé(e)s !

    La terrible impuissance qui consiste à dire que la victime »n’a plus qu’à mourir », révolte.

    Car alors, c’est l’agresseur qui a gagné ; sa victoire est complète ! Il avait détruit le corps et le psychisme de sa victime, il détruit son âme, il fait imploser sa famille démunie.

    Et si c’est un pervers, il en jouit.

    Tous ceux qui ont travaillé en hôpital auprès d’adolescents et jeunes adultes, et ont été en contact avec des rescapés du suicide peuvent témoigner d’une chose : une fois sauvés et leurs esprits retrouvés, la plus part regrettent leur geste, estimé vain et insensé.

    Les suicides par médicaments peuvent « griller » les cellules du foie, la seule solution reste la greffe, ce qui est un long parcours. Les défenestrations provoquent des fractures multiples, qui nécessitent de nombreuses opérations.

    Heureusement, ils mesurent qu’ils ont la vie devant eux..

    Si Noa avait été soignée de manière adéquate, en serait elle arrivée à ces conclusions ? c’est impossible à dire.

    Néanmoins, les souffrances telles que celles de Noa sont évitables.

    Au premier chef, en établissant dans tous les pays des programmes de prévention des agressions sexuelles, et de ce que l’on appelle la « culture du viol » c’est à dire la permissivité morale dont jouissent les agresseurs. Cela passe par l’éducation, et des campagnes publiques et médiatiques.

    En créant les conditions d’une judiciarisation adéquate, qui pose clairement l’interdit.

    Or en France , nous sommes toujours abasourdis et choqués que, malgré des demandes réitérées des citoyens, de certains parlementaires, et des groupes de défense des mères et des enfants, il n’existe TOUJOURS PAS de seuil d’âge de consentement à un acte sexuel, comme dans les autres pays d’Europe(il varie alors de 12 à 16 ans). Plusieurs enfants, entre 9 et 12 ans( !!!) ont récemment été jugés « consentants par défaut » en France.. Alors que la Grèce vient de promulguer une loi déclarant que tout acte sexuel non consenti est un viol.

    Enfin, si une prise en charge psychologique est systématiquement proposée en cas d’attentat ; si des cellules psychologiques sont facilement mises en place en cas d’évènements traumatisants touchant une collectivité, qu’en est il des victimes d’agression sexuelle, quel que soit leur âge ?

    La docteure Muriel Salmona, spécialiste du syndrome post traumatique, estime que depuis presque 30 ans, on sait traiter les conséquences psycho traumatiques des violences.

    Mais ce n’est pas enseigné dans les facultés de médecine ! Seuls les médecins et médecins psychiatres des Armées sont formés à cette discipline.

    Selon Mme Salmona, ces lacunes sont un véritable scandale de santé publique.

    Car non soignés, ces troubles provoquent dépressions, addictions, anorexie, boulimie, crises d’angoisse, scarifications, tentatives de suicides. Et suicides « réussis ».

    On se préoccupe à juste titre de la généralisation des vaccins, la santé mentale n’est pas une option facultative !

    Qu’attendent les sociétés européennes (et les autres dans le monde !) pour mettre en place des politiques ambitieuses de soins aux victimes ?

    Au lieu de cela, il n’est pas de semaine sans que l’on entende fustiger la soi-disant « psychologie victimaire » de celles et ceux qui dénoncent sans relâche une situation indigne des sociétés démocratiques modernes : la tolérance du statut de proies potentielles pour les femmes et les enfants.

    Ce n’est pas une fatalité. Juste un enjeu crucial pour l’avenir.

     

    Michelle. C. DROUAULT
     

     

     

     


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  •  

     J’aurais aimé ne pas écrire ceci à l’occasion du 8 mars.

     

    J’aurais aimé écrire sur du festif, de l’optimiste( la marée humaine des femmes espagnoles  vendredi dernier) vous montrer des ballons multicolores, vous faire entendre des chants enthousiastes…comme à l’origine de la reconnaissance visible de ce jour en France, le 8 mars 1982. Un jour inoubliable.

    Mais voilà, ces belles images ont été submergées par la colère et la tristesse devant l’actualité :

     

    Au scandale de l’impunité des prêtres pédophiles-ou plutôt pédocriminels- médiatisé en France par le remarquable film de François Ozon »Grâce à Dieu », vient à présent s’ajouter  la révélation d’autres crimes aussi révoltants : les agressions sexuelles et viols de religieuses par des prêtres, perpétrés en Europe, en Amérique du Nord et en Afrique, depuis plusieurs décennies.

     

    Les témoignages produits sont glaçants.

     

    Comme pour les enfants, ces  agressions n’ont pas provoqué de résistance. On a conduit les victimes à les accepter par une confusion volontaire et une manipulation mentale perverse :

    Leur faire croire que le prêtre est un représentant de Dieu, et non un serviteur de Dieu et des fidèles. Qu’il est « un peu Dieu », et que se soumettre à lui est se soumettre au Seigneur, quoi qu’il vous commande.* Le tout dans une hiérarchie genrée bien comprise : le représentant de Dieu ne peut être qu’un homme (représentation masculinisée : Dieu n’a pas de sexe) et cet homme a tout pouvoir sur les femmes et les enfants. Il « sait » mieux qu’eux ce qui est bon pour eux/elles.

    L’abus spirituel est ici monstrueux. L’une des victimes dit avoir été contrainte à des fellations à un prêtre »pour lui montrer l’amour de Jésus ».

     

    Ces femmes sont peut être naïves, mais se voir imposer des actes qui leur répugnent, être contraintes à briser leur vœu de chasteté, sous le prétexte d’atteindre l’amour de Dieu, elles ont senti que ce n’était pas normal Que leur esprit était méprisé autant que leur corps. Elles ont alors sombré dans un chaos mental terrible dont elles n’ont osé parler à personne.

     

    Mais le pire est le cynisme avec lequel nombre de ces prêtres ont obligé des religieuses enceintes de leurs œuvres à avorter, même à des termes avancés ; ce qui constitue un crime dans la plus part des pays. Le récit d’une religieuse dont la condisciple a été forcée de laisser tuer son fœtus de 8 mois(donc viable) par injection létale in utéro, pour accoucher d’un enfant mort, arrache des larmes  d’horreur.

    Le prêtre père de ce bébé, la supérieure du couvent complice et le médecin, sont des criminels. Les voilà les « tueurs à gage » évoqués par le pape François à propos de l’interruption volontaire de grossesse quelques mois plus tôt. …

     

    Au delà de la révolte au sujet du double crime commis sur cette religieuse, et des effroyables répercussions qu’il a pu avoir tant sur sa santé physique que psychique, une évidence se dessine : un certain clergé catholique ne croit pas vraiment que l’avortement soit un crime.

    Pour lui, il n’en est un que lorsqu’il est décidé et voulu par la femme.  Sinon, il peut être allègrement pratiqué sans états d’âme , jusqu’à l’assassinat d’un enfant viable, dés qu’il s’agit de dissimuler les méfaits d’un prêtre prédateur.

     

    Pour la façade, on proclame que supprimer volontairement un embryon de quelque semaines est un forfait abominable, quelles que soient les circonstances. Dans les pays où le catholicisme est religion d’Etat, on laisse mourir des futures mères aux grossesses pathologiques menaçant leur santé plutôt que de les faire avorter, car ce discours culpabilisant ont fanatisé de nombreux médecins. Récemment en Argentine, une fillette de 11 ans victime d’un viol incestueux a été contrainte d’accoucher à 32 semaines d’un grand prématuré de 500 grammes, alors qu’elle suppliait « qu’on lui enlève ce que le vieux avait mis dans son ventre ». Il s’agit d’une torture physique et morale d’une enfant déjà victime, traitements « inhumains et dégradants » tels que définis par les Conventions internationales.

     

    Au nom de la foi ? Nous n’avons pas entendu le Saint Siège sur le sujet.

     

    Une évidence saute donc aux yeux : l’Eglise en tant qu’institution ne respecte pas la vie des femmes et des enfants.

     

    Son seul but comme institution est de contrôler les femmes. Elles enfantent ou n’enfantent pas selon les diktats de prélats qui s’estiment au dessus des lois, et Dieu n’a rien à voir dans tout cela.

    S’il y avait une définition à donner du blasphème, je choisirais sans doute celle là.

    Cette démystification était nécessaire. Nous savons maintenant clairement à quoi nous en tenir.

     

    Mais l’Eglise catholique se relèvera-t-elle ?

    Ceux qui ont commis ces crimes seront ils poursuivis par la justice civile ?

     

    Il le faudrait. Et il faudrait que comme les victimes des prêtres pédocriminels, ces religieuses se groupent et portent plainte.

     

    En attendant , les ballons multicolores , ce sera pour aune autre fois…

     

     

    Michelle.C. DROUAULT

     

     

    * je cite ici Christine Pedotti, qui dans une des ses interventions récentes , s’exclame

    « les victimes de pédophiles disent presque toujours que pour elles, le prêtre c’était Dieu.

    C’est de la théologie de comptoir ! »

     

    * 2 communiqués complémentaires :

     

    https://www.viereligieuse.fr/Communique-de-presse-5-mars-2019

     

     https://www.dropbox.com/s/e1xk1uxax34mno8/Communiqué Parvis 9 mars 2019.pdf?dl=0&fbclid=IwAR2hC0QkXtD6a_fmPfc00SrBYmE-fmJRaX-fXLDsbJNc0KdIvUN_zz4pe2A


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  • « PUPILLE »  est un très beau film, émouvant et sincère. Il  essaie de suivre avec objectivité et honnêteté le parcours d’une accouchée sous X ; d’une jeune femme candidate à l’adoption ; et surtout d’un bébé, le petit Théo, entouré de travailleurs sociaux motivés à faire de leur mieux pour lui assurer un projet de vie harmonieux malgré des débuts difficiles.

     

    Tous les bébés figurant Théo de la naissance à 8 mois sont extraordinaires.
     
    Merci à leurs parents de leur avoir permis de sensibiliser le public à cette problématique souvent mal connue, ou entachée de fausses informations(un hebdomadaire, pour résumé du film, dit que la future adoptante « attend le bon vouloir » des services de l’Etat !)

    A une époque où Françoise Dolto est souvent décriée ou mal interprétée, on peut apprécier la démonstration que le bébé est une personne, qui comprend tout ( pas les mots, mais leur sens) et souffre quand la parole n’est pas là. La séquence où l’électrocardiogramme de Théo se modifie au fur et à mesure qu’on s’adresse à lui, est magnifique.

    Cependant, on peut déplorer que les différents protagonistes (assistantes sociales, éducatrice, assistant familial) sous couvert d’explication et de pédagogie, nous fassent parfois un véritable cours magistral sur la législation et les procédures concernant l’adoption.

    Au détriment de la spontanéité et la vraisemblance.

    La mère de naissance est un peu trop lisse ; on ne sait pas grand chose de sa vie.

    Ayant moi même travaillé à l’Aide Sociale à L’Enfance, je l’estime peu représentative de la majorité des mères souhaitant accoucher anonymement, ou contraintes de le faire.

    D’autres questions sont ouvertes : la proposition faite à cette jeune femme pour qui la maternité est impossible de « dire au revoir à son bébé si elle s’en sent la force » parait une épreuve insupportable, contraire à toute déontologie. Cette femme-comme beaucoup- refuse de voir ou toucher son bébé, afin de se préserver. 

    Jadis les personnels soignants, peu ou pas formés, portaient facilement un jugement moral sur les « abandons »(j’en ai été témoin) et insistaient pour présenter l’enfant à sa mère, dans l’espoir qu’elle revienne sur sa décision. Culpabilisée, la mère se rétractait, mais vite dans l’incapacité d’assumer cet enfant, revenait le placer en recueil temporaire. Ce qui le rendait non-adoptable… Les mentalités, les pratiques, évoluent dans le bon sens : les personnels ont à présent une attitude de neutralité bienveillante, et surtout le respect des volontés de la mère, quelles qu’elles soient. Et depuis une vingtaine d’années, les mères « sous X » peuvent être accompagnées après la naissance, et ne sont pas lâchées dans la nature.

    Épreuve trop dure pour la mère, mais manque de mots pour l’enfant ; le film raconte comment ce dilemme a été contourné intelligemment.

     

    Privé de sa mère, le petit Théo est confié temporairement à UN assistant familial.(formidable Gilles Lellouche) La réalisatrice aurait elle cédé aux sirènes de l’indifférenciation des sexes ? Si un homme peut certes très bien s’occuper d’un enfant de 2 mois et demi, avec compétence et tendresse, il le fait en homme, comme un père qu’il est déjà (l’assistant familial a une fille).  Peut-il être un substitut maternel ?

    La mère adoptante est lumineuse, obstinée dans sa quête d’équilibre et de bonheur, généreuse et ouverte au monde ; on souhaite une maman comme elle à tous les petits Théo.

    Elle est divorcée, et jugée meilleure candidate que des femmes en couple moins mûres.

     On peut savoir gré au film de faire préciser par une assistante sociale que son travail 

    « ce n’est pas de donner un enfant à des parents qui souffrent » mais de trouver une famille stable à un enfant qui n’en a pas ...

    Le sujet du changement de prénom est abordé : légal, est il vraiment une bonne idée ?

     A 8 mois, un bébé a déjà intégré la sonorité de son nom, et peut tourner la tête quand on le prononce. Le changer tout à la fois de milieu, de famille et de prénom, après un parcours aussi semé d’embûches , n’est ce pas beaucoup lui demander ?

    Dés sa majorité, la fille adoptive d’une amie a choisi son second prénom(celui d’origine ) comme usuel, car « c’est plus moi » disait elle…

    Toutes ces interrogations (peut être voulues ?) n’enlèvent rien à la grande qualité du film.

    Il nous redonne foi en l’humanité !

    Les spectateurs et spectatrices se passionneront pour les destin du petit Théo ; riront et pleureront avec lui et avec celle qui l’attend tout au fonds de son cœur ; comme avec celui qui lui a servi de passage vers sa deuxième chance.

    Allez y.

     

    Michelle. C. DROUAULT

     


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  • « Qui donc aujourd’hui sabote la paix et la vérité pour imposer une vision sociétale coercitive ? Les intégristes de toutes les religions ».

     

    Ainsi s’exprime, sur le site de « Témoignage Chrétien » J.M DUFLOVE, dans un article intitulé « le Trump d’Avignon », où il fustige « la bêtise et la méchanceté » de l’archevêque du lieu, Mgr Cattenoz…

    Qu’a fait le prélat ? Il a utilisé son temps d’homélie lors d’une messe radiodiffusée sur « France Culture » comme une tribune pour diffuser des idées que nous qualifieront de « radicales ».

    L’archevêque a émis des plaisanteries douteuses sur les personnes homosexuelles et transgenre, les marquant ainsi comme exclues de la communauté chrétienne. Nous ne voyons pas quel rapport cela peut avoir avec l’Amour et la spiritualité.

    Ces sarcasmes veulent ils dire qu’il s’imagine que l’on se réveille un matin en faisant le « choix » de telle ou telle orientation sexuelle, histoire de faire enrager l’ordre établi ??

    Des auditeurs ont certainement été blessés, pour eux mêmes ou leurs enfants.

    Il a ensuite mis pêle-mêle dans le même sac, sans aucun souci de vérité scientifique ou historique, l’avortement, le suicide assisté, la PMA la GPA, l’eugénisme ; l’ensemble ayant pour cause l’ »esprit« de Mai 68 !

    Cet esprit qu’il accuse, c’est avant tout une tentative de libération de la classe ouvrière française, dans la plus grande grève ouvrière du XXéme siécle, et qui a abouti aux accords de Grenelle. A côté d’un tel mouvement social, le mouvement étudiant peut paraître anecdotique.

    Mais nous pouvons nous douter que Mgr n’est pas proche de la JOC( Jeunesse Ouvrière Chrétienne)….

     

    Cependant le pire, dans cette rage purificatrice, est ce qui a valu à France Culture une avalanche d’interventions d’auditeurs indignés(auditeurs catholiques, puisqu’ils écoutaient la messe !) :une diatribe en règle contre le transfert au Panthéon des cendres de la défunte Simone Veil.

    Il n’est jamais glorieux de tenter de dévaloriser un mort.

    Lorsque la défunte est une ancienne déportée, inlassable combattante pour la justice, décédée avec les plus hautes distinctions de la République, cela frise l’indécence, et ces propos sont résolument antirépublicains.

    Certes , comme le souligne l’auteur de l’article, ce dénigrement est une insulte à tous ceux qui ont résisté au nazisme et à Vichy dés 1940, pendant que le clergé demeurait majoritairement silencieux.

    Mais surtout , le plus ignoble que nous dise cet archevêque , c’est que peu importent les persécutions des Juifs, peu importe Auschwitz, peu importent le courage et la dignité de Madame Veil dans tous ses inlassables luttes pour un monde plus juste, peu importent les Palmes Académiques : « tota mulier in utero » !

    La seule chose que ce triste sire regarde, c’est la désobéissance de cette femme à l’ordre patriarcal. Oui, elle a voulu le changer. Elle a voulu que cessent les morts terribles et injustes de mères de famille(la plus part des avortées étaient mariées, et n’avaient nullement des vies dissolues comme les conservateurs ont essayé de la faire croire)

    L’archevêque prétend avoir pleuré sur l’honneur fait à Madame Veil ET à son mari,  dont il semble oublier la présence.

    A t-il pleuré sur les millions d’enfants morts en déportation, et qui n’ont pas de tombe ?

    Lui qui compare l’avortement au nazisme sans avoir la moindre idée de que signifiait concrètement le nazisme pour les déportés, a-t-il pleuré sur les enfants qui ont servi d’objets d’expérimentation au Dr Mengelé ? Sur les nouveaux nés dont on brisait le crâne à la naissance ?

    Et a présent pleure-t-il sur la destruction physique, psychique et morale de milliers d’enfants par des abus et agressions sexuels commis sur eux par des prêtres ? Car c’est cela l’enjeu actuel pour l’Eglise catholique : ne pas être anéantie par ceux qui l’ont déshonorée.

    A l’heure où nous écrivons ce texte, aux révélations d’abus sur mineurs par des écclésiastiques au Chili, en Australie, s’est ajouté le scandale de l’Etat de Pensylvannie aux USA, où plus de mille enfants ont été abusés par des prêtres (300 environ !) durant des années avec la complicité passive d’évêques, qui n’ont RIEN fait pour qu’ils cessent.

    Le respect de la vie commence là : le respect de la vulnérabilité des enfants qui vous sont confiés.

    Où sont donc les larmes de l’archevêque, si prompt à faire la morale ? ce sont ces prêtres prédateurs qui ont décidé qu’il était « interdit de leur interdire » quelque plaisir que ce soit.

    Le pape François a dit ressentir « honte et colère », et vouloir « éradiquer cette erreur tragique qui a détruit la vie d’enfants innocents ». C’est avec satisfaction que nous entendons ENFIN le constat que les abus sexuels sur les enfants sont un meurtre psychique. 

     

    En France, les imams qui prononcent des prêches haineux troublant les esprits et l’ordre public sont à juste titre, soit expulsés si ils sont étrangers, soit interdits de parole publique s’ils sont français.

    Les propos de Mgr Cattenoz étaient une incitation à la détestation des personnes homosexuelles, à la haine des femmes, et un mépris des choix de la République sur ceux et celles qu’elle honore.

    Le radicalisme n’est pas que musulman : des homosexuels sont agressés tous les jours, ; des femmes sont battues tous les jours, tuées tous les 3 jours, et leurs droit bafoués, avec le soutien moral de telles vociférations.

    Les autorités républicaines ne seraient elles pas bien inspirées de ne tolérer aucune exception à l’interdiction d’exprimer de la haine, quelle que soit la religion concernée ?

    Si la République ne « reconnaît ni ne subventionne aucun culte »(loi de 1905), elle ne doit avoir d’indulgence pour aucun religieux qui la remet en cause, à fortiriori sur les ondes, touchant des milliers d’auditeurs…

     

     

     

    Michelle. C. DROUAULT

     


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  • Deux faits récents ont attiré mon attention. Et m’ont plongée dans l’inquiétude la plus profonde sur l’avenir de notre pays.

     

     Dans la soirée du 10 Mars dernier, Benoit D, pisteur-secouriste dans le briançonnais, effectue une maraude avec un camarade du côté du col de Montgenèvre.

     

    Il neige. Il rencontre une famille de migrants : le père , la mère et deux enfants de 2 et 4 ans.

    Ils ont traversé à pied la frontière avec l’Italie, et sont gelés. Enceinte de 8 mois et demi et épuisée, la mère ne peut plus marcher. Elle a des contractions.

    Benoît D et son co-équipier proposent immédiatement de conduire la famille en voiture à l’hôpital le plus proche, afin que la dame soit prise en charge. Ils acceptent tout de suite.

    A 4 kms de Briançon, leur véhicule est stoppé par un barrage de la PAF(police de l’Air et des Frontières). Les secouristes expliquent qu’ils doivent conduire d’urgence la mère de famille à l’hôpital : les contractions ses sont rapprochées et elle ne va pas bien.

    Les policiers refusent de les laisser partir, pour contrôler l’identité de chacun, et évaluer la situation. La dame commence à se tordre de douleur sur le siège arrière, car visiblement l’accouchement s’annonce mal. Les enfants sont affolés et crient. Les secouristes insistent sans succès pour qu’on les laisse poursuivre leur route.

    Les policiers appellent les pompiers , qui mettront une heure à arriver ; un peu plus d’une demi heure d’après les policiers. Tout ce temps , la parturiente n’aura rien pour la soulager. Les secouristes ont été glacés par l’impassibilité des policiers face à ses cris de douleur et à la panique de sa famille.

    Conduite à l’hôpital par les pompiers, cette dame se verra pratiquer de justesse une césarienne.le bébé va bien. Mais c’est sur la demande expresse de l’hôpital que sa famille a pu la rejoindre : la PAF voulait garder le père et les enfants.

    Une semaine plus tard, Benoit D se voyait notifier une convocation judiciaire pour « aide au séjour irrégulier » d’étrangers sur le sol français. Il risque 5 ans de prison et 30 000 euros d’amende.

    Parallèlement la CIMADE a interpellé le Ministère de l’Intérieur sur la mise en danger de la vie d’une mère et de son nouveau-né par l’acharnement des contrôles de police.

     

     Six jours plus tard, le 16  mars vers 19 h,  16 cars de gendarmes et 50 gendarmes font irruption au domicile familial de Mme T, dans la Haute Loire, afin de lui enlever de force ses jumeaux de 3 ans pour les confier au père SANS QU’ IL EXISTE AUCUN CONTEXTE DE MALTRAITANCE, et contre l’avis des services sociaux, qui ont refusé de participer à cette intervention musclée. Ceci sur la foi d’un jugement étranger, et sans attendre le résultat d’une médiation internationale, prévu le 24 Mars.

     

    Les enfants n’avaient jamais quitté leur mère depuis leur naissance.

    Épouse d’un citoyen américain vivant en Irlande, Mme T l’avait quitté en 2016 avec ses enfants pour revenir vivre avec ses parents à L. Un contexte d’alcoolisme et de violence semble être à l’origine de cette rupture.

    Depuis 2017, le père ne se serait pas caché de vouloir emmener les enfants avec lui pour revenir aux USA, contre le consentement de la mère, qui les a élevés. Il avait obtenu, on ne sait comment , un jugement d’un tribunal irlandais en sa faveur.

    En 24 h les enfants, dont on devine facilement le traumatisme et l’angoisse, ont été emmenés dans un lieu tenu secret où la mère n’a pu les voir alors quelle n’était aucunement déchue de son autorité parentale, puis remis au père.

    Celui-ci, en 48 h les a effectivement emmenés aux USA. Venue en Irlande s’expliquer avec le tribunal, Mme T n’a pu que constater leur disparition. Depuis cette date elle n’a pu ni voir, ni entendre ses enfants, ou avoir de leurs nouvelles. Elle ignore leur adresse, ce qui est contraire à toutes les législations existantes.

    Les propos des autorités françaises qui ont autorisé cet enlèvement ahurissant sur des bases contestables, demeurent embarrassés et contradictoires.*

     

    Je ne ferai pas de commentaires sur ces tristes affaires.

    Je laisse juste mes lecteurs et lectrices imaginer le désarroi, l’angoisse, le choc, des familles que j’ai citées, et des enfants en particulier (5 en tout), qui ne semblent plus protégés contre des dérives certaines, où on cherche en vain une trace d’humanité.

    Seules les presses régionales se sont faites l’écho de ces 2 évènements.

    Et parfois, ils m’empêchent de dormir.

    L’image du colonel Beltrame me signifie alors de ne pas désespérer….

     

    Michelle. C. DROUAULT.

     

     * Paradoxalement, on se souvient de dysfonctionnements de services de police n’ayant pu « tracer » une famille gravement maltraitante, suite à des déménagements successifs.

    L’enfant était décédé. Quels moyens pour quelles situations ?


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